‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 10 sur 279 · DES VOYELLES SIMPLES · texte numérisé non relu

DES VOYELLES SIMPLES

Dans les voyelles formées d'une seule lettre, nous considérerons deux choses, le son simple et le son prolongé , qui fait qu'une syllabe esl dite brève, ou longue, alors qu'elle est prononcée plus ou moins rapidement.

C'est ainsi que dans notre langue, le son de la voyelle a est long dans une panse d'à; dans pâte à faire du pain, etc. ; et qu'il est bref dans il est àParis; danspaf/ed'animal ; dans /a.iiedecouteau, etc.; et c'est ainsi que la même voyelle a représente des sons bien différents, selon la manière dont on la prononce ou dont on l'écrit.

Une tâche à remplir n'est pas une tache, souillure; tâcher de faire son devoir ne se prononce pas comme tacher son habit. Il y a de la différence dans le sens, comme dans la prononciation, entre mâle, animal, et malle, coffre; entre Ynâtin, chien, et T»atin, partie du jour ; entre pêcher et pécher, etc.

On doit sentir , d'après ces exemples, la nécessité de mettre dans la prononciation et dans l'orthographe des mots, la différence de leur quantité sonorifique ou accentuée qu'exige leur quantité respective ; sans cela il n'y aurait que désordre et confusion dans les idées.

De la voix a.

L'a se présente sous trois formes diverses : a, à et a.

Il est dit naturel , lorsqu'il sonne doucement , comme dans les mots place, dame; dans ce cas il n'est pas accentué; mais cette règle n'est pas sans exception, comme nous le verrons plus bas.

A rend un son grave et long, c'est-à-dire qu'on jippuie plus long -temps pour le prononcer que

GRAMMAIHR FRANÇAISE.

pour prononcer les deux autres. Cet r^ circonflexe annonce quelquefois une lettre retranchée, comme dans le mol âge, qui s'écrivait autrefois aatjfe. Dans l'ancienne orthographe, le substantif fâc/ic, et l'adjectif pâ/e, s'écrivaient tasclie et pasle.

A conserve le ton qui lui est propre partout où cette voyelle n'est pas combinée avec l'i, ou avec jî, ou m, ou w, comme dans les mois :f aimai, parlant, ampleur, hauteur.

11 est toujours {jrave lorsqu'il est surmonté d'un occent circonflexe : pdtre; il est toujours aigu quand il est suivi d'une consonne redoublée : attrouper, appeler.

Ce caracière prend l'accent grave lorsqu'il est préposition : difficile à lire. On le lui donne dans déjà et l'adverbe /à, qu'il soit seul, ou qu'il termine un autre mot, comme voilà. Cependant le mot cela s'écrit irrégulièrement sans cet accent. Ailleurs la voyelle a, n'exprimant que le son simple, ne prend point d'accent. En effet, a, troisième personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe avoir, s'écrit sans accent : il a.

Souvent a entre dans la composition d'un mol ; alors il est préposition et exige ordinairement le redoublement de la lettre qui commence le mot simple, comme : affamer , arranger, qui viennent de faim, de ranger, etc. Cette règle est bien loin d'être générale : ainsi les composés dont le simple a pour initiale un d, ou un m, ou uniJ, nedoublent point cette initiale : adoucir, qui vient de doux, ne s'écrit poini addoucir; amener, avilir, dont les simples sont mener et vil, ne s'orthographient pas ammener, avvilir.

11 y a en outre, dit Demandre, quelques composés dont le simple ne commence ni par un (/, ni par un m ou un v, et qui ne doublent pas la consonne initiale qui se trouve après l'a ; telle eslabattie avec ses composés, qui viennent de battre. Quelle est la raison de C(s sortes d'exceptions? L'auteur du Traité de l'orthographe en forme de Dictiotinaire pense que cela dépend de l'effet delà préposition à dans la signification des composés; que lorsque cette préposition ajoutée à un simple n'en change point totalement le sens, et qu'elle ne fait qu'y marquer quelque rapport de plus, comme dans affamer, qui vient de faim, etc., la consonne initiale doit se doubler, à moins que ce ne soit une des trois qui sont exceptées ; mais que si cette préposition change la signification du mot , au point (|ue le sens du composé ne paraisse plus tenir, ou du moins ne tienne plus que de très-loin à celui du simple, la consonne ne doit point se doubler: il donne pour exemple les mêmes verbes battre^ abattre, que nous venons de citer.

Il resterait dans cette hypothèse une difficulté très-grande à lever; ce serait démarquer jusqu'à t\ue\ point le sens du composé peut s'éloigner de celui du simple , avant que l'on soit dispensé

de doubler la lettre initiale. On pouirait dire 'Tailleurs à cet auteur que sa règle est démentie par sa propre décision : abréger, par exemple, vient de bref; il ne s'éloigne pas plus du sens de cet adjectif, que affamer du sens du substantif faim; et cependant abréger ne prend qu'un b selon son Dictionnaire, et selon l'usage. Il est donc aussi court et plus sûr de renvoyer à l'usage et aux bons Dictionnaires , ainsi qu'on est obligé de le faire, à chaque pas, dans ces sortes de matières.

Nous ne parlons pas ici du cas où le redoublement qui suit la lettre a se prononce. Addition s'écrit par deux d, parce qu'on fait sonner ce mot comme s'il était écrit adedition.

A initial peut être privatif, et alors il est d'origine grecque : nous le trouvons tel dans anodin, formé de a, qui signifie sans, ei de oSuvt]. douleur; dans athée, formé de a, sans, et de Gsoç, Dieu ; dans anomal, formé de av, sans, et de o|/.aXoç, semblable.

Nous ne sommes point du goût deceux qui prétendentque oidiplithonguedoitsonnertoujoursoa; foisonner, loi, rogal, ne se prononcent certainement pas foazoné, loa, roaialj mais bien fièzoné, lob , roeial. Les avis sont fort partagés relativement à la prononciation des adverbes terminés en amment et en emment ; les uns veulent que élégam' ment et ardemment , par exemple , se prononcent élégaman, ardaman; d'autres, comme ils sont écrits, ardamman, élégamman ; nous opinons pour cette dernière manière, parce qu'elle est plus conforme à l'orthographe.

Nous ne pouvons pas non plus donner de règle, nous ne dirons pas généi aie , mais certaine, pour indiquer quand aduit être long, ouquandildoitêlre bref. Lorsqu'il prend l'accent circonflexe, il n'y a pas de difficulté ; mais si la marque de cet accent n'y est point, l'usage seul peut guider sur la prononciation. Phase ne prend point d'accent circonflexe; et cependant on prononce longuement, et comme s'il y avait fâze.

Dans les verbes, le son a n'admet aucune lettre après lui , à la troisième personne du présent, du prétérit ou du futur : il a, il aima, iliraj mais à l'imparfait du subjonctif il prend un t : je voudrais qu'il achevât son affaire. Ceci vient de ce qu'autrefois la troisième personne de l'imparfait du subjonctif se terminait par ast : qu'il aimast, pour qu'il aimât. Dans les premières et dans les secondes personnes du singulier, il prend un s :je vas, tu aimas, etc. Ac final a le son aigu de l'a simple dans tabac , estomac , qui se prononcent sans faire résonner le c ; acs sonne aussi a dans lacs , il en est de même de at dans tous les mots en at, comme entrechat, avocat, soldat, état ; à dans là et dans çà, a le son naturel et aigu de l'a simple.

A la fin des mots, le son del'a peut étr e écrit par un 4 ou un f : pas, appas, chat, délicat, II n'y a que les

DES VOYELLES

mots étrangers, comme opéra, errala, etc., qui ne soient pas suivis de l'une de ces deux consonnes. Il ne faut pas en conclure que d'autres consonnes, telles que d et b, ne puissent pas suivre a à la lin des mots; mais alors ce 6 ou ce d se font sentir, comme dans Acliab, Joad, etc., qu'on prononce Àkaùe, Joade, etc. Ces deux consonnes sont du reste assez indiquées par la prononciation.

Mais comment savoir que le son final a prend un f ou un s? II n'y a point encore ici de règle sûre; il arrive souvent que celle orihographepeut être trouvée en remontant du mot simple au mol composé, lorsque ce dernier existe ; par exemple , on écrira combat, à cause de combative ; bas, à cause de bassesse; bat, à cause de bâter ; dard, à cause de darder; art, à cause de artiste; achat, à cause de acheter, etc. Mais, comme le remarque fort sagement Demandre, si ces sortes de comparaisons peuvent être de quelque secours, elles sont, d'un autre côlé, extrêmement dangereuses , parce que l'on est toujours tenté d'en faire des règles générales; ce qui ne peut que produire beaucoup d'erreurs, car dans mille occasions on est obligé d'admettre bien des exceptions.

Le son de l'a se retrouve encore dans quelques mots écrits par e devant m et n redoublés, comme dans femme, hennir, qui se prononcent/iame, hanir'y mais ce^a n'arrive que par exception , car ce son reste nasal dans emmener, en)mi;dansennemi,ena le son de l'e ouvert commun. Dites :anmner,flnnMi, ènemi.

De la voix e.

Nous distinguons six sortes d'e ; Yemuet, comme dans monde, pesant; Vé fermé, comme dans dé, chanté 'y l'è commun ou moyen, comme ôans fidèle, père; Vè oiivtrt, comme dans accès, grès; Vê fort ouvert, comme dans fête, fenêtre; et l'ë tréma, qui n'est qu'orthographique, comme dans ciguë.

Il est d'une grave nécessité de savoir parfaitement distinguer les différentes espèces d'e. Quelques exemples en feront mieux sentir l'importance : repondre (par un e muet au commencementj signifie pondre de nouveau ; et répondre (par un é fermé) signifie répliquer à un discours, à une lettre, à une question. Reformer, c'est former de nouveau; et réformer, c'est donner une meilleure ou une autre forme. Repartir c'est répliquer, faire une repartie, ou partir pour la seconde fois , ou partir après être arrivé ; et répartir c'est distribuer en plusieurs parts : il a réparti le fruit de sa ohasse entre tous ses voisins, après quoi il est reparti pour la ville. En général, la syllabe re (par un e muet) indique réduplicalion : mais Ve muet se change en é fermé, par eupho-

nie, avant les mots simj)les qui commencent par une voyelle , comme dans réorganiser et quelques autres. {Estarac.)

De Te muet.

Ve muet se fait à peine entendre ; c'est pour cela qu'on l'appelle muet : victoire, prononcez comme si l'on écrivait vikionr ; il y a même des mots où il n'a aucune espèce de son, comme dans armée. Sa nullité est tellement prouvée que les vers qui se terminent par un e muet ont une syllabe de plus que ceux qui finissent par une syllabe sonnante. Il est inconcevable que cette règle, qui est générale et toute de goût , soit continuellement violée par les compositeurs de musique, qui affectent presque toujours d'appuyer leur chant sur une dernière syllabe, quoique muette.

L'e muet ne peut s'écrire que par e, par es non monosyllabe, et par ent finale de la, troisième personne du pluriel dans les verbes. Remarquons dès à présent que cet e muet est totalement absorbé dans les terminaisons finales en aient : ils aimaient. L'e muet est la letti e caractéristique de la finale des premières et des troisièmes personnes du singulier des présents de l'indicatif et du subjonctif, dans les verbes de la première conjugaison : y aime, que j'aime: il aime, qu'il aime. Cet e muet , par es, marque les secondes pe-rsonnes du singulier de l'indicatif ou du subjonctif : tu parles , que tu aimasses. Mais à la seconde personne de l'impératif des verbes de la première conjugaison e ne prend point s : chante.

A la fin des mots composés de plus d'une syllabe , es se prononce comme Ve muet : hommes , aimées , armes ; prononcez : orne, èmé, arme, etc. Partout ailleurs le son de l'e muet s'exprime par le caractère e, sans signe ni accent. Par l'effet d'une inconcevable bizarrerie, il y a des occasions où l'e muet se prononce et ne s'écrit point. Nous avons dit qu'aucune consonne ne saurait avoir de son naturel sans le secours d'une voyelle : or plusieurs consonnes de suite peuvent se trouver dans un même mot; et alors, ou l'on n'en prononce qu'une, ou bien la consonne qui n'a pas de voyelle pour son service se fait sentir par le moyen d'un e muet qui se surajoute naturellement : dans le mot belle on n'entend qu'un /; mais dans inné on entend inené; dans immense, imemance. Point de règle qui puisse nous enseigner quand il faut écrire cet e muet, ou quand il ne faut que le faire sentir : il n'y a encore que l'usage qui puisse guider ici.

La prononciation de Ve muet varie ; ainsi ce n'est pas assez de savoir (}ue tel e est muet pour savoir bien le prononcer. Onnedoitpas l'entendre

24 GIUMMÂIRE FRANÇAISE.

du tout : i» à la fia des mois suivis immédiatement i amène-le ; amènè-le serait une mauvaise pronon' d'un autre mot commençant par une voyelle

ainsi, «îie histoire amusante, se prononce comme s'il y avait u-nis loi-r amusante ; 2° dans les futurs et

ciaiion.

Cette remarque de Lévizac est excellente , mais ne répond pas à tout. Nous concevons parfaile-

les temps conditionnels des verbes en ier, comme ment la raison qui fait conserver deux e muets de il étudiera, il plierait,ils emploieront, elc.,queVoa\ suite dans les premières syllabes de revenir, de

prononce à peu près comme s'il y avait il étudira, il plirail, ils emploiront, etc. ; seulement on fait langue la syllabe qui précède cet e muet, il plirait, etc. ; 5° avant la syllabe au , comme beau , etc. , que l'on prononce bau, etc. ; 4° dans les syllabes où, précédé d'un g, il est suivi d'un a ou d'un o, car alors il ne sert qu'à donner au g le sonj; comme, nous mangeons, vengeance fClcW en est de même des mots Jean, asseoir, etc.

L'e muet ne se prononce point encore, lorsque, étant la dernière voyelle d'un mot , il est immédiatement précédé d'une autre voyelle; comme journée, ils rient, etc., que l'on prononce comme s'il y avait journé, ilri, etc.

Il y a une différence, quoique bien peu sentie, entre l'e muet qui se trouve dans le corps ou à la fin des mots. Cet e devient presque nul : demander, monde; prononcez comme s'il y avait dmander, mond ; mais la nuance est si délicate qu'il est presque inutile d'appuyer sur cette circonstance: nous nous contenterons d'en donner l'avis, et de recommander de ne pas prononcer lourdement cet e muet ; car du moment où l'on appuierait la voix fortement, il cesserait d'être é muet ; tout le son doit porter, mais brièvement, sur celui de la consonne qui l'accompagne. Il est faux du reste que l'e muet puisse avoir le son de eu ; c'est une grave erreur dans laquelle sont tombés presque tous les Grammairiens; il est bien certain que jamais me, te, le, n'ont pu avoir le son de eu dans feu, dans jeu, etc.

Lévizac fait une observation assez essentielle pour que nous ne l'omettions pas ici ; c'est que lorsque les Grammairiens disent qu'ew français il ne saurait y avoir deux e muets de suite, on doit entendre à la fin des mots; car au commencement il peut y avoir deux e muets de suite, comme dans revenir, redemander ; et deux e peuvent être précédés d'autres e muets monosyllabiques, comme : je redemande, de ce que je redemande; il faut que la voix passe de ces e muets à une syllabe sur laquelle elle puisse se soutenir. A la vérité, en français , il ne peut y avoir deux e muets à la fin des mots, parce qu'avant la chute du son il faut un appui à la voix. Alors, pour trouver cet appui, on change le premier e muet en e moyen, ou ouvert commun. Par exemple, dans mener, appeler, le premier e est muet ; mais si je dis : je mène, j'appelle, cet e se change en è ouvert commua. Voilà pourquoi nous disons aimeje, puissè-je , et non pas aime-je , puisse-jc. Il n'y a qu'une seule exception, c'est dans celte phrase,

redemander; c'est à cause du redoublement, qui ne saurait changer sans dénaturer le réduplicatif et le verbe simple auquel il est accolé. Mais, pour ne citer que deux mots, nous trouvons warqueterie et papeterie f que l'Académie orthographie par deux syllabes muettes de suite. Ces deux syllabes muettes sont-elles dans le génie de notre langue? non, mille fois non. Si l'on doit prononcer marquetrie et papetrie, écrivez-les selon cette prononciation; mais il nous paraîtrait bien plus simple (adoptant pour ces mots, et pour tous ceux qui leur ressemblent, le redoublement de la consonne) d'écrire marquetlerie, papelleriey et de prononcer marquètri, papclri.

C'est le cas de relever une grossière absurdité de prononciation que messieurs du Théâtre- Français ont introduite et s'obstinent encore à conserver. Ils ne prononcent nullement l'e muet du pronom le, placé après l'impératif des verbes. S'ils ont à réciter , en prose ou en vers , cette phrase ; aimez-le, madame; ils ne manquent pas de dire : aimez-C, madame. Nous ne trouvons cependant pas plus d'harmonie dans cet aimezl'' que dans aimez-le. Nous savons bien qu'il y a eu des Grammairiens de cet avis : M, Dubroca, entre autres, conseille de prononcer ainsi ce vers de

Racine :

Avouez-V , madame, L'amour n'est point un feu qu'on renferme en son anie

M. Dubroca ne s'est sans doute pas aperçu qu'il faisait du vers de Racine un vers faux, en indiquant cette prononciation; ou plutôt il ne l'avait pas scaildé. Nous dirons , nous, qu'il ne faut retrancher l'e muet du pronom le, dans ce cas, que lorsqu'il y a élision forcée dans la mesure du vers, comme dans celui-ci du même poète : Rendez-le à mon amour, à mon vain désespoir.

E est nul aussi dans j'ai eu, lu as eu; prononcez u; dans eûmes, eusses, eût; prononcez urne, uce, u.

On le supprime même assez ordinairement : mais on a soin de le remplacer par un accent circonflexe sur la voyelle qui le précéderait immédiatement, dans l'orthographe de certains substantifs, tels que : aboiement, enjouement, paiement, qui peuvent s'écrire aboîment, enjoûment, paîment, etc.

Il est encore totalement absorbé dans les mots terminés en eois, comme villageois ; en ea^ comme mangea, vengeance : il est vrai qu'il sert ici à adoucir le son du 9.

DES VOYELLES

Et

Nous ne sommes pas entièrement de l'opinion de ceux qui le suppriment aujourd'hui dans les futurs et dans les conditionnels présents des verbes terminés en ier, yer et oiier; parce que, dans ces verbes, la suppression de cet e muet dénature en quelque sorte l'orthographe primitive du mot. II ne faut donc pas écrire , à moins que ce ne soit en poésie , y ou l> lirai, je paîrai; mais '}* oublier ai, jepaierai. Il est si vrai que cette orthographe est la seule correcte , que dans les verbes en éer, personne ne s'est encore avisé , soit en prose , soit même en vers , d'écrire je siipplêrai, je crêrais; mais bien je suppléerai , je créerais.

E muet est encore nul dans les mots en ean, ein, eoriy eun; dans ceux en ea , eai, aie, eau , ée , eo y ie, eue , et ue dont nous parlerons tout à l'heure.

C'est une grave erreur de prétendre que Ve muet se fait plus sentir dans la dernière syllabe terminée en ent des troisièmes personnes plurielles des verbes , que dans celles qui le sont simplement par Ye muet : il aime et ils aiment, sonnent également ème. Il n'y a que dans les monosyllabes que Ye muet est un peu marqué : je, me, sonne un peu plus lourdement que la syllabe me de aime.

De I'é fermé.

Vé fermé se prononce en ouvrant peu la bouche et en serrant les dents.

Nous trouvons le son naturel é , écrit dans vérité, par é : dans j'aurai, par ai; dans aimer, par er; dans bontés , par es; dans lisez, par ez. La conjonction et , même devant les voyelles , a aussi ce Sun de Yé fermé; c'est le seul cas où le t final ne donne pas à Ye le son ouvert de l'è.

Ordinairement Yé fermé est surmonté d'un accent aigu.

L'e se prononce fermé , quoiqu'il ne soit pas surmonté de l'accent aigu, dans lu terminaison des verbes dont l'infinitif est en er, comme anner, donner, etc. Cependant le son de cet e devient ouvert dans la piononciation et dans la lecture , lorsque le mot qui suit immédiatement cet infinitif présent commence par une voyelle ; ainsi ; aimer à boire , ne se prononce pas èmé à boare , mais èmè rà boare.

En général, tout e suivi d'un r, qui termine un mot, ne prend point d'accent ; mais il se prononce tantôt fermé comme dams berger , potager, et tantôt ouvert comme dans mer , fer.

Premier sonne comme s'il y avait premié; mais ce même mot au féminin redevient à demi ouvert dans première , en faisant sentir l'è grave de la pénultième syllabe.

Redressons en passant une exception aussi bizarre que ridicule, parce qu'elle est unique et in-

utile ; c'est celle qui consiste à faire prononcer plnrïé le mot pluriel; pourquoi ne pas dire plurièle ? el sonne partout èle.

La syllabe finale des secondes personnes du pluriel dans les verbes qui ont le son de Yé fermé , s'écrit par ez : vous aimez , vous lisez , etc.

Autrefois z était la marque caractéristique du pluriel dans les noms ; ainsi on écrivait ilegrez , et non pas degrés; bontez et non pas bontés; la dernière orthographe est seule reçue aujourd'hui. Le z ne paraît plus guère que dans le substanlit nez , désignant la partie du visage , dans la préposition chez et dans l'adverbe assez. Tous les autres mots en général terminés absolument au singulier par un é fermé, prennent un s au pluriel : vérité , des vérités ; aimé, aimés.

Il est quelques nom^s étrangers , et surtout espagnols ou portugais , comme , Alvorcz , Suarez , Rliodez, etc. , dans lesquels le z final se prononce comme ce , et rend ouvert Ye précédent. Mais Ye est fermé dans clef, pied, qu'on a long-temps écrit clé , pié. Dans ces mots orthographiés de la première façon, le f et \e d final ne se prononcent point : s'ils se prononçaient, Ve deviendrait ouvert.

Ai est aussi quelquefois la marque du son de Yé fermé dans la première personne des prétérits et des futurs des verbes , qui sont ainsi terminés : je chantai , j'aimerai ; prononcez : je chanté , jèmeré ; observons que le premier ai dams j'aimerai , conserve le son de l'è ouvert qui lui est propre.

Le son de I'é fermé se fait encore sentir à la première personne du piésent de l'indicatif du verbe avoir; j'ai, dites je.

Quelques-uns veul. nt encore que les trois personnes du singulier du présent de l'indicatif du verbe savoir qui sont ; je sais , tu sais, il sait , soient aussi formées par le son d'un è ferme ; nous ne p irta{>,eons pas leur opinion ; rien ne s'oppose à ce qu'on prononce je ce , tu ce , il ce ; dire Je ce , tu ce , il ce , nous paraît une pure bizarrerie sans aucune utilité.

La règle générale , en dehors des cas particuliers que nous venons de mentionner , est que toutes les fois qu'un é fermé sonne dans un mot , on l'écrit par un éavec l'accent aigu : préface , austé- .* rite , etc.

De l'È ouvert, et de Ve moyen ou commun.

Cete est peu ouvert, ou plus ouvert, outrésouvert.

L'e peu ouvert , dit moyen ou commun , se marque par e sans accent , comme dans autel, mortel ; par ai, comme dans semaine; par ei , comme dans peine; par ef , comme dans tiret. Autrefois il se marquait aussi par oi, comme dans foible ; mais ce son ne s'écrit plus que par ai.

Ve plus ouvert , dit ouvert grave , s'exprime

par è, comme dans thèse; par c , comme dans fcie', par es , comme dans st/ccès ; par es, comme dans les monosyllabes /es , rfes , es du verbe être ; par est, comme dans il est; par aï, comme dans naître; par ait, comme dans bienfait; par ais, comme dans j'avais; par aient, comme dans allaient ; par aix^ comme dans paix , etc.

Nous venons de dire que ce son de è se marquait encore par oi , ois , oit , oient; ainsi on écrivait connoftrè , et on prononçait konêire ; l'usage général a fait bonne justice de cette fausse orthographe.

On sait qu'il est encore impossible de donner ici des règles générales ; pour s'assurer -de l'orthographe particulière de ces mots , il faut avoir recours à un bon Dictionnaire qui donne la prononciation.

Cependant les observations qui suivent pourront être utiles auîc espiiis réfléchis.

En général , dit le savant Demandre , le génie de la langue ne connaît que deux sortes d'e , l'e muet et le fermé ; et ce n'est qji'à l'occasion de quelque consonne suivante qu'il devient ouvert. En effet, dans l'e fermé la bouche est presque entièrement fermée ; mais s'il suit une consonne qui soii étroitement liée à cet e, elle exige que la bouche s'ouvre pour son articulation , ce qui détruit la disposiiion où les organes devraient être pour prononcer l'e. Parmi les consonnes , les unes causent un plus grand dérangement , une ouverture plus grande ; les autres la demandent moindre ; et c'est ce qui fait que nous avons tant d'espèces d'e fermés ou ouverts, que quelques grammairiens en ont compté jusqu'à quatre ou cinq : e fermé, e moyen , e ouvert , e plus ouvert, e long ; comme , café , diffère , fer , etc.

De là , nous pouvons tirer une conséquence générale : c'est que nous n'avons point d'e ouvert, qu'il ne soit ou n'ait été suivi , au moins dans l'écriture, de quelque consonne qui se prononce , ou qui s'est autrefois prononcée. 11 parait par la même raison que tout e suivi d'une consonne, surtout prononcée , et même écrite sans se faire entendre , doit être plus ou moins ouvert selon la nature de la consonne ; mais il y a pour ce dernier point bien des exceptions que nous établirons par la suite.

Tous les e , suivis dans la môme syllabe d'une consonne qui se prononce , deviennent ouverts ; il n'y a point d'exemples qui n'eu convainquent : bec , grec , sep , sel, enfer , etc.

Plus les consonnes dont les e sont suivis dans une même syllabe obligent à ouvrir la bouche , plus les e sont ouverts ; on ne trouvera aucune exception à cette règle. Et comme / et r sont h s consonnes qui font le plus ouvrir la bouche, ce sont celles aussi devant losqutlh'S l'e est le plus ouvert, connue *ians amer, tnnir, cnsuel , etc. Le // faisant moins ouvrir la bouche que / et r , il

rend aussi moins ouvert l'e qui le précède ; comme dans imperceptible , où le premier e est plus ouvert que le second.

Rappelons-nous donc que les consonnes qui rendent plus sensiblement et plus généralement ouvert l'e qu'elles suivent et auquel elles appartiennent , sont c, /", / , r, s , t ; comme avec, bec , fief, relief , nef, chef, sel, fiel , nouvelle , fer, enfer , Lucifer, anier , procès , très , près , progrès , accès , excès , gourmet , secret , discret, etc.

Les consonnes m et n rendent l'e nasal quand elles le suivent , quand elles font partie de la syllabe et qu'elles se prononcent. Les autres,qui sont b, d, g , h ,p, q , X , j eiv ,ïie, finissent jamais de syllabe, ou n'en finissent que rarement; et même alors ce n'est presque jamais un e qui les précède immédiatement , ou bien elles ne s'y prononcent presque jamais ; enfin elles ne méritent pas à cet égard d'observations plus parlicuUères.

L'e, quand il doit sonner ouvert, ne prend point d'accent grave , s'il est suivi d'un / ou d'un r final comme dans éternel, mer, fer, cher, enfer , Lucifer, amer, etc. 11 en sera de même si l'une de ces deux consonnes est redoublée et suivie d'un e muet , comme dans cruelle , terre , tonnerre.

L'e se prononce ouvert en faisant sentir r , dans les monosyllabes en er, comme cher , fier ; et dans les noms propres latins ou étrangers , comme Jupiier , Luther , Alger (') , etc.

Dans les autres cas où / et r sont suivis d'un e muet , on écrit le premier e avec l'accent grave : modèle , père.

Souvent on est embarrassé de savoir si un mol s'écrit par ai , ou par ci , lorsqu'il a le son ouvert; l'étymologie peut quelquefois guider ici. Ainsi on écrit plaine , terrain large et uni , parce que ce mot vient du latin planus; plein, pleine et peine y qui viennent de plenus et de pœna ; mais encore cette règle est loin d'être sans exception.

On n'emploie guère l'accent circonflexe sur l'e ouvert que dans les syllabes où il annonce la suppression d'un s qu'on y mettait autrefois : tête , même , quête, intérêt , s'écrivaient autrefois teste , me^me , quesie , iniérest , et se prononçaient cependant comme nous prononçons aujourd'hui.

Il y a une différence assez sentie, du moins par rapport à la durée du son, entre l'è grave et l'e moyen, et Vê circonflexe. On les nomme tous trois ouverts, parce qu'en effet il faut ouvrir plus grandement la bouche qu^on ne le fait dans laprononeiaiion pour les autres sons. L'è moyen ou commun n'est pas toujours accentué; on le nomme ainsi parce que le son qui lui est propre tient le juste milieu entre le grave et le doux. Il est bien certain que le gpn de Yè de père, et celui

(') Voyez une d^sscrtnlion sur la pronomialion de ce mot, à l'article qui le concerne daus uolre DicUonnaire,

DES VOYELLES

de l'è de succès n'est pas le même que Ve de la pénultième de trompette ; c'est encore cet e moyen que noui» faisons sentir dans examen, hymen, etc.

L'ë est tout orthographique; cependant il sert à marquer qu'on doit prononcer la syllabe dans laquelle il se trouve , sans s'embarrasser du son qui lui est naturel : ainsi on écrit ambiguë , et non pas ambiguë, pour indiquer qu'on doit dire ambigu.

De la voix i*

I est de toutes les voyelles celle dont le son est le plus aigu et le plus maigre.

Le son i se rend par i ou par y et même par ie : sipnétrie; dites,commes'il y avaitcimé/n.

L'i ne se prononce pas dans les mots encoignure, oignon et dér.,poir eau jpoignant, poignard, poignée, poignet, poitrine, poitrail, Montaigne (nom propre d'homme). Au théâtre, qui devrait être le tribunal sans appel de la bonne prononciation, on prononce continuellement poegniar, poètrine. D'abord cet oè ne nous semble nullement harmonieux; il est même de mauvais goût ; ensuite personne, même au théâtre , ne s'est jamais avisé de dire une ankoegniure, une poègnié de main, le poegnie. Il est bien certain (\iiBpo'ignard vient de poignet; si donc on dit pognie, prononçons aussi pogniar ; en supprimant le son d'i, comme nous le supprimons dans encoignure.

L'i simple demande peu d'observations, parce qu'il n'a rien qui embarrasse.

II n'en est pas de même de l'y, qui peut se trouver pour un ou pour deux i.

L'y ne doit s'employer que dans les mots tirés du grec, ou bien lorsqu'il tient la place de deux i, dans abbaye, moyen, etc., qui se prononcent a-bè-i,moè-ien, etc.

Nous venons de voir dans le mot symétrie , que ïy employé pour un i sonne comme ce dernier. Mais lorsque l'y équivaut à deux i, le premier sert à former une diphthongue avec la voyelle qui le précède, et le second une syllabe dans la prononciation : pays, prononcez pè-i , comme s'il y avait écrit pai-is ; envoyer, dites anvoèié, comme s'il y avait envoi-ier.

Pourquoi dans le cas où l'y est employé pour deux i, ne mettrait-on pas dessus un tréma? on distinguerait facilement par là l'y sonnant simplement i , de l'y qui en représente deux ; par exemple, on éci irait abyme, et loyal.

Boinvilliers nous dit qu'il faut écrire le présent de l'indicatif « nous payons , nous envoyons , nous

> ennuyons, nous voyons, nous sursoyons, nous

> fuyons; vous payez, vous envoyez, vous ennuyez, » vous voyez, etc. L'y est employé dans ces l< mps i de verbes, parce qu'il faut y faire entendre le son » dedeux i, et que, pour celle raison, on ne pour-

rait pas écrire < nous paîons, nons etivoions, nou& ennuions, nous votons, nous sursoions, nous fuions. » Mais on doit changer cet y en deux i, à l'imparfait de l'indicatif, et au présent ou au futurdusubjonctif. Exemple : nous voiions, nous sursoiioiis, nous fuiions, que nous paiions, etc. , etc., parce que, si l'on écrivait nous envoyons, nous fuyons , on confondrait le présent de l'indicatif avec l'imparfait du même mode; d'un autre côié, si l'on écrivait : nous envoyions, nous fuyions , l'y tenant la place de deux i dans les mots qui ne sont pas tirés du grec, on aurait trois i, au lieu de deux qui suffisent. > On nous permettra de n'être point de l'avis de ce savant réformateur, parce qu'il nous paraît vouloir établir une exception dans une règle générale. Nous prétendons qu'on doit écrire à l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif envoyions, fuyions, par la raison de principe général qui veut qu'on ne se serve de l'y, comme nous l'avons dit, que lorsqu'il est employé pour deux i; c'est ainsi que nous écrivons ^effraie, ^'envoie, et non pas j'effraye,] envoyé; tandis qu'il faut écrire y effrayais, jenvorjais. Il résulie donc que nous ne pouvons supprimer cet y à l'imparfait de l'indicatif, ni au présent du subjonctif, sans pécher contre l'orthographe générale; car cet y , nous en conviendrons, n'est plus ici qu'un véritable i, mais nécessairement orthographique.

t Dans les verbes terminés en ayer, dit ailleurs » le même M. Boinvilliers, comme payer, effrayer, » essayer, etc., on met toujours un y, parce qu'on » emploie réellement deux i ; pai-ier, je pai-ie; » c'est pourquoi il faut écrire je paye, tu payes , » il paye et ils payent. Les seuls temps où l'on » doit faire usage de l'i, sont le futur je paierai, » et le présent ou futur conditionnel je paierais. t Ve qui suit cet i est absolument nul , et l'on » peut le supprimer; alors on écrit : je paîrai , je » pairais, avec l'accent circonflexe, pour marquer > cette suppression. »

Nous demandons encore pardon au savant Grammairien de venir le contredire; mais pourquoi admettre toujours et inutilement des exceptions? Il est vrai que ï Académie écrit je paye , tu payes, il paye ou il paie , et au futur, je payerai , je paierai , ou je pa?rai; elle laisse à choisir. Mais comment trancher la question ? nous croyons qu'on ne le peut qu'en consultant la prononciation. Doit-on , dans je paye, prononcer je pè-ie ou je pè? Ce qui nous ferait pencher pour la seconde manière , c'est la triple orthoj^raphe du mot payement, que Y Académie permet d'écrire aussi paiement et encore paîment. Raisonnablement parlant, elle ne pourrait autoriser à écrire pâment, s'il fallait rigoureusement prononcer pè-ie-ment; car on ne saurait faire sentir des lettres qui ne sont pas dans le mot. Ck>ncluons donc qu'il n'y a pas moins de

moiifs (T écrire Je paie, que l'envoie, et l'emploie; et ^suivons celle orthographe, puisqu'elle est un primipe.

Il esi aisé de senlir quand le son i doit s'écrire par un y ; c'est lorsqu'il mouille la voyelle qui le suit , comme dans royaume , frayer.

C'est une faute bien ordinaire d'écrire ayeux, payen, fayence; écrivez : aïeux, paien, faïence. Deux i ne sonnent pas dans ces mots : il ne faut donc pas d'y.

Bien des gens considèrent à tort Yy comme une lettre grecque. Ce caractère n'existe cependant pas en grec; mais ce qui a donné sans doute lieu à cetie erreur , c'est qu'on entend dire qu'en effet il remplace dans l'étymologie une lettre grecque; celle lettre est Vupsilon, qui répond à notre tt français. Dans toutes les occasions où un mot de notre langue est d'origine grecque , le son i se rend en français par y , lorsque la syllabe a un upsilon en grec : celle règle est générale et de rigueur; ainsi écrivez : abyme, acolyte, améthysit, asyle, béryl, crystal, cygne, cylindre, etc., et non pas abime , acolite , etc.

Liste des mots le plus en usagée dans lesquels le son d'i se rend par I'y élymologique.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

Abyme.

Acolyte.

Acronyque.

Aipéthyste.

Ampbictyons.

Amygdales.

Aoalyse.

Androî?yne.

Aukylose.

Anonyme.

Apbye.

Apocalypse.

Apocrypbe.

Azyme.

Babylone.

Borborygme.

Cacochyme.

Chrysalide.

Chrysocolle*

Chyle.

Chymie.

Chylifèrc.

Clepsydre.

Clyslère.

Collyre.

Coryphée.

Corybante.

Cyclade.

Cyclopc,

Cygne.

Cylindre.

Cymaite.

Cymbale.

Cynique.

Cynisme.

Cj nocOpbale.

Cynosure.

Cyprès.

Cypris.

Cythère.

Cytise.

Dactjle.

Dey."

Dissyllabe.

Dithyrambe.

Dryade.

Dyle (rivière).

Dynastie.

Dyssenterie.

Egypte.

Elysée.

Emphytéotique.

Empyrée.

Encyclopédie.

Entbyméme.

Érysipèlc.

Elymologie.

Eupbrosyne.

Gymnase.

Gymnique.

Hippolyte.

Homonyme.

Hyacinthe,

Hyades.

Hydraulique.

Hydre.

Hydroci'le.

Hydrogène.

Hydrographie.

Hydromel.

Hydrophobie.

Hydropisie.

Hyène.

Hyères.

Hygiène.

Hygromètre.

Hymen.

Hyménée.

Hymne.

Hypallage.

Hyperbate.

Hyperbole.

Hyperborée.

Hypermnestre.

Hypocondriaque.

Hypocras.

Hypocrite.

Hypoténuse.

Hypothèque.

Hypothèse.

Hypotypose.

Hystérique.

Ichthyologie.

Idylle.

Labyrinthe.

Larynx.

Libye.

Lycée.

Lycie.

Lymphe.

Lynx.

Lyon.

Lyre.

Lys (rivière).

Lysandre.

Martyr (un).

Martyre (le).

Métaphysique.

Mctempsychose.

Métonymie.

Mnémosyne.

Monosyllabe.

Myopie.

Myriagramrae.

Myriamètre.

Myrrhe.

Myrte.

Mystère.

Mystérieux.

MystiGcateur.

Mystique.

Mythologie.

Néophyte.

Nyctalope. Nymphe.

Nymphée.

Odyssée.

Olympe.

Olympiade.

Onyx.

Oxyde.

Oxygène.

Oiymel.

Panégyrique.

Paralysie.

Péristyle.

Physionomie.

Physique.

Polygamie.

^Polyglotte.

Polygone.

Polynôme.

Polype.

Polysyllabe.

Polytechnique.

Polythéisme.

Porphyre.

Presbytère.

Prosélyte.

Prototype.

Prytanée.

Pseudonyme.

Psyché (meuble).

Puy-de-Dôme (le).

Pygmée. ' Pylore.

Pyramide. Pyrénées. .

Pyrèthre.

Pyrétologie.

Pyrite.

Pyrrha.

Pyrrhique.

Pyrrhus.

Pylhée.

Pythiques.

Satyre.

Sibylle.

Stéréotype.

Style.

Stylet.

Styx.

Sycomore.

Sycopban.e. .

Syllabe.

Syllogisme.

Sylphe.

Symbole.

Symétrie.

Sympathie.

Symphonie.

Symptôme.

Synagogue.

Synallagmatique.

Syncope.

Syndic.

Synecdoche.

Synode.

Synonyme.

Synoptique.

Syntaxe.

Synthèse. ,

Système.

Thym.

Tympan.

Tympanon.

Type.

Typographie.

Tyran.

Zéphyr.

Zéphyre.

Dans yeuse, et dans yeux, pluriel irrégtdier de œil, nous employons y pour i simple , quant au son ; c'est une bizarrerie de l'usage.

y pronom et y adverbe de lieu , sonnent i également : il faut y aller ; ne vous y fiez pas.

Partout ailleurs le son i s'orthographie par un i simple et non par y ; ainsi n'écrivez plusrot/ ,/oî/; mais roi , foi.

N'écrivez pas non plus Henry , le nom propre Henri , qui vient du latin Henricus, mot dans lequel l'y ne figure nullement.

Il y a d'autres mois encore où la consonne finnle qui suit i ne se fait point sentir lorsque le mot est suivi d'une consonne ou d'un repos ; c'est dans la plupart des substantifs terminés en is ou en it, comme ris, mépris, dédit, conflit; dans les adjectifs et les participes en is , ou en it , comme petit , écrit, 'pris.

Il nous reste à parler de Vi circonflexe et de l'ï tréma. Le premier ne s'emploie que pour indiquer que la syllabe est longue ou remplace une leitie retranchée, comme dans le mot gîie, épîire; le second indique qu'il faut le séparer de la voyelle qui le précède immédiatement dans un mot : haïr se prononce ha-ir et non pas hère.

Il dans fusil et sourcil , sonnent i ; prononcez fuzi, çourci.

DES VOYELLES

Des voix o et 6.

Vo naturel se prononce sans appuyer dessus et sans grossir la voix ; Vo soit grave , soit aigu , se marque par o , ou par ô , ou par ot , ou par os , ou par opf ou par oc, ou par ao. Celte dernière consonnance ne se rencontre que dans les raots Saône, taon, août, qui se prononcent çone^ ton , oût.

En général le son simple o se prononce partout oii il est écrit par un o sans accent ; mais si la voix doit être longue , on le surmonte d'un accent circonflexe, comme dans côte , et la plupart du temps cet accent circonflexe remplace un s retranché : côte est en effet pour coste qu'on écrivait autrefois.

Il y a quelques difficultés pour les syllabes. finales. Presque tous les mots des langues étrangères qui se terminent par un o simple sonnent comme s'il y avait un ô grave , duo, zéro ; prononcez duô, zéro.

Les mois terminés par ot, comme dévot, bigot, sonnent souvent ô : sirop se prononce cirô, et trop, tro ; escroc se prononce ècekrô.

Dans les autres cas on fait sentir la consonne finale qui suit Vo ; et alors cet o devient aigu ; ainsi dites choc , comme s'il y avait choke ; paon , Laon,faon, pron. pan, lan, fan; voyez ao.

De la voix u.

Le son de celte voyelle varie peu. Elle se prononce naturellement en sifflant du bout des lèvres : vertu , du.

Mais le son u ne s'écrit pas toujours par un m seulement. Nous voyons souvent- cet u suivi d'un t (jui ne se fait point sentir ; par exemple , dans les imparfaitsdu subjonctif: qu'i//uf, qu'il reçut; dans les prétérits ; il reçut , il fut. Quelques substantifs ajoutent un t à Vu final; comme dans début. D'autres prennent un s comme refus.

Le verbe avoir sonne u au prétérit , et s'ccril j'eus, tu eus, il eut, nous eûmes, etc. Au participe il a le même son, eu, j'ai eu; prononcez ju, tu u , il u , nous unies ; u ,j'ai u, etc.'

On écrit et l'on prononce vidange, vide ei vider et non plus vuidange , vuide el vuider.

L'accent grave qui se place sur lu n'est jamais qu'ortliographique; on le met sur oii adverbe de lieu , pour le distinguer de ou conjonction , qui ne prend pas d'accent. Il en esl de même d'û , avec l'accent circonflexe : il se met sur les adjectifs mûr, sûr, où il tient la place d'un e, parce que ces mots s'écrivaient autrefois meur, seur, et afin de les distinguer de mur ( muraille), et de sur {préposition ) ; on le met aussi sur le mot dû , participe du verbe devoir , pour qu'on ne le confonde pas avec du, arlicîe; enfin sur le mot tu , participe passé de taire, et sur crû, participe de croflre ,

pour ne pas confondre ces deux mots avec tu, pronom , et avec cru, participe du verbe croire.

On se sert du tréma sur Vu , dans les mots Ésaii , Antinous , pour faire voir qu'on ne doit pas prononcer Eiô, ni Antinouce : mais É-za-u , An-tino-uce.

Del'Y (Voyez de li.)

Page 1