‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 168 sur 279 · DES PARTICIPES · texte numérisé non relu

DES PARTICIPES

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On voit, par ces différents exemples, que le participe présent ne peut jamais se rencontrer seul dans une phrase, qu'il doit y être suivi de quelques mots exprimésousous-entendus qui en dépendent, au lieu que l'adjectif verbal s'y présente essentiellement seul.

On trouve, fait remarquer Lévizac, dans presque toutes les Grammaires, qu'on doit excepter de cette règle les participes présents : approchant, dépendant, tendant, usant, jouissant, répugnant, et quelques autres; mais nous pensons que cette exception est sans fondement, parce que ces mots doivent être considérés comme de purs adjectifs dans les phrases qu'on cite. < Il n'y a, dit l'Académie {décision du 3 juin 1779, confirmée vingt-cinq ans après les observations sur Vaugelas), il n'y a que les participes passifs : aimé, aimée, qui aient un singulier et un pluriel. Les participes (du présent), comme air niant, sont indéclinables. Si l'on oppose qu'on dit fort bien des femmes jouissantes de leurs droits; des maisons appartenantes à un tel; on répond que ces mots jouissant et appartenant sont des adjectifs verbaux, et non pas des participes actifs. > tn effet , tous ces mots peuvent se construire avec le verbe être, ce que ne fait pas le participe présent. Ainsi l'on dit : une étoffe approchante d'une autre; des villageois dépendants d'une seigneurie; une humeur répugnante à la mienne; et, en style de palais, une requête tendante à la cassation d'un arrêt; des filles usantes et jouissantes de leurs droits, parce qu'on peut dire : ces villageois sont dépendants de ma seigneurie; votre humeur est répugnante à la mienne; ces filles sont usantes et jouissantes de leurs droits. Mais l'usage ne permet jamais de dire : cette femme est craignant Dieu, et aimant son mari, ce serait d'un trop mauvais si^le.

Deuxième règle. Le participe présent, formant toujours une phrase incidente et subordonnée à une autre, doit nécessairement se rapporter au sujet de la phrase principale, quand il n'est pas précédé d'un autre nom.

Je ne puis vous accompagner à la campagne, ayant des affaires qui demandent ici ma présence. Combien voyons-nous de gens qui, connaissant le prix du temps, le perdent mal à propos !

Maison s'exprimerait n»al, si l'on disait : ce sont des personnes entendant raillerie; il faut : qui entendent. Cette faute est très-ordinaire.

Remarque. On ne doit jamais employer deux participt-s présents dans une même phrase, sans les joindre par une conjonction, comme : un homme aimant et craignant Dieu. S'il y en a plusieurs de suite, il faut une conjonction avant le dernier : vous savez quenous trouvons le temps un vrai brouillon, mettant, rangeant, dérangeant, imprimant, ef-

choses bonnes et mauvaises, et presque toujours méconnaissables. (Madame de Sévigne.)

su GEBONDir.

Ce que les Grammairiens ont nommé gérondif n'est autre chose que le participe présent devant lequel on met en. Ce mot est quelquefois sousentendu, mais, dans ce cas, le gérondif n'en est pas moins facile à reconnaître. C'est un gérondif, toutes les fois qu'on peut y joindre la préposition en, sans altérer le sens de la phrase, comme : je suis persuadé que ^ travaillant assidûment pendant trois mois, vous ferez de grands progrès dans les mathématiques. C'est le même sens que si l'on disait : je suis persuadé qu'en travaillant, etc. Mais c'est un participe présent, si l'on ne peut y joindre cette préposition sans changer le sens de la phr ase, comme : la plupart des grands duroyaume, jugeant la seconde croisade contraire au bien de l'état, voulurent en détourner saint Louis. La phrase n'offrirait plus le même sens ni la même exactitude, si l'historien avait dit : la plupart des grands du royaume, en jugeant, etc. Les gérondifs doivent, comme les participes, se rapporter au sujet de la phrase principale.

Remarque. Il est très-aisé de distinguer le parti' cipe du gérondif. Le participe se résout toujours par le relatif qui, ce que ne fait pas le gérondif.

C'est donc avec bien de l'impropriété que beaucoup de Grammairiens, soit anciens, soit nouveaux, appellent gérondifs ce que nous nommons;)ar^ ici/je présent et participe passé. Nous en prévenons, atin que les personnes qui adoptent sans examen tout ce qu'elles trouvent dans les Grammairiens, soient en garde contre une acception qui ne peut donner que de fausses idées.

On ne doit mettre le pronom relatif en ni devant un participe présent, ni devant un gérondif. On ne pourrait pas dire : je vous ai remis mo7i fils entre les mains, en voulant faire quelque chose de bon, parce qu'on ne distinguerait pas le relatif en delà préposition en, et qu'on dirait tout autre chose que ce qu'on veut dire ; il faut : voulant en faire. Il ne serait pas mieux de dire : le prince tempère la rigueur du pouvoir, en en partageant les fonctions. Cette répétition choquerait, et, pour l'éviter, on doit tourner différemment la phrase, et dire : c'est en partageant les Jonctions du pouvoir, quun prince en tempère la rigueur.

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