‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 263 sur 279 · DE LA PONCTUATION · texte numérisé non relu

DE LA PONCTUATION

La pouciuaiion, dit Estarac , est Tart d'indiquer dans l'écriture, par des signes convenus , la proporiiundes pauses que l'on doit faire en parlant.

Ce mot est dérivé du mot laiin puncjûm , point.

Cette déHniiion ne nous satisfait pas. L'Académie (lefinil la ponctuation, l'art de ponctuer, c'està-dire l'art de mettre des points et des virgules dans an discours écrit , pour distinguer les phrases et les différems membres dont elles sont composées. Cette définition académique est défectueuse comme celle d'Eslarac.

De même, dit Boinvilliers, (\{i on ne parle que pour se faire entendre, de même on n écrit que pour transmettre, sei.' pensées au lecteur d'une manière intelligible; or, il en est à peu près de la parole éiriie comme de la parole prononcée : le repos de la voix dans le discours, et les signes de la ponctuation dans l'écriture , se correspondant, toujours , indiquent également la liaison ou la disjonction des idées, et suppléent à une infinité d'expressions; c'est pourquoi il y aurait autant d'inconvénient à supprimer ou à mal placer, dans le discours , les signes de la ponctuation , qu'à supprimer ou à mal placer, dans la parole , les repos de la voix : les uns et les autres servent à déterminer le sens ; et il y a telle suite de mots qui n'aurait, sans le secours des pauses ou des caractères qui les indiquent, qu'une signification ë(juivoque, et qui pourrait même présenter des sens contradictoires, selon la manière dont on y placerait ces caractères. Quelle différence, par exemple, n'y a-t-il pas dans les phrases suivantes, eu égard à la place qu'occupent les signes de ponctuation !

l'autre, il mourut empoisonné. '

Régnez en père , lorsque vous aurez vaincu :

souvenez-vous que vous avez un maître dans le ciel.

Ce prince, défenseur de Tarquin-le-Superbe, chassé de Rome , alla faire le siège de cette ville.

l'autre; il mourut empoisonné.

Régnez en phe : lorS' que vous aurez vaincu, souvenez-vijus que vous avez un maître dans le ciel.

Ce prince, défenseu de 'Tarquin -le- Super b ' chassé de Rome, alla faire le siège de celte ville.

Les préfets dont le Les préfets, dont le choix honore le gouver- choix honore le gouvernement , survedleront nement , surveilleront l'exécution de cette me- l'exécution de cette mesure, sure.

Si l'on ne met pas de virgule après le mot préfets, il paraîtra qu'on ne veut parler que de certains préfets , c'est-à-dire de «eux dont le choix honore le gouvernement. Si l'on met, au contraire, une virgule après le mot préfets, ce signe fera connaître qu'on ne fait pas de distinction des personnes , mais qu'il est question de tous les préfets (1).

Les anciens, continue Esiarac, négligeaient en général l'art de ponctuer ; c'est ce dont on peu ! se convaincre par l'examen des manuscrits et des livres imprimés , qui datent de plusieurs siècles. La Bruyère lui-même avait très-mal ponc rué ses écrits. Wous devons à son éditeur l'intelli-

11 propageait sa religion : le Coran d'une main, et l'épée dans

H propageait sa religion, le Coran d'une main , et l'épée dans

• (f) On connaît ce vers latin dont une transposiUon de virgule change entièrement le sens :

Porta patens esto, nnlli claudatur honesto. Porta patens esto nulli, claudatur honesto.

DE LA POJNCTUATIOJN.

gence d'une foule de passag:es des caractères de noire Théophraste.

L'art de la ponctuation doit donc se régler sur deux bases également essentielles : sur la nécessité de respirer, après avoir prononcé une phrase d'une certaine étendue, et sur la subordination des piopositions incidentes à la proposition principale, et encore sur celle des sens prtiels au sens total ; de sorte que la ponctuation sera paifailement régulière, lorsque les signes en seront gradués proportionnellement à ce qu'exigent les besoins de la respiration , combinés avec la dépendance mutuelle des parties de la phrase.

Les caractères usuels ou les signes vulgaires de la ponctuation sont : i*» la virgule, qui marque une pause presque insensible, la moindre de toutes les pauses ; 2° le point avec la virgule, ou la virgule ponctuée, qui désigne une pause un peu plus grande; 3° les deux points, qui annoncent ordinairement un repos encore plus considérable ; 4o le point, dont les espèces sont différentes, et qui marque le plus grand de tous les repos ; o° enfin , l'alinéa.

Xia virgule (,).

Lorsfju'une proposition est simple et qu'elle n'excède pas la portée commune de la respiration, on l'écrit de suite, sans aucun signe de ponctualion.

Exemples :

// est plus honteux de se défier de ses amis que d\n cire trompé. (La Uochefoucadld.)

Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots.

(Racine.)

Toutefois , il est permis de mettre une virgule, lorsque le membre de la première proposition esi long ; ainsi beaucoup de personnes mettraient une virgule après flots , dans le second exemple ; et ce ne serait pas une faute, parce que le premier membre de la proposition est d'une certaine étendue.

Il faut placer entre deux virgules toute proposition incidente purement explicative, parce qu'elle n'est qu'un développement de l'antécédent, avec lequel elle n'a pas , par conséquent, une liaison bien intime, et parce qu'on pourrait la supprimer sans altérer le sens de la proposition principale : ce n'est , en quelque sorte, qu'une répétition du même antécédent, sous une forme plus développée.

Exemples :

Les passions, qui sont les maladies de l'âme, ne liennent que de notre révolte contre la raison.

Dans le centre éclatant de ces orbes immenses ,

Qui n'uni pu nous cacher leur marche et leurs distances,

Luit cet astre du jour, par Dieu même allumé^ Qui tourno autour de soi sur son axe enflammé.

(Henriade.)

Au contraire, si la proposition incidente est déterminative , il faut l'écrire de suite, sans virgule , parce qu'elle détermine l'étendue de la signification de l'antécédent, qu'elle ne fait avec lui qu'un seul tout logique, et qu'on ne saurait la supprimer sans altérer le sensée la proposition principale.

Exemples :

La gloire des granHs hommes doit toujours se mesurer aux moyens dont ils se sont servis pour l'acquérir. (La Rochefoucauld.)

Un clair ruisseau , de petits bois , Une fraîche et tendre prairie , Me sont un trésor que les rois Ne pourraient voir qu'avec envie.

(Imitation de la i6' ode, liv. l^^ d'Horace.)

Une proposition peut être composée par le sujet ou par l'attribut : dans l'un et l'autre cas , les parties similaires du sujet et de l'attribut doivent être séparées par des virgules.

Dans le style coupé , où plusieurs propositions se succèdent rapidement pour former un sens total , la virgule seule suffit encore pour séparer ces propositions , à moins que quelqu'une d'elles ne soit divisée en d'autres propositions subalternes.

Exemple :

Du génie pour les sciences, du goût pour la littérature, du talent pour écrire; de l'ardeur pour entreprendre, du courage pour exécuter, de la constance pour achever ; de L'amitié pour vos rivaux, du zèle pour vos anm, de l'enthousiasme pour l'humanité : voilà ce que vous reconnaît un ancien ami, un collègue de trente ans.

(BuFFON, Réponse à La Gondamine.)

Ces petites propositions sont séparées trois à trois par une ponctuation plus forte, parce qu'elles sont relatives à des objets différents, et parce qu'il faut que celte différence soit marquée par une pause plus grande, qui la rende plus sensible.

Si l'on place à la tète , ou dans le corps dune phrase, une addition qui ne puisse pas être regardée comme faisant partie de la construction grammaticale de la phrase , on la distingue du reste par une virgule mise à sa suite, si elle se trouve en tête ; et on la met entre deux virgules , si elle est enclavée dans le corps de la phrase :

Après ces paroles, Télémaque fit laver la plaie de Pisistrate. (Fénelon.)

L'argent, l'argent , dit-on , sans lui tout est stérile.

(BOILEAU

mi

Le nom des objets à qui l'on adresse la parole doit éire suivi de la virgule :

Perfide, oses-tu bien te montrer devant moi? Monstre, qu'a trop long-temps épargné le tonnerre.

(RAcmE.)

Téméraires, tremblez, et craignez d'obtenir

Ce qui vous est donné des dieux pour vous punir.

{Or este et Pylade.)

Une proposition mise à la suite d'une ou de plusieurs autres commence quelquefois par une conjonction, par un adverbe, ou par une phrase adverbiale, qui n'a aucune liaison grammaticale avec le reste de la proposition ; alors il faut mettre line virgule après ces mots , pour marquer qu'ils appartiennent à une autre proposition que l'ellipse a supprimée.

Exemple :

Cest parler mal-à-propos , que de dire merveilles de sa santé devant des infirmes, d'entretenir de ses richesses, de ses revenus et de ses ameublements , un homme qui n'a ni rentes ni domicile ; en un mot, de parler de son bonheur devant des misérables. (La Bruyère, chap. X.)

Du point avec la virgule , ou de la virgule ponctuée (;).

Lorsque les parties principales d'une proposition sont subdivisées en parties subalternes, cellesci doivent être séparées entre elles par une virgule ; et celles-là par une virgule ponctuée. En voici des exemples :

Qu'un vieillard joue le rôle d'un jeune homme, lorsqu'un jeune homme jouera le rôle d'un vieillard; que les décorations soient champêtres, quoique la scène soit dan^ un palais ; que les habillements ne répondent point à la dignité des personnages : toutes ces discordances nous blesstront.

(Trésor des Sent., chap. 5.)

Ctlui-là est bon qui fait du bien aux autres ; s'il souffre pour le bien qu'il a fait, il est très-bon; s'il souffre de ceux à qui il a fait ce bien, il a une si grandti bonté, qu'elle ne peut être augmentée que dixns le cas où, ces souffrances viendraient à croître ; et s'il en meurt, sa vertu ne saurait aller plus loin : elle est héroïque ; elle est parfaite.

(La Bruyère , chap. 2 )

Les regrets permettent la parole ; la douleur est muette. (Buffon.)

De* deux points (:).

Lorsqu'une période est divisée en deux ou plusieurs parties principales, dont chacune renferme des propositions sous-divisées en propositions subalternes , il faut distinguer ces propositions subalternes entre elles par des virgules ; l68 propositions intégrantes de chaque partie ,

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par des virgules ponctuées ; et enfin les parties principales par deu^x points. De cette manière , les sigoes de ponctuation sont gradués conformément à la dépendance réciproque des sens partiels entre eux, et à leur dépendance générale du sens total.

Exemples :

Si les beautés de l'élocuiion oratoire ou poétique étaient palpables, rien ne seraid plus commun que l'éloquence ; un médiocre génie pourrait y al' teindre : et quelquefois, faute de les connaître assez , un homme né pour l'éloquence reste en chemin, ou s'égare en route.

Oui , seigneur, il est vrai que j'ai le cœur sensible : Suivant qu'on m'aime ou hait, j 'aime ou hais à mon tour; Et ma gloire soutient ma, haine et mon amour.

(P. Corneille.)

!ly a dans lanalure de l homme deux principes opposés : l' amour-propre, qui nous rappelle à nous ; (■/ la bienveillance, qui nous répand. (Diderot.)

Si une énumération est précédée d'une proposition détachée qui l'annonce, ou qui en montre l'objet sous un aspect général, cette proposition doit être distinguée du détail par deux points.

Exemple ;

Il y a deux sortes de curiosité : l'une d'intérêt, qui nous porte à désirer d'apprendre ce qui peut nous être utile ; et l'autre d'orgueil, qui vient du désir de savoir ce que les autres ignorent.

(La Rochefoucauld.)

Une sui;e de maximes relatives à un point capital , ou de pensées qui concourent a» niéme but, doivent être séparées par deux points , surtout si ces phrases partielles sont construites à peu près de la même manière.

Exemple :

Une femme prude paie de maintien et de paroles; une femme sage paie de conduite : celle-là suit son humeur et sa complexion; celle-ci sa raison et son cœur : l'une est sérieuse et austère, l'autre est, dnns les diverses rencontres , précisément ce qu'il faut quelle soit : la première cache des fa^Hesscs sous dc'i dehors plausibles ; la seconde couvre un liche fonds sous un air libre et naturel.

(La Bruyère , chap. 3.)

Tout discours direct que l'on va rapporter après l'avoir annoncé, doit être précédé de deux points, soit qu'on le cite comme ayant été dit ou écrit, soit qu'on le propose comme pouvant être dit :

D'Achille en cet instant sort l'ombre épouvantable;

Il a cet air encor menaçant, redoutable ,

Tel que, lorsqiie ( i ) son bras, forçant nos bataillons,

(!) Tel que, lorsque, cacopliouie éponvantabie.

DE LA PONCIUAIION.

Faisait de sang troyen ruisseler nos sillons ; Les Grecs, les élénieuls, loiii se tait à sa vue : Et quelle est de Pyrrhus la terreur imprévue , Quand, s'alressatil à lui d'un ton plein de courroux, Son père, par ces mots , s'explique devant tous : « Contre les Grers, mon fils, celle fureur estvaine,"~ » Si ton bras en et lieu n'imuiole Polyxèue; » C'est du sang ennemi que j'exige en ce jour, » Ou pour la floile en Grèce il n'est point de retour. (L^ Fosse, Pofyxnie, tragédie.)

Su point simple (.).

Le point simple doit être placé après toutes les propositions, afnès toutes les phrases qui ont un sens absolument termirié et indépendant de ce qui suit j ou encore après celles qui n'ont du •moins d'autre liaison avec la suite que celle qui résulte de la convenance de la matière , et de Tanalofrie générale des pensées, toutes relatives au tiiêaie sujet.

Le monde est vieux , dit-on : je le crois. Cependant Il le raut amuser encor comme un enfant.

(La Fontaine.)

Plusieurs points de suite (••••}. ,

Plusieurs points placés de suite indi(]uent , tantôt la suppression de quelques mots dans un passage cité, tantôt cette précipitation , ce désordre, cette interruption qu'occasionne, dans le langage, une passion profonde et véhémente , qui ne s'exprime, pour ainsi dire, que par accents entrecoupés , par intervalles intermittents , et qui ne peut être rendue dans toute sa vivacité.

Quos ego.... Sed motos prœstat componere fluclus.

(yE.NEIO., I.)

Par la mort.... Il n'acheva pas , Car il avait l'âme trop bonne :

Allez, dit- il , je vous pardonne ; Une autre fois n'y venez pas.

(SCARBON.)

Certains écrivains abusent singulièrement de ce signe très-particulier, et qui doit être fort rare dans la ponctuation , s'imaginant maladroitement que, pour donner à leur langage le ton delà passion et l'enàpreinte d'une sensibilité profonde, il suffit d'en interrompre fréquemment les parties par nnekyrïelleàe points. On trouve dans certains ouvrages dits littéraires , des lignes et même des pages de points. Quelle éloquence! C'est une adresse mesquine , c'est du pur charlatanisme.

Du point interrogataf (?).

Le point interrogatif se place à la fin de toute phrase qui interroge, soit qu'on la rapporte comme prononcée directement par quelqu'un, soit qu'elle fasse partie du discours où elle se trouve,

Exemples :

Et que reproche aux Juifs leur haine envenimée? Quelle guerre intestine avons-nous allumée ? Les à- ton vus marcher parmi vos ennemis? Ful-ii jamais au joug esclaves plus .soumis?

(Racine, Eslher.)

Chacun déjà s'inlerrogeant soi même, De l'univers épluchait le système.

Comment s'est fait tout ce que nous voyons? Pourquoi ce ciel , ces astres , ces rayons ? Quelle vertu dans la terre enfermée Produit ces biens dont on la voit semée ?

Rousseau , Allégories, 5, livre 2.)

Les Espagnols font le même usaye que nous du point intenogaiif ; mais ils (ont précéder les phrases qui interrogent du même signe renversé (^). Il serait utile d'imiter celte méthode, surtout pour les phrases un peu longues : le lecteur, prévenu par ce signe placé en tête , connaîtrait d'avance la qualité de la phrase , et donnerait le ton qui convient à la proposition interrogative. #

Ce serait une bien heureuse innovation à introduire dans notre écriture; mais nous ne sentons pas la nécessité de reproduire à la fin de la phrase le signe du point interrogatif que nous admettrions volontiers en tête du jJs<;:ours. On n'est d'ailleurs nullement d'accord sur la ponciuaiion et sur le genre de caractère orihograf.hique qui doit suiyre la phrase que termine un po'mt interrogatif. Les avis sont tout à fait partagés. Les uns, jugeant que le point interro^a/i/" équivaut à un point réel, font commencer la locution qui lui répond par une majuscule; les autres se dispensent sans raison aucune de faire cette distinction ; d'autres enfin , et nous serions de cette opinion, voudraient qu'on posât pour règle qu'il est indispensable de ponctuer la phrase à la suite du point interrogatif. Ainsi : D'ok venez -vous? de Paris, devrait se ponctuer et s'orthographier : D'oii venez-vous?. De Paris ; ou mieux encore, au moyen (\^e l'innovation suggérée : ?Z)'où venez-vous. —De Paris. On conçoit que la même observation peut s'appliquer au point exclamatif.

X>u point exclamatif (I).

Le point exclamatif s'emploie après toutes les phrases qui expriment la surprise , la terreur , ou quelque autre sentiment profond sous la forme d'une exclamation.

Dieux I que l'impatience est un cruel tourment! Qu'Hydaspe répond mal à mon empressement ! ... Qu'une nuit inquiète est cruelle à passer! Que de tristes objets viennent la traverser !

(Lagrasge.) O monstre que Mégère en ses flancs a porté I Monstre que dans nos bras les enfers ont jeté ! Quoi ! lu ne mourras pas ! Quoi! pour punir son crime.,. Mais où va ma douleur chercher une victime?

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Qnoi ! pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux, Mer, lu n'ouvriras pas tes abymes nouveaux ! (Racine, Iphigénie.)

Triste destin de l'homme ! il arrive au tombeau Plus faible, plus enfant qu'il n'était au berceau ! (Poème de la Religion, chant 2.)

Voyez nos observations sur le point interrogatif, qui peuvent fort bien s'appliquer à celui dont nous venons de nous occuper.

De l'alinéa.

Le mot alinéa est composé de la préposition latine à et de l'ablatif lineâ, comme si l'on disait incipe à Imeà, c'est-à-dire : commencez par une nouvelle Ligne. Voici la manière d'opérer : on laisse en blanc ce qui reste à remplir de la dernière ligne, et on en commence une nouvelle, de manière que le premier mot de cette nouvelle ligne s'ouvre par une majuscule, et rentre un peu en dedans , pour marquer la séparation ou la distinction des idées ou des matières nouvelles. C'est effectivement la séparation des idées ou le changement des matières qui doit régler la place et l'emploi des dinea : et lorsqu'ils sont bien

exécutés, ils contribuent beaucoup à la netteté du discours, parce qu'ils avertissent le lecteur de la séparation ou de la distinction des divers sens : on est plus disposé à entendre ce que l'on voit ainsi séparé ; et cette séparation d'ailleurs soulage l'attention , en lui offrant des repos de distance en distance.

Voilà à quoi se réduisent aujourd'hui les signes de la ponctuation.

Les anciens, soit Grecs, soit Latins, n'avaient que le point pour toutes ces différences, le plaçant seulement en diverses manières pour marquer la diversité des pauses. Pour annoncer la fin de la période et la distinction parfaite, ils posaient le point au haut du dernier mot : pour indiquer la médiation, ils le plaçaient au milieu ; et pour mar-. quer la respiration, ils le mettaient au bas et presque sous la dernière lettre; d'où vient qu'ils appelaient cela subdistinctio.

{Méthode grecque de Port-Royal^ livre?.)

Voyez, pour ce qui semblerait avoir été omis ici , les signes orthographiques [page 192), qu'il ne faut pas confondre avec ceux à\\&Ae ponctuation.

^^^^^^^i5ii3Jm««mi33tll«3Jl»tJÎ83J^ië^

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