I. Pire est adjectif et équivaut à pltts mauvais
Il y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes. (Montesquieu.) La condition des hommes serait pire que celle des bêtes, si la solide philosophie ttla vraie religion ne les soutenaient, (Fénelon.)
Certes, il n'est vraiment pire eau que l'eau qui dort.
(Fabre d'Églantine.)
Les hommes seraient peut-4tre pires s'ils venaient à manquer de censeurs.
(La Bruyère.) Ce qu'il y a de pire est la corruption de ce qu'il y a de meilleur, (V. Cousin.) Les pires des ennemis ce sont les flatteurs, et les pires de tous les flatteurs ce sont les plaisirs, (Bpssuet.)
Le pire des États c'est l'État populaire. (Corneille.) Il n'est point de degré du médiocre au pire, (Boileau.)
80 GRAMMAIRE GÉNÉRAjLE ET HISTORIQUE.
Il est toujours opposé par le sens à meilleur^ et ne peut prendre la place de pî5.
II. Pis est adverbe et signifie plus mal; il s'oppose à mieux .
Bacchus le déclare hérétique
Et janséniste, qui pis est. (Boileau.)
// était libertin, insolent, et qui pis est...
L'avarice
Peut faire dans les biens trouver la pauvreté.
Et nous réduire à pis que la mendicité. (Boileau.)
Je me porte le mieux du monde, — Tant pis, nourrice, tant pis. Cette grande santé est à craindre. (Molière.)
Dans les vers suivants :
Donneurs d*avis, souvent IMntérôt vous inspire Quand vous nous étalez un zèle officieux ;
Ce qui vous sert, voilà le mieux;
Ce qui .vous nuit, voilà le pire, (Imbert)
îl fallait dire : Voilà le pis.
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