‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 126 sur 139 · GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET BISTORIQUE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET BISTORIQUE

bonne part; les philosophes dignes de ce nom sont ceux qui persevèrent dans la recherche de la vérité ; persister peut se prendre en très-mauvaise comme en très-bonne part, suivant Tobjet. Les esprits grossiers persistent dans les préjugés les plus absurdes; la crainte des supplices n'empêchait pas les premiers chrétiens de persister dans Taffirmation de leur foi.

Pieds (Alix), pied (au).

Aux pieds de se dit au pr<^re et en partent des personnes :

Oui, voici les gradins où ce vil parlement

Aux pieds d'un Olivier va ti^alner son serment (V. Hugi».]

An pied de se dit au figuré et en parlant des choses :

Après l'éloge de Clémence Isaure, éloge inépuisable, pnmonié tous hs ans au tisfi de sa statue^ viefU la diêtribuêMm des prix. (MarsioBteL)

On célébrait alors, au pied des saints autel»,

Cette nuit chaste et forttmée Qui vit naitre TenfaBl, délices d'israôl. (A> Semnet.}

Aucun bruit r

Mon œil au pied des murs plonge eu vain dans la nuit.

(G. Delavignc.)

Dans ce cas, il signifie proprement A la partie la plus basse ; c'était donc au pied qu'il feUait écrire dans les vers suivants :

Dans sa cabane confiné.

Le berger, aux pieds des montagnes,

Célèbre le mois fortuné

Qui vient embellir les campagnes. ( Bemis.)

Plaindre (Se).

Se plaindre que^ oadece que^ avec Vindicatif, s'eiAfdoie quand lu plainte est fondée, et qu^on veut donner à sa pensée un sens positif:

Il SE PLAINT DE cB Qu*ow le colomnie. (Académie.)

Combien de fois ne s'est-on pas plaint que les affaires n'AVAiEWT ni règle ni /î»?(Bossuet.)

Les gens de mer se plaignent que j'ai favorisé les gent de la campagne.

(MarmonteL)

Se plaindre que ^ suivi du subjonctif, exprime une sorte de doute sur l'objet de la plainte qu'on articule :

H SE PiJkiNT Qu'on i'AiT CALOMNIÉ. (Acftdémie.)

Vous-même, Monsieur, vous pouvez vocs plauidue qu'o» ne vous An pas Rinor ;ttô^ice.(Boileau,)

On tr0iiT« beaaeeop de eonsliniciîofiis daii8 lesifii^es fes ^ri^ vwns n'ont pas Umk cxmp^ deeeMrdteiiaetioi» de sem.

Plaire.

Ce qui plaît signifk €e qui est agféabte, ceifnî est conforme mnt goûts, aux penchants:

L'étude des historiens, voilà ce oci m plaIt par-dessus tout, .

Ce qu'il picdt simplifie Ce qu'on veut, ee qm esÉ t(mtonct^ aux désirs :

fl rfen sera que et QO*a vois plaira. (Académie.)

Cette derniève exptessk»! a tou^ows poor eompiésnenit, s^t un iaikûtif es^mné, soit une pr^poskioa sou&^»a(t«Bdiie.

Plier, jé>yer.

PUer s'eoifiline te {^«9 souvent en psa^Iant des objets qui n'opposent aucune résistance :

Puer un mouchoir, une RrWeKê, dli itnQe»

Il s'emploie aussi figurément :

Elle le PLIA avec douceur sous le joug de l'autorité maternelle. (Fléchier.) Faite» »mitmtmt que le^ hommes i^emféitenipai Mr etua^ quioèdetUpar mO' destie, et ne brisent pas ceux qui puent. (La Brujèie.^

Son esprit o{^ueilleux qui n'a jamais plié

Conserve encor poiv^ mr» 1» même iannitié. (Yéhaire.]

Placer se dît des corps peu flexibles :

P&otBA une eanme, um hrauehe d^arhrê, (Académie.}

Que tout PLOIE et que tout toit 90upU quÊOtâ Dkm fsenimenêe. (Bossaet.)

Au figuré, la même distinction n'^est pas observée; vamplùifer est d'un usage plus fréquent dans le style noble :

Sous les riches lambris qui ne sont point à n«iis^

Devant ses habitants nous plêyfins les genoux. (J.-&. Rotmesa.)

PluïM, ferme.

Plume est le mot de la langue vulgaire^ pemte un lemoe du langage scientifique. Selon T Académie, ce dermer moi ne se dit qu'en termes de fauconnerie, des grosses plumes des mseâux de prcwe. L'emploi de ce mot est beaucoup plus étendu, et les naturalistes n. 29

s'en servent pour désigner les plus grosses plumes des ailes et de la queue de tous les oiseaux , môme les plus petitsi. Ainsi Buffon, parlant du pigeon-bceuf^ qui n'est guère plus gros qu'une alouette huppée, dit :

La queue est étagée, et on y retfnarque une petite singularité, c'est que les dousu piHNts dont elle est composée sont toutes fort pointues.

Préparatif, apprêt.

Ces deux mots se disent de ce qui sert à mettre ime chose en état d'être faite ou de ce qui la rend propre à sa destination. A cette signification commune se joignent, dans apprêt^ Tidée de recherche, de façon, dans préparatifs l'idée de précaution et de diligence. 11 y a plus de soin dans V apprêt ^ il y a plus de prévoyance dans le préparatif. Les apprêts du dîner désignent les derniers soins qui Je rendent prêt à être servi et bon à manger; les préparatifs du dîner désignent les opérations antérieures auxquelles on a dû se livrer pour le faire.

Apprêt s'emploie au figuré dans le sais de Recherche, affectation :

Il y a de /'apprêt dans son langage, dans sm manières.

Prosodie.

On entend par ce mot la manière de prononcer chaque syllabe sous le rapport de V accent et de la quantité :

Que dans ces beaux dimats l'exacte prosodie Aux chansons des neufs sœurs prêtait de mélodie !

(F. deNeufchâteau.)

Les accents sont les diverses inflexions de voix par lesquelles on élève et Ton abaisse les difiërentes syllabes.

On désigne sous le nom de quantité le plus ou le moins de temps qu'on met à prononcer les syllabes ; et comme les unes se prononcent rapidement, les autres avec une lenteur relative, elles sont divisées en brèves et en longues.

Les sons ouverts ou soutenus, dit Condillac, sont propres à l'admiration ; les sons aigus, à la gaieté ; les syllabes muettes, à la crainte ; les syllabes traînantes et peu sonores, à Tirrésolution; les syllabes brèves expriment la colère; plus faciles à prononcer, elles expriment le plaisir ou la tendresse. . .

Les mots contribuent à l'expression non-seulement comme signes des idées, mais encore comme sons.

Raillerie,

Entendre raillerie^ c'est bien prendre la raillerie, ne point s'en fâcher :

Vous ENTENDEZ fort bien raillerie, quand d'autres que moi font la guerre sur vos petits défauts, (Racine.)

Hé! mon Dieu! tout cela n'a rien dont il s'oflfense,

11 entend raillerie autant qu'homme de France. (MoUère.)

Entendre la raillerie^ c'est savoir railler, être habile dans Tart de railler :

Peu de personnes entendent la fine et innocente raillerie. (Boubours.)

Rappeler (Se),

Se rappeler^ signifiant se souvenir, prend toujours un complément direct :

Je ne meïikFnLhEpas cette circonstance. (Académie.) Vous RAPPELCz-Yous CET HOMME de la comédie qui crie au meurtre en donnant des coups debâton?(J,-3, Rousseau.)

Se rappeler de quelqu'un, de quelque chose, est un barbarisme de construction.

Suivi d'un infinitif, se rappeler s'emploie avec ou sans la préposition de :

Je me rappelle l'avoir vu, ou de ravoir vu.

Nous NOMS RAPPELONS AVOIR TROUVÉ unc fois un nid de bouvreuils dans un rosier.

(Chateaubriand.)

La réminiscence est le plus faible et le plus léger des souvenirs, ou plutôt c'est un ressouvenir si faible et si léger qu'en nous rappelant dne chose nous ne nous rappelons pas, ou nous ne nous rappelons qu'à peine en avoir eu VEvr-ÈrtLE quelque idée, (Roabaud.)

Rapport (Avoir),

On dit qu'une personne, une chose a rapport à une autre, quand on veut exprimer des idées de relation, de dépendance ou de dérivation :

Les sujets ont rapport aux princes. Les effets ont rapport aux causes.

Mais pour exprimer une Idée de conformité ou de simple analogie entre deux objets, on se sert de l'expression avoir rapport avec :

La langue italienne a un grand rapport avec la langue latine, (Académie.)

452 GRAMIfeliRK GâlfâUiiK W HISHMIWJE.

Le RAPPORT de Vadjectif ai? substantif. Le rapport du parikipe passé ad suIh stantifqui le précède. (Académie.) Ce que vous dites avjouréthui n'A aucun rapport avec ce que vous disie% hier.

(Académie.) Tout^ les: pmti€0 dunêrps^WTMn eertèin HâppoKr/es unmàim /ds auirm.

(La même»^

Ce préfixe 9^ en compositiôa à> exprimer h, réîtémtfon; Ve s'ëlide si le mot dans la composition duquel il entre commence psa* une voyellfe :

Déjà le mauvais sens, reprenant ses esprits, 80iig8àâioutdriedonMrdia:f|9ilaaAGft (jBoile^a^t

Peut-être mon esprit, prompt à ressusciter.

Du temps qu'il a perdu saurait se r*acquiikr. ( Boileau. )

n prit, quitta, reprit la cuirasse et la baire. (Voltaire.)

(Test sous, le grand Léon X que le théâtre grec rbnaqut, mnsi que l'éloquence,

— Tu Tas mal attaqué. — J'aflSrme le contraire;

Mais après tout, mylord, coup nul : c'est à refaire. (G. B^kvîgne.)

Le revoici, ce.ldiafi pas daitt^uB4£Â/igi»i.(Sé&9fié.)^

Recommenceur, recommemmse.

Voilà deux substantifs que n'admet pas TAcadémie; Femploi qjn'ea ont feit Bussy-Rabutin et M"^ de Sévigaé est cependant si heureux que par cela seul ils nous semblent ne pouvoir être excIUs d'aucun dictionnaire :

UAinour esiunvrai recomurnceur ; l'on se redit les mêmes cfioses qu'aupara' vant en d'autres, termes et quelques-unes en mêmes moti. (Bùssy-Rtibutin.)

ie ma suis quelquefois aperçue que. l'ofnitié se, voulait mêler de contrefaire VamQin\ et qu'en sa manière elle était aussi une vraite RBCOMMEBCEcsr.

(M^dteSérigDé.)r'

Ces mots peuvent s'employer élégamment pour (iésigner c» vieillards qui content cent et cent fois les mêmes choses ; dire que ce sont des reconvnienceurs^c'e&t^ exprimer par un euphémisme, et d'une manière polie, une pensée qu'un autre terme pourrait rendre blessante.

Réfléchir.

Dans le sens de Penser mûrement , il s'emploie le plus souvent sans complément :

Pour le calmer, faisons

Ge qoer je ji'ai point fmt enoûr ; réfiéehis90HSé [ P^lamme.)

'OQBBIlVirriONS GOMPLÉHEmAlIIBS. 453

; Vn esprit enUrimenmil vffpeUVlàhw èSmpjwrimmcatip dethmes'porin^mU- Mince de réfléchir. (Vauvenargues.)

Suivi d'un complément, 11 prend le plus orffinàirement la préposition sur :

Sais-tn depuis tantôt' ce^qoe je viens tie faîrél

Je viens de réfléchir, — Réfléchir! vous? — Oui, moi.

— Tout «e bon? — Toutde bon. -t «t, de grâjce, smr çiwf?

^JDfilaaouQ^

L'Académie toutefois admet aussi la préposition à avant le complément de ce vefbe, et donne cet exemple :

J'ai réeléchi à ce que vous m'avez ditf sur ce que vous m*ave% dit.

Rétmirj unir.

Réunir^ dans le seoë rdeA^BOoior âôu& ohoses, ies «p^iaséder en même temps, n'admet qimm'«)inplémeilt direct composé:

Réunir les talents et les vertus, le mérite et les grâces. Les Allemands réunissent tout à la fois, ce qui est rrès-roré, l'htaoînation et LB recubilleiient Contemplatif. (M"* de Staël.)

Unir veut dans oette-aeceplion^un com]^ément direct et un complém^t indirect précédé de à :

Elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, quand elle vit qu^elle allait unir ia maison de France A la royale famille des Stuarts. (Bossuet) Caton UNISSAIT la vaillance À la sagesse,

VÂcadémie n'a pas indiquécette dîfférenee.

Gresset s'est ^primé d'une manière \^cieu&e dans ce vers du MécharU :

iLepèiiBstapidetkblientJaiiiânieréiMràe. '

Riéussitene doit jamais êt»e mis en rapport avec un sujet de personne ; on dit qu'un livre a une pleine réussite., qu'wTi^ pièce dethéâr tre a eu beaucoup de réussite., une grande réussite .^^ai qu un homme réussit., prospère, eta awton^ de suœès^le inétne «w^s quîua autre, H non pas autant ^ ^émsite., la même réussite.

Rien.

Ce mot signifie Une chose, quelque chose, peu de chose, ou bien

Aticunechose ; dans la première acception, il s'emploiesans négation :

Qui vous A rien dit qui puisse vous faire douter de mon amitié ? ( M"« deSévigné.)

4d4 GRAMMAIRE (GÉNÉRALE ET HISTORIQUE.

Jepoiêède un ami fidèle qui partage ma solUude et qui me tient lieu de tout, m'empêche de riew regretter , ( Ducloa. )

Chacun se défend de rien faire par intérêt, et c'est l'intérêt qui fait tout faire.

Qui vit content de rien possède toute chose. (Boileau.)

Dans le sens de Aucune chose, il exige la négation ne :

Remords, crainte, péril, rien ne m'a retenue. (Racine.)

Les grands ambitieux et les misérables, qui f^'ont rien à perdre, aiment toujours le changement, (Bossuet)

La vertu de Vâme ne consiste pas à se battre, mais à ne rien craindre,

(J.-J. Rousseau.)

Si dans cette dernière acception on retranchait la négation, l'expression serait en contradiction avec la pensée ; ainsi Voltaire a dit tout le contraire de ce qu'il voulait dire :

L'homme, ce roi du monde, et roi très-fainéant, Se contemplait à Taise, admirait son néant; Et, formé pour agir, se plaisait à rien faire»

La correction exige à ne rien faire.

Romantique, romanesque.

Le premier se dit des lieux et des paysages bizarrement accidentés, et qui rappellent à l'imagination les descriptions des romans :

Les rives du lac de Bvienne sont plus sauvages et plus roiiântiqves que celles du lac de Genève. (J.-J. Rousseau.)

Quels sublimes aspects, quels tableaux romantiques !

Sur ces vastes rochers, confusément épars.

Je crois voir le génie appeler tous les arts. ( DeliUe.)

11 se dît aussi par extension d'un genre de poésie qui , jusqu'à ce moment, n'a pas été très-nettement défini.

Le second, qui se prend toujours en mauvaise part, sert à qualifier les récits des aventures qui ont quelque chose du merveilleux des vieux romans, ou des personnes qui ont la ridicule ej^altation des héros imaginés par les romanciers :

Une aventure, une histoire romanesque.

L'amour dans un jeune homme est toujours romanesque.

(La Chaussée.)

Rose (Le pot au). #

On dit familièrement Découvrir le pot au rose pour Découvrir une chose qu'on tenait secrète. Quelques personnes, ignorant que cette

OB^SHYAIIONS GOBIPLÉMENTAIRES. 455

locution est empruntée aux habitudes des femmes qui se fardent et qui cachent avec un très-grand soin le pot contenant le rose dont elles se servent, disent Découvrir le pot aux roses; l'emploi du pluriel rend l'expression inintelligible.

Satire, satyre.

Ces deux mots avaient anciennement une même orthographe, satyre^ conforme à leur étymologie ; aujourd'hui le premier s'emploie pour désigner les poèmes critiques qui tournent en ridicule les vices, les travers et les sottises des hommes; le second sert à désigner certains poèmes antiques, espèce de pastorales mordantes, dont les demi-dieux appelés Satyres étaient les principaux personnages.

Sein de (Au, dans, du.)

Ces expressions, dans le sens de au milieu dfe, du milieu de^ ne se disent guère que des choses :

As SEIN de la terre, de la mer. Au sein de la misère^ de Vopprobre. Danu u sim de Vabondance. Il mène une vie paisible dams le sein des arts et de Y amitié.

(Académie.)

Leê merveilles des cieux seraient-elles sorties d'elles-mêmes du sein du hasard et DU néant! (Massillon.)

Heureux qui peut, au sein du vallon solitairef

Naître, vivre et mourir dans le camp paternel. (V. Hugo*)

On a donc condamné avec raison l'emploi qu'en a fait Voltaire dans ces vers de la Henriade :

Du sein des immortels,

' Louis fixait sur lui ses regards paternels.

Il se joint très-bien cependant à un collectif :

Il est rentré dans le sein de l'Eglise, (Académie.) Vivre au sein de sa famille. (La môme.)

Servir à rien, de rien.

Servir à rien exprime un défaut d'emploi, une inutilité momentanée 4e service :

Ce qui ne sert à rien aujourd'hui peut demain servir à quelque chose. Il a des talents qui ne lui servent à rien. (Grammaire des grammaires.)

Servir de rien exprime une nullité absolue de service, et se dit de

ce qui ae paît éire d'aMOune uliKlé, ei; st imme^ pmir lûasi^îre, hx% de tout magd z

A tm Éveugîe des lunettes ne bbivent de men.

Le mérite ne sert de bien quand il est abandonné de la fortune.

(Bussy-^abutîn.)

Sophisme, paralogisme.

. Oa âûnBe<^s£(Nii6à ideiix.raie€diifôme»ts£nix; mmle sBpkwme ^ un ratsoiiAaMettt Smsi Avec inteatkm detpwnpfic, tandis <pie fe pÊnriogisme est «m raisoiifiefiieiit £wbk sans vcàGOÈé d'iaduire ^eii erreur ; le ppenûer ^ dii de tous les ai^uineftts «af^eux; le second a)»{ttrtknt^e%diisi»ieiTieftt au lasgagie dMactique.

Succomber, Succomber sous^ au propre et au figuré, signifie Ployer sous, être

Dieu élève ses élus, de peur qu'ils ne scccombent socs la gonkaissange qu'il l$KWidmMS.dà ImÊn^ai^innMétiade leurs miêèreê, {fUMm^) Il a BocxxmwÉ tocs % fora;, sous le po'iSs des affmres. (Acaâ&nâe.')

&uccmiber à ^gaifiaSe laisser alkr accéder à z

Ils se séparèrent encore une fois sans avoir succombé â la passion qui les en* traînait Vun vers Vautre. (GtottAvAnlBnA.) Il a succonuÉ A l'a tentation, àvx ^nauvais exemples. [Académie.)

Otte distinction étabfie par les gramaiiairiens û*est o'bservée ni par les écrivains, ni par TAcadémie, qui emploie succomber à dans Tun etrautresens.

Suicider (Se).

Bien que le Supplément «« ©icli©ni*awe*<le Fjic»démîe<50Bdaiitiie ce verbe comme barbarisme illo^ifwseirééhMkmt^ nous «''hésiterons pas à regarder ce mot comme un vocable non-seulement nécessaire, mais encore tnès*i»fcnn^ Si T-oai fôuvait, en repoussant le mot, anéantir la chose, nous serions les premiers à jeter Tanatbèmemri'eifttgskMi ^mùMer. Mais le fak^extete, «t lattàdie du lexicographe se borne à constater les conquêtes de la iiragve^ à «a discuter la valeur. M. Wey a violemment attaqué cette expression et condaninë d'avance au mépris ceux qui oseraient remployer. Son éloquent Téquisitoire se résume entièrement dans cette plirase : « Le pièO0in r^édbide ia iftmsièiflie pcirsiiiiiie est enSaniié dsuK te vtA^

^»gERVATlONS COMPLÉMEÏfTAIKES. 457

suicider, par conséquent ce ^ert)e ne saurait être construit avec les pronoms de la première ni de la^ecojade ^eai^enae. * A «cela jmuis répondrons que^îecoliflit4e pronoms de différentes natures n'existe pas; <îar îtout pronom, toute préposition entrant en composition d'un mot abdiquent leur nature pour revêtir celle du mot où ils s'incorporent , et ne peuvent, du sein de ce mot, exercer les privilèges cpi'ils avaient seuls. C'est ainsi que souhait et souhaiter^ composés du pronom possessif son et de kait^ vieux tMt synonyme de gré, devraient, d'après la règle posée par M. Wey, être expulsés de la langue, comme Uiogtques et grotesques. Mais si le temps, l'usage, et l'Académie elle-même, ont sanctionné l'expression souhait et souhaiter, pourquoi refuser à se suicider^ mot utile et construit de la même façon , ses lettres de naturalisation? { F. Génin.)

Suppléer.

Suppléer nme ckose^ c'est la remplacer par une chose de même nature :

Ce sac doit être de mille frant8';'e€ qu'il y a-êe moins, je le «dppléerai.

(Académie.)

On supplée un mot sous-entendu en l'énonçant, et on supplée une personne ab^nte en la représentant et en remplissant les fonctions que temporairement die ne peut exercer :

Xa gouvernante des Pays-Bas ^Marguerite d'Autriche, /'avait en son absence Jiaiilement svffLÈé, (Mignet,)

SupjMeréune chme^ c'est en fournir Téquivaleitt::

Souvent, dans les disputes, les injures sdppléent aux raisons, (Académie.) Le génie, en politique, consiste à sdppléer acx vérités par des maximes.

(RivwrUli) Nul nefmvait mieux que ra\M Maury suppLfeii afux bonnes RAisofis^par des citations et des sophismes. (Mignet.) La pêche peut suppléer en (grande partie adx productions de la terre.

,{ J.rJ. Bousseau;)

Che%> les peuples policés les mœurs perfectionnent les lois, et quelquefois y «UPPLÉEWT. (Duclosi)

Témoin.

Employé sans déterminatif et mis en tête «éPïme^proposItioB, -ce mot est pris adverbialement, et conséquemment est invariable :

// est brave, témoin les blessures dont il est couvert.

Témoin deux procureurs, dont icelui Citron. ( Racine.)

Précédé de la préposition à, il est encore invariable : •

Je les ai pris tous k tâuoin. (Académie.)

Je vous prends k témoin, vous tous qui m'écoute% et qui voye% mes larmes.

(Massillon.)

Dans tous les autres cas, il se met, selon le sons, au singulier ou au pluriel :

La cliose dont on parle s'est passée sans témoin. Leur entrevue devait avoir lieu sans TÉMOINS. Vous m'êtes tous témoins que.., (Académie.)

Les maris aiment mieux, ils m'en sont tous témoins.

Une vertu de plus et deux grâces de moins. ( Delanoue.)

Cinq cents disciples^ témoins de la résurrection, versent leur sang pour en attester la vérité. (Elisée.)

Vous en fûtes témoins, anges du Dieu vivant. ( Lamartine. )

O mon lit, ô ma maisonnette!

Chers témoins de ma paix secrète !

C*est vous, vous voilà, je vous vois I (Ducis.)

Précédé de la préposition pour^ il est considéré comme nom, et conséquemment variable :

J*en prends ses charmes pour témoins ; Pour témoins j'en prends les merveilles Par qui le ciel, pour vous prodigue en ses présents... Voulut orner vos jeunes ans. (La Fontaine.)

Terre {Tomber par, àj.

On dit tomber par terre^ en parlant de ce qui touche à terre; et tomber à terre^ en parlant d'un objet qui ne touchait pas à terre avant d'y tomber : ainsi un arbre tombe par terre et ses fruits tombent a terre ; un homme qui tombe en se promenant tombe PAR TERRE, et uu couvrcur qui tombe du haut d'une maison tombe

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