PARTICIPE PASSÉ PRÉCÉDÉ DU MOT PEU
L'expression de peu a en français deux significations ; ou il signifie le manque , ou une petite quantité.
Dans le premier cas, le participe passé est invariable. Exemple : le peu de conduite que les jeunes gens ont montré leur a ôié la confiance.
Dans le second cas, le participe s'accorde avec le mot qui suit l'expression le peu de. Exemple ; le peu de monnaie que vous m'avez donnée a suffi pour payer ma dépense.
Toute la théorie des participes se trouve exposée dans ces quelques règles. Mais nous avons , à l'époque de la première édition de notre Dictionnaire, posé d'une manière plus succincte encore, sous la rubrique de Notions élémentaires et générales de Grammaire française , les principes qui viennent d'être développes. Nous les donnerons comme un véritable résumé de ce que nous venons dédire. Mais ce court résumé nous semble encore diminuer la difficulté à cause même de sa brièveté.
11 y a deux classes de participes : le participe présent et le participe passé.
Le participe présent exprime, ainsi que tous les verbes, une action faite par le mol qu'il qualifie : il est toujours terminé par ant, et est invariable, c'est-à-dire qu'il ne prend jamais la manque du pluriel, ni celle du genre : un homme étudiant; des femmes lisant.
11 ne faut pas confondre avec le participe présent Yadjectif verbal terminé aussi par ant, et qui exprime une qualité, une aptitude, une disposition à agir, plutôt qu'une action. L'adjectif verbal semble bien offrir l'idée d'une action : mais cette action, par sa durée et par sa continuité, se transform.e en manière d'être.
Quand nous disons ; j'ai vu cette femme caressant son fils, l'action n'a qu'une durée limitée : caressant est ici participe présent.
Mais si nous voulons peindre une qualité in hérente à la mère, une qualité qui, pour exister, na pas be;o n de se isianiléster dans le moment pijr dus actions, nous employons alors ïadjeciit
DES PARTICIPES (SYNTAXE)
verbal, et nous disons : cette mhre est caressante»
h'ad'ject'f verbal prend le g^nre et le nombre du subiitaritif ou nom auquel il se rapporte, et c'est ce qui le dislingue du participe préent.
Même remarque concernant la cous *rvation du t au pluriel, que celle que nous avons faite pour le subsianiif et pour l'adjectif des mois terminés par ani et par eut.
Le participe passé exprime l'idée d'une action reçue par le mot qu'il qualitie; sa terminaison est variable : il est susceptible de prendre l'accord.
Le participe passé peut être employé ou sans auxiliaire, ou avec l'avxiliaire être, ou enfin avec l'auxiliaire avoir.
Le participe passé, employé sans auxiliaire, s'accorde comme i'adjeciif, en genre et en nombre, avec le subslaniit", le nom ou le pronom (jui le mod\Ren\: uu fer émonssé; (les bûchers éteinls; une vertu méprisée; des villes forcées.
Le participe passé, accompagné de YauxiUaire être, s'accorde toujours avec le sujet du verbe, que ce sujet soit placé avant ou après le pariiàpe : f homme bon est aimé; la vertu est estimée; les talents sont récompensés; ici iont renfermées ses cendres.
gime est bien placé avant le participe, mais ce régime est un régime indirect : ils ont écrit à eux; elles ont imaginé en elles.
Pour ce qui regarde le participe passé suivi immédiatement d'un ir,finiiif, voyez pa^e 557.
Voilà à quoi se réduit la fameuse règle des pàrticipes.
On le voit , rien de plus simple , de plus précis, de moins difficile, que les règles exactes que nous venons d'exposer. Tout ce que nous allons dire à !a suite se rapporte à ces règles générales ; mais nous ne croirions pns avoir fait assez si nous ne donnions maintenant les diverses opinions des Graciuiairiens les plus célèbres. Nous nebs présentons que parce que nous les avons promises, et pour satisfaire la curiosité des amateurs de science gramuialicale Nous ne c nseillons pas aux gens peu Vt rses dans ceiteétude, de se je;er dans toutes ces dissertations; leur espjil, quelque bien disposé qu'il fût, ne pourrait que s'y embrouiller. Quant aux savantSy et ds sont plus nombreux qu'on ne pense aujouid'hui , en matière de langues surtout, nous mettons sous leurs yeux les doctes travaux de ceux qui nous ont précédés dans la lice ; nous croyons qu'ils nous en sauront
Le participe passé, accompagné de Ynvxiliaire | quelque gré. Il est de notre devoir de déclarer
avoir, ne s'accoide jamais avec son sujet : nous avons marché; elles ont couru.
Le participe passé, accompagné de l'auxiliaire avoir, s'accord.^ avec son régime direct, pourvu que ce régime direct précède le participe : la lettre que j'ai r^çue; l'homme que j'ai vu; mes enfants! je vous ai récompensés ; voici les lettres que j'ai reçues.
Le pnrticipe passé reste invariable, c'est-à-dire qu'il ne prend ni genre ni nombre, lorsque le régime direct n'est placé qu'après lui.
On doit donc écrire sans faire accorder :
Nous avons reçu une lettre ; /ai vu un homme ou une femme; /'ai récompensé mes enfants; /'ai reçu des lettres.
A plus forte raison, il n'y a pas d'accord, si aucun régime direct u'esl exprimé.
Nous ferons observer que, dans les verbes prononuiiaux, être étant employé pour avoir, le partieipe passé de ce.-, verbes s'accorde avec le régime direct quand il en est précédé, et reste invariable lorsqu'à en est suivi, ou lorsqu'il n'y en a pas.
Ils se sont flattés.
Elles se sont blâmées.
Ils se sont écrit.
Elles se sont imaginé.
Dans les deux premiers exemples, le régime direct est placé avant le participe : ils ont flatté eux; elles ont blâmé elUt; dans les deux autres, le ré-
davance que nous avions à cœur de rendre hommage aux littérateurs distingués dont nous allons emprunter les scientifiques elucubrations. Notre but consiste ici à multiplier les exemples. On concevra facilement que , dans des citations textuelles et sacrées pour nous , les répétitions sont inévitables; mais nous l'avons dit, nous ne destinons qu'aux suivants le travail des savants. Personne ne se trompera donc sur les motifs qui nous ont portés à le donner.
(Extrait de la Grammaire Z^'ançaise de M. Alexandr* BONirACE. )