‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 104 sur 279 · Épilogue, Episode · texte numérisé non relu

Épilogue, Episode

Épithalame, poènje ù l'occasion d'un mariage.

Épitome, abrégé d'un livre, d'une histoire.

Équilibre.

Équinoxe, temps de l'année où les jours sont égaux aux nuits.

Érable.

Érysipèle.

Esclandre.

Escompte, remise que fait au souscripteur d'un effet celui qui veut en toucher le montant avant l'échéance.

Esquif.

Estaminet.

Étal, table de boucher ; lieu où on vend la viande.

Éteignoir.

Étouffoir.

Eucologe.

Éventail.

Éventaire.

Exercice, l'action de s'exercer. — Fig. Peine, fatigue, embarras.

Exil.

Exode.

Exorde, première parlie d'un discours oratoire.

Fifre.

Flair, odorat du chien.

Fossile.

Furoncle.

Girofle, fleuraromatique qui croît aux îles Moluques sur un arbre que l'on nomme giroflier.

Goitre.

Hameçon.

Hanneton.

Harmonica.

Hectare, nouvelle mesure : près de deux grands arpents.

Hémisphère , moitié du globe terrestre.

Hémistiche, moitié de vers alexandrin, après lequel il y a un repos.

Héritage,

DU SUBSTANTIF

Hiéroglyphe , certainfts images ou figures, dont les anciens, et particulièrement les Egyptiens, se sont servis pour exprimer leurs pensées avant la découverte des caractères alphabétiques.

Historique.

Holocauste, sorte de sacrifice parmi les Juifs et les païens.

Hôpital.

Horizon, grand cercle qui coupe la sphère en deux parties égales, etc.

horoscope, prédiction de la destinée de quelqu'un, d'après l'inspection, la situation des astres, lors de sa naissance.

Hospice.

Hôtel.

Hourvari, grand bruit, grand tumulte.

Hydrogène.

Hydromel.

Hymen.

Hyménoptère.

Hypocras.

Idiome.

Incendie.

Inceste.

Indice.

Infanticide.

Insecte.

Instinct.

Intei^ïiède, divertissement entre les actes d'une pièce de théâtre.

Interstice , intervalle de temps ; en physique, intervalles que laissent entre elles les molécules des corps; ce sont ces interstices que l'on appelle pores.

Intervalle.

Inventaire.

Iris.

Isihme, langue de terre resserrée entre deux mers ou deux golfes.

Itinéraire,

Ivoire.

Jubé.

Lapis.

Légume, plante potagère.

Leurre.

Litige.

Lobe.

Madrépore.

Malaise.

Mânes , divinités domestiques des anciens païens.

MaiTube.

Mésentère.

Métacarpe.

31ilU-pertuis.

Ministre.

Minuit.

Mollusque.

Molybdène.

Monocle.

Monochorde.

Monogramme.

Monôme.

Monopole.

Monorime.

Monosyllabe.

Monticule.

Myriagramme,

Narcisse, plante.

Nimbe.

Obélisque, espèce de pyramide quadrangulaire longue et étroite.

Obit.

Observatoire, édifice destiné aux observations astronomiques.

Obstacle.

Octroi.

Odorat.

Œsophage.

Offertoire.

Ogre.

Oïng , vieille graisse de porc fondue, dont on se sert pour graisser les roues des voitures.

Olympe, le ciel.

Ombrage.

Ongle.

Onguent.

Opium, suc de têtes de pavots dont la vertu est narcotique, soporifique.

Opprobre.

Opuscule, petit ouvra-

ge de science ou de littérature.

Oracle.

Orage.

Oratoire, petite pièce qui, dans une maison, est destinée pour prier Dieu.

Orbe.

Orchestre.

Ordre.

Organe , partie du corps servant aux sensations, aux opérations de l'animal.

Orgueil.

Orifice, goulot, entrée étroite d'un vase, d'un tuyau, d'une artère, etc.

Orme.

Orteil.

Ostensoir.

Ostracisme.

Otage, personne ou objet hvré pour garantie de l'exécution d'un traité.

Oiibâ.

Ouragan.

Outil.

Outrage.

Ouvrage.

Ovaire.

Ovale.

Oxyde.

Oxygène.

Pampre, branche de vigne avec ses feuilles.

Panache.

Paradigme.

Parallèle, comparaison de deux personnes ou deux choses entre elles.

Parallélogramme.

Paroxysme.

Péage.

Pécule, bien que celui qui est en puissance d'autrui a acquis par l'industrie, le travail, et dont il peut disposer.

Péricarde.

Péricarpe.

Péricrâne.

Périgée.

Périhélie.

Périnée.

Périoste.

Péritoine.

Perpendicule.

Pétale, feuilles d'une fleur qui enveloppent le pistil et les étamines.

Pétiole.

Pétrole.

Phare.

Phosphate.

Pleurs.

Pollen.

Polysyllabe.

Prestige.

Prisme.

Pyrite.

Quadrige, terme d'antiquité : char en forme de coquille monté sur deux roues , et attelé de quatre chevaux de front.

Renne, mammifère ruminant du genre des cerfs.

Retable.

Risque.

Rouble,

Sarigue.

Scarabée.

Serre-file.

Soriie.

Simple, nom général des herbes et des plantes médicinales.

Squelette.

Stade, mesure de i2o pas géométriques (94 toises i /2) , en usage chez les Qrecs.

Stèi'e.

Stylobate.

Tertre, petite éminencedans une plaine.

Tubercule , excroissance qui survient à une feuille, à une racine, à une plante.

Ulcère.

Ultimatum, dernière et irrévocable condition qu'on meta un traité.

Uniforme.

Us, terme de palais , usages d'un pays.

Ustensile, toute sorte de petits meubles, pria-

cipalement à l'usage de la cuisine.

Vampire, mort, cadavre, qui, dans l'opinion du peuple, suce le sang des vivants.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

Vestige , empreinle dès pieds; figure, traces, restes in formes d'anciens édifices.

Viscère.

Vivres, mas. plur.

Substantifs féminins.

Absinthe.

Accolade.

Accouple.

Acre, mesure de terre usitée autrefois en certaines provinces de France.

Agate.

Agrafe.

Aire, place pour battre le grain, etc., etc.; en géométrie : surface plane.

Aise.

A larme.

Alcôve.

Alèze.

Algarade.

Algèbre.

Allonge.

Allure.

Amarre.

Amnistie.

Amorce.

Ampoule.

^na^ramme, transposition des lettres d'un mot, de telle sorte qu'elles font un ou plusieurs autres mots ayant un autre sens.

Analyse.

Ancre.

Anecdote.

Angoisse.

Anicroche.

Ankglose , privation de mouvement dans les articulations ou dans les jointures.

Annales.

Annonce.

Anse.

Antichambre.

Antidate.

Antienne.

Antithèse.

Antonomase.

Apostille.

Après-dînée.

Après-soupée.

Apothéose, action de placer un homme parmi lesdieux. Cérémonie autrefois en usage chez les Grecs et les Romains.

Arabesque. .

Araignée.

Arbalète.

Arcade.

Archives.

Arches.

Arête.

Arène.

Argile.

Armoire.

Arquebuse.

Artère, canal membraneux destiné à recevoir le sang du cœur^ pour le distribuer dans le poumon et dans toutes les autres parties du corps.

Astuce.

Atmosphère.

Attache.

Aubade.

Auréole.

Autruche.

Avalanche , masse énorme de neiges détachées des montagnes.

Avaloire.

Avant-scène.

Avarie.

Bajoue.

Bonace.

Bulle.

Cible.

Décrétale.

Diastole.

Dinde.

Disparate.

Drachme.

Ebauche.

Ébène.

Ecaille.

Ècale.

Ecarlate,

Echappatoire.

Echappée.

Écharde.

Écharpe.

Échasse.

Échoppe.

Éclipse.

Écriioire.

Écumoire.

Effigie.

Églogue, poésie pastorale.

Embuscade.

Empreinte.

Enchère.

Enclume.

Énigme.

Enquête.

Entaille.

Entrave.

Entorse.

Enveloppe.

Épacte.

.Ephémérides.

Epice.

Épée.

Epidémie.

Épigramme, pièce de vers fort courte, terminée par une pensée vive, ingénieuse, par un trait piquant, mordant, critique.

Épigraphe , courte sentence mise au frontispice d'un livre.

Épitaphe.

Épithète.

Épizootie.

Épode.

Équerre.

Équivoque.

Ère, point fixe d'où l'on commence à compter les années chez les différents peuples.

Erreur.

Escabelle,

Escadre.

Escapade.

Escarmouche.

Escarole.

Escorte.

Escousse.

Escrime.

Espingole.

Esplanade.

Esquisse.

Estampe.

Estampille , sorte de timbre qui se met sur des brevets, etc., avec la signature même bu quelque chose qui la remplace; l'instrument qui sert à imprimer cette marque;

Estompe, rouleau dtpeau coupé en pointe, qui sert à étendre les traits d'un dessin fait au crayon.

Estrade.

Estrapade.

Etable.

Etamine.

Etape, lieu où l'on décharge les marchandises et lesdenréesqu'on apporte de dehors ; distribution de vivres, de fourrages que l'on fait aux troupes qui sont en route.

Éiole.

Etrille.

Etuve.

Etuvée.

Élude.

Expertise.

Extase , ravissemeiii d'esprit, suspension des sens causée par une forte contemplation.

Faîne.

Féverole.

Fibre.

Filandres.

Filoselle.

Formule.

Fresque.

Garance.

Gare. <

Gent.

Girafe.

Glaire.

Guimpe.

Hémorrhagîe.

Uémorrhoïdcs

Hérésie.

Hermine.

Hernie.

Héroïde.

Herse.

DU 61)BSTANT1F.

Horloge.

Hortensia, fleur.

Hôtellerie.

Hydre, serpent fabuleux.

Hydrocele.

Hyène. Hypallage.

Hyperbate, figure de Grammaire.

Hyperbole, terme de rhétorique.

Hypotliénuse.

Hypothèque, droit acquis par un créancier sur les immeubles que son débiteur lui a aifectés.

Hysope.

Ides.

Idole.

Idylle, petit poème qui tient de l'églogue.

Iliade.

Image.

Immatricule.

Immondices.

Impasse, cul-de— sac.

/jHpéria/e, dessus d'un carrosse ou d'un lit; sorte de jeu de cartes.

Imposte.

Incartade.

Incise.

Insomnie.

Insulte.

Issue.

Intrigue.

Invective.

Jarre.

Jauge.

Jujube.

Junte.

Laideron.

Lambruche.

Lamie.

Lamproie.

Langouste.

Lardoire.

Levée.

Liane. Limite.

Loche.

Losange, terme de géométrie ; figure à quatre côtés égaux, et qui a deux angles aigus et deux autres obtus.

Lubie,

Malencontre Martingale, Mésange.

Moire.

Myriade,

Nacre, coquillage dans lequel se trouvent les perles.

Nèfle.

Néphrite, Nériie.

Névrose, Novale, Nuvelles, Obole.

Obsèques, funérailles faites avec pompe.

Ocre, terre ferrugineuse dont on fait une couleurjaune.

Octave.

Ode, poème divisé en strophes.

Odeur, Œillade, Offrande, Offre, Oie.

Olympiade. Ombre, Ombrelle.

Omelette.

Omoplate, os plat et large de l'épaule.

Onglée.

Onomatopée.

Opale, pierre précieuse de diverses couleurs très-vives, très-variées.

Ophthalmie, maladie des yeux.

Optique, science qui traite de la lumière et des lois de la vision en général ; apparence des objets vus dans l'éloignement.

Orange, Orbite.

Ordonnance.

Ordure.

Orfraie, oiseau de nuit , grand aigle de mer.

Orgie, débauche de table.

Oriflamme, étendard que faisaient porter les

anciens rois de France quand ils allaient à la guerre.

Ormoie.

Ornière.

Oriie.

Oseille.

Ottomane,

Ouaille,

Ouate, espèce de coton fin et lustré.

Oublie.

Ouie.

Outarde, gros oiseau, bon à manger.

Outre, peau de bouc

Protase.

Prothèse.

Rafle.

Réglisse.

Rhapsodie.

Salamandre , reptile du genre des lézards.

Sandaraque.

Saxifrage.

Sentinelle.

Spatule,

Spirale,

Stalle.

Tare, terme de commerce; déchet (jui se rencontre sur le poids, su»" la

cousue et préparée de quantité ou sur la qua-

maniere a pouvoir contenir des liqueurs.

Ouverture,

Panacée,

Paralipse,

Parallaxe,

Pariétaire.

Paronomase.

Paroi , cloison maçonnée.

Parois, membranes.

Parotide.

Patenôtre.

Patère.

/*écu»ie, argent. (Vieux mot.)

Pédale , mécanique qui, pour la harpe, sert à faire des dièses et des bémols, et pour le piano, à modifier le son.

Périostose.

Périsystole.

Pétoncle.

Phlogose,

Pléthore,

Pulpe.

Prémices,

Prime.

hlé des marchandises.

Ténèbres.

Thériaque.

Tige.

Toussaint.

Tuileries.

Urbanité , politesse que donne l'usage du monde.

Urne, vase antique.

Usine, tout établissement dans lequel on emploiedes machines pour alléger la fatigue des ouvriers, et pour diminuer la main-d'œuvre.

Usure , intérêt illégal de l'argent; dépérissement qui arrive aux bardes, aux meubles par le long usage.

Vafangue.

Varice.

Velte.

Vertèbre.

Vipère.

Virevolte.

Volaiille.

Vomique.

Primevère,

Nous al'ons faire connaître les remarques de Girault-Duvivier sur quelques-uns de ces mots ; mais nous les accompagnerons de nos commentaires.

Amalgame. On veut, dans le Dictionnaire des sciences médicales, que ce mot soii feminiii : mais tous les lexicographes que nous avons ^•onsllll^^ s'accordent aie faire masculin. — i.eDiciio.,„n,rt des sciences médicales n'aurait dii, selon nuui,, trouver que peu de crédit pour ce mot, auprès d'un Grammairien.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

Aqueduc. L'Académie de 1762 écrit aqueduc; celle de 1798 écrit acquéduc; et cela est d'autant plus étonnant que ce mot est formé du latin aquœductus (aqua, eau, et ducere, conduire). — L'édition de 1855 n'écrit que aqueduc et aqueduc.

Assassin. Corneille a foit de ce mot un substantif féminin dans ce vers de Nicomède :

Et vous en avez moins à me croire assassine.

Je ne sais, dit Voltaire, si le mot assassine, pris comme substantif féminin, peut se dire ; il est certain, du moins, qu'il n'est pas en usage. {Remarques sur Corneille.) — Nous ne voyons aucune bonne raison pour le proscrire.

Quant à l'adjectif assassine, il est très-bon ; mais quoique Brebeuf aitdit :

II faut que les efforts des puissantes machines Elancent contre lui des roches assassines:

et Delille, dans V Enéide :

Pour punir tes forfaits de sa main assassine;

cependant nous conviendrons que le mot assassine est beaucoup mieux placé dans le style burlesque ou satirique que dans le style élevé.

Que dit-elle de moi, cette gente assassine?

(Molière.)

On observera que gente ne se dit que comme adjectif, et qu'il ne s'emploie aujourd'hui qu'en imitant le style de nos vieux poètes.

Auditoire. Le peuple fait ce mot féminin; YAcadémie lui avait d'abord donné ce genre, pour signifier le lieu où l'on plaide. Dans ses dernières éditions , elle le marque du masculin, et tous les lexicographes l'indiquent de même.

Centime. C'est à tort que beaucoup de personnes du peuple le font féminin.

Cigarre, et non pas cigare , comme l'écrit Girault-Duvivier,' quoiqu'il en donne l'étymologie. 11 est vrai que Y Académie ne met aussi qu'un r dans l'orthographe de ce mot , qui est emprunté de l'espagnol cigarro, et c'est sûrement par cette raison que les lexicographes qui en ont parlé le l'ont masculin.

Dialecte. Le genre de ce mot n'est point incertain ; c'est le masculin. Huet, Scaliger, Le Vayer, Régnier, Ménage, du Marsais, Trévoux, l'Académie française, et tous les lexicographes, le lui ont donné ; c'en est plus qu'il ne faut pour l'emporter sur l'autorité de Danet, deRichelet et de quelques autres, quifontce mot du genre féminin.

Cependant , ajoute notre commentateur, nous nous permettrons de dire que le mot dialecte étant purement grec, et n'étant en usage que parmi les gens de lettres, et seulement quand il s'agit de grec, on aurait dû, à l'exemple des Latins, lui donner le genre féminin, qu'il a en grec. — Girault-Duvivier se trompe, selon nous, en di-

sant qu'aujourd'hui ce mot n'est plus en usage qu'en parlant du grec. Il y a plusieurs mots qui ont ainsi changé de genre en passant du grec et du latin au français. L'usage a prononcé contrairement à l'étymologie.

Emblème. L'Académie met l'accent grave et non Ye circonflexe. Plusieurs écrivains ont foit ce mot féminin. C'est un tort.

Emplâtre. Trévoux et plusieurs bons auteurs font ce mot féminin; mais l'Académie, les médecins et les lexicographes le font masculin.

Entresol. Autrefois on le faisait féminin; mais Y Académie a adopté le masculin. — II n'y a jamais eu que le peuple qui ait fait ce mot et le précédent féminins.

Éphémérides. L'Académie (éditions de 1762 et de 1798), Trévoux, Wailly, Letellier, font ce mot masculin; mais Féraud dans son Supplément, Gattel , Boiste , Philippon de la Madelaine , Rolland , Catineau , Morin , Laveaux et Noël , l'indiquent comme féminin; et ce genre, que les Latins lui ont conservé, est celui qu'il a en grec, d'où il tire son origine. Nous ajouterons que Y Académie de 1855 fait ce mot féminin.

Épisode. Ce mot, du temps de Thomas Corneille, n'avait point de genre fixe. L'abbé Prévost lui donne le féminin; Trévoux dit qu'il est masculin ou féminin, mais plus souvent masculin. Aujourd'hui il n'y a plus de doute sur son genre. L'Académie, ainsi que tous les lexicographes modernes, ne le marquent que masculin.

Esclandre. L'Académie (éditions de 1762 et de 1798), Trévoux, Gattel, Wailly, Laveaux, M. Boniface, etc., etc., indiquent ce mot du mascu/in; cependant Boiste et Catineau le font féminin. — Boiste lui donne fort bien le genre masculin. Il y a ici erreur de la part de Girault-Duvivier.

Ivoire. Vaugelas et Thomas Corneille pensent que ce mot est féminin ; Boileau et Delille le font masculin, et ce dernier genre a prévalu ;

Vivoire trop hâté deux fois rompt sur sa tête.

(Boileau, le Luiiin, chant v.)

Là sur un tapis vert un essaim étourdi Pousse contre ïHvoire un ivoire arrondi. La blouse le reçoit...

(Delille, l'Homme des champs, chautl".

Le latin ebur eboris est du neutre, et l'on sait que ce genre se change en masculin en français 5 il faut que ce soit la terminaison féminine qui ait induit en erreur Vaugelas et Thomas Corneille.

Ministre. Ce mot est toujours masculin, même lorsqu'il modifie un nom du genre féminin. On a donc eu raison de reprocher à Racine ces vers des Frères enntmis :

DU SUBSTAINÏIF.

Dois-je prendre pour juge une troupe insolente, D'un fier usurpateur minisire violente ?

Il fout dire ministre violent, quoiqu'il se rapporte à troupe.

Au surplus, on se rappellera que Racine était fort jeune quand il fit cette pièce.

Ministre est beau au figuré, et appliqué aux choses inanimées :

Les foudres, les pestes, les désolations sont les ministres de la vengeance de Dieu.

SJinistre cependant de nos derniers supplices,

La mort, sous un ciel pur, semble nous respecter.

(L. Racine.)

Nous devons avouer que nous nous sommes nous-mêmes laissé séduire par ces exemples, qui nous ont d'abord semblé spécieux dans notre Dictionnaire; mais pourquoi ne dirait-on pas minislre au féminin comme au masculin ? Ne lisonsnous pas en latin minister et ministra? Notre opinion d'aujourd'hui est que Racine a bien pu faire ce mot féminin.

Ovale. Trévoux marque ce mot masculin et féminin; mais l'Académie, Wailly, Gattel, etc., ne lui donnent que le genre masculin. Nous le trouvons encore féminin dans Gattel, mais avec le sens de machine à tordre les soies.

Absinthe. Ce mot était autrefois masculin. Aujourd'hui on ne le fait plus que féminin. Nous concevons que ce mot ait pu embarrasser, car nous le trouvons de trois genres en latin.

Argile. Voltaire, dans sa tragédie d'Agathocle, représentée après sa mort, a fait ce mot masculin; c'est un solécisme. Nous sommes de cet avis , si nous ouvrons le Dictionnaire de l'Académie ; mais Voltaire n'aurait-il pas fait à dessein ce prétendu solécisme ? 11 savait sans doute comme nousqu'a/gile en grec se disait ap-ftXXo?, mot masculin de désinence, et non de fait. Nous avouons que ce mot est universellement an féminin.

Atmosphère. Bailly, ou son imprimeur, fait ce mot masculin, et Linguet lui a aussi donné ce genre ; mais Y Académie (éditions de 1762 et de 1798), ainsi que les lexicographes, l'indiquent du féminin, et ce genre est celui que l'usage a reconnu. C'est la raison étymologique , ajouteronsnous, qui commande le féminin.

Avant-scène. Wailly, Gattel, Boiste, Laveaux, Caiineau, Noël, etc., font ce mot féminin; mais l'Académie , qui ne parlait de ce mot que dans l'édition de 1798, l'indiquait du masculin. Il est vrai que cette édition n'est pas avouée par toute l'Académie, cependant nous devions en foire mention. L'Académie de 1835 donne le féminin pour genre à ce mot. C'est aujourd'hui l'opinion de tous les lexicographes. Mais l'Académie qui fait avant-scene du féminin , donnant sans doute à ce mot composé le genre du substantif qui sert

à le former, n'aurait-elle pas dû par le même motif faire féminin le mot avant-main ?

Épithète. Du Bellay, Balzac et Vaugelas, ont toujours fait ce mot masculin. Ménage croyait qu'on pouvait le faire indifféremment masculin et féminin; l'Académie et les lexicographes le font seulement féminin. Nous pensons que ce qui a pu embarrasser les écrivains anciens c'est l'étymologie de ce mot, qui est en effet dérivé de l'adj. £irt6r,Tc;,m. ctf. , eiriônrov pour le ncut. Mais le subs. était EîTiôT.Tcv.neut.: sous-ent.cvo^xnom.

Épitaphe. Vaugelas, Ménage et Thomas Corneille pensent que ce mot est des deux genres, mais plutôt féminin que masculin. Richelet le disait aussi masculin et féminin, mais le plus souvent masculin. Ronsard (dans la dédicace de ses Épigrammes) ^ Cassandre (dans sa traduction de la Rhétorique d'Arislote,l?airis, 1675), Corneille (dans le Menteur), et Bussy-Rabutin (parlant de l'épitaphe faite pour Molière), lui ont donné ce genre.

Aujourd'hui épitop/ie n'est plus que féminin.

Fibre. Plusieurs auteurs et quelques dictionnaires ont fait ce mot masculin; mais le féminin a tellement prévalu, qu'on peut regarder comme une faute de ne pas lui donner ce genre. Nous ferons remarquer que s'il y a eu doute ici, c'est encore à cause de jiber et de fibra, quoique le premier, qui signifie castor, n'ait jamais été employé dans le sens du second.

Hydre. Plusieurs écrivains ont fait ce mot masculin. Voltaire, entre autres, a dit ;

De Vhydre affreux les têtes menaçantes, Tombant à terre et toujours renaissantes, N'effrayaient point le fils de Jupiter.

Voici comment s'exprime Domergue (page 551 de ses Solutions grammaticales) sur cette infraction ; car l'usage , les décisions de l'Académie, et tous les lexicographes font ce mot féminin.

C'est évidemment le féminin latin hydra qui nous a donné le féminin hydre. Pourquoi le masculin latin hydrus ne nous donuerait-il pas hydre masculin ? Les poètes auraient plus de latitude, et les deux genres auraient chacun en leur faveur une raison analogue.

Sans doute Voltaire, et les autres écrivains qui ont donné le genre masculin à hydre, ne pensaient point à ce vers latin :

Frigida limosis inclusa paludibus hydra !

mais à celui-ci :

Lernœus turbà capitum circurastetit hydrus.

Quoi qu'il en soit, l'usage s'est déclaré positivement pour le genre masculin.

Idylle. Il y a âes auteurs qui font ce mot masculin, et d'autres qui le font féminin. L'Académie, dans les premières éditions de son Dictionnaire, l'indiquait masculin; mais elle ajoutait, sans faire

aucune réflexion, que quelques-uns s'en servaient au féminin. Boileaua dit : les idylles les plus courts, et une élégante idylle. Cependant Y Académie et l'usage actuel ne le font plus que féminin.

Insulte. Ce mot, dont on ne doit aujourd'hui faire usage qu'au féminin, était autrefois masculin. Bouhours, Flechier, lui ont donné ce genre, et l'Académie, au commencement du siècle dernier, le faisait masculin, en avertissant que plusieurs l'employaient au féminin.,

Boileau a dit dans le Lutrin :

Evrard seul, en un coin prudemment retiré,

Se croyait à l'abri de VinsuUe sacré. (Chant v.)

Deux puissants ennemis

À. mes sacrés autels font un profane insulte.

(Chant VI.)

Nous pensons que ceux qui donnaient pour genre le masculin à insulte, faisaient venir ce mot de insultus, tûs, qui est en effet du masculin. Mais on a dit aussi en latin muliatio, et ce mot est féminin.

Offre. Ce mot était autrefois masculin. Richelet fait observer que M. de Sacy lui a donné ce genre dans sa traduction de la Bible; et Racine a dit (dans Bajazet, act. m, se. 8) :

Ah ! si d'une autre chaîne il n'était point lié, Voffre de mon hymen l'eût-il tant effrayé? L'eài-il refusé même aux dépens de sa vie?

Cependant, dit Geoffroi, il était si aisé à Racine d'en faire usage au féminin, qu'on ne peut douter de son intention ; et alors peut-être la volonté expresse de ce grand écrivain sera-t-elle de quelque poids pour un grand nombre de nos lecteurs.

Quant à nous (c'est Girault-Duvivier qui parle ici), nous ne partageons pas l'opinion de ce critique éclairé, et, quelque imposante que soit l'autorité de Racine, nous ne pensons pas qu'elle puisse l'emporter, dans l'esprit des lecteurs, sur l'usage établi, et généralement suivi aujourd'hui. Au surplus , il serait possible que ce grand poète n'eût point commis une semblable incorrection. Ne se pourrait-il pas que Racine, par une ellipse assez hardie, eût voulu faire rapporter le participe refusé à hymen? et, en effet, ce rapnort paraît assez naturel : l'offre de mon hymen l'eût-il tant effrayé ? et eùt-il refusé cet hymenmême aux dépens de sa vie ?

Primevère. Saint-Lambert, dans son poème des Saisons, a fait ce mot masculin :

Vodorant primevère élève sur la plaine

Ses grappes d'un or pâle et sa lige incertaine. {Le Printemps,)

Mais l'Académie et tous les lexicographes le marquent féminin. Ce n'est pas dire assez; nous ajouterons que cela est vrai quant à la plante ; mais l'Académie donne encore ce mot dans la signification

GRAMMAIRE FRANÇAISE

de printemps. Nous trouvons ce mot par trop poé-

tique ; nous lui retirons hardiment ses lettres de naturalisation.

Sandaraque. Richelet fait ce mot masculin; mais l'Académie, Trévoux, Wailly, Gattel , Buffon et l'usage actuel, ne lui donnent que le féminin. Le mot grec d'où il est tiré ne permet pas en effet qu'on lui applique un autre genre.

Stalle. On faisait autrefois ce mot masculin au singulier et au pluriel ; on l'a fait ensuite féminin, etquelqu'îs-uns ont continué de le faire masculin au pluriel. De là, quelques Grammairiens timides ou minutieux ont donné les deux genres à ce nombre, et ont converti la faute en règle. Stalle est féminin au singulier et au pluriel.

On dit la Toussaint, et c'est manifestement l'ellipse qui autorise le genre féminin; l'esprit la remplit ainsi : la fête de tous les saints, de Toussaint. C'est donc à cause du mot fête que le substantif prend l'article féminin. On dit de même la Noël, la Saint-Jean, quoique Noël et Saint Jean soient du masculin. Mais faut-il dire : la Toussaint est passé ou passée ; je vous paierai à la Saint-Jean prochain ou prochaine? Regnard dit : à la Saint- Jean prochain. Cependant prochain ne modifiant pas Saint-Jean, mais la fête, on doit dire : je vous paierai à la Saint-Jean prochaine, et par conséquent : la Toussaint est passée. Dans tous les exemples de celte nature, c'est la fêle que l'esprit considère; c'est donc au mot fête que doivent se rapporter tous les modificatifs. (Domergue, p. 83 de son Manuel.) D'ailleurs l'article la indique assez que le mot fête est sous-entendu.

Plusieurs substantifs se prononcent de même, ou presque de même, quoiqu'ils s'écrivent différemment, et qu'ils soient de divers genres. En voici des exemples :

L'air, mù^s. V air est L'aire, fém., place chaud; il a l'air grand. unie et préparée pour battre le grain ; nid des oiseaux de proie ; terme de marine et de géométrie.

Ér«, fém., époque. Erres, fém. pluriel,

conduite ; reprendre ses premières erres.

Auteur, mas., celui I/O /lau^eur, fém., éléqui a inventé quelque vallon , fierté , perfecchose, qui a composé tion, courage, quel |ue ouvrage.

J5a/, mas., assemblée Balle, fém., petite de personnes qui dan- boule de plomb, d'étofsent au son des instru- fe, de laine ; petit coffre ments. des merciers forains;

paille fort mince qui enveloppe le grain quand il estdans l'épi jcn termes

DU SUBSTANTIF

Bar y mas., ville.

Bar, ou bttrd, mas., civière à bras. Enterme de blason, c'est un poisson mis dans les armoiries. Il y a aussi un poisson très-connu sous ce nom.

Barde , mas. , poète gaulois.

B'ûl , mas. , projet d'acte du parlement d'Angleterre, etc.

Bris , mas. , pièces d'un vaisseau brisé contre les rochers ; rupture de scellé, de prison, etc.

Le cal, mas., durillon ({ui vient aux pieds, aux n)ains et aux genoux.

Un caracol, mas. , un escalier en caracol, en limaçon; terme d'architecture.

Le céleri, mas. , herbe ■ju'on mange en salade, etc.

Le chêne, mas., arbre qui porte du giand.

d'imprimerie, machine avec laquelle on met l'encre sur les formes.

La barre, fém. , pièce de bois, de fer, ou d'autre métal, etc. Au figuré, obstacle, empêchement. Au palais, banc où se met le premier huissier, etc. En blason, une des parties de l'écu qui va du côté gauche au côté droit. En terme de mer, amgis de sable ou de rochers sous l'eau.

Ligne qu'on tire avec la plume.

Barde, fém., armure qui couvrait le poitrail et la croupe du cheval; tranche de lard mince et large.

Bille , fém. , petite boule; gros bâton de buis qui sert à serrer les ballots.

La Brie, fém., province de France.

La cale, fém., fond d'un navire; abri pour les vaisseaux ; châtiment de mer qui consiste à laisser tomber plusieurs fois le coupable dans l'eau, en le suspendant à la vergue du grand mât ; morceau de bois qu'on met sous une poutre, une solive, pour qu'elle soit de niveau.

La caracole , fém. , mouvement en rond ou en demi-rond qu'on fait faire à un cheval.

La sellerie, fém., lieu où l'on serre les selles et les harnais des chevaux.

Lachaine, fém,, suite d'anneaux engagés les uns dans les autres. — Au figuré, engagement, liaison, esclavage, etc.; continuité : une chaîne de montagnes, de malheurs.

En terme de tisserand :

Le saint chrême, mas. , liqueur sacrée, composée d'huile et de baume.

Le col, mas., passage serré entre deux montagnes; sorte d'ornement ( jue les hommes mettent autour de leur cou; orifice, embouchure.

Le coq, mas., mâle de la poule; platine de montre dont on couvre le balancier.

Le cours, mas., d'une rivière, d'une affaire, du soleil; lieu planté d'arbres ; la durée, le progrès des choses ; route deshumeurs, d'un navire ; train des affaires.

Le dam, mas., perte, dommage , la peine du dam consiste ■principalement dans la privation de Dieu.

Le faîte, mas. , la partie la plus haute des bâtiments ; le point le plus haut, le comble.

Le foie, mas., gros viscère placé au-dessous du diaphragme et du côté droit.

Un foret, mas., instrument pour percer.

Le fil, mas., qui sert à coudre, le fil d'archal; tranchant, le fil d'une épée ; suite , liaison , le fil d'un discours.

Un hère, mas., homme sans bien, sans crédit ; c'est un pauvre hère.

Le hère, sorte de jeu de canes.

soie ou fil monté sur le métier. Chaîne se dit aussi de plusieurs sortes de mesures.

Lacrême, fém. , partie grasse du lait.

La colle f fém. , matière gluante, propre à joindre et à faire tenir ensemble deux choses. Au figuré et populairement, mensonge, délaite frivole.

La coque, fém., l'écorce d'une noix ; la coque d'un œuf. En marine, faux pli qui se fait à une corde.

La cour, fém., d'une maison, d'un roi, etc.; faire sa cour. — Les magistrats qui composent la iustice.

La dent, fém., petit os fort dur, attaché à la mâchoire. On dit aussi les dents d'une scie, d'un peigne, etc.

La fête, fém., jour où l'on célèbre quel(|ue mystère, ou la mémoire d'un saint ou d'une sainte. Au figuré, réjouissance , divertissement , bon accueil.

La foi, fém., la première des vertus théologales; probité, exactitude à tenir sa parole, etc. La fui publique, la bonne foi.

Une fuis, fém., c'est la jjreniière fois.

Une furet, fém., un grand bois.

La file, fém., longue suite de personnes ou de choses.

La haire, fém., cilice, instrument de pénilen* ce ; camisole sans manches faite de crin.

Le Aâ/g, mas., ardeur de l'air pendant l'été.

Un hôle, mas., celui qui reçoit chez lui des personnes, qui les loge etleur donne à manger ; celui qui est reçu dans une maison.

Le houx, mas., arbrisseau toujours vert.

Le jar ou jars, mas. , mâle de l'oie; entendre le jars, être fin et subtil, populairement.

Le lac, mas., grande étendue d'eau qui ne coule point.

GRAMMAIRE FRANÇAISE

Un lai, mas., un laïque, un conseiller lai; un frère lai, un frère servant.

Un lai, mas., autrefois une complainte ; espèce de poésie larmoyante.

Le lais, mas., jeune baliveau.

Le lait, mas., liqueur blanche, etc.

Le lé, mas., largeur d'étoffe ou de toile entre deux lisières.

Le legs, mas., ce qui est laissé par testament.

Le lieu, mas., espace endroit, sujet, occasion; place, origine, extraction, famille, etc.

Le lit, mas., meuble où l'on se couche pour dormir. Au figuré, le mariage. On dit : un lit de justice, de pierres, de fumier; le lit d'une rivière.

Un lis, mas., fleur blanche. Au figuré , blancheur.

La halle, fém. , lieu où l'on tient le marché public.

La hotte, fém., ouvrage de vannier qui se porte derrière le dos.

La houe, fém., outil de pionnier ou de vigneron.

La jarre , fém., en terme de marine, grande cruche où l'on met de l'eau douce.

La laque, fém., terre alumineuse qu'on emploie dans la peinture ; sorte de gomme. Laque est masculifi pour le beau vernis de la Chine ; voilà de beau laque.

(Académie.)

La laie, fém., femelle du sanglier ; marteau de pierre ; route coupée dans une forêt.

La lieue, fém . , mesure itinéraire ; la lieue commune est de 2282 toises.

La lie, fém., la matière la plus épaisse qui tombe au fond d'un liquide. Au figuré, ce qui est vil et abject : la lie du peuple.

La lice, fém., lieu où l'on fait des courses, des tournois et d'autres exercices. Une lice, femelle d'un chien de chasse.

La lisse, fém., assem-

Le kii, mas., enduit pour boucher un vase ; terme de chimie.

Le luth, mas., instrument de musique à cordes.

Le mou, mas., poumon de bœuf, de veau ou d'agneau.

Le mont, mas., vin doux qui n'a pas encore bouilli.

Le ;)odou, mas., sorte de ruban.

Le père, mas., un père de famille.

Pair, adj. mas., égal, pareil.

Un pair, subst, mas., duc ou comte qui avait séance au parlement de Paris.

Le pal, mas., terme de blason, un pieu posé debout.

Le parc, mas., grand bois clos de murailles ; lieu où parquent les moutons, etc.

Le parti, mas., résolution, profession, etc.

Pau, mas., ville de France , capitale du Béarn.

Le pêne, mas., partie de la serrure.

Pic , mas., oiseau ; terme de jeu de piquet ; instrument de fer. En géographie, montagne très-haute.

Pique, mas., une des quatre couleurs des caries.

Xe pis, mas., tétine de vache, dechèvre, de brebis.

blage de plusieurs filets tendus sur les métiers de tapisserie.

La lutte, fém., combat de deux personnes sans armes et corps à corps.

La moue, fém., mine ou grimace qu'on fait en allongeant les deux lèvres ensemble.

Parfoue,fém., ville d'Italie. Padoue est, dit-on, plus ancienne que Rome.

La paire, couple de deux choses de même espèce. Une paire de bas.

La pale, fem., carton carré dont le prêtre couvre le caUce pendant la messe.

La parque, fém., au figuré, se prend pour la mort.

La partie, fém., portion d'un tout.

La peau, fém,, ce qui couvre l'animal.

La pêne, fém., pièce de bois qui forme une partie de l'antenne.

La peine, fém., douleur, châtiment, etc.

Lapenne, fém., grosse plume des oiseaux de proie.

Lapique, fém., arme ; petite querelle.

La pie, fém., oiseau fort connu.

DU SUBSTANTIF

Le plaid, mas. , débat, question , plaidoirie ; manteau écossais.

Le pli, mas., marque qui reste à une chose qui a éiépliée; chose pliée; habitude.

Poids, mas., pesanteur; ce qui sert à peser; instrument avec lequel on mesure la pesanteur des corps. Au figuré, importance , autorité , conséquence, etc.

Unpois^màs., légume fort connu.

Le poiré, mas., boisson f jite avec des poires.

Polîssoir, mas. , instrument qui sert à polir certaines choses.

Pouce, mas., le plus gros des doigts ; mesure qui comprend douze lignes.

Le 7«ar/,mas., la quatrième partie d'une chose.

Le rais, mas., morceau de bois rond et plat attaché au moyeu des roues.

Les rets, mas. plur., filets pour prendre des oiseaux.

Unrob, mas,, terme de pharmacie, suc de fruits dépuré et cuit ; terme du jeu de whist.

Lesandal, mas., bois des Indes qui sert dans la teinture.

Le saule, mas., arbre.

Le sol, mas., le terrein. — Un sol, mas., t. de musique.

Le sel, mas., ce qui sert à saler les viandes.

— Le sel attique, pureté et grâce du langage.

Le tribut, mas., impôts que les gouvernants prélèvent. Au figuré , dette , devoir , nécessité, etc.

Le vice, mzs,, habita-

La pln'ie, fém., blessure, affliciion, peine; entaille dans l'éoorce d'un arbre.

La plie, fém., sorte de poisson plat et large.

La poix , fém., suc résineux tiré du pin ou du sapin.

La poirée, féminin, plante.

La polissoire , fém. , sorte de décrottoire douce.

La pousse, fém., maladie des chevaux; jet d'un arbre.

La carre, fém., taille ou mesure entre les deux épaules.

La raie^ fém., ligne déliée ; peiit chemin creux que fait la charr ue quand on laboure; poisson de mer.

Une robe , fém., sorte de vêtement; enveloppe de certains légumes.

La sandale, fém., chaussure de religieux qui laisse le dessus du pied à découvert.

La sole, fém., poisson de mer; partie du pied d'un cheval.

La selle, fém., déjection d'excréments ; ce qu'on met sur le dos d'un cheval.

Latribu, fém., partie

du peuple d'Israël , du

peuple arabe ; d'une

nation dans l'Université

, de Paris, etc.

La vis, fém., ce qui

de , ou défaut contraire à la vertu.

Le viol, mas., violence, attentat à la pudeur d'une femme.

Un lire, mas., bœuf sauvage.

Le vol, mas., mouvement de l'oiseau; action de celui qui dérobe, etc.

est fait pour entrer dans un écrou ; escalier en rond, etc.

Laviole,Um., instrument de musique qui se touche avec un archet.

La hure, fém., la tète d'un gros brochet, d'un saumon, d'un sanglier.

La vole, et.non pas la volte, fém., faire la voU au jeu de cartes , c'est faire toutes les mains.

ArlisaD (<),

Artiste ,

Assassin ,

Auteur,

Borgne (2),

Capitaine,

Charlatan,

Censeur,

Compositeur,

Défenseur,

Orateur,

Peintre,

Philosophe ,

Poète,

Professeur,

Sculpteur,

Soldat,

Témoin ,

Traducteur,

Vainqueur, etc..

Il y a des substantifs qui désignent les deux sexes , sous le même genre et sous la même inflexion :

Détracteur, Disciple, Docteur, Écrivain , Général (3), Géomètre , Graveur, Impostenr, Imprimear, Médecin ,

se disent également des hommes et des femmes.

Cette règle d'usage vient de ce que ces mots ne dépeignent que des professions d'hommes auxquelles il est rare que des femmes se livrent.

Quand on veut appliquer aux femmes quelquesunes de ces qualihcations, il est à propos d'indiquer bien précisément que c'est d'une femme que l'on parle, soit en employant le mot même de femme , soit en le désignant par quelque autre titre ou qualité analogue. Ainsi l'on doit dire : une femme auteur, ou mademoiselle une telle artiste, une dame poète, etc.

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goût , a dit Molière dans les Femmes savantes. On a essayé des féminins doctoresse, poétesse; ils n'oni pas fait fortune.

Mademoiselle de Schurman , née à Cologne en 1606, était peintre, musicienne, graveur, sculpteur, philosophe, géomètre, théologienne même; elle avait encore le mérite d'entendre et de parler neuf langues différentes, (Dictionnaire de Biographie.)

Enfant , dépositaire, esclave, et quelques autres peuvent désigner les deux sexes également; c'est l'article ou les adjectifs qui accompagnent ces mots qui font connaître leur genre.

(1) Pourquoi ne dirait-on pas artisanne comme on dit paysanne?

(2) On dit cependant borgnesse par mépris.

(3) Toutafois on appelle la femme d'un général, madame la générale , comme on dit aussi madame lapréfète en parlant de la femme d'un préfet. Le tout en style provincial.

250 GRAMMAIRE FRANÇAISE

£n parlant d'une femme , on dit , comme d'un homme : le témoin.

Quelques puristes, admirateurs des difficultés, veulent qu'on d se : une femme amateur, une femme partisan. C'est bien aimer L'^s bizarreries. Nous ne voyons aucune difficulté à admettre le féminin amairice, employé par Rousseau ^ et celui de partisanne, employé par quelques bons écrivains. Qui empêcherait encore qu'on dît compositrice, traductrice?

Substantifs féminins.

Abbfsse.

Adjointe.

Apprentie.

Substantifs masculins,

Alibé, Adjoint , Apprenti,

On disait autrefois apprentïf, appreiitive.

Avocat , Avocate.

Berger, Bergère.

Courtisan j Courtlsanne,

Devin, Devineresse.

Doge, Dogaresse.

Nous préférons le mot dogeste de Trévoux. (Voyez noire Dictionnaire.)

Diôle,

Favori ,

Garant,

Gouverneur,

Hôte,

Larron ,

Maître,

Musicien ,

Pauvre,

Paysan,

Prêtre,

Prince,

Prophète,

Roi,

Serviteur,

Traîire,

Bailleur (de fonds).

Bâilleur, qui bâille ^

Chasseur,

Drôlesse.

Favorite.

Garante.

Gouvernante.

Hôtesse.

Larronnesse*

Maîtresse.

Musicienne.

Pauvresse.

Paysanne.

Prêtresse,

Princesse.

Prophéiesse.

Reine.

Servante.

Traîtresse.

Bailleresse.

Bâilleuse.

Chasseresse.

Le mot ckassefesse ne s'emploie qUe dans le langage poétique j il faut dire chasseuse en prose et dans la conversation. En général la terminaison eute indique la familiarité.

Défendeur, Défenderesse.

Demandeui», Demanderesse.

Demandeur, qui demande de manière à importuner, fait demandeuse.

Enchanteur, Enchanteresse.

Enchanteresse ne se dit que dans le style élevé • enchanieresst est rare dans tout autre cas. Pécheur, qui fait de»

péchés, Pécheresse.

Vendeur, , Venderesse.

Venderesse en style de pratique; vendeuse dans les autres cas.

Vengeur,

Buveur,

CiibaleUr,

Causeur,

Chanteur,

Colporteur,

Comaisseur,

Danseur,

Décrotteur,

Dormeur,

Emailleur,

Embaucheur,

Empailleur,

Empoisonneur,

Emprunteur,

Flatteur,

Erjôleur,

Glaneur,

Liseur,

Menteur,

Pécheur, qui pi-end

poisson , Polisseur, Porteur, Prêteur, Quêteur, Railleur, Ravisseur, Relieur, Vétilleur, etc.

Vengeresse.

Buveuse.

Cabaleuse.

Causeuse.

Cham euse {style familier).

Colporteuse.

Connaisseuse.

Danseuse.

l)écrotteuse.

Dormeuse.

Euiailleuse.

EmbaucheUse.

Empailleuse.

Empoisonneuse.

Emprunteuse.

Flatteuse.

Enjôleuse.

Glaneuse.

Liseuse.

Menteuse.

du

Pêcheuse.

Polisseuse.

Porteuse.

Prêteuse.

Quêteuse.

Railleuse.

Ravisseuse.

Relieuse.

Vétilleuse, etc.

On peut donner pour règle que les substantifs masculins en eur font euse au féminin, lorsqu'ils dérivent, sans détour, d'un verbe mis au participe présent. Buveur^ chanteur, colporteur, connaisseur, etc., viennent directement des paiticipes buvant, chantant , colportant , connaissant,

etc. {'). (BOINVILLIERS.)

Accusateur,

Acteur,

Admirateur,

Ambassadeur,

Appréciateur,

Bienfaiteur,

Calculateur,

Conducteur,

Conservateur,

Consolateur,

Corrupteur,

Accusatrice.

Actrice.

Admiratrice.

Ambassadrice.

Appréciati ice.

Bienfaitrice.

Calculatrice.

Conductrice.

Conservatrice.

Consol.itrice.

Corruptrice.

(I) Les substantifs calculateur, consolateur, dissipaimr, observateur, protecteur, spéculateur, etc., ne vienneni pas dlrecl' ment des p <rlic'pes calailaut , conxolanl , dissipant, etc» Si les mots caif «/eur, consolcur, dtssipeur, observeur.prO' tégeur, spéculeur.ci autres, existai, ni dans la laDguetraoç lise , Dous aurioni coicu/euse , consoletise, dissipeuse, obterveuse » etc.

Créateur, Créatrice.

Curateur, Curatrice.

Débiteur, Débitrice.

Délateu r. Delà 1 1 ice.

Dénonciateur, Dénonciatrice.

Dépœdateur, Déprédatrice.

Désolateur, Désolairice.

Désorganisateur, Desorganisatrice.

Destructeur, Destructrice.

Dévastateur, Dévastatrice.

Directeur, Directrice.

Dispensateur, Dispensatrice.

Dissipateur, Dissipatrice.

Dominateur, Dominatrice.

Donateur, Donatiice.

Électeur, Électrice.

Empereur, Impératrice.

Examinateur, Examinatrice.

Exécuteur, Exécutrice,

Facteur, Factrice.

Fauteur, Fautrice,

Fondateur, Fond;itrice.

Iniprobaieur, Improbairice.

Inspecteur, Inspectrice.

Inspiriiieur, Insp ratrice.

Ins igateur, Instigatrice.

Insiiiuteur, Institutrice.

Inventeur, Inventrice.

Lecteur, l^cir'ice {style relevé

Narrateur, Nanatiice.

Obseivateur, Observatrice.

Opérateur, Opératrice.

Ordonnateur, Ordonnatrice.

Ostentateur, Ostentalrice.

Producteur, Productrice.

Promoteur, Promotrice.

Piotecieur, Protectrice.

Réformateur, Réformatrice.

U^gul;jteur, Régulatrice.

Rémunérateur, Rémunératrice.

Restaurateur, Restauratrice.

Scruateur, Scrutât' ice.

Speaiteur, Spectatrice.

Spéculateur, Spéculatrice.

Spoliateur, Spoliatrice.

Testateur, Testatrice.

Tuteur, Tutrice.

Usurpateur, etc. Usurpatrice, etc.

hxcEPTioNS. On dit prucuratrice , en parlant d'une lemme chargée d'un pouvoir-; vtpiucureuse en parl.int de la femme d'un procureur.

On a p»lle canWr.ce ctllecjui a une réputation

dans l'ai t du chant; ce mut est tire d; l'ituli^u. On ne dit p s caniaieur.

Pour- ceux qii savent lel;itin, il est facile de voir que l< s mots e» leur et en ^rice dérivent des mots terminés eu tor et en trix.

Une chose à remarquer encore dans les genres.

DU SUBSTANTIF. 251

dit Estarac, c'est que les mâles, les femelles, et souvent les petits des espèces d'animaux qui rontr ibuent le plus ou à l'utilité ou à l'agrériunl de l'homme, sont distingués par des noms différents (I); au lieu que dans les espèces moins rapprochées de l'homme , et moins utiles ou à *es plaisirs ou à ses besoins, le mâle et la femelle sont dés gnés par un seul et même substantif, tantôt masculin, tantôt féminin , sans égard au sexe de l'individu qu'on veut nommer , tandis que, pour désigner les petits, il faut employer une périphrase (2).

Et cela est naturel. Ce sont les besoins qui ont contribué à enrichir les langues; avec de nou-. veaux besoins naissent de nouvelles idées, qui, pour être communiquées à nos semblables, exigent, ou que l'on crée de nouveaux mois , ou que l'on donne une acception nouvelle à des mots déjà usitéii.

Or, comme les objets dont nous nous entretenons fréquemment sont ceux que nous avons besoin de designer avec le plus de précision, pour éviter des mépi ises fréquentes, il a fallu créer des mots nouveaux qui désignassent ces objets. Qu'on suppose un moment que nous n'avons que le seul mot bœuf\ par exemple, pour désigner indistinctement tous les individus de celte espèce de quadrupèdes; il est facile de voir que, chaque fois que nous voudrions parler de ces animaux, il faudrait, ou user de circonlocution pour désigner avec précision le môle, la femelle, les petits, ou nous exposer à être mal entendus. Le laboureur, vingt fuis par jour, se troiJverait dans le même embarras , ou tomberait dans le même inconvénient. Aussi, non contents des substantifs taureau, bœuf, vache, génisse, veau, les laboureurs, pour dénommer chaque individu avec une exacte précision, donnent-ils le plus souvent à chacun un nom propre, tiré de la couleur de l'individu, ou de toute auti-e circonstance. Tant il est vrai que c'est le besoin de com"

(t) Le coq, la poule, le chapon, la poularde, le poulet, le», poussins. Que de substantifs pour des individus d'une même

espèce! — Le verrat, la truie, le cocfion, le porc, les

pouiceaux. — Le chefal, la jument, le poulain, la pouliche, le coursier, la haquenée.— Letaunau, le bœuf, la vach«, la pé- Disse, le veau. — Le sanglier, la laie, les marcassins. — Le cerf, la biche , les faons. - Le lièvre, la hase, 1&> levrauts. —, l,e lapin, la lapine, les lapereaux. — Le lion, la lionne, tes lionc aux. — L'âne, le baudet, l'âuesse, l'énon.— Le bélier, le mouton, la l)relii8, l'agneau. — Le bouc, la chèvre, le chavreau, etc., etc., etc.

(2) On dit également corbeau (sulistantif masculin) pour désig- er le mâle et la femellr'. Le mot pie (féqiinin) dé igné 1 »s indiviitns dfs deux sexes, et l'on est forte de dire : (a femelle du corbeau . le mdle de la pie. Il faut dire aussi . par périphrase : les petits du corbeau, de la pie, du geai, du merle, etc., etc. Pour l'etpèce de l'aigle, nous avons les aiglons, qui désiguent les petits , etc., etc.

GRAMMAIllE

muniquer ses idées avec précision qui fait créer les mois et qui enrichit les langues !

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