CHAPITRE V : LE VERBE
276. Le verbe est un mot qui exprime l'existence, l’état ou l’action d’une personne, d’un animal ou d’une chose. Ex. : Je suis, tu souffres, il laboure.
Le verbe suis exprime l'existence ; souffres exprime l’état : laboure exprime l’action.
277. On reconnaît qu’un mot est un verbe quand on peut mettre devant ce mot un des pronoms je, tu, il, nous, vous, ils. Ainsi aimer est un verbe, parce qu’on peut dire : j'rime, tu aimes, il aime, etc.
Nore. — Il n’y a pas de phrase sans verbe exprimé ou sousentendu.
Sujet du verbe.
278. Le sujet du ver!e est le mot représentant la personne, l’animal ou la chose qui est ou qui
fait ce qu’exprime le verbe. Ex. : L'oiseau voie. La terre tourne.
Oiseau est le sujet du verbe vole, parce que c’est l'oiseau qui fait l’action de voler ; terre est le sujet du verbe tourne, parce que c'est la terre qui fait l’action de tourner.
79. On reconnaît le sujet d’un verbe en plaçant devant ce verbe la question : qui est-ce qui ? pour les personnes ou les
animaux, et qu'est-ce qui ? pour les choses. Ex. : Dieu nous aime. La modestie plaît.
Qui est-ce qui aime ? Dieu. — Qu'est-ce qui plaît ? la modes-
tie. Donc, Dieu est le sujet du verbe aime, et modestie est le sujet du verbe plaît.
REMARQUE. — Le sujet d’un verbe peut être un nom, un pronom ou un verbe à l'infinitif, Ex.: £Lepin enivre. — Nous étudions. — Mentir est un péché.
Complément du verbe.
280. On appelle complément d’un verbe tout mot qui complète la signification de ce verbe. Ex. : Franklin inventa le paratonnerre.
Dans cet exemple, le mot Paratonnerre est le complément du verbe inventa, parce qu’il complète la signification du verbe.
281. Il ÿ à trois sortes de compléments : le complément direct, le complément indirect et le complément circonstanciel. |
itant | qui voie.
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282. Le complément direct est le mot qui complète la signification du verbe directement, c’est-àdire sans le secours d’un autre mot. Ex.: Les fleurs ornent les jardins.
Dans cet exemple, le mot jardins complète directement la signification du verbe ornent, c’est donc un complément direct.
283. On reconnaît le complément direct d’un verbe en plaçant après ce verbe la question qui f pour les personnes et les animaux, et quoi P pour les choses. Ex. : L'enfant aime ses parents. Ménageons nos forces.
L'enfant aime qui ? ses parents. — Ménageons quoi 8 nos forces. Parents et forces sont des compléments directs.
Nore. — Quelquefois le complément direct est précédé des prépositions à ou de ; ces prépositions sont dites alors ex plétives : Aimons à lire les exploits de nos ancêtres. — Le méchant craint d’être puni
284. Le complément indirect est le mot qui complète la signification du verbe indirectement, c'est-à-dire à l’aide de l’une des prépositions à, de, par, pour, en, avec, dans, etc. Ex.: Résistez à l’orgueil.
Dans cet exemple, le mot orgueil est un complément indirect, parce qu’il complète, à l’aide de la préposition à, la signification du verbe résistez.
. On reconnaît le complément indirect d’un verbe en plaçant après ce verbe l'une des questions à qui 8 dequi ? par qui f pour qui ? etc., pour les personnes et les animaux, à quoi ? de quoi f par quoi ? pour quoi ? etc. pour les choses. Ex. : Obéissons à nos parents. — Le brave meurt pour sa patrie.
Obéissons à qui ? à nos parents. —Le brave meurt pour quoi ? pour sa patrie. Parents et patrie sont des compléments indirects.
286. Le complément circonstanciel est une scrte de complément indirect qui complète la signification du verbe en y ajoutant une circonstance de lieu, de temps, de cause, de manière, etc. Ex. : Le ballon s'élève dans les airs. Etudions avec ardeur.
Dans ces exemples, dans les airs est le complément circonstanciel du verbe s'élève, et avec ardeur est le complément circonstanciei du verbe étudions.
287. On reconnaît le complément circonstanciel d’un verbe en plaçant après ce verbe l’une des questions où ? d’où ? quand $ combien de temps ? comment ? combien ? pourquoi ? etc. Ex. : L'exilé est heureux de rentrer dans sa patrie. — Le Juste dort en pair.
L’exilé est heureux de rentrer où ? dans sa patrie. —Le juste dort comment ? en paix. Les mots dans sa patrie et en paix sont des compléments circonstanciels.
LE VERBE Modifications du verbe.
288. Le verbe peut subir quatre modifications ou changements de forme, selon la Personne. le nombre, le temps et le mode.
289. Il y a dans les verbes, comme dans les ‘pronoms personnels, trois personnes : la première, la deuxième et la troisième personne. Ex. : Je chante, tu chantes, il chante : nous hantons, vous chantez, ils chantent.
290. Il y a dans les verbes, comme dans les noms, deux nombres : le singulier et le pluriel. Ex. : Le poisson nage. — Les Poissons nagent.
Temps.
291. Le temps est la forme que prend le verbe pour indiquer à quelle époque se rapporte l’existence, l’état ou l’action dont on parle.
292. Il y a dans les verbes trois temps principaux : le présent, le passé et le futur.
Un verbe est au présent, quand il exprime une action qui se fait au moment où l’on parle. Ex. : Je parle.
Un verbe est au passé, quand il exprime une action faite avant le moment où l’on parle. Ex. : J'ai parlé.
Un verbe est au futur, quand il exprime une action qui se fera après le moment où l’on parle. Ex. : Je parlerai.
298. Il n’y a qu’un seul temps pour exprimer le présent, parce qu’une action ne peut être plus ou moins présente. Ex. : Je chante; nous lisons.
294. On disiingue cinq sortes de passés : l’imparfait, le passé défini, le passé indéfini, le passt antérieur et le plus-que-parfait.
295. On distingue deux sortes de futurs : le Jutur simple et le futur antérieur.
NOTE. — Il n’y a qu'un seul présent, mais il y a plusieur.
passés et plusieurs futurs, parce que toute action peut être plu: ou moins passée, plus ou moins future.
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ns les mière, : Je > VOUS
ns les luriel.
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rinci-
* une Ex. :
Ex. :
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imer plus LOnS.
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296. Les temps se divisent aussi en temps simples et en temps composés.
Les temps simples d’un verbe sont ceux qui se conjuguent sans le secours du verbe avoir ou du verbe être. Ex.: J'aime, j'aimerai.
Les temps composés sont ceux qui sont formés d’un auxiliaire et d’un participe passé, Ex. : J’ai aimé, je suis aimé.
On appelle temps surcomposés des temps conjugués, non pas avec les temps simples, mais avec les temps composés de l’auxiliaire avoir. Ces temps rendent des nuances diverses du passé,
mais sont généralement peu usités. Ex. : J'ai eu fini, j'aurais eu fini.
Modes.
297. Le mode est la forme que prend le verbe pour exprimer de quelle manière il présente l’existence, l’état ou l’action.
298. Il y a dans les verbes sir modes ou manières de présenter l'existence, l’état ou l'action : l'indicatif, le conditionnel, l'impératif, le subjonctif, l’infinitif et le participe.
299. L’indicatif exprime une action certaine. Ex. : Je marche, tu as chanté, vous sortirez.
300. Le conditionnel exprime une action dépendant d’une condition. Ex. : Je lirais si Je le pouvais. — J'aurais chanté si je n'avais pas été malade.
301. L'impératif exprime le commandement, la prière. Ex.: Aimez vos parents. — Veuiliez remplir vos devoirs.
302. Le subjonctif exprime une action douteuse, parce qu'elle dépend d’une autre action. Ex. : Il veut que je parte. — Nous souhaitons que vous réussissiez.
308. L'infinitif exprime l’action d’une manière vague, indéfinie, sans indication de nombre ni de personne. C’est le verbe changé en nom.
Ex. : Enseigner, c'est s’instruire. — Il est temps de travailler.
804. Le participe tout en exprimant l’état ou l’action sert à qualifier d’une manière générale les personnes et les choses. Ex. : Une petite fille aimant sa mère. — Une romance lue.
Chaque mode peut avoir divers temps ; mais, en français, le présent et le futur ont chacun une forme spéciale à l’indica-
tif, tandis qu’aux autres modes, c'est la même forme que l’on emploie pour ces deux temps.
Modes personnels et modes impersonnels.
806. L'indicatif, le conditionnel, l'impératif et le subjonctif sont appelés modes person” ‘s, parce qu'ils admettent la distinction des pe’ nes.
806. L’infinitif et le participe sont : elés modes impersonnels, parce qu’ils n’admettent pes la distinction des personnes.
Formation du verbe.