‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 74 sur 279 · DES ACCENTS · texte numérisé non relu

DES ACCENTS

Il fautbien se garder de confondre ce que nous allons dire sur les accents imprimés , avec ce que nous avons dit page 71 , en traitant de l'accent vocal des personnes ou des provinces.

L'accent grammatical , et c'est de celui-là qu'il va être question, est une petite marque qui se met sur une syllabe, sur une voyelle, soit pour indiquer l'élévation, l'abaissement ou le prolongement de la voix sur certaines syllabes , soit pour faire connaître la prononciation ou l'orlho-

graphe de la syllabe ou de la voyelle sur laquelle il est posé, soit enfin pour distinguer le sens d'un mot d'avec celui d'un autre motqui s'écrit demême.

N'oublions pas qu'il n'est question maintenant de rien de prosodique , mais simplement des trois signes dont on surmonte les lettres dans l'écriture pour indiquer chacune des trois variations du ton ; ces signes sont : l'accent aigu, qui se marque de droite à gauche, ainsi : ('), l'accent grave, qui se note de gauche à droite, ainsi: ('), et l'accent circonflexe, qui se forme par la réunion des deux précédents , ainsi : (*).

Quelques Grammairiens ont voulu adopter le tréma comme une quatrième sorte d'accent ; c'est un tort : s'ils avaient réfléchi, ils auraient reconnu que le tréma ne modifie en aucune manière le son de la lettre qu'il surmonte : pour qu'il y ait accent, il faut que le signe orthographique soit susceptible de changer le son d'une voyelle. Il est vrai que \ accent grave ne produit pas toujours cet effet; par exemple , il ne modifie nullement le son a dans o , préposition , mais il donne un son différent à \e, lorsque cet e doit être prononcé ouvert, comme dans -père; tandis que le tréma ne diversifiant jamais la modulation de la lettre au-dessus de laquelle il est placé, n'est jamais qu'orthographique.

Voici l'usage que nous faisons des accents orthographiques :

Par un effet de ce concours de circonstances , qui forment insensiblement une langue nouvelle , nos pères nous ont transmis trois sons différents qu'ils écrivaient par la même lettre e. Ces trois sons , qui n'ont qu'un même signe ou caractère , sont ; 1° Ye ouvert, comme dans fer, Jupiter , la mer, l'enfer, etc.; 2* l'e fermé, comme dans bonté, charité, etc.; o° l'e muet, comme dans les monosyllabes me, te, se, le, ne, de, et dans la dernière syllabe de donne, ame, vie, etc. Voilà trois sons différents qui se trouvent dans ce seul mot : fermeté; l'e est ouvert dans la première syllabe fer, il est muet dans la seconde me, et il est fermé dans la troisième té. Ces trois sortes d'ese rencontrent encore dans d'autres mots écrits d'une manière différente, comme ne«eté, évêque-, sévère, repêché, etc. Il y a encore un quatrième son bien distinct de ceux-ci, c'est celui de l'e moyen.

Nous avons déjà dit ailleurs qu'on n'admettait qu'un e muet, mais qu'il y en a cependant deux fort caractérisés; car le son de l'e dans me, te, se, etc. , est plus appuyé que celui qu'il a dans donne, ame, vie. Souvent cette différence dé son se rencontre dans le même mot, comme dans rebelle, repartie, redoute , etc. , où le premier e et le dernier n'ont pas tout à fait le même son. On n'a point inventé de signe pour marquer cette différence, on a eu lort : ce u'est que par l'usage qu'on peut l'appren-

GRAMMAIUE FRANÇAISE.

dre; ce qui n'est pas une petite difficulté, surtout pour un étranger.

Les ancrens n'ont pas négligé comme nous ces nuances délicates. Elles ont occupé les plus grands hommes de la fameuse Rome , parce qu'elles sont le fondement de l'art oratoire, qui conduisait aux grandes places de la république. Gicéron, qui d'orateur devint consul, compare ces exactitudes , qu(; nous avons trop regardées comme des minuties, aux racines desarbres .'«Elles nenousoffrentjdit-n, » rien d'agréable ; mais c'est de là que viennent ces » hautes branches et ce vert feuillage, qui font l'or- » nement de nos campagnes : et pourquoi méprise i » les racines , puisque , sans le suc qu'elles prét parent et qu'elles distribuent, vous ne sauriez > avoir ni les branches ni le feuillage ? >

Il y a bien de l'apparence que ce n'est qu'insensiblement que l'e a eu les différents sons dont nous venons de parler. D'abord on conserva le caractère qu'on trouva établi, et dont la valeur ne s'éloignait jamais que fort peu de la première institution.

Mais lorsque chacun de ces divers sons de l'e est devenu une voix particulière de la langue , on aurait dû donner à chacun un signe propre dans l'écriture. Pour suppléer à ce défaut, on s'est avisé de se servir des accents vers le milieu du XV' siècle, lorsqu'on cessa de faire usage des caractères gothiques; et l'on a cru que ce secours était suffisant pour distinguer dans l'écriture ces trois sortes d'e, qui sont si bien marqués dans la prononciation.

Cette pratique ne s'est introduite que lentement et n'a pas été d'abord suivie avec bien de l'exactitude : mais aujourd'hui les imprimeurs et les écrivains sont exacts sur cet article ; et de même que le point est essentiel à l'i, il semble que l'accent soit devenu, à plus juste titre , une partie essentielle de l'e fermé et de l'e ouvert , puisqu'il les caractérise.

1° On se sert de l'accent aigu pour marquer le son de l'e fermé : bonté , charité, aimé.

2° On emploie l'accent grave sur l'e ouvert: accès , procès , succès.

Les e fermés, les e moyens, et les e fort ouverts ne prennent d'accent que lorsqu'ils terminent la syllabe : dé-cé-dé, pè-re, fe-né-tre ; il s'ensuit qu'il ne faut pas mettre d^ accent sur e dans les mots exiger , Alexandre , terre, succession, etc.

La lettre s , à la fin d'un mot , n'empêche pas qu'on ne donne à ce mot le son qui lui est propre : bontés , succès , etc.

Quand l'e est fort ouvert on se sert de l'accent circonflexe: bête, tête, tempête, même, etc. Ces mots qui sont aujourd'hui ainsi accentués , furent d'abord écrits avec un s, besie ; on prononçait alors ce s, comme on le fait encore dans nos provinces méridionales , oii l'on dit bècete, tèce(e,etc. Insensiblement on retrancha s dans la prononciation , et on le I laissa dans l'écriture, parce que les yeux y étaient

DE LOMHOGRAPHE.

accoutumés : au lieu de ce s, on fît la syllabe longue , et l'on marqua cette longueur par l'accent circonflexe. Cet accent, selon d» Marsais, n'indique que la longueur de la voyelle , et nullement la suppression de Y s. Pourquoi donc ne met-on t accent circonflexe qu'aux mots où il y a une lettre retranchée?

On emploie aussi cet accent sur le vôtre, le nôtre, apôtre, bientôt.

L'accent circonflexe se place sur du participe du verbe devoir, pour le distinguer, dit Lévizac , de du article. Que n'a-t-on également imaginé un signe pour distinguer la pronom, de /a article? On met l'accent sur dû, participe, non-seulement parce qu'il est long , mais encore parce qu'il y a deux lettres retranchées: on écrivait anciennement deub; on retrancha d'abord \e b, puis longtemps après l'e.

Mettez donc L'accent Qu'on écrivait circonflexe sur : autrefois :

On mettait autrefois V accent circonflexe sur vu, attendu, pourvu, part. pas. de voir, attendre, pourvoir, pour les distinguer de vu que, attendu que, pourvu que (locut. conj.); on le met encore sur (û, part. pas. de taire, pour le différencier du pron. tu.

On pose l'accent grave sur à préposition , et l'on ne met point d'accent sur a verbe. On écrit là, adverbe; il est là; et /a, pr. etart. : /a raison. Où adverbe, prend l'accent grave: où est-il? cet où vient de Yubi des Latins , que l'on prononçait oubi ; et l'on ne s'en sert pas sur ou conjonction : vous ou moi; Pierre ou Paul ; cet ou vient de aut que l'on prononçait aou^ d'un seul coup de langue, comme le prononcent encore les Allemands, les Espagnols, les Italiens , etc.

Dans l'orthographe des mots, on ne met plus l'accent circonflexe que sur les voyelles des syllabes où il y a suppression de lettres.

A cause de :

Aage,

Ane,

Asne,

Apôtre,

Apostre,

Bâiller,

Baailler,

Bêler,

Beeler,

Brûler,

Brusler^

Cloître,

Cloistre,

Cône,

Cosne,

Côte,

Coste,

Dû,

Deu,

Épître,

Épistre,

Être,

Estre,

Extrême,

Extresme,

Fenêtre,

Fenestre,

Fête,

Feste,

Flûte,

Fluste,

Gîte,

Giste,

Goût,

Goust,

Grêle,

Grès le.

Hôpital,

Hospital,

Hôte,

Hosle,

Idolâtre,

Idolastre,

Intérêt,

Jntérest,

Jeûne, abstinence

, Jeusne,

Lâche,

Lasche,

Maître,

Maistre,

Mât,

Mast,

Mêler,

Mesler,

Même,

Mesme,

Meunier,

Meusnier,

Mûr,

Meur,

Naître,

Naistre,

Nôtre (le).

Nostre,

Paraître,

Paraistre,

Pêcher,

Pescher,

Plupart,

Pluspart,

Prêtre,

Preslre,

Prône,

Prosne,

jEias. On a même dit aige avant aage.

Asinus.

Aposlolus.

Badare, dont les Italiens ont tait badigliare.

Balare. On a dit beeler, par imitation sans doute.

Perustutare, bas lat.

Claustrum.

Conus, pris du grec xwvoç.

Costa.

— Voir ce que nous disons snrdû, participe du verbe devoir, un peu plus haut. Debitus.

Epistola,

Esse ou stare.

Exiremus. On a peut-être dit dans le temps exterrimus pour superlatif d'exterus; comme nous trouvons superritnus, d'où supremus a été contracté.

Fenestra.

Festum.

Fistula.

Gésir ou gîr, Dejaceo.

Gustus.

Graulis, ou de grisil, vieux mot celtique qui signifiait la même chose,suivant Trévoux.

Hospitium.

Hospes.

Idolâtra. Formé du grec etiJw^o^aTpç.

Esse inter, mots latins qui signifient prendre part.

Jejunium.

Laxus.

Magister.

Corruption de malus,

Misculare.

Medesimo, mot italien qui a la même signification. (Ménage.)

Molinariu^.

Maturus.

Nascere.

Noster.

Apparere. Peut-être a-t-on dit dans le temps apparescere, et même parescere.

Piscari.

Plurima pars . U Académie ne met pas l'accent circonflexe.

Presbyler.

Prœconium. Formé de prœcinere, sonner de la irompoltc.

Kâle,

B.aale,

Rêve,

ïiesve.

Revêche,

Revesche,

Rôle,

Roole,

Suprême,

Supresme,

Sûr, certain,

Seur,

Tempête.

Tempes te.

Tête,

Teste,

Théâtre (1),

Theastre,

Tôt,

Tost,

Traîner,

Traisner,

Vôtre (le),

Vostre,

Yoùie, etc.

Vouste, elc.

GRAMMAIRE FRAJNÇAISE.

Mot formé par onomatopée.

P^lJ-oY] I lyj^^^ grecs qui ont le même sens.

priyruOYiç j "

Roiuhis, rouleau.

Siipen'imus, d'où supremus est contracté.

Securus.

Tempestas.

Testa , employé par les anciens pour signifier crâne^ ,

Theatrum, fait du grec Bsx'yOy.L, regarder.

Tosto, en italien. (Ménage.)

Trahere.

V ester.

Voluiïo, voluta ou volta, mois employés avec la même acception dans la basse latinité, et dérivant tous de volvere, tourner, rouler, à cause de la forme de la voûte. (Do Gajvge. )

Quant aux mots en ême ou ème, car on se servait autrefois de deux accents pour rendre le son ouvert et grave, l'Académie paraît n'avoir réservé ême que pour ceux où il y a suppression de lettre ; tous les autres sont terminés en ème, lors même qu'il y a un vjra en grec ; ainsi écrivez anatkème d'ava0»)fx«, et non pas anathême; blasphème, de /3AaTy/;pf.a, et non blasphème; problème, et non problême; emblème, et non emblème, etc., etc. li eût été à souhaiter qu'il y eût une réforme entière, et qu'on écrivît tous ces mots, qui ont absolument le même son , avec la même orthographe ,- et nous aurions préféré ême à ème, ce dernier ne rappelant ni {'accentuation des Grecs, ni la suppression des lettres : il n'en a pas été ainsi.

Nous avons fait justice ailleurs des mots terminés abusivement en ége.

Posons encore quelques principes généraux d'orthographe.

L'e de la syllabe de, au commencement d'un mot , est presque toujours fermé ; et la règle que l'on peut suivre en toute sûreté pour la prononciation de cette syllabe est celle-ci : quand elle donne au mot à la tête duquel elle se trouve une signification privative ou contraire à celle qu'il aurait , si elle en était ôlée, l'e y est toujours fermé.

Cette règle est sans aucune exception. Désarmer signifie le contraire d'armer ; désapprendre, le contraire d'apprendre; défaire, débrider, décharger, déshonorer, etc., le contraire de faire, brider, charger, honorer, etc.

11 n'en est pas de même des mots degré, demeure, depuis, et quelques autres où le de se prononce avec l'e muet, parce qu'il n'y a dans ces mots aucune signification privative ou de contrariété à l'égard d'un autre mot.

Il ne s'ensuit pourtant pas que tous les mots où le dé se prononce fermé marquent cette privation

(0 Ceraot, ditGiranU-DuviTier, devrait s'écrire sans acceot, puisque d'uilleurs il Tient évidemment de theatrum; mais ici tous les lexicographes, et l'usage généralement adopté, en ont décidé autremeut. (OoiuaGU£, p. 206 de ses iSoJut. gramm.)

ou contrariété," mais il est toujours sûr que toutes les fois que le dé la marque, il doit être fermé.

On peut encore donner une règle générale à l'égard de la syllabe re; c'est que l'e y est ordinairement muet quand elle est la première d'un mot qui signifie réitération ou redoublement d'action, comme dans redire, refaire, recommencer, représenter, etc.

C'est pour cela que Ve de la syllabe re est muet, quoique suivi de deux ss, dans les mots ressemblance, ressemblant, ressembler, ressentiment, ressentir, resserrement, resserrer, ressort, ressortir, ressource, ressouvenance, ressouvenir, ressuer ; excepté ressusciter, où l'e de la syllabe re est fermé.

Il y a pourtant deux occasions où la syllabe re, quoique préposition réduplicative, se prononce avec Yé fermé et accentué.

1° Quand elle est ajoutée à un mot qui commence par un e fermé, ou par une autre voyelle, comme on le voit dans les mots suivants : échauffer, réchauffer; écrier, récrier; écrire, récrire; édifier, réédifier; équiper, r équiper; échafauder, réchafauder; échapper, réchapper; élargir, rélargir; émoudre, rémoudre ; essuyer, ressuyer ; établir, rétablir ; étendre, retendre; étudier, r étudier; aggraver, réaggraver ; assigner, réassigner ; habituer, réhabi' tuer; intégration, réintégration; unir, réunir. On prononce re avec l'e muet dans rehausser, formé de hausser, parce que /^y est aspiré, et par conséquent considéré comme consonne.

2° Quand la préposition re marque réduplication, sans qu'on puisse dire qu'elle soit ajoutée à un mot, c'est-à-dire quand le mot réduplicatif dans lequel elle se trouve ne serait pas un mot français, ou aurait une signification toute différente si on l'en séparait. Ainsi on dit récidive et récidiver avec Yé fermé,parce que cidive et cidiver ne sont pas des mots français. 11 en est de même des suivants : récoler et récolement; récriminer ei récrimination; réduplicatif et réduplication ; régénérer e\. régénération; réhabiliter ei réhabilitation; réitérer et réitération; réparer et réparation ; répercuter et répercusiwn; répéter, répétilewr et répétition; résipis'

DE

cence; résumer; rlsurrection et réverbération, etc.

Il faut en excepter réformer et les mots qui en sont composés, où l'e de la syllabe re est fermé, quoiqu'on dise dans le même sens former.

II y a encore à l'égard de la syllabe re une bizarrerie que l'usage a introduite contre toute règle. On la prononce avec l'é fermé dans réception, quoique ce mot soit dérivé de recevoir, où Ve est muet. De même l'e est fermé dans réfugier, et il est muet dans refuge. 11 est fermé dans rélégation, et muet dans reléguer. On dit rémission, quoiqu'on dise remettre; rétention, quoiqu'on dis>e retenir ; iiTéligion et irréligieux, quoiqu'on dise re/i^ion et religieux, etc.

Cet essai d'observations sur les seules syllabes de et re fait encore voir qu'il n'est guère possible de donner des règles sûres, générales et uniformes, pour la position de Y accent aigu sur les e, sans entrer dans un détail considérable d'exceptions et d'irrégularités qui nous mènerait au-delà des bornes que nous nous sommes prescrites. Ces recherches ne peuvent entrer que dans un traité particulier de prononciation.

Beaucoup de personnes croient que l'accent circonflexe est mis absolument pour marquer quelque lettre supprimée, et qu'on ne l'emploie, par exemple,dans honnête, que parce qu'on écrivait autrefois/wnneste; et, d'après ce principe, ils écrivent encore, avec l'accent circonflexe, aperçu, connu, vu, pu, etc., par la seule raison que dans l'ancienne orthographe on écrivait aperceu, conneu, veu, peu, etc.

Il est vrai que dans honnête, et dans plusieurs autres mois, l'accent circonflexe est mis à la place de s, mais c'est seulement dans les syllabes longues , où la lettre s ne servait qu'à étendre le son de la voyelle. A l'égard des autres mots dont la nouvelle orthographe a retranché quelques lettres, il nous paraît presque inutile de les remplacer par Yaccent circonflexe; c'est éviter une inutilité par une autre. D'ailleurs est-il bien important de se ressouvenir, par une marque particulière, des lettres que l'on a supprimées dans plusieurs mots? Nous pensons néanmoins qu'il est à propos de conserver cet accent dans les mots pour lesquels il pourrait y avoir équivoque, comme dans dû, participe du verbe devoir, pour le distinguer de du, article ; dans crû, participe du verbe croître, pour le distinguer de cru, participe du verbe croire; dans sur, adjectif, pour le distinguer de sur, préposition, etc. Du resîe, son emploi doit toujours être de marquer les voyelles ou les syllabes longues.

Il n'est pas possible de donner une règle générale et infaillible qui détermine quelles sont les syllabes longues où il faut mettre l'acwnt circonflexe. Nous allons cependant essayer d'en donner quelque idée.

L'ORTHOGRAPHE. iOI

Syllabes finales.

Ât, appât; ait, il plaît, il paraît; et, aquêt; ît, gît; ôt, impôt; o\t, il croU, venant de croître; oût, goût; ût, affût.

Toutes les syllabes qui terminent les troisièmes personnes singulières de l'imparfait du subjonctif des verbes : qu'il aimât, qu'il rendît, qu'il reçût, qu'il retînt, etc.

Pénultièmes syllabes.

Âche, relâche; aîte, faîte, sommet; aître, maître, paraître; aie, pâle; àne,âneet crâne; âpre, câpre ; aie, pâte ; àlre, plâtre; éche, bêche; éle, grêle, excepté dans zèle; êne, chêne; êpe, guêpe; éle, tempête; être, salpêtre; îte, gîte; oîlre, croître; è\c,contrôle; ôme, dans les seuls mots rfdme et fantôme; ône, aumône; ôte, côte; ôtre, apôtre ;oûte, croûte, excepté dans absoute; ûte, chute.

Toutes les pénultièmes syllabes des premières et secondes personnes du pluriel du prétérit défini des verbes: nous aimâmes, vous aimâtes ; nous rendîmes, vous rendîtes; nous reçûmes, vous reçûtes; nous retînmes, vous retîntes.

Les mots qui ont les terminaisons précédentes , et dont les syllabes finales ou pénultièmes sont longues, y prennent Yaccent circonflexe, et cet accent est conservé dans ceux qui en sont formés ou qui y ont quelque rapport : bât, bâter; arrêt, arrêter; lâche, lâcheté; tête, entêter, entêtement, etc.

Il y a plusieurs mots qui ne peuvent se ranger sous des terminaisons communes, et qui s'écrivent avec le même accent , aussi bien que leurs composés ou dérivés.

Ce sont : accoutrer, aîné, bâfrer, bâiller, bâtard, bâter, bâtir, bâton, bêler, bélître, blâme, brûler, bûche, chaîne, châsse de reliques, châtaigne, château, châtier, clôture, côte, coûter, dîme, dîner, embûche, empêcher, empêtrer, enchevêtrer, endêvé, engrêler, épître, évêché, évêque, fâcher, fâcheux, fêler, fraîcheur, frôler, fêté, gâcheux, gâteau, gâter, gêner, grêle , Itôtel j hôpital, huître, jeûne, abstinence, mâcher, mater, mâtin, chien, mêler, mûr, en maturité , mûrir, ôler, pâleur , pâmer, pâque, pâtis, pâture, pétrir, poêle, prêter, puîné, râteau, reître, rêve, tâter, traîner , vêler, vêpres, vêtir, etc.

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