‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 268 sur 278 · TS ENS an finie · texte numérisé non relu

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308 DË LA PONCTUATION

Point d’exclamation.

888. Le point d'exclamation se met à la fin d’une phrase exclamative, et généralement après toutes les interjections

Ex. : Que le Seigneur est bon! que son joug est aimable ! (Racines.) Ah! que de la vertu les charmes sont puissants !

REMARQUES. — I. On ne met pas le point d’exclamation immédiatement après l’ interjection 6, mais après le substantif qui la suit. Ex.: O0 mon fils ! ! 6 ma joie ! 6 l'espoir de mes jours !

II. Les locutions interjectives Ék bien et Hé bien s’écrivent sans le point d’exclamation, à moins que le sentiment qu’elles marquent ne soit fortement exprimé.

III. Certaines phrases exclamatives ont la forme interrogative ; c’est le sens seul de ces phrases qui indique s’il y a excla-

mation ou interrogation.

Points de suspension.

889. Les points de suspension indiquent la suppression d’un ou de plusieurs mots faciles à suppléer. Ils s’emploient généralement pour marquer une réticence, une interruption faite à dessein dans l'expression de la pensée.

Ex. : Gardez le silence, ou je...

REMARQUE. — Quant à la place des points d'interrogation et d'exclamation employés concurremment avec les points suspensifs, elle varie suivant que le sens de la phrase est complet ou qu’il est suspendu : si le sens est complet, la ponctuation réclamée par la phrase précède les points de suspension ; si le sens n’est pas complet, le signe de ponctuation est placé après eux. Ex. : Je crois avoir mal entendu. Vous'dites que vous voulez me... ? — Et avouez qu’elle n'aime rien !... que l'argent.

Tiret.

890. Le tiret sert, quand on rapporte une conversation, à indiquer le changement d’interlocuteur. Il remplace ordinairement les mots : dit-il, répondit-il, etc.

Ex. : Que vouliez-vous qu’il fit contre trois ? — 4 il mourût.

Le tiret sert aussi à séparer la question de la réponse qui la suit immédiatement.

Ex. : Qu'y a-t-Ù de plus rare ? — Un véritable ami.

Parenthièses.

891. Les parenthèses s’emploient pour enfermer des explications, des réflexions, des détails accessoires, qui ne doivent pas faire partie du texte.

Ex. : La peste (puisqu'il faut l'appeler par son

nom) faisait aux animaux la guerre.

On conte qu’un serpent, voisin d’un horloger (c'était pour l’horloger un mauvais voisinage), entra dans sa boutique.

REMARQUES. — I. Quand le dernier des mots qui précèdent la première parenthèse doit être suivi d’un signe de ponctuation, ce signe se met généralement après la deuxième parenthèse. Ex.: Messieurs, leur dit-il (il parlait depuis deux heures), permettez-moi de m’arrêéter.

IT. La ponctuation des mots entre parenthèses est indépendante de la phrase qui contient la parenthèse, Ex. : Je ne me trompe pas bete fois, à mon avis, il avait raison) dans l’appréciation du fait que vous m'avez signalé.

III. On met souvent entre parenthèses les indications d’auteur, de livre, de chapitre, etc. Ex. :

Je préfère aux poumons de Stentor et d’ Hercule La voix qui sans effort nettement articule.

(Samson, l'Art théâtral.)

Nore.— Les crochets [] sont certains signes moins usités que les parenthèses.

Guillemets.

892. Les guillemets s’emploient au commencement et à la fin d’une citation, et souvent même au commencement de charune des lignes qui la composent.

Ex. : Socrate disait : « La vie n’est que la prépa-

ration à la mort.»

« Dieu bénit la maison, y plane et la défend, « Quand on y réunit le berceau de l'enfant € Et le fauteuil de la grand’mère.»

11 ANaïs SÉGALAs.

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REMARQUE. — Ou se sert encore des guillemets pour enfermer certaines expressions qu’on désire signaler d'une façon spéciale, et dans quelques autres cas.

Alinéa.

893. L’alinéa est dans un texte une ligne nouvelle dont le premier mot rentre sur les autres lignes. Il indique: un repos plus grand que le point.

On emploie généralement l’alinéa lorsque l’on passe d’une idée à une autre idée différente.

Nore. — Écrire alinéa, ou à la ligne, c’est quitter la ligne où l’on écrit pour en commencer une autre.

Autres signes de ponctuation.

894. Certains grammairiens classent parmi les signes de ponctuation l’et cætera (etc.), l’astérique (*), le paragraphe ($), l’accolade (——) et le souligné, qui consiste en un trait horizontal tracé sous les mots que l’on veut faire remarquer. Dans les imprimés, on supplée ordinairement à ce dernier signe par des caractères penchés, appelés ifaliques.

Hisr. — Si, avant l’an 200 av. J.-C., nous ne rencontrons pas de manuscrits ponctués dans le sens que nous entendons aujourd’hui, il faut néanmoins admettre que dès la plus haute antiquité on faisait usage de points ou d'autre figures pour distinguer les mots entre eux.

Aristophane de Bysance, qui vivait au commencement du ne siècle avant notre ère, est regardé comme ayant le premier fait usage de la ponctuation pour distinguer les phrases et leur sens partiels. employait trois signes : le point placé au haut de la dernière lettre, indiquant la pause parfaite ; le point pla: à mi-hauteur de la dernière lettre, indiquant la demi-pause ; le point placé au bas de la dernière lettre, indiquant la petite pause.

Jusqu'au xvie siècle le plus grand arbitraire règne en fail de ponctuation : les signes de ponctuation et leur emploi varient à l'infini.

Ce n’est qu’au xvIe que commence à s'établir noire systèm: moderne de ponctuation.

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