‹ Grammaire françoise à l'usage des pensionnatsChapitre 32 sur 63 · SCR LES LETTRES ET SLR LA PR0S0SCIATI · texte numérisé non relu

SCR LES LETTRES ET SLR LA PR0S0SCIATI

C devant «, o, m, se prononce comme le k : cabaret., colonne.^ cuve j mais devant e et /, il se prononce comme Vs : ciment , ce'der y et on le prononce de la même manière

devant ^ , o et u. quand on met une cédille dessous , comme en ces mots : çà , façon , reçu.

La lettre c ne se fait point sentir dans les mois suivants : almanach , cotignac , estomac^ tabac ^ lacs (de soie), broc (de vin J, marc (d'or)^ mais elle se fait sentir dans Marc (nom propre).

Permicelle et violoncelle se prononcent rcrmichcllc et violonchelle.

Ch se prononce comme k dans les mots suivants : Catéchumène ^ Chersonèse ^ Chaicédoine , Chaldécn , chaos , Eucharistie , Archange^ chirographaire ^ chirologie ^ chiromancie , chiromancien , Joachim , Melchior ^ Melchisédech^ Nabuchodonosor j on doit prononcer : Achille^ Chypre.^ Jfchéron^ chétif , chérubin , chirurgien , archiduc j arclievêque ^ patriarche ^ Michel^ etc., en la manière ordinaire ^ mais archiépiscopal , exarchat^ Michel — Ange ^ se prononcent arkiépiscopat , exarkat et Mikel—Ange.

/^, à la fin d'un mot, devant un autre mol qui commence par une voyelle ou une h muette , se prononce quelquefois comme un t. (Test un grand affront eur ^ toilà un grand homme j le froid est extrême : prononcez comme s'il y avoit granit elfroit.

Caen (ville) se jtrononce Can.

Lorsque la lettre y est à la fin d'im mot, elle se fiil sentir aussi-bien devant les mots

DE C. C. LETELUER. 85

qui commencent par une consonne que devant ceux qui commencent par une voyelle. Ainsi, il faut prononcer de la même manière soif brûlante et soif ardente ,• ^nf désir et vif amour, ^\2^s elle est nulle dans cerf ^ cerfvolant ^ et se prononce dans ^«^/y (esclave ). F se fait sentir dans le singulier des mots Q?w/", nerf\ bœuf ^ mais elle devient nulle au pluriel : on prononce œw^ , ners ,^ bœus. On dit encore un œu dur , un ner délicat , ua bœu salé ^ mais dites un bœuf à la mode, i^ se change en v dans le mot neuf (nom de nombre), quand le mot suivant commence par une voyelle. Exemple : il y a neuf ans y prononcez neuv ans. Mais elle se prononce , lorsqu'on dit : un neuf de cœur , et dans l'adjectif neuf^ un habit neuf, des habits neufs.

G devant « , o et w , se prononce dur ] et devante et / , il s'amollit et se prononce comme / consonne. La différence de ces deux prononciations se voit dans ce mot sra^^e.

G avec n forme une prononciation mouillée , comme en ces mots : digne , signal agneau ,j magnétisme^ incognito y mais il a le son ferme dans gnome, gnostique^ Progné^ inexpugnable , stagnant , ignée.

Les mots signet (d'un livre J et Regnard ( poëte françois), sont les seuls où gn se prononce comme Uy dites sinet et Renard.

Quand le g est final , el qu'il est suivi immé-

diatement d'un mot qui commence par une voyelle, il se prononce ordinairement comme im Cy un sang aduste^ un lojig hiver.

A la fin de quelques mots, il ne se prononce point du tout , même devant une voyelle , comme en ces mots : étang .^ faubourg. Il se prononce à peu près comme A' dans bourg,

H est aspirée dans héros : on dit, le héros j mais elle n'est point aspire'e dans héroïsme j on dit : lliéroïsme de la vertu.

La lettre h ne se prononce point dans le mot anachorète.

Quand h se trouve après un/> dans les mots d'origine grecque ou hébraïque , ces deux lettres ensemble se prononcent comme un /, par exemple , dans ces mots : Séraphin , Japhet , Philippe , Phalaris , physique , philosophie , sphinx , etc.

Quand r/ voyelle, ou la consonne /sont majuscules, alors on supprime le point, dont ailleurs ils doivent être surmontés.

Lorsque la lettre / est double, et qu'elle est précédée de ai , ei , oui , elle se prononce mouillée , comme en ces mots : travailler ., maille.^ bâiller., veiller ., recueillir ^ fouiller ., grenouille. Elle se prononce aussi de même en quelques mots où elle nest précédée que d'un i, comme en ceux-ci '. Jille ^ quille^ briller .f et plusieurs autres.

La même prononciation est suivie dans les mots qui finissent en a//, e//, ueil et ouil^

par / simple, comme tra^'ail ^ ré^'eîl^ cercueil^ œil ^ fenouil j et dans quelques autres qui ne finissent que par // , comme mil ( dans Ja signification de millet).

Il y a quelques mots , comme sourcil ^ outil ^ baril ^ gentil^ qui finissent par // , et dans lesquels / ne sonne point du tout. On prononce comme s'il y avoit sourci^ outi ^ bari , genti. Mais / est mouillée dans gentilhomme (celui qui est noble de race)^ on écrit au pluriel gentilshommes , et on prononce gentizomîjies.

Quand la lettre 771 est à la fin d'un mot , elle ne prend qu'un son nasal. Ainsi on prononce, 72om , parfum •,fai7n , comme s'il y avoit non , pa7fun.fain- mais dans la plupart des mots étrangers , comme Abraham , Jérusalem , Stockholm , Amsterdai7i , etc. , elle se prononce comme si elle étoit suivie d'un e muet. Elle a le son nasal dans Adam.

Cette letire ne se prononce encore que comme n , quand elle est au milieu d'un mot devant b^ p ou /? ; ainsi on prononce : emblème , e7nploi , e7nbarras , e7npire , impatience , comparaison , conda7nner , comme s il y avoit enblème , e/iploi , e7ibarras , enpire , inpatie7ice , C07idanner. Il en faut excepter certains mots , comme ai7inistie , Memnon , sonmifère , etc. qui sont empruntés des autres langues , où elle retient toute sa prononciation. Lorsque cette letire

est redoublée dans les mois composes de la particule en , la première se prononce encore comme ii , ainsi on prononce emmener^ emmaillotter^ etc., comme si l'on écrivoit, enmener , enmaillotter. Hors de là , elle relient sa prononciation ordinaire, comme dans immédiatement^ comminatoire^ elc.

O ne se fait pas sentir dans les mots suivants \ faon^ Laon ^ paon ^ qu'on prononce comme J'an ^ Lan ^ panj août (huitième mois de l'année ) se prononce oiit. Mais 1'^ se fait entendre dans le verbe aoiïter <, terme de jardinage ) ^ aoriste se prononce oriste j taon se prononce toyi y Saône , se prononce Sône.

O pre'cédé de ge sans accent (g^eo), se prononce comme s'il e'toit pre'ce'dë d'un J, Exemples : geolage , geôle , geôlier , geôlière , Georges , prononcez jolage , joie , jolier , jolière , Jorges , etc.

On ne fait guère sonner la lettre 5 à la fin d'un mot , si ce n'est lorsque le mot qui suit commence par une voyelle. Ainsi , dans ces mots, mes propres intérêts ^ on fait sonner s de la dernière syllabe de propres^ comme si le moi propre finissoit par un cmuel, et que le suivant commençât par un z : mes propre zintéréts. Cependant on prononce toujours 1'^ linaîe des mots suivants : aloès ^ as^ bihus^ hlociis ^ deii'is^ gratis ^ Jadis ^ laps ^ maïs ^ Mars , Rheims , Rubens.

Us ne se prononce point dans le mot christ .

lorsqu'il est précédé de celui de Jésus j mais elle se prononce toutes les fois que le même nom se dit seul. On ne la fait point sentir dans le mot antechrist.

S entre deux voyelles se prononce comme z. Exemples : maison , poison , rose , fraise , amuser , etc. Cependant elle a le son ferme dans préséance , présupposer , désuétude , monosyllabe , parasol , vraisemblance.

T ne se prononce pas à la fin de ces mots ^ respectai aspect .^ raêine quand le mot suivant commence par une voyelle ou une h muette : ainsi prononcez respect humain^ comme s'il j avoit respec humain.

U pre'ce'dé de q {qu) , a le son de cou dans aquatile , aquatique , équateur , équatioTi , în-qimrtG , quadragénaire., quadragésime ^ quadrature ^ quadrupède ^ quadruple , qiuzrtenaire , elc.

Qu a le son de eu dans équestre , liquéf action , questeur., Quinte- Curce , «ywmf///?/e , etc.

Çw se prononce comme k dans quidam^ quiproquo , liquéfier.

t/" pre'ce'dé de^ (g^w), a le son doux dans les mots guise (manière) , anguille , sanguin., sanguinaire : prononcez ghise , anghille , etc. Mais faites sentir Xu dans ces mots : Quise (le duc de Guise), aiguille., aiguillon., aiguiser., etc.

go GRAMMAIRE rHANÇOISE

Prononcez et e'crivez , vide , çider , vidanger , et non pas vidde.

Ecrivez Laws ^ et prononcez Las : le système de Las.

X a tantôt le son de es joints ensemble , comme dans Xantipe^ Xcrxès^ eoctréme , ooce , taxe^ A ix la Chapelle ^ etc. ^ tantôt de gz aussi joiuls ensemble, comme dans exercice y Xavier j taniôi d'un c dur comme dans excepter y tantôt enfin il se prononce comme s^ par -exemple, dans les mots Auxerre ^ Bruxelles ^ Aix j tantôt comme z, par exemple, dans deuxième^ sixième^ etc.

A la fin du mot , il a le son de es joints ensemble, comme dvns ceux-ci, qui ont passé de la lan^^ue grecque dans la nôtre, Stjx , sphinx^ lynx ^ etc. ^ et dans ce mot pris du latin, prefix y tantôt ii se prononce comme s à la fin d'un mot, c'est-à-dire, que devant une voyelle, il a le son adouci du z , comme baux à longues années.

En certains mots , tels que dix et six , il ne se prononce point devant une consonne : il a le son du z devant une voyelle^ et quand il est final, ou qu'il est suivi d'un repos, il se prononce fortement comme s.

Des Diplithongues.

La diphtliongue est une syllabe qui fait entendre le son de deux voj'elles en un seul temps , et par une seule e'mission de voix.

Les d

iphthongiies les plus usîte'es sonl :

ai

mail.

ia

diamant.

iais

biais.

ié

pitié.

iè

bière.

ien

bien.

ieu

dieu.

io

fiole.

ion

portion.

iou

chiourme.

oi

loi.

oin

loin.

ouiu

babouin.

oui

oui .^ fouine.

ui

lui.

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