DU SUBSTANTIF. (SYNTAXE
Un auteur insatiable de question que d'une seule fermeture dont la connaissance est un secret. Cornes est au pluriel, pai ce qu'il s'agit d'animaux à deux cornes.
louanges.
Une jeuneper sonnèrentplie de talents.
La moindre réflexion suffit pour reconnaître dans tous les cas analogues s'il faut employer le singulier ou le pluriel; bonne volonté est au singulier, parce qu'on ne dit pas des bonnes volontés ; défauts est au pluriel, parce qu'on ne dirait pas qu'un homme est plein de défauts s'il n'en avait qu'un. Gloire, pris dans un sens général , ne peut avoir que le singulier ; mais on le mettrait au pluriel si l'on disait : affamé de tous les genres de gloires.
Louanges ne peut être au singulier, paisqu'une seule serait bien loin de satisfaire un auteur insatiable. — Talent est au singulier dans le premier cas, parce qu'il n'est question que d'un seul talent, celui de la peinture poussé à un degré supérieur ; dans le second on veut dire que la jeune personne possède les divers talents que donne une bonne éducation.
DE régime d'un verbe ou d'un adverbe.
Se repaître de chimhres.
H a eu beaucoup de
torts envers moi.
Je n^ai pas de chevaUx.
Se nourrir de lait.
Il m'a fait beaucoup de tort.
Je n'ai pas de cheval.
Onneditpasrfe* laits et Tonne se repaît pas d'une seule chimère. — Beaucoup , suivi d'un singulier , marque l'eicfemio»; suivi d'un pluriel, la quantité; et, dans le premier exemple, il est question d'un tort étendu, grand, considérable ; dans le second, de plusieurs torts. — Un homme qui n'a ordinairement qu'un cheval dira : je ne puis me servir de mon cabriolet, car je n'ai pas ou je n'ai plus de cheval; celui qui a équipage dira : prêtez-moi votre voiture, car je n'ai pas de chevaux dans ce moment-ci. C'est ainsi que les idées accessoires détermine^nt pour un nombre ou pour l'autre ; nous écririons donc au pluriel : je nai pas d'enfants, parce qu'on a ordinairement plusie-urs enfants, et, au singulier : je nai pas de chat, parce qu'on n'a ordinairement qu'un chat.
Substantifs oompléments d'une préposition autre que DE.
Voyager à pied. Sauter à pieds joints.
Un coffre à secret. Une bête à cornes.
Aller à pied, être en pied, être sur pied, valet de pied, sont des expressions où l'usage a consacré le singulier, parce qu'on n'a en vue qu'une modification. Le moi joints, réveillant nécessairement l'idée de deux pieds, exige le pluriel.
Secret est au singulier , parce qu'il n'est
ENé
Constant en amour.
Voler de fleur en fleur.
Je les ai mis en marmelade.
Une maison couverte en tuile.
Fertile en expédients.
Une femme en couches.
On les a taillés en pièces.
Une robe garnie en perles.
Amours au pluriel serait un contre-sens. Il est clair qu'on a en vue plusieurs expédients, et l'on reconnaîtra facilement quand on devra employer le pluriel après certains adjectifs, tels que plein, rempli, insatiable, déjà cités, riche, abondant, et autres analogues.
De fleur en fleur signifie d'une fleur à une autre successivement. On dit toujours les couches d'une femme, à moins que ce mot ne se prenne précisément pour l'enfantement; en ce cas, on peut dire une heureuse couche , et, par conséquent, elle est morte d'une suite de couche, c'est-à-dire par suite d'une couche. — Il n'y a qu'une marmelade. — On en a fait plusieurs pièces. — Les tuiles qui couvrent une maison ne forment qu'un tout ; on ne pense pas aux individus ; mais il n'en est pas d«» même des perles; l'imagination les divise, les compte, pour ainsi dire, et se plaît à en exagérer le nombre.