‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 19 sur 279 · DE LA PROSODIE · texte numérisé non relu

DE LA PROSODIE

plexes et simples; celles des mots oiseau, hui-lier, le secoKd deux, le troisième trois , et le quatrième sont complexes et simples ; cel-les des mots ta-mis , quatre. Les adjectifs latins par, pareil , et impar, cou-vrir, plan-ter, sont incomplexes et composées , ^l'^^ '^ ^^^ point pareil, sont les premières racmes et celles des mots cloison, tui-lier , sont complexes de ces termes composés.De la prononciation des sylet composées. Résumons : ^<^bes découlent la prosodie, Yaccent et la quaiitité.

\]ne syllabe incomplexe et simple, ou modifiée par une seule articulation , est une syllabe physique ; telles sont les premières syllabes des mots a-mi, ou-vrir, en-ter, tamis, cou-vrir, van-ter. Une syllabe incomplexe, modifiée par plusieurs articulations, est une syllabe artificielle, à cause du concours des articulations sur la même voix ; telles sont les premières syllabes des mots cla-meur, trou-ver, plan-ter. \]i\e syllabe complexe ou simple, ou modifiée par une seule artic-ulaiion, est simplement anificielle , à cause de l'union des deux voix élémentaires en une seule émission; telles sont les premières syllabes des mots oi-seau , huilier, poi-son, tui-iicr. Une syllabe complexe, modiïiée par plusieurs articulations, est doublement artificielle, à cause de l'union des deux voix élémentaires en une seule émission, et du concours des articulations sur la même diphihongue; telles sont les premières syllabes des mots cloison, frui-tier.

Les syllabes servent à former des mot'-, donichacun est déterminé par l'usage à être le signe d'une idée totale. Un mot a donc autant de syllabes qu'il comprend de voix sensibles prononcées en une seule émission ; ainsi le mot bon n'est que d'une syllabe; le mot seigneur en a deux, qui sont seigneur; le mot vanité en a trois , qui sont va-ni-té; ie mol calomniateur en a cinq, qui sont ca-lo-ninia-teur; le mot ressentiment en a quatre, qui sont ressen-timent; le mot latin constantinopoUtanensibus en a dix, savoir , con-stan-ti-no-po-U-ta-nensi- bus.

Un mot , considéré par rapport au nombre des tyllabes dont il résulte , est monosyllabe ou polysyllabe.

Nous avons déjà dit qu'on appelle mono."5î///afces les mots qui n'ont qu'une syllabe, comme ah, si, bon,moi, pour, voir, etc. Cette dénomination est composée de deux mots grecs, (xovoç qui signifie seul; et ffuXXaêïi syllabe. *

Le mot prosodie est purement grec : "TrpofrwSta Ses racines sont la préposition irpoç , ad, à , pour^ vers, elle nom toSy] , cantus, chant : irpoir oj^yi, ad cantum ; et de là TcooTwSta, insiiiutio ad cantum.

Le mot accent, qui nous vient du latin accenius, a des racines pareilles, ad et cantus ; le d final de ad y est changé en c par une sorte d'attraction de la lettre initiale c du mot cantus. Du Marsais retjarde , en conséquence, comme synonymes le mot grec et le mot latin.

Estarac,dans son excellent Traité de Grammaire générale, dit que celui qui a observé une langue quelconque a dû se convaincre que les mêmes sons, les mêmes syllal^s, se prononcent tantôt plus rapidement, tantôt plus lentement, ici d'un ton plus aigu , là d'un tonj;)lus grave, selon les mots où se trouvent ces sons et ces syllabes, et selon la signification de ces mots ; en sorte que la parole, sans être un chant , a néanmoins une sorte de mélodie qui consiste dans des tons variés , dans des tenues précises et des repos mesurés. Gomme le nombre des sons et des articulations , et conséquemment celui des syllabes, sont limités dans chaque langue, il a fallu en varier la prononciation par la qualiié du ton et par la durée du son, pour suppléer à ce petit nombre, et pour distinguer en même temps ces syllabes et ces sons, lorsqu'ils ont une signification différente. C'est ainsi que le son a, par exemple , est long dans notre langue, lorsqu'il exprime la première lettre de notre alphabet : une panse d'à; et qu'il est bref, lorsqu'il est préposition i il est à Paris. Dans le premier cas, il est grave; et dans le second, il est aigu.

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