DU CHOIX DES AUXILIAIRES
Avoza ou £trb.
Comme nous en avons déjà averti , page 561 , on est souvent embarrassé avec les verbes qui doivent se construire tantôt avec avoir, et tantôt avec être, selon qu'ils expriment certaines nuances d'idées.
Il y a, par exemple, des verbes neutres dont les participes se construisent avec le verbe être. Ce sont : aller, arriver, choir, déchoir, décéder^ entrer, mourir, naître, partir, rester, sortir, tomber, venir, devenir, intervenir, parvenir, revenir, et survenir. On doit dire : il est mort ; il est survenu ; il est né , etc. Cependant il est des circonstances où quelques-uns de ces verbes doivent se conjuguer avec le verbe avoir; cela dépend du sens qu'on leur donne.
Autre bizarrerie : contrevenir et subvenir, quoique dérivés de venir, ne se conjuguent qu'avec le verbe avoir : on doit dire : cet officier a contrevenu aux ordres de son général; la bienfaisance de la nation française a subvenu aux premiers besoins des réfugiés polonais. Convenir, également de la même famille, prend être, quand il signifie demeurer d'accord : il est convenu du prix; mais il prend avoir, quand il signifie être convenable : cette place lui aurait convenu.
Il y a aussi des verbes neutres qui se construisent également bien avec avoir ou être. Ce sont , accourir, apparaître, comparaître, disparaître, croître, décroître, accroître, et recroître. On peut dire : il a ou il est disparu, etc.
Voici la règle , en tableau , que donne Lévizac pour aider à surmonter les difficultés qui se rencontrent ici ; si elle n'est pas toujours vraie dans sa généralité, on ne peut pas disconvenir qu'elle ne soit applicable à bien des cas.
Règle. Le participe Mais le participe, au doit ordinairement se contraire, doit se conconstruire avec le verbe struire avec le verbe
être,
qu'il exprime un état
avoir, toutes les fois qu'il est suivi de son régime ; et cette construction doit avoir toujours lieu, lorsqu'i/ exprime une action.
Jl faut donc dire :
// a sorti ce matin, si l'on veut exprimer la rentrée outre la sortie.
Cette phrase équivaut à celle-ci : il avait sorti, il est rentré.
Remarque. Sortir prend encore avoir, quand il est suivi d'un régime : avez-vous sorti mon cheval? — On vous a sorti d'une fâcheuse affaire.
Jl a monté à cheval. Il est monté dans sa si l'on veut marquer chambre, si l'on veut que la personne est de marquer qu'il y est enretour, core.
* Remarque. Quelques personnes emploient souvent le verbe tomber avec l'auxiliaire avoir; c'est une faute grossière.
DU VERBE (SYNTAXE). 489
toutes les fois | pas dire de moi que je suis de retour a un lieu où,
Et:
// est sorti ce matin, si l'on ne veut exprimer que l'acte de la sortie, c'est-à-dire si la personne n'est pas encore rentrée.
On dit :
// a descendu les degrés, parce que descendre exprime une action, et qu'il a un régime direct.
Cette sage-femme a accouché plusieurs dames, parce que ce verbe exprime une action, et qu'il a un régime direct.
Il a demeuré à Rome, si l'on veut exprimer qu'on a passé quelque temps à Rome, mais qu'on n'y est plus.
// a été à Londres, si l'on veut exprimer qu'il a fait un voyage à Londres, et qu'il est de retour.
j étais allé, et où j'ai demeuré? Je le puis, et l'Académie admet cette expression. On trouve dans son Dictionnaire : j'ai été à Rome. Elle observe encore que dans la conversation on dit indifféremment -.j'aurais été ou je serais allé vous voir; je fus ou j'allai hier à l'Opéra,
Dites : // a cessé son L'orage a cessé ou est travail, parce que cesser cessé, parce que cesser.
Et:
Il est descendu de sa chambre, parce que descendre n'exprime qu'un état, celui d'être enbas.
Cette dame est accouchée heureusement, parce que ce verbe n'exprime qu'un état, celui d'une femme qui est accouchée , et qu'il est sans régime.
Jl est demeuré à Rome, si l'on veut exprimer qu'on a fait un voyage à Rome, et qu'on y est encore. On dirait mieux dans ce cas : i/ demeure.
Il est allé à Londres, si l'on veut exprimer qu'il est parti pour Londres, et qu'il n'en est pas de retour.
Remarque. 11 y a des Grammairiens qui prétendent que le verbe aller ne se conjugue avec le verbe avoir qu'à la troisième personne, et qu'ainsi en ne doit pas se servir de cet auxiliaire à la première et à la seconde; et la raison qu'ils en donnent, c'est qu'on est de retour d'un lieu où l'on était allé, et ou l'on a demeuré. Mais ne puis-je
a un régune.
sans régime, prend l'un ou l'autre des auxiliaires.
Et : L'orage esi passé; la procession est passée :
état d'avoir été et de n'être plus.
Ces braves gens sont péris dans leur traversée en Amérique; parce que le verbe périr se construit mieux avec le yerheêtvjs:, quand il est accompagné de circonstances particulières.
La procession a passé sous mes fenêtres; il a passé la rivière : action et régime.
Ces braves gens ont péri malheureusement ; parce que le verbe périr se construit mieux avec avoir, lorsqu'il est pris dans un sens général et indéterminé. Voy. l'avis contraire, p. 493.
Boinvilliers est entré dans les plus grands détails sur les embarras que suscite aux Grammairiens, même les plus exercés, l'emploi de ces deux auxiliaires ; nous n'avons pas le droit d'en priver nos lecteurs.
N'ayant pas osé décider si ces verbes doivent être combinés avçc être ou avec avoir, ils ont mieux aimé dire qu'ils se conjuguent de deux façons. Cette incertitude des Grammairiens a produit celle des écrivains, qui cependant réclament depuis longtemps la fixité des principes. Persuadé qu'il est indispensable de faire cesser une pareille indétermination, il établit les règles suivantes :
Accourir, aller, arriver, choir, convenir (avouer ou demeurer d'accord), déborder, décéder, déchoir, devenir, échoir, éclore, intervenir, mourir, naître, partir, parvenir, provenir, repartir (partir de nouveau), résulter, retourner, revenir, survenir, tomber, venir, se conjuguent avec le verbe être. Exemples : Les gardes sont accourues aussitôt. — Ces enfants étaient allés dans la prairie. — Vous seriez arrivés de trop bonne heure. — Elle est chue en montant i escalier. — Nous sommes convenus de nos torts. — Ils étaient convenus de prix. — La rivière est débordée. — Ces grands hommes sont tou^ décédés. — Ce prince est déchu dejsa grandeur.
— Les vrais littérateurs sont devenus rares. — Votre billet sera échu avant votre retour. — Ces
œufs sont éclos. — // sei-ait intervenu dans cette affaire. — // faut bien que leurs parents soient morts.
— Nos malheurs sont nés de nos dissensions. — Quandil fut parti pour la campagne, je rentrai çhcTi moi, — Que de gens sont parvenus à des em
ti2
ploîs qu'Us ne méritent pas ! — L'erreur dans laquelle il est tombé serait-elle provenue de son ignorance ? — Ils sont repartis pour la campagne. — // en est résulté un très-grand inconvénient pour la chose publique. — Nous éùons retournés au château. — Vos enfants seraient revenus avec nous.
— Cette agréable nouvelle est survenue à l'instant.
— Je doute que le tonnene fût tombé. — Pourquoi sont-ils venus implorer votre assistance ?
Apparaître, comparaître, contrevenir, convenir (être convenable), courir, disparaître, échouer, paraître, subvenir, se conjuguent avec le verbe avoir. Exemples : L'ombre du grand Hector leur avait apparu. — Les témoins ont comparu ce matin.
— Les infidèles ont souvent contrevenu à leurs traités. — Cette maison et cet ameublement lui auraient convenu. — Les soldats ont couru vers leur général.
— Ces fantômes ont disparu soudain. — Vn vaisseau américain a échoué devant le port. — Nous avons paru, quand on nous a appelés. — La vraie charité aurait subvenu aux besoins de tant de maiheureux.
Ne dkes donc pas, avec beaucoup de personnes :
Une ombre nous est apparue. — Sont comparus
tel et tel par-devant le juge. — Les fantômes qui
nous avaient effrayés étaient disparus. — Vous êtes
paru tout à coup, et la multitude s'est dispersée. —
Ne dites pas non plus avec Racine :
Il en était sorti, lorsque j'y suis couru.
Le verbe courir, qui est aujourd'hui intransitif, se conjuguait autrefois avec le verbe être.
Si, dans un autre sens, on dit : ce prédicateur est fort couru; — ce lièiJre a été fort couru ; c'est par la raison que le verbe courir, quand il signifie rechercher, poursuivre, est réellement un verbe actif.
Les verbes intransitifs aborder, baisser, croître, décroître, déchoir, diminuer, embellir, grandir, rajeunir, vieillir, prennent avoir ou être, selon l'idée que l'on veut énoncer. On les conjugue avec le verbe avoir, si l'on veut plus particulièrement exprimer l'action; on les conjugue avec le verbe être, si c'est l'état du sujet qu'on a plus particulièrement en vue. Exemples :
— Nos vaisseaux ont — Quand ils furent
abordé au Havre. abordés , nous mimes
pied à terre.
— Les actions ont baissé — Elles sont aujour-
dejour en jour. d'hui baissées plus que
jamais [1).
'i) On dira de même ; Les actions ont monté de jour en jour.— -Elles sont atijowd'hui montées plus que jamais.
— Cet enfant a crû — Cette plante est pendant sa maladie. crue prodigieusement.
— Les eaux ont décru — Elles sont maintependant la sécheresse. nant bien décrues.
— Depuis ce moment — Il est bien déchu il a déchu de jour en jour, de son crédit.
Le prix du blé n'apas — // est enfin diminué
diminué depuis six mois, de moitié (i).
— Il a fort embelli — On dirait quelle pendant son voyage. est embellie.
— Ce jeune homme a — Assurément vous grandi en très-peu de êtes bien grandi, temps.
— Il semble avoir ra- — Voyex comme elle jeuni pendant son séjour est rajeunie !
à la campagne.
— Cette femme a — Convenez que nous vieilLi avant le temps, sommes bien vieillis.
Accroître prend avoir, quand il signifie augmenter.
Exemples :
— lia accru sa puis- — Ils avaient prodisance en bien peu de gieusement accru leurs temps. richesses.
Ce verbe se conjugue avec être, quand il n'a pas de complément, et, dans ce cas, il est intransitif.
— Leurs trésors sont — Les eaux de la Seine accrus prodigieusement, sont accrues considérablement depuis trois jours.
— Son orgueil était accru avec sa puissance.
Accoucher prend avoir, quand il signifie aider à l'accouchement.
Exemples :
Cette sage- femmea;vait Quel est, madame, accouché plusieurs de nos l'habile homme qui vous amies. a accouchée ?
On dira encore : cette femme a accouché très-heureusement; parce que c'est l'action d accoucher que je considère, et non l'état du sujet. Ce verbe se conjugue avec ^frc, quand il signifie enfanter .
Exemples :
Cette dame est accou- Nous irons vous voir, chée d'un enfant mâle. lorsque vous serez accouchée.
Cesser prend avoir, quand on le considère comme exprimant une action.
(t> On liera l'applicaHoo c|e cette règle au Terl)e augmeiiter.
DU VERBE
Exemples :
// a cessé sa besogne. Ils ont cessé de se plaindre.
La goutte avait cessé La fièvre a cessé aude le tourmenter. jourd hui; c'est-à-dire :
elle a cessé d'agir, pour reprendre te malade, comme on a lieu de le craindre.
— Ce verbe se conjugue avec être, quand il est considéré comme exprimant un état.
Exemples :
Les travaux sont ces- Quand la contagion ses, fut cessée, on rendit à
Dieu de solennelles aC" tions de grâces.
L'orageestenfùi cessé. Sa fièvre sera cessée; c'est-à-dire : elle sera tovi à fait passée, ainsi qu'on le présume.
Quinger prend avoir dans les acceptions suivantes :
Nous avons changé nos Ils avaient changé leur étoffes. argent.
Changex donc cette Les circonstances heueau en vin. reuses ont bien changé
la face des affaires.
Nous aurions changé Ils avaient changé de dhabits. ton.
— Changer se conjugue avec être, quand il exprime l'état du sujet.
Exemples :
Cet homme est changé Elle était changée au à faire peur, point que personne ne la
reconnut.
Les vents, qui sat^ changés, nous promettent un jour serein.
Commencer prend avoir, quand on le considère comme exprimant une action.
Exemples :
Ils ontcommencé Leurs Nous avons bien corn-
travaux, mencé Cannée,
Cet enfant commence Le bal a commencé
à connaître les premiers v^rs minuit, éléments de sa langue.
— Ce verbe..se conjugue avec être, quand on le considère comme exprimant un état.
Exemple :
Les travaux n étaient J'aurai quitté la campas encore commencés. pagne quand l'année sera commencée.
(SYNTAXE). m
] Le haletait commencé lorsqu'on nous introduisit dans la salle.
! Demeurer et rester prennent avoir, lorsqu'ils signifientresfer, demeurer pour un temps.
Exemples :
Nous avons demeuré Un a resté à Paris que
sept ans en Flandre.
Tu n'as pas demeuré assez long-tetnps àlacampagne.
Sa plaie a dentm^ huit jours à se fermer.
Ils auraient demeuré deux ansà Philadelphie.
huit jours.
On l'avait envoyé à Y Université de Sienne ^ oùilavaitresté plusieurs années (I ).
!' Combien de temps ^vez-vovs resté en An' gleterre ?
J'ai resté sept mois à Colniar sans sortir de ma chambre.
Ma langue embarrassée Dans ma bouche, vingt fois, a demeuré glacée (2).
Demeurer et rester se conjuguent avec être, lorsqu'ils signifient rester, demeurer dans un état de permanence.
Exemples :
// est demeuré à Paris Ils sont restés en Italie pour y faire ses études. où ils se sont établis.
Pourquoi êtes-vous dc' Cent combattants sont
meure en aussi beau che- restés sur le champ de
min ? bataille.
Après une guerre opi- De tant de biens qu'il
niâtre, la victoire nous avait, il ne lui serait
est demeurée. rien resté sans les peines que j'ai prises.
Il est demeuré court IlsserontrestésàLyon en haranguant le roi. pour visiter les manufaC' twres.
Il est demeuré deux Nous sommes restés à mille hommes mur la Londres où nous nout place. trouvons fort bien.
Nous sommes demeurés d'accord sur cette affaire. Le reste du mystère Au fond de l'arbre est demeuré.
Echapperprend avoir, et il est actif quand il a le sens d'éviter.
(1) Jean Jacques Rousseau.
(2) Racine a eu raison de dire a demeuré glacée ; en effet , la langue de l'emperenr Titus n'est pas demeurée glacée, d'une manière permanente; vingt fois, elle a refos^ «on service; à la fin ^ elle a pu agir; il y a eu passage d'un état à un autre. (Chapsai,.)
Exemples :
Il a échappé la mort. Vous auriez échappé
cette peine; c'est-à-dire :
il a évité la mort; vous
auriez évité cette peine.
Echapper prend encore avoiry quand il signifie
n'être pas entendu, n'être pas aperçu, n'être pas
saisi, s'être soustrait.
Exemples ;
Ce que vous venez de Cette faute a échappé me dire m'a échappé; à d'O/iyeï; c'est-à-dire: c est-à-dire : je ne l'ai n'a pas été aperçue par pas entendu. d'Olivet.
Le cerf aura échappé Ces malheureux au-
aux chiens; c'est-à-dire : raient échappé à la tem-
n' aura pas été saisi par pête ; c'est-à-dire : se
les chiens. seraient soustraits à la
tempête.
Echapper se conjugue avec être, quand il est pris, soit dans le sens de se sauver :
Exemples :
Il s' est échappé de pri- Il s'est échappé des son; mains des gendarmes;
Soit dans le sens de laisser aller;
Exemples :
Cette faute est échap- Cenom m'était échap'
pée à Racine ; c'est-à- pé ; c'est-à-dire : j'avais
dire : Racine a laissé al- laissé aller ce nom, je
1er cette faute; il l'a l'avais oublié, faite.
Le burin lui est échap- Cette indiscrétion est
pé des mains; c'esl-à- échappée à sa jeunesse;
dire : ses mains ontlaissé c'est-à-dire : sa jeunesse
aller le burin, l'ont là- a laissé aller cette indis-
ché. crétion.
Entrer et sortir prennent avoir^ lorsqu'ils ont un complément direct.
Exemples :
// aurait entré le vin Avex-vous sorti mon à la cave, cheval ?
Nous avions entré ce On vous a sorti d'une paquet dans la maison, mauvaise affaire.
— Entrer et sortir se conjuguent avec être, lorsqu'ils ont un complément éloigné indirect exprimé ou sous-entendu.
Exemples :
Quand vous êtes entré Nous étions sortis le chez moi, je lisais. matin de bonne heure.
Si j'étais entré dans Des qu'ils furent sortis, l'église, j'y aurais prié nous allâmes nous cou- Dieu, cher.
Rentrer et ressortir suivent la menue règle.
Expirer, verbe inlransitif, prend avoir lorsqu'il signifie rendre Came, comme dans ces exemples :
Jésus-Christ a expiré Ces soldats ont expiré sur l'arbre de la croix. en chargeant l'ennemi d'imprécations.
— Il se conjugue avec être quand il signifie cesser, finir, en parlant des choses.
Exemples ;
Le temps des vacances La trêve n'était pas sera expiré quand j ère- encore expirée, que l'on tournerai à la ville. songeait déjà à faire de
nouveaux préparatifs de guerre.
Le reproche est expiré sur ses lèvres.
Monter et descendre veulent avoir quand ils sont pris dans un sens absolu, ou quand ils ont un complément direct.
Exemples :
// o monté pendant trois II a descendu pour ve* heures pour arriver au nir ici, haut de la montagne.
Il avait monté un es- Ils ont descendu les calier fort élevé. degrés plus vite qu'Us ne
les avaient montés .
On dit encore dans un autre sens ;
Nous avons monté la Ils ont descendu la
garde. garde.
Avez-vous monté la On a descendu la
pendule ? châsse.
Il montait un superbe Le baromètre a descheval, cendu tant soit peu»
Monter et descendre se conjuguent avec être, lorsqu'ils ont un complément indirect.
•• Ilestmonté par degrés Sont-ils descendus de au poste éminent qu'il leurs chambres ? occupe.
Nous serions montés à La paix est descendue cheval, sur la terre.
Lerouge lui sera monté Ils sont descendus au visage, beaucoup plus vite qu'ils
n'étaient montés.
Passer prend avoir quand il s'agit d'exprimer l'action de traverser un lieu pour aller dans un autre, et avec la circonstance qui indique le mouvement.
Exemples :
Nous avons passé par Les troupes ont passé Lyon. par Grenoble.
// a passe en Àmérujue où il est resté.
ont
DU VERBE
Nous avons passé par la Champagne après avoir passé la Meuse.
L'empire des Assyriens a passé atucMèdes.
Nos voyageurs passé les Alpes.
La procession a passé sous nos fenêtres.
Il prend encore avoir dans cette double acception : j'ai passé cet enfant par la fenêtre, et ce mot a passé {on l'a reçu, il est d'usage, il circule). — Passer prend être quand l'esprit considère Taction du passage comme étant absolument faite.
Exemples :
L'ambassadeur ~ est La troupe est passée, passé à Vienne.
Ils sont passés en An' La procession est pasgleterre depuis dix ans. sêe.
D'un royaume temporel elle est passée dans un empire éternel.
Et si leur sang tout pur, ainsi que leur noblesse , Est passe jusqu'à vous de Lucrèce en Lucrèce ? (1)
Passer prend encore êire dans les acceptions suivantes :
Nos beaux jours sont passés.
Ces étoffes sont passées de mode.
Cette tapisserie est vassée.
Ce mot est passé {on j
ne s'en sert plus). \
Périr prend tantôt avoir, et tantôt être; mais on n'a pas le choix entre l'un ou l'autre de ces, deux verbes ; il n'est donc pas permis de dire indifféremment ; tous ceux qui étaient sur ce vaisseaux ont péri, ou sont péris. Le verbe périr se conjugue avec avoir, quand on veut désigner l'époque ou la circonstance dans laquelle l'anéantissement a eu lieu.
Exemples :
Le reste a péri au mi- Ces malheureux ont lieu de nous de faim et tous péri dans le com-
Le beau siècle des Médicis était passé.
La foire sera passée.
Cette expression était déjà passée en proverbe.
Tous ceux qui étaient sur ce vaisseau ont péri dans un naufrage.
Tout ce qu'a préparé ton amitié hardie, Trésors, armes, soldats, a péri dans les mers.
(Voltaire.)
Il ne faut donc pas dire avec Fénelon : Ne cherchez plus votre père^qui doit être péi'i dans les flots au promontoire de Capharée. — Périr se conjugue avec être, quand on ne désigne, ni l'époque, ni la circonstance dans laquelle l'anéantissement a eu lieu. Voy. page 489.
Exemples :
" Cette tendre mère était Que sont devenus ces