‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 63 sur 139 · V. Clerc · texte numérisé non relu

V. Clerc

CoNTUMÉLiE, n. f. Affront outrage; du latin contumelia^ formé de €ontemnere^ mépriser :

Ils ne pouvaient souffrir les injures et contumélies qu'on leur faisait. (Amyot.)

CocLPE, n. f. Faute ; du latin culpa :

Leur pénitence malade est en codlpe autant à peu près que leur péché.

Il est encore usité en style religieux, dans le sens de souillure ; c'est proprement la tache qui prive le pécheur de la grâce de Dieu :

Par la confession la codlpe est remise, et non la peine. Le grand amour de Dieu, la charité parfaite, emporte la coulpe et la peine. (Académie.)

Courage, n. m. Cœur ; disposition morale :

// voit sa femme qui, à son avis, est bonne et preude femme, et loue Dieu en ton cooBAGE, dont il luy donna ung siriche joyau, (A. de la Sale.)

Nous n* avons que faire de durcir nos coo rages par ces lames de fer; c'est asse^ (jue nos espaules le soient, (Montaigne.)

Un même jour t'a vu, par une fausse adresse,

Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse.

Sans que de tant de droits en un jour violés.

Sans que de deux amants au tyran immolés.

Il te reste aucun fruit que la honte et la rage,

Qu'un remords inutile allume en ton courage. (Corneille.)

O la lâche personne ! — O le faible courage ! ( Molière.) Crayon, n. m. Dessin imparfait, simple esquisse :

Je les peins dans le meurtre à Tenvi triomphants ;

Rome entière noyée au sang de ses enfants :

Les uns assassinés dans les places publiques.

Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques...

Sans pouvoir exprimer par tant d'horribles traits,

Qu'un crayon imparfait de leur sanglante paix. (Corneille.)

Ce n'est ici qu'un simple crayon, un petit impromptu, dont le roi a voulu faire un divertissement. (Molière.)

CuNCTATiON, n. f. Délai, remise, temporisation; du latin cunc-

tatio :

Comme un Fabius Maximus, par sa cdnctation et son temporisement, il fit tlUr nos feux en vapeurs et fumées. (Brantôme.)

Cure, n. f. Du latin cura^ soin, sollicitude :

Il est tout presché qui n'a cdre de bien faire. (Nicot.)

A beau parler qui n'a cure de bien faire. [Académie.)

Lorsque le roi par haut désir et cure

Délibéra d'aller vaincre ennemis

Et retirer de leur prison obscure

Ceux de son ost à grands tourments soumi», etc. (Marot.)

Il est encore en usage dans le style familier :

L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller.

Se plaint eu son patois. Le meunier n'en a cure. (La Fontaine.)

Dam, n. m. Perte, dommage ; dépens :

Un autre est monté en sa place, bien plus vigilant , bien plus laborieux , bien plus guerrier, et qui saura bien te serrer de plus près, comme tu es à ton dam expérimenté. (P. Pithou.)

Voyez que c'est du monde, et des choses humaines! Toujours à nouveaux maux naissent nouvelles peines; Et ne m*ont les destins, à mon dam trop constants, Jamais après la pluie envoyé le beau temps. ( Régnier.)

Quelle apparence

Qu'il en mé vienne (1), en effet, moi présent?

C'est marché sûr ; il est fol à son dam, (La Fontaine.)

UfiCBVAifCB, n. /*. Tromperie, déception, surpiise :

Partout il y a décevance. (C. Marot.)

Déduit, n. m. Passe-temps, amusement :

Pour son principal déduit, elle a toujours cJtoisi les forests pour chasser asuc testes sauvages, (E. Pasquier.)

Là, tous les jours, étaient nouveaux déduits, ( La Fontaine.)

Mener joyeux déduits. (Académie.)

Demeurant, n, m. Ce qui reste :

If ainte veuve pourtant fait sa déchevelée,

Qui n'abandonne pas le soin du demeurant,

Et du bien qu'elle aura fait le compte en pleurant. [La Fontaine.)

Domestiques, n, m. pL Parents; amis intimes, qui sont dans la familiarité de la maison ; du latin domesticusy formé de domus^ maison, famille :

Ayant apperceu un de ces domestiques conduit entre les captifs^ il se meit à lattre sa teste et mener un deuil extrême. (Montaigne.)

Efficace, n, f. Efficacité :

On n'ignore pas qu'une louange en grec est d'une merveilleuse efficacb à Ut tête d'un livre. ( Molière.)

// est trop heureux d'être fou, pour éprouver /'efficace et la douceur des remèdes que vous avei judicieusement ordonnés, (Le même.)

EscoFFiON, n. m. Cornette, bonnet de femme :

D'abord leurs tscoffions ont volé par la place. (Molière.)

EsTEOF et ÉTEUF, n. m. Balle pour jouer à la pauine; de stupa^ étoupe :

// avoit de^à bandé sa part de deux dou%aines d'ESTsoFS, etjouoit â V acquit,

(Bonav. Desperriers.)

Quoyque la variété et discordance continuelle des événemens les rejette de coing en coing, et d'Orient en Occident , ils ne laissent pas de suyvre pourtant leur us- TBUF. (Montaigne.)

(1) Qu'il arrive malheur.

DES archâïssies. 157

Ce mot se trouve dans Ruy^Blas :

Mais bah ! vous voulez être ud gaillard populaire,

Adoré des bourgeois et des marchands a*esteufs, (V. Hugo.)

EsTOUR, n, m. Combat, choc, mêlée :

Ils auront esté bien frottés dans quelque estour de guerre, (Montaigne.)

Le vray vaincre de pour son roolle /'estour, non pas le salut; et consiste l'honneur de la vertu à combattre, non à battre, (Le même.)

Etat, n. m. Misé, façon de se vêtir :

La dame fait semblant qu^il ne luy en chault, et maudit premièrement tous ceusf qui amenèrent de si grants états. (A. de la Sale.) *

Où pouve^vous donc prendre de quoi entretenir /'état que vous porte%.

(Molière.)

Fallace, n. f. Ruse, finesse, fourberie, trahison :

Tes mandemens, las ! comme pécheresse Ay transgressez par fallace et promesse De ce monde qui les fols cuers attire.

(Complainte de la comtesse de Charolois,)

D'une simple innocence elle adoucit sa face.

Elle lui met au sein la ruse et la fallace. ( Régnier.)

F¥ANCEet FUNCE, Ti. f. Coufiance, assurance; foi :

. . . Offrez juste sacrifice, De cucur contrict bien humblement...

Mettant au Seigneur Dieu propice Vos /!/a»cc» entièrement. (Marot.)

Et lors le bon homme tire à part sa cousine et l'y dit : Ma commère, si n'estait *i FIANCE de vous, elle n'yroit point. (A. de la Sale.)

Je prendray bons exequteurs

A qui j'ai parfaicte Aance. (Dialogue du Mondain.)

Fn^LOLE, n. f. Filleule; on a dit anciennement Filleul et filial^ formé du latin filiolus :

Il n'a pas aperçu Jeannette ma filiale.

Laquelle a tout ouï, parole pour parole. (Molière.)

Ce féminin est encore très-usité dans les campagnes, et Ton dit au masculin fillou^ de Tancienne forme fillouL

Flotte, n. f. Troupe armée; foule de peuple; afïluence :

En passant par le village, il trouva uhe flotte de gens à pied qui fuyoient, H les 9hassa, et si (1) n' avait pas cent chevaux en tout. (Ph. de Gommines.)

// voyait une file ou flotte de gens qui s'enfuyaient, (I^e môme.) (1) Et cependant, et pourtant.

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