‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 31 sur 139 · Combien modifie un verbe ou un adjectif · texte numérisé non relu

Combien modifie un verbe ou un adjectif

Combien vouLEz-vof«, dit cet homme, pour me mener en droiture ? (Voltaire.) Combien est faux ce que vous avancer. (Pascal.)

* Tu sais combien terrible en ses soudains transp(»>ts, De nos dessins souvent il rompt tous les ressorts. (Racine.)

II. Mais il ne doit jamais se joindre à un des adverbes bien^ trèSy fort y extrêmement; cette phrase :

Combien les grands sont extrémbmeiit malheureux d*étre toujours trompés;

présente une construction vicieuse, dans laquelle extrémernent forme pléonasme.

III. Il en est de même de Tadverbe qtie; et ces vers de CréUIIon renferment une faute de la même espèce :

Hélas ! après les pleurs que j*ai versés pour vous. Que cet heureux instant me doit être bien doux !

Bien est de trop.

Boileau cependant s'est exprimé d'une façon très-correcte, quand il a dit :

Que tu sais bien, Racine, à Taide d'un acteur. Emouvoir, étonner, ravir un spectateur! (Épitre VIL)

Dans ces vers, il n'y a pas pléonasme : que et bien ne modifient pas sépapément le verbe ; ils forment une seule expression adverbiale dans laquelle que figure comme le modificatif de bien.

Selon TAcadémie, combien employé dans le sens de à quel point doit toujours tomber directement sur le verbe :

Combien il m'EST pénible de vous parler ainsi !

Les vers de Racine que nous avons cités plus haut prouvent qu'il est des cas où le rapport peut être moins directement marqué, sans qu'il en résulte la moindre obscurité.

Comment, comme.

I. Comment signifie de quelle sorte^ de quelle manière^ et, comme dit Vaugelas, comme quoi :

knesais comment il peut subsister. (Académie.)

N'examine% pas combien un homme sait, mais comment il sait. (Montaigne.)

Gttrde%-vous d'apprendre à vos ennemis comment ils peuvent vous faire du mal.

(M»» de Staël.)

La parole est un attribut de notre nature, et si nous ne savons pas gomment nous ptnsonSf il faut avouer que nous ne savons guère mieux comment nous parlons.

(Àndrieux.)

II. bans ce sens, il s'emploie dans les interrogations, et très-souvent aussi il se dit au lieu de pourqtu)i :

Comment se faire craindre sans danger d'être Iiaï? Gomment se faire aimer aanê perdre un peu d'autorité ? ( ïléchier. )

Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé ? (Racine.) Comment n'ave^vous pas apprèhenéé de vous faire passer pour des impogteutst

(Pascal.) C<ufMENT n'ouvraient-ih pas les yeux? (Bossuet.)

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