I. Plus exprime ou la comparaison ou la quantité
Dans le premier cas, plus ou le terme qu'il modifie est toujours suivi de que :
Le nombre des espèces d'animaux est plus grand que celui des espèces déplantes.
(Buflfon.) On peut être vhvs fin Qv'un autre, mais on n'est pas plds fin que tous les autresl
( La Rochefoucauld.) C'est p/M5 qu'xm grand artiste Qiplus çu'un grand seigneur. Plus qu*wTi homme opulent, c'est un homme d'honneur. (Ponsard.)
II. Mais si plus exprime la quantité, alors le terme qui sert à modifier ou à déterminer l'idée de cette même quantité doit être précédé de la préposition de :
Les glaces polaires sont plus d'à moitié fondues lorsqu'elles arrivent sur le banc de Terre-Neuve. (Bernardin de Saint-Pierre.)
Pourquoi ne céderait-on pas aux descendants des Mexicains et des Péruviens quelque portion de ces terres qui faisaient leur domaine, puisqu'elles sont si vastes et PLUS d'aux trois quarts incultes ? (Bufifon.)
L'oubli de toute religion conduit à l'oubli des devoirs de l'homme. Ce progris était déjà plus d'à moitié fait dans le cœur du libertin, (J.-J. Rousseau.)
Mais un fripon d'enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et du coup tua plus d'à moitié La volatille malheureuse. ( La Fontaine.)
Tel est aujoard'bui l'usage consacré par les meill^irs écnvains, et c'est en vain gu'au moyen d'une pénible analyse Domei^e et Lemare ont essayé de faire prévaloir la construction adc^tée par Racan :
La course de nos joure est plus qu'à moitié faite. (V. ci-dessus, Davantage^ p 73 et 74.)
Plus, mieux.
Plus exprime une idée de nombre, d'extension ; mieux ^ une idt'e de qualité, de perfection :
Vahhé Prévôt a plds écrit que Fénelon ; mais Fénelon a uieux écrit que l'abbé Prévôt. (Sicard.)
Dans la première proposition, on emploie plus pour exprimer la quantité; et dans la seconde, mieux pour exprimer la qualité.
On dira donc de deux hommes , que l'un a travaillé plus* qiœ l'autre^ s'il a fait une plus grande quantité d'ouvrage, et mieux trcvailléy si l'ouvrage qu'il a fait est plus soigné, mieux exécuté.
Une chose vaut mieux quune autre ^ dit T Académie, si elle eA meilleure; une chose vaut plus qu'une autre ^ si elle est d'un prix plus élevé.
Les exemples suivants mettront cette. distinction dans une plus vive lumière :
// a PLUS reçu qu'il ne lui était dû*
Nous avons plus à nous plaindre de nous que du sert»
La sagesse vaut mieux que les armes des gens de guerre. (Fénelon.)
Nos écrits sont maavais; les siens valent-ils mieux f (BoUeau.)
Pu nom qui pare mes écrits Ne soyez plus alarmée :
C'est vous que je nomme Eucharis, O vous, des beautés de Paris, La plus belle et la mieux aimée. (Betrtin.)
Mieux y ai mûri mon plan, p/t<« Je dois être fenne
 ne pas le risquer en en pressant le terme. (Ponsard.)
Plus tôt, plutôt.
I. Plus tôt éveille une idée de temps, et se dit par opposition à plus tard :
Mentor persuada à Idoménée qu'il fallait au plus t6t trcmet Prtftémke M
Démocrate. (Fénelon.)
R a été donné aux Chinois de commencer en ^oui plus tôt que les autres peuples, pour ne plus faire aucun progrès. (Voltaire,)
Je ne hais pas les gens que la colère enflamme ;
On sait mieux et plus tôt tout ce qu'ils ont dans l'âme. (G. Delavigne. )