Même exercice
Suite du morceau précédent.
« Messieurs, nous aussi, nous sommes des enfants qu’une longue absence a séparés de leur mère, Fils de France, nous
vivons loin de notre ancienne mère patrie. Durant de longues années, elle a paru nous oublier. Mais les colons abandonnés sur le sol américain n’ont pas fait comme l'enfant qui renie la langue de son pays. Fidèles à leur mission, ils ont combattu, et leur sang a rougi la terre ; ils ont travaillé, et la sueur de leurs fronts est tombée, généreuse et fécondante, sur le travail de leurs mains. Et, sous la croix de Saint-Georges, comme à l'ombre du drapeau étoilé, la nation canadienne-française, sortie des maius du prêtre et du laboureur, avec la foi et les truditions de sa mère, a gardé aussi sa langue. La langue française ! la plus belle de toutes, et qui a attaché une probité à son génie ; celle que parla Bossuet et qu’il déploya comme le manteau royal de sa pensée ; la langue du droit et de la diplomatie, qui sera peut-être un jour la langue universelle, et qui traverse les siè:les comme un fleuve aux ondes sonores où vogue la pensée humaine. »