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Définition du nom.—S$es espèces

93. Le nom ou substantif est un mot qui sert à désigner, à nommer une personne, un animal ou une chose, comme Dieu, homme, cheval, maison.

94. On distingue deux sortes de noms: le nom commun et le nom propre.

96. Le nom commun est celui qui convient, qui est commun à toutes les personnes, à tous les animaux ou à toutes les choses de la même espèce (c'est-à-dire semblables).

Ainsi père, chien, livre, sont des noms communs, parce qu'ils conviennent à tous les pères, à tous les chiens, à tous les livres.

96. Le nom propre ( est celui qui ne convient, qui n'est propre qu'à un seul être ou à une réunion particulière d'êtres.

Ainsi Champlain, Ottawa, les Canadiens, sont des noms propres, parce qu'ils ne conviennent qu'à un seul homme, à une seule ville, à une réunion particulière d'êtres.

La première lettre des noms propres doit être une majuscule ou grande lettre.

Hisr. — La plupart des noms propres de personnes ont commencé par être des noms communs. Plusieurs noms ont une origine encore inconnue ; mais la plupart ont un sens facile à saisir. Ces noms rappellent généralement : 1° une qualité ou un défaut de l'esprit ou du corps : Lebrun, Ledoux, Legrand, Legros, Lebègue ; 2° une profession : Charpentier, Marchand, Meunier, Pasteur ; 3° le lieu d'habitation : Duval, Dumont, Després ; 4° le pays d’origine : Germain, Breton, Picard, Lenormand, etc.

Les noms propres de choses furent aussi, à l'origine, des noms communs ; ils indiquent ordinairement : la configuration ou la nature du sol, les plantes qui y vivent, la destination

que ces lieux avaient reçue, etc.

(1) Propre a ici la même signification que particulier.

La plupart des noms communs ont commencé par être des adjectifs. De nos jours, ce travail de transformation se continue et beaucoup d'adjectifs employés substantivement, tels que le riche, le pauvre, l'égoïste, etc., nous aident à comprendre ce changement. Le français a encore formé des substantifs : avec des infinitifs et des participes : le boire, le déjeuner ; un à reçu, une entrée.

« Il n'est point d'objets simples dans la nature, dit M. A. Darmesteter, dans son remarquable Traité de la formation des noms comyosés. 4 Chaque chose se présente à nous avec un -usemble de qualités diverses dont l’une, plus saillante, est choisie pour dénommer la chose. Celie-ci

1 sert est ainsi désignée par l’une de ses parties dont le nom éveille dans la pensée nimal } non pas seulement l’image de cette partie, mais l’image totale de l’objet. } De nos jours, fleuve, neige font revivre à nos yeux, dans toute leur étendue,

heval, les images sensibles des objets désignés par ces noms. Primitivement E fleuve était ce qui coule (fluere) ; neige, la chose humide. Le mot a donc

d'abord désigné une qualité que l'esprit jugeait alors fondamentale, pour

; : le finir, le sens éty mologique se perdant, par représenter l’objet dans sa tota-

lité. Exprimant une qualité, c'était un adjectif ; désignant ensuite un % ensemble de qualités, une substance, il est devenu substantif. »

. ÈXE .

vient, -»% 97. Un nom propre devient un nom commun,

us les lorsqu'on l’applique à plusieurs personnes ou à »spèce plusieurs choses, mais 1l conserve la majuscule. Ex. : Les Corneilles, les Racines, sont rares dans e qu’ils notre pays, c'est-à-dire Les poètes semblables à livres. Corneille, à Racine. — Notre musée possède des vient, Raphaëls, c'est-à-dire des tableaux de Raphaël. à une REMARQUE. — Les noms propres devenus noms communs par un fréquent usage, ne prennent pas de majuscule : des PR l automédons, des guillemets, des mentors, des chassepots, etc. SP = 98. Un nom commun devient un nom propre, - lorsqu'on l’applique à une seule personne ou à t être une seule chose ; dans ce cas, il prend une majuscule : le Seigneur (en parlant de Dieu), le Maître us Dai (Jésus-Christ), la Providence (Dieu), la Fortune ms ont t (déesse païenne).

in sens : 99. Selon les divers points de vue sous les- Fe Ps quels on considère les noms, on peut encore dispentier, #æ Unguer le nom collectif, le nom concret et le nom Duval, 2% abstrait, le nom simple et le nom composé. Breton, { 100. Le nom collectif est celui qui, même au ce, singulier, présente à l'esprit l’idée de plusieurs figura- personnes ou de plusieurs choses, formant une tion collection. Ex.: Foule, troupeau, multitude.

. 101. Il y a deux sortes de collectifs : le collec tif général et le collectif partitif.

102. Le collectif général est celui qui représente la totalité ou bien une partie déterminée des personnes ou des choses dont on parle : il est généralement précédé de le, la, les, ce, cette, notre, etc. Ex.: La multitude des hommes, la moitié des arbres, cette sorte de pommes.

108. Le collectif partitif est celui qui ne représente qu'une partie indéterminée des personnes ou des choses dont on parle : il est ordinairement précédé de un, une, des. Ex.: Une multitude d'hommes, une foule de pauvres, une quantité de livres.

104. Le nom concret est celui qui désigne un être ou un objet qui existe dans la nature, qui peut tomber sur nos sens. Ex. : Homme, soleil, mäison.

106. Le nom abstrait est celui qui désigne une qualité, une manière d’être, et non un objet existant par lui-même. Ex.: Bonté, raleur, affaiblissement.

106. Le nom simple est celui qui est formé d'un seul mot. Ex.: Dieu, patrie. famille.

107. Le nom composé est une réunion de mots équivaisnt à un seul nom. Ex. : Grand-père, oiseau-mouche, hôtel-Dieu, aide de camp.

Les mots distincts formant un nom composé sont souvent Joints par le trait d'union.

é Nore. — Nous verrons plus loin qu’au point de vue ‘de l’étymologie, on appelle aussi nom com posé un nom formé d’un radical et d’un préfixe : déplaisir, entrevue.

108. Les noms ont deux propriétés principales, celle du genre et celle du nombre.

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