‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 70 sur 279 · XX, XXX , XL, L , LX, LXX , LXXX , XG, G · texte numérisé non relu

XX, XXX , XL, L , LX, LXX , LXXX , XG, G

D , M , etc.

500, 1000, etc.

La valeur des lettres numérales réunies varie selon la place qu'elles occupent, puisque , comme on le voit dans celte table , le nombre de moindre valeur , placé avant un nombre plus fort , s'en retranche , et par conséquent en diminue d'autant la valeur; et quand le moindre nombre est placé après le plus fort, il y ajoute sa valeur. Par exemple : IV égale 5 moins I, c'est-à-dire, 4; et VI égale 5 plus I, c'est-à-dire G ; IX égale 10 moins I , c eslà-dire 9; et XI égale 10 plus 1, c'est-à-dire 11 ; XL égale 50 moins 10, c'est-à-dire 40 ; et LX égale 50 plus 10, c'est-à-dire 60 ; XG égale 100 moins 10, c'est-à-dire 90; et GX égale 100 plus 10, c'est-à-dire, 110.

Anciennement, il y avait quelque difiérence dans la figure. Pour exprimer 1000, on mettait deux C3, et au milieu un 1, en celte forme : GlO; pour 500, un I suivi d'un G retourné : l^.

Avant l'introduction des chiffres arabes, les Français représentaient aus;i les nombres par les mêmes lettres , et de la même manière que les Romains, avec cette seule différence, qu'au lieu de lettres capitales, nos ancêtres se servaient de lettres minuscules, qu'ils appelaient néanmoins chiffres romains ; et comme ils écrivaient six-vingts pour 120, sept-vingts pour 140, huit-vingts pour 160, quinze-vingts pour 500, ils écrivaient ri" au lieu de cxx\ rii" au lieu de cxl; viii^* au lieu de clx; XV" au lieu de ccc ; mais celte connaissance n'est nécessaire qu'à ceux qui auraient besoin de recourir à d'anciens registres ou comptes.

Nous terminerons ce que nous avons à dire sur cette matière par une eut ieuse remarque de Lemare sur les chiffres.

Il y en a de deux sortes , dit-il , les chiffres arabes et les chiffres romains.*

DE L'ORTHOGHAPUi:.

Les premiers ont dix élémenis : 1 , 2 , 5, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0. Nous ne savons pourquoi, ordinairement dans les imprimeries, il ne s'en trouve point avec l'œil de capitales ou de petites capitales , ce qui fait que ces chifires figurent assez mal dans les litres.

Les éléments des chiffres romains sont des lettres capitales : I, V , X , L , C , 1) , M , qui signilienti , 5, 10, 50, 100, 50O, 1000.

Cette dernière numération est si pénible, si embarrassée , si éloignée de la perfection de celle des Arabes , qui est devenue la nôtre, qu'il faut la laisser tout entière aux antiquaires, aux Trissotins déterreurs de médailles et faiseurs d'inscriptions.

Comment se peut-il faire que Pierre Didot, qui a réformé tant d'abus typographiques , se serve de chiffres romains , et de la manière la plus évidemment abusive? C'est ainsi qu'il numérote les Maximes de La Rochefoucauld :

On nest jamais si heureux ni si malheureux qu'on se f imagine.

// est impossible d'aimer une seconde fois ce qu'on a véritablement cessé d'aimer.

CCCCXLIX.

La plupart des amis dégoûtent de l'amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion.

ccccxcvin.

L'envie d'être plaint , etc.

Nous avons pris notre temps, et nous avons calculé que ces chiffres en lettres signifient 49, 294,440, 498.

A moins de refondre toute cette édition, nous ne voyons de remède à un mal aussi grave que d'ajouter un barème qui nous évalue les 537 chiffres des Maximes ; car , en conscience , Didot ne peut obliger le public à faire sans^esse des additions et des soustractions qui occuperaient six fois plus de temps que la lecture de l'ouvrage. Encore faudrait-il que chacun fût susceptible de les faire. ( Cours théorique et pratique de langue française , page 310 , édition de 1807.)

DES SKiIVES ORTHOGRAPHIQUES.

Il ne suffit pas d'écrire chaque mot avec les caractères qui lui conviennent pour croire que l'on sait l'orthographe ; il faut connaître les signes particuliers qui doivent accompagner ces caractères ; et ils sont en grand nombre. Dans presque toutes les langues on emploie des signes orthographiques. Ces signes sont, pour ainsi dire, comme autant de I

lettres qui pourraient être ajoutées à l'alphabet , puisque quelques-uns de ces signes, comme les accents et la cédille, changent le son de la lettre siu* laquelle ou sous laquelle ils se trouvent placés.

Ce que nous nommons signes orthographiques , le savant Maugard les appelle caractères prosodie ques , parce que, dit-il, ils indiquent en effet des choses qui appartiennent à l'objet de la prosodie; les autres peuvent, du moins par extension , être appelés de même, parce qu'ils servent à diriger la prononciation des mots écrits, quoique ce soit à d'autres égards que ceux qu'envisage la prosodie.

Il y a : i" des caractères prosodiques d'expression ou de simple prononciation ; 2° des caractères prosodiques d'accent; 3° des caractères prosodiques de quantité. ,

Les caractères de simple prononciation sont : la cédille, l'apostrophe, le trait-d'union et le tréma.

DE LA CEDILLE.

La cédille est une espèce de petit c retourné f|ue l'on met sous le c , lorsque, par la raison de l'élymologie, on conserve le c devant un a, un o ou un u , et que cependant le c ne doit point prendre la prononciation gutturale qu'il a coutume d'avoir devant les trois lettres : a, o, u. Ainsi, de glace, glacer, on écrit glaçant, glaçon; de menacer , mejiaçant; de France, français; de recevoir, reçu, eic. Dans ces occasions la cédille marque que le c doit avoir la même prononciation douce qu'il a dans le mot primitif. Cette pratique est bonne , dit Boinvilliers , parce que le dérivé ne perd pas la lelire caractéristique, et qu'il conserve, au contraire, la marque de son origine. Façade et glaçon , par exemple , venant de /"ace et déglace, il est naturel de les écrire avec un c plutôt qu'avec un *. Français vient de France ; nous effaçons , ta reçus , il prononça, viennent de effacer, recevoir, prononcer. Dans ces trois derniers mots , la cédille remplace un e muet qu'on a supprimé, car on écrivait autrefois nous effaceons, tu receus, il prononcea, comme on écrit encore gageure, il mangea, etc., afin d'adoucir le son du g dans ces mots.

Nous pensons inutile d'avertir, avec ce Grammairien, que c'est une faute de mettre une cédille sous le c qui précède la voyelle e ou i, puisque le c ne peut avoir le son dur que devant a,o , u.

Du Marsais croit que ce terme cédille vient de l'espagnol cedilla, qui signifie petit c; car les Espagnols ont aussi , comme nous , le c sans cédille , lequel dans ce cas a un son dur devant a, o, u; et {juand ils veulent donner le son doux au cqui précède l'une de ces trois lettres , ils y souscrivent la cédille. C'est ce qu'ils appellent C cou cedilla, c'est-à-dire, C aveccédHle .

GRAMMAIRE FRANÇAISE

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