‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 114 sur 139 · II. Sont considérés comme communs · texte numérisé non relu

II. Sont considérés comme communs

V Les noms donnés aux souverains et ceux des titres de noblesse:

autocrate, calife, comte, consul, c&ar, duc, empereur, éphore, marquis, pha^ raon, roi.

2® Les noms des diverses religions :

christianisme, catholicisme, islamisme, mahométisrr^e, judaïsme, paganisme.

3® Les noms donnés aux prêtres de diverses religions :

aruspice, augure, druide, flamine, hiérophante, mue%ùn, pontife, pythonisse nabab.

(1) Nous suivons ici le remarquable Traité de V emploi des lettres majuscules et minuscules dans l'écriture et l'impression, ouvrage de M. Tassis, correcteup à rimprimerie de MM. Firmin Didot.

DE l'emploi des MAJUSCULES. 311

4" Les noms des religieux et des membres des ordres monastiques :

bénédictin^ carme, chartreux, dominicain, feuillant, trappiste.

5® Les noms des sectaires et des partisans des doctrines religieuses, philosophiques ou politiques :

anabaptiste, calviniste; catholique, janséniste, légitimiste, républicain, sociarliste, péripatéticien, puritain, voltairien,

6® Les nymphes ou divinités des mers et des bois :

Une dryade, un faune, une naïade, un satyre, une sirène, un sylphe, un Sylvain, un triton,

T Fêtes païennes :

Lei ambarvalesy les bacchanales, les compilâtes, les dionysies, les lupercales, les saturnales.

in. Les noms des titres d'ouvrage, employés dans un sens général et indéterminé, ne sont que des dénominations communes et doivent s'écrire avec une minuscule :

Un almanach, un antiphonaire, une biographie, un bréviaire, un commentaire, un dictionnaire, une encyclopédie, un glossaire, une grammaire, un manuel, un mémoire, un paroissien, un psautier, une revue.

IV. Mais ils s'écrivent toujours avec la majuscule lorsqu'ils sont accompagnés du nom d'auteur ou d'éditeur :

La Biographie de Michaud, les Commentaires de César, le Dictionnaire de VAca^ demie, les Essais de Montaigne, Manuel Roret, les Mémoires de Saint-Simon.

Cependant on écrit sans majuscule :

// vous récitera toutes les fables de la Fontaine; Il connaît à fond tous lesaphorismes d'Hippoaate ;

parce que dans ces phrases les mots fables et aphorismes sont employés, non comme des titres d'ouvrage, mais comme de simples noms communs.

V. Il faut écrire avec une majuscule le nom de chacun des personnages consignés dans le titre d'une fable, d une comédie, etc. :

Le Chêne et le Roseau ; la Génisse, la Chèvre et la Brebis ; le Flatteur et VEnr vieux; le Maitre et le Valet.

312^ GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORiaUE-

VI. On écrit de même avec ime majuscule le nom de chacun des ouvrages qui sont mentionnés dans un titre :

Le Complément de l'Encyclopédie moderne^ la Critique de l'Ecole de$ femmes. Défense du Génie du christianisme, Observations sur l'Esprit des lois.

Dans les titres qui suivent on n'emploie qu'une majuscule, parce que dans chaque intitulé il n'est question que d'un seul ouvrage :

Considérations sur l'histoire de France; Discours sur l'histoire universelle.

VU. Les noms donnés aux rues, aux places, aux quais, aux boulevards, etc., s'écrivent toujours avec une majuscule :

Rue de Rivoli, allée de l'Observatoire , avenue des Champs-Elysées , barrière de l'Etoile , cour des Fontaines , chaussée du Maine , esplanade des Invalides , faubourg Poissonnière , passage des Panoramas , place de l'Estrapade , quai de l'Horloge.

VÏII. On écrit avec une minuscule le nom commun qui, dans une périphrase, est figurément employé pour un nom propre :

L'aigle de Meaux, pour dire Bossuet.

L'aigle de Paihmos, — saint Jean.

Le chantre de Vaucluse, — Pétrarque. La déesse des moissons, — Cérès. Le dieu des mers, — Neptune.

L'ange des ténèbres, — le diable.

IX. Cependant, lorsque le nom commun est employé comme surnom et qu'on l'applique à un homme célèbre, il s'écrit toujours avec la majuscule :

L'Apôtre des nations, pour dire saint Paul.

L'Ange de l'école, — saint Thomas d'Aquin.

Le Docteur de la grâce, — saint Augustin.

L'Oint du Seigneur, — Jésus-Christ.

L'Orateur romain, — Cicéron.

Le Sage, — Salomon.

X. Quelques noms propres d'homme, de peuple, rappellent une idée tellement significative qu'ils ont fini, par suite du fréquent usage qu'on en a fait, par être considérés comme de véritables noms communs :

Un allobroge. Un arabe. Un mentor. Un tartufe.

Un amphitryon. Une mégère. Un nicodème.

XI. C'est par analogie qu'on emploie conrnie noms communs et qu'on écrit sans majuscule les noms propres d'homme appliqués à des êtres inanimés :

Un barème. Un dédale. Un mithridate. Unphaéton.

Un calepin. Un hermès.

BE L'^tfPLOI BES MAJUSCULES. 313

XII. On écrit avec la majuscule le nom d'un auteur lorsqu'il est «Bl^yé pour désigner Tensemble de ses œuvres:

Quel beau Molière. Voilà le premier Homère imprimé.

Xni. Les dénominations diverses données à une certaine étendue de pays sous la domination d'un souverain ou l'administration d'un prince, d'un magistrat, etc., comme empire^ nyyawne^ duché ^ etc.^ s'écrivent avec la minuscule :

empire français, comtat Venaismn, république romaine*

marquisat de Saluces, diocèse de Reims. régence de Tunis,

principauté d'Orange, électorat de Hesse. royaume de Prusse,

XIV. Un nom commun doit être considéré comme nom propre lorsqu'il sert de dénomination particulière à un monument auquel il est appliqué :

L'Abbaye, nom propre d'une église paroiaaiale de Paris.

L'Acropole, nom propre d*un quartier d'Athènes.

L'Arsenal, bibliothèque de Parie.

La Bastille, ancienne prison d'État.

Le Châtelet, ancien tribunal de Paria.

Le Cirque, théâtre de Paris.

Le Gymnase, théâtre de Paris.

La Tour de Londres, caserne, prison d'État à Londres.

XV. Lorsque deux substantifs figurent dans une dénomination propre, et que le second n'est que le complément déterminatif du premier, celui-ci prend seul la majuscule :

L'Académie des sciences. V ordre de l'Aigle de fer.

Le Conservatoire de musique. L'ordre de la Légion d'honneur.

Le Conservatoire des arts et métiers. L'ordre de la Totson d'or. L'Ecole des chartes.

Cette règle s'applique également aux titves d'ouvrages :

Bulletin des lois. Essai sur les mœurs.

Cours d'astronomie: Génie du christianisme.

Le Devin du village. Pluralité des mondes.

Dialogues des morts. Traité des études.

Esprit des lois.

XVL Cependant, lorsqu'une dénomination quelconque est exprimée par deux mots, le second s'écrit avec la majuscule, lorsque ce mot caractérise, soit historiquement, soit figurément ou par analogie la dénomination :

La barrière du Tr&ne. Vhôtel des Ambassadeurs.

Le eap des Tempêtes. L'île de la Réunion.

La cour des Miracles. Les montagnes de la Lune.

La fontaine des Innocents. La place de VEsirapade.

XVII. Mais lorsqu'une dénomination quelconque, exprimée par deux mots, est une dénomination générale, ni l'un ni l'autre ne prennent de majuscule :

L'administration des postes. L'hôtel de ville.

L'administration des monnaies. Le marché aux fleurs.

Le comptoir d'escompte. Le ministère de l'intérieur.

La caisse d'épargne. Le ministère des finances.

L'église de l'abbaye (du monastère). Le palais de justice,

La halle aux blés, La régie des tabacs,

XVIII. Lorsque le second mot d'une dénomination est une abstraction personnifiée, il s'écrit toujours avec la majuscule :

Le temple de la Paix.

Le temple de l'Honneur et de la Vertu, près de Rome.

XIX. Lorsqu'une dénomination (propre ou conmiune), exprimée par deux mots, se présente sous forme elliptique, on doit écrire le second mot avec la majuscule si, à cause de l'ellipse, cette dénomination offre une équivoque ou un non-sens :

/ aux Arts et métiers.

Il est allé \ à l'Instruction publique. \ àla Monnaie.

Dans les exemples ci-dessus, c'est à cause de l'ellipse qu'on a écrit avec majuscule les mots Arts^ Instruction^ Monnaie, ils sont mis là pour : le Conservatoire des arts et métiers , le ministère de l'instruction publiqtte^ l'administration des monnaies,

XX. Mais on écrit toujours avec la minuscule, qu'il y ait ellipse ou non, le substantif qui ne peut donner lieu à aucune amphibologie :

Îdes domaines, des douanes, des postes.

Ou bien,

t aux domaines.

Il est allé \ aux douanes.

^ à la poste,

XXI. Lorsqu'on donne à un produit, à un objet de fabrication quelconque le nom de la ville où il a été fabriqué, ou celui de la localité d'où il est extrait, exporté, ce nom doit toujours être considéré comme un nom commun, et il s'écrit avec minuscule :

Un mètre d'angleterre. Fumer du maryland.

Une statue en carrare, ^Une robe de florence.

Un bel angora. Vne robe de madras.

Une bouteille de cognac

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