V. Gaudir
Gésine, w. m. État d'une femme qui est sur le point d'accoucher, d'une femelle près de mettre bas ; accouchement :
A madame la dauphine
Rien n'assigne ; Elle a ce qu'il faut avoir.
Mais je les voudrois bien voir
En gésine. (Marot)
Au partir de ce lieu, qu'elle remplit de crainte, La perfide descend tout droit
A l'endroit Où la laie était en gésine, (La Fontaine.)
GuERDON, n, m. Avantage, récompense :
Las! ma dame gaigna, remportant pour guerdon
La beauté de Diane et l'arc de Cupidon. (Ph. Desportes.)
La rose, c'est d'amour le guerdon gracieux. (A. de Raïf.) Outre la dévotion, on proposoit certains glerdons à ceux qui alloient, et aux outres certaines charges, (E. Pasquier.)
Hantise, n. m. Fréquentation ; de hanter :
Isabelle pourrait perdre dans ces hantises
Les semences d'honneur qu'avec nous elle a prises. (Molière.)
Heur, n, m. Bonheur, prospérité :
Il voit de toutes parts combler û'heur sa famille. (Racan.)
Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes
Qui me rend tant de biens me coûte un peu de larmes. (Corneille.)
Mais au moins dites-moi. Madame, par quel sort
Votre Clitandre a Vheur de vous plaire si fort. (Molière.)
Poverbialement : // n'y a qu'heur et malheur en ce monde.
Huis, n. m. Porte ; d'où huissier^ gardien de la porte :
Abandonné des enfants d'Esculape, Roileau gissoit malade dans son lit ;
La mort s'approche ; il frissonne, il p&lit«
Croyant déjà qu'à son huis elle frappe. (La Monnoye.)
Le diable n'est pas toujours à mesme hdys. (Nicot.)
11 est encore usilé en style de palais dans cette locution : à huis
clos.
Ieb, ». f. Courroux, ressentiment ; du latin ira :
Ne veuilles pas, ô Sire,
Me reprendre en ton ire,
Moi qui fay irrité. (Marot)
Douce parole rompt grande ire. (Nicot.)
Los, n. m. Louange, réputation, honneur ; du latin laus :
Quant à chanter ton los parfois je m'adventure.
Je n'ose ton grand nom dans mes vers exprimer. (E. de la Boétie.)
Tu dois en los par sus Mercure bruire. (Marot.)
Puissent mes vers et votre nom Aller si loin que notre los franchisse
La nuit des temps. (La Fontaine.)
Maleurté, n, m. Malheur, inconvénient :
Ce sont, à mon advis, les plus grans tourmens , douleurs, tristesse, et les plus gratis malecrbtez qui soient en terre. (A. de la Sale.)
Megnib, MAiGNiE, ». f. Maisou, famille, tout le domestique; de mansiOy en bas latin masinia^ mainagium^ d'où ménage :
I, Chacun au bruit accourt.
Les père et mère, et toute la mégnie,
Jusqu'aux voisins (La Fontaine.)
HoMON, n. m. Grosse pelote ; espèce de bourse que portaient les masques, et qui contenait leur argent de Jeu :
Masques, où courez-vous? Le pourrait-on apprendre? Trufaldin, ouvrez-leur pour jouer un momon, ( Molière.)
NoNCHALOiR, n. m. Nonchalance, négligence ; formé de la négation et de chaloir^ ne pas se soucier :
De mettre à nonchaloir la charge que mon ami m^a donnée, je ne le fais pas.
(Montaigne.) Encore que le style de Ronsard soit beaucoup plus relevé que celui de Marot, ii trouverort'il sujet, louant l'un, de ne mettre en nonchaloir (dédaigner) l'autre.
(E. Pasquier.) Depuis deux jours, hélas ! je Tai perdu Du nonchaloir le héros adorable. (GbauUeu.)
Ogcision, n. m. Exécution capitale ; massacre :
Ceste exécution ressembloil naïfvement comme un frère à l'autre, à roccisioii ^ tyrans faicte parPélopidas le J%ébain. (Amyot.)
160 ORAMMAIRE 0É2VÉRALE ET HISTORIQUE.
Opéra, n,m. Chose excellente ; chef-d'œuvre :
TouUè vo$ lettres sont admirables ! ce sont ce qu'on appelle des opéiiA.
(Scarron.)
Il ne manquerait pas de vous exagérer lui-même toutes les pièces du repas qu'il vous donnerait, et de vous faire tomber d'accord de sa haute capacité dans im science des bons morceaux; de vous parler d'un pain de rive à biseau doré, relevé de a-oûte partout, croquant tendrement sous la dent ; d'un vin à sévevetouié, et pour son opéra, d'une soupe à bouillon perlé, soutenue d'un jeune gros dindon cantonné de pigeonneaux, et couronné d'oignons blancs mariés avec la chicorée.
(Molière.)
OsT, n. m. Année, camp, guerre; du latin hostis^ ennemi :
Le roy fit faire plusieurs processions en Tost, et en la fin des processions fesoit prier le légat que Dieu ordonnast la besoigne, (Joinyille.]
Apollon, irrité contre le fier Atride,
Joncha son camp de morts ; on vit presque détruit
Vost des Grecs ; et ce tut Touvrage d'une nuit. (La Fontaine.)
OoBLiANCE, n.m. Oubli :
Quand bien même il aurait méfait, sa faute devait être ensevelie dedans le tereueil d'oDBLiANCE. ( E. Pasquier.)
Paraguante, n. m. Argent donné pour boire; de l'espagnol para guantesj pour des gants :
Dessus 1* aveugle espoir de quelque paraguànte,
Il n'est rien que leur art aveuglément ne tente. (Molière.)
Il a autant pour pabagcante. (Académie.) Parangon, n. m. Modèle :
Alexandre, que le peuple nomme comme un parangon de tous les rois.
Déduisant leurs façons au pabangon (en comparaison) des nôtres, il montre de combien ils étaient rudes et mal façonnés au regard de nous» (E. Pasquier.)
Parangon de beauté de chevalerie, (Académie.)
Pleigb, n. m. Caution :
Souviengne-vous de la promesse, car nous sommes fleigis potir vous.
(A. de la Sale.)
PouRCHAS, n. m. Poursuite; recherche; travail :
Le fauconnier plut très-fort à la dame ;
Et n'étant homme en tel pourchas nouveau.
Guère ne mit à déclarer sa flamme. ( La Fontaine.)
PouRTRAicruRB, PORTRAITURE, w. f. Portrait, image :
Quiconque fit d'amour la pourtraicture.
De cet enfant le patron ou prit-il ?
Sur qui tant bien il ^uida son outil,
Pour en tirer au vrai cette peinture? (J. Biâf»)
DES ARCHAÏSMES. iGl
Rancoedr, n. m. Colère, courroux, rancune :
L*Envie, à qui Testrange rage De l'heur de son voisin enfielle le courage (1), Hideuse, bazanée et chaude de rancœur, (Régnier.)
Reginglbttg, n. f. Piège pour prendre les oiseaux :
Quand regingîettes et réseaux
Attraperont petits oiseaux
Ne volez plus de place en place. (La Fontaine.)
Remembrance, n. /*. Mémoire, souvenir; et par extension ressemblance :
Plus je vous vois, plus je crois voir aussi
L'air et le port, les yeux, la rememhrance
De mon époux. (La Fontaine. )
Remugle, n, m. Odeur de ce qui a été renfermé; sentir le remugle^ sentir le renfermé :
.... Quand on se frotte avec les courtisans^
Les branles de sortie en sont fort déplaisans.
Plus on pénètre en eux, plus on sent le remugle. (Régnier.)
Rengrégement, n. m. Augmentation, progrès :
ie RENGRÉGEMENT de sfl maladie lavait arrêté, (E. Pasquier.) Ct ne fut pas un petit bengrégeuent à son malheur, (Le même.) Rengrégement de mal, surcroit de désespoir, (Molière.)
Sagette, n, f. Flèche ; du latin sagitta :
En disant ces mots, il se jette Sur Tare qui se détend, et fait de la sagette Un nouveau mort ( La Fontaiiw. )
Semblance, n. f. Figure, image :
Moult ressembloit bien l'image
Qui fust faicte à sa semblance. (Roman de la Rose,)
Orgueilleuse semblance montre foUe cuydance. (Nicot.)
— Ressemblance, figure :
Fameux oiseau, de qui prit la semblance.
Le roi du ciel qui la tempeste lance. (Passerat.)
Signifiance, n, f. Expression, signe :
Quand on a de l'amitié pour des personnes, on en baille toujours quelque pelite s'cwpiANCB. (MoHère.)
On voyait les bestes domestiques et privées qui couroient pà et là avee hurle- «eiw et siGNiFiANCE de regret après leurs maistres et c^ulx qui les avoient nour- ^. (Amyot.)
(i) Courage pour cpeur.
162 GRàHMAlRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE.
SouuLS, n. m. Soulagement, consolation, plaisir, joie :
Au bois de Dueil, à Tombre de Soucy,
N'estoye au temps de ma vie prospère.
Mon soûlas gist sous ceste terre icy,
Et de le voir plus au monde n'espère. (Marot.)
Chaque époux, s'attachant auprès de sa moitié, Vécut en grand soûlas^ en paix, en amitié, Le plus heureux, le plus content du monde. (La Fontaine.)
Spelunque et spelonqce, n. f. Caverne ; du latin spelunca :
0 Paris qui n'es plus Paris, mais une spelunque de testes farouches , un asyle et seure retraictc de voleurs, meurtriers et assassinateurs, ne veux-tu jamais te ressentir de ta dignité, et te souvenir qui tu as esté au prix de ce que tu es?
'(P. Pithou.)
Tempéràtore, n. f. Tempérament :
Ghasque âge a ses façons, et change de nature,
De sept ans en sept ans, notre température;
Selon que le soleil se loge en ses maisons.
Se tournent nos humeurs, ainsi que nos saisons. ( Régnier. )
UsANCE, 71. /*. Usage, habitude :
Il a aussi prescript de son auctorité privée quelles choses seroient dénotées par tes couleurs ; ce qu'est Tusance des tyrans qui veulent leur arbitre tenir lieu de raison. (Rabelais.)
Vêprb, n, m. Soir-, du latin ve^p^r ;
Il n'êst si grand jour, que ne vienne vêpre, ne temps qui ne prenne fin. (Nicot.) Je donne le bon vépre a toute l'honorable compagnie. (Molière.)
Viz, n. m. Visage ; d'où vis-^-vis^ visage à visage :
Alors le petit Saintré, tout honteux, lewzde honte tout enflambé, soy inclinant, se met devant les aultres. (Â. de la Sale.)
ZZ. Nomf et substantifs encore en usaçe>
ÂBOis, n. m. pL Extrémités fâcheuses :
Ah ! quel âpre tourment, quels douloureux abois !
Et que je sens de morts sans mourir une fois ! (Corneille.)
Il ne se dit plus que dans les locutions : Être aux abois ; Être rédmt aux derniers abois.
AccomTANCB, n, f. Familiarité, habitude, commerce :
Amour me dit : Prends accointance à elle ;
Si grand'beauté n*est jamais trop crueUe. (Saint-Gelais.)
Accointance de fol ne vaut rien. (Nicot.)
Le bel esprit, au siëcîe de Marot,
Des grands seigneurs vous donnait VaecoirUance.
(M»«Deshoulières.)
ACCOUTUMANCE, ti. f. ActioD dc s'accoutumer ; habitude :
Aulcuns, ou pour estre colle% au vice d'une attache naturelle, ou par longue ACCODTOif AiiCE, n'en ireuvent plus la laideur. (Montaigne.)
La jeunesse change ses goûts par Vardem- du sang, et la vieillesse conserve les liens par /'accoutcmange. (La Rochefoucauld.)
Peut-être que rAccooTCMANCs effaça à la fin une partie de la laideur du nouvel esdave, (La Fontaine.)
V accoutumance ainsi nous rend tout familier. (Le même.)
L'oreille est de tous les sens le plus docile à l'xocovTfjuAncE^ et le plus rebelle à la nouveauté, (La Harpe.)
AiLÉGEAKCE, 71, f. Soulagcmeiit :
Donnez-lui le loisir de se désattrister ;
Et quand ses déplaisirs prendront quelque allégeance,
Taurai soin d'en tirer d*abord votre assurance. (Molière.)
Vains projets, vains discours, vaine et folle allégeance! (Corneille.)
Où dois-je désormais chercher quelque allégeance ? (Le môme.)
AMUSEMENT, fi. f. Retard, perte de temps :
Le moindre amusement nous peut être fatal. (Molière.) Moi je l'attends ici pour moins ô*amusement, ( Le même.)
Autan, n, m. L'année qui précède celle où Ton est; du latin an(e.
iinnum :
Mais où sont les neiges d^antan? (Villon.)
Je ne m'en soucie non plus que des neiges (2'ai«tai«. (Proverbes.)
Où donc sont ces rieurs? où la danse folâtre?
Où donc ces pieds mignons, ces épaules d* albâtre?
Où toute cette joie? où les neiges d*antan? (E. Augier.)
Antiquaille, n, f. Antiquité ; les auteurs, les ouvrages anciens :
Le reste, j'ay cy-dessoubs adjoutépar révérence de ^antiquaille. (Rabelais.)
Us veulent déterrer les Grecs du monument.
Les Latins, les Hébreux et toute V antiquaille, . (Régnier.)
11 ne s'emploie plus qu'en mauvaise part. AOUT et otT, n. m. Moisson :
Remuez votre chwnp dès qu'on aura fait Vaoût; Creusez, fouillez, bûchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. (La Fontaine.)
Attache, n. f. Grand attacheftient :
Cuand on a une fois goûté les choses spirituelles, tout ce qui se ressent des atta- ^'nttdela eontoifion de la chair et du sang, porolr insipide, (Port-Royal.) Et sa puissante attache aux choses éternelles. (Molière.)
Barbacole, n, m. Celui qui met toute sa gloire dans la beauté do sa barbe, et qui en a très-grand soin; du latin barba^ barbe, et colere^ soigner ; par extension, pédant, vieil écolàtre :
Humains, il vous faudroit encore à soixante ans Renvoyer chez les bturbacoks, (La Fontaine.)
Béjaune, n. m. Grossière erreur. Ane, bec jaune:
'C'est fort bien d'apprendre à vivre aux gens et de leur montrer leur bêjadne.
(Molière.)
Bers, n. 7;i./BERCER0LLE, n. f. Berceau :
Voits me demande* quelle a été la vie et la fin de M. de Thou? Je vous réponds : Belle, heureuse et honorable, tant en particulier que public, depuis le bers jusques au tombeau. (E. Pasquier.)
Brouëe, n. f. Petite pluie ; brouillard, bruine :
Le fauls pas d'un cheval, le passage fortuit d'un aigle, un songe, une voix, un signe, une brodée matinière, suffisent à le renverser et porter en terre.
(Montaigne.)
Cache, n. /*. Cachette :
On n'est pas embarrassé à inventer dans toute une maison une cache fidèle.
(MoKère.) Et qui vous a cette cache montrée ? (La Fontaine.)
Carême-prenant, n, m. Les trois jours gras, et particulièrement le mardi, jour qui touche au mercredi des Cendres, le premier jour du carême :
Caresme-prenant, c*est pour vray le diable.
Le diable d'enfer, plus insatiable.
Le plus furieux, le plus dissolut,
Le plus empeschant la voye de salut.
Que diable qui soit au profond manoir
Où se tient Pluton, ce roy laid et noir, etc. (B. Desperriers.)
On dirait qu*il est céans caréme-prenant tous les jours, (Molière.)
Un carême-prenant , un homme en masque , ou aflublé d'un costume ridicule :
On dit que vous voulez donner votre fille à un cARâuB-PRBNAiiT. (Molièpe.)
Chef, n. m. Tête :
Le nouvel affront
Qui tombe sur mon c/ic/" rejaillit sur ton front. (Corneille.)
Il s'est dit aussi pour cap, promontoire :
L'ancien Xantippus fit enterrer son chien sur un chef en la ooste de la mer ^
en a depuié retenu le nom, (Montaigne.)
Clbrc, n, m. Homme érudit, savant :
Les bons livres font les bons clercs. (Nicot.)
n est habile homme et grand clerc. (Académie.)
Les plus grands clercs ne sont pas les plus fins, (La même.]
N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins,
Ma foi, les plus grands clercs ne sont pas les plus fins. (Régnier.)
CoARPiSEet COUARDISE, n. /*. Crainte, peur, poltronnerie :
Je dis : Pourquoi craindre tant ?
Que peut-il ? c'est un enfant ;
Ma couardise est extrême. (La Fontaine.)
Confort, n. m. Secours, assistance :
Si suis bien loing
D'avoir de conforter le seing.
Quand j'ai de confort mieux besoing, (Alain Chartier.)
Vain et triste confort ! soulagement léger! (Corneille.) Donner aide et confort. (Académie.)
Congé, n. f. Permission, licence :
Es jours et heures qu'il avoit vacation de Vestude et congé de s'esbattre, il ne j(moit jamais, ny jamais ne demouroit oisif. (Amyot.)
L'amour a des plaisirs solides ; Leur piquante douceur ne se peut exprimer ; Mais ils ne sont pas faits i)our ces âmes timides.
Qui demandent congé d'aimer. (La Sablière.)
Conteste, n: m. Contestation ; de contester^ anciennement con" trestcTy du latin contra stare :
La maison à présent, comme savez de reste.
Au bon monsieur Tartufe appartient sans conteste. ( Molière.)
CoDST, COUT, n. m. Frais, dépenses :
Us font grands dépens et grands coust%, (Alain Chartier.) Le COÛT fait perdre le goût, (Proverbe.)
U s'employait aussi figurément :
Ils réforment les vices de Vapparence ; ceulx de l'essence, ils les laissent là, s'ils neles augmentent : et l'augmentation y est à craindre ; on se séjourne (1) volontiers de tout aultre bien faire , sur ces réformations externes et arbitraires, de moindre coost et de plus grand mérite. (Montaigne.)
U n'est usité aujourd'hui qu'en style de pratique :
j Le COÛT d'un exploit, é^une ordonnance. (Académie.)
(l) On se dispense, on s'abstient.
DiscoRD, n. 7n. Discorde ; il s'emploie encore en poésie :
... Le discord esteint, et la loy restabUe»
Annoncent ta justice, et le vice abattu
Semble, en ses pleurs, chanter un hymne à la rertu. ( Régnier.)
Grave Glio, que m'offrent tes annales 7
De longs discords, des tempêtes rivales. (Pamy.)
Drrs, w. m, pL Paroles; dicta^ latin; choses dites :
Dans cœur humain, probité plus n'habite :
Trop bien encore a-t-on les mômes dits.
Qu'avant qu'Astuce au monde fût venue ,
Mais pour (1) d'effets la mode en est perdue. ( Pavillon.)
En ces mots. Minerve plaida ;
A ses dits le ciel s'accorda. (Voiture.)
— Plus ordinairement, Maximes, sentences :
Où sont les gracieux gallans
Que je suivoye au temps jadis ?
Si bien chantans, si bien parlans,
Si plaisans en faicts et en dictz. (F. Villon.)
Il s'opposait le plus souvent à faits^ gestes :
Les DITS et faits; les dits et gestes des anciens.
Entre-gent, n, m. Savoir-vivre, connaissance du monde :
Vous estes honneste homme, et sçavez Ventre-gent. (Régnier.)
C'est une utile science que celle de Tentre-gent ; die est comme la beauté, conciliatrice des premiers abords de la sod^é, (Montaigne.)
Gars, n. m.; garse, n, f. Jeune homme, jeune fille :
Le mâle est gars à quatorze ans.
Et la femelle est garse à douze. ( Montfaucon. )
Halenée, n. /". Haleine, souffle :
Les harpies gâtaient tout d* une infecte halenée. (Benserade.)
Jouvencel, jouvenceau, n, wi.; jouvencelle, n. f. Jame homme, jeune fille encore dans l'adolescence :
Qu'il fasse mieux, ce. jeune jouveneei
A qui l'amour donna tant de martel. (Corneille.)
Dans un couvent de nonnes fréquentait
Un jouvenceau friand comme on peut croire. (La Fontaine.)
Nos jouvencelles au couvent
Sont plus habiles que leurs mères. ( Demoustler.)
(1) Quant aux effets.
Liesse, n. f. Joie, gaieté :
Aux noces d*un tyran tout un peuple en liesse
Noyait son souci dans ses pots.
Esope seul trouvait que cçs gens étaient sots
De témoigner tant d*allégresse, ( La Fontaine.)
Vivre en joie et en liesse. (Académie.)
O vieillard, que je donnerais
Mes cheveux noirs et mon sang frais.
Et ma jeunesse, Pour m'ôtre acquitté de souffrir.
Et, comme toi, près de mourir.
Boire en liesse ! (E. Augier.)
Manant, n. m. Habitant de la campagne ; homme du commun :
Il arriva qu'au temps que le chanvre se sème.
Elle vit un manant en couvrir les sillons. fLa Fontaine.)
Il ne se dit plus qu'en mauvaise part et dans le sens d'homme
grossier.
Nef, n. m. Navire ; du latin navis :
Nous avons assez vu sur la mer de ce monde
Errer au gré des flots notre nef vagabonde ;
11 est temps de jouir des délices du port. (Racan.)
Paradis, n. m. Autel, reposoir où se font les stations du saintsacrement dans les processions :
// n'y a mj i'aradis bien tapisser et dùre%, ny processions, ny confrairies, ny quarantaines, ny prédications ordinaires ou extraordinaires. (P. Pithocu)
Il est encore usité en ce sens dans un grand nombre de provinces.
Parentage, n, m. Famille, parenté :
Son maistre engendra toutes manières de joyes, lyesses et consolations en la maison de monsieur son père, et de tout son parbntage. (J. Bouchet.)
Un cousin, abusant d*un fâcheux parentage. Veut qu*encor tout poudreux et sans me débotter. Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter. (Boileau.)
Penser, n. m. Pensée :
Arrière les désirs rampants dessus la terre !
J'aime mieux en soucis et pensers élevés
Etre un aigle abattu d'un grand coup de tonnerre.
Qu'un cygne vieillissant es jardins cultivés. (Bertaud.)
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. (M.-J. Ghénier.)
Pratique, n. /*. Intrigue, menée :
Dans un petit couvent, loin de toute pratique, Je la fis élever selon ma politique. ( Molière.)
Ses pratiques, je crois, ne vous sont pas nouvelles. (Le môme.)
Princsssb. Féminin de prince, dérivé dulatànprinceps^ premieiv signifie proprement la première femme aux yeux d'un homme, et conséquenmient celle qu'il aime, sa maîtresse :
Je n'écris de bonheur, me trouvant malheureux ;
Je n'écris de faveurs, ne voyant ma princesse ;
Je n'écris de thrésors, n'ayant point de richesse ;
Je n'écris de santé, me sentant langoureux. ( Du Bellay.)
Provbndb, n. f. Provision de bouche; pitance, nourriture; da latin provmtus :
Il avait vu sortir gibier de toute sorte.
Veaux de lait, agneaux et brebis, Régiment de dindons, enfin bonne provende, ( La Fontaine.)
Songons à la provendb. — // faut aller à la provende. (Académie.)
QciÉTUDB, n. /*. Tranquillité, repos, insouciance ; on a dit anciennement gt^ie^, formé du latin quietus :
En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude;
De vous dépend ma peine et ma béatitude. (Molière.)
Est-ce, ô ruisseau ! ta quiétude
Qui gagnait mon cœur inquiet? ( E. Augier.)
Réconfort, n. m. Secours, assistance :
• , * Ils n'ont pour toutes armes
Que les sanglots, les soupirs, et les larmes,
Les tristes vœux, extrême réconfort
Des malheureux attendus de la mort. (Ronsard.)
Par quels tristes accents me dois-je lamenter
De voir sans réconfort mes ennuis s'augmenter ! (Saint-Amant.)
Rbliefs, n. w. pL Restes de pain et de viande qui se trouvent dans une cuisine ; restes de table :
Flatter ceux du logis, à son maître complaire,
Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons.
Os de poulets, os de pigeons. ( La Fontaine.)
On leur donna les reliefs du festin, (Académie.)
Rémora, n. m. Obstacle, empêchement, retardement :
L'or est comïne une femme ; on n'y saurait toucher,
Que le cœur, par amour, ne s'y laisse attacher.
L'un et l'autre en ce temps, sitôt qu'on les manie.
Sont de grands rémoras pour la philosophie. ( Regnard.)
L'affaire était près de se terminer, quand il est survenu un RéMORA« (Académie.)
Séquelle, «. /*. Suite, dépendance; race, postérité :
Adam aussi et toute sa séquelle,
C'est assavoir qui depuis lui son nez.
Ont tous esté submis à ma tutelle,
Et par le laict de ma dure mamelle.
Finalement ont été fortunez. (Dance des At^eugles.)
Il ne se dit plus qu'en mauvaise part.
Soudard, souDA&r, n. m. Soldat, homme de guerre à la solde (sonde) d'un chef :
Aratus marcha droit au palais et à la maison du tyran, là où les soudards, qi^it tenait pour sa garde à sa soude, faisaient le guet. (Académie.)
On s'en sert encore, dit TAcadémie, dans la conversation familière, en parlant d'un homme qui a longtemps servi à la guerre : C'est un vieux soudard,
Sycophantb, n.m. Fourbe, menteur, fripon, délateur :
Guillot le sycojjliante approche doucement. GuiUot, le vrai Guillot, étendu sur l'herbette.
Dormait alors profondément ; Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette. (La Fontaine.)
Vaillantise, n. m. Acte de bravoure, action d'éclat :
Que je vais m*en donner, et me mettre en bon train De raconter nos vaillantises. (Molière.)
IZZ. A^eotifs et partîoîpes horf d'uiagd.
AcERTENÉ, ÉK. Assuré, rendu certam; de certus^ latin :
Je veux que vous sachie% que je ne le tiendrai sur les fonts que je ne sois acer- TUé de la vérité du fait, ( E. Pasquier.)
Addrê, ée. Endurci ; formé de dur :
Us prennent icelles peines et tourments pour liesses, et y sont aussi addrés et momtumés comme un asne à porter somme, (A. de la Sale.)
ÀHBURTÉ, ÉE. Obstiné ; attaché obstinément :
Or voye%, je vous prie, combien chacun est aujourd'hui AHSimTé à sa propre ruine, (E. Pasquier.)
Alungouri, ie. Languissant, faible, débile :
Us ont vu les petits enfants mourir à la mamelle de leurs mères allangodries» tirants pour néant, et ne trouvants que succer* (P. Pithou*)
Ards, ou ars, arse. Brûlé :
S'il m*eust faict en bonheur entrer,
Et puys qu'il m*eust vu condescendre
A mal ! Etre ards et mys en cendre.
Jugé me fasse douce voix.
Nécessité faict gens mesprendre
Et faim saillir le loup du bois. (Villon.)
La chapelle de cette famille ayant été arse et brusléepar les Barbares, Thémis-- ^le la feit refaire à ses despens, (Amyot.)
Attrempé, ée. Modéré, sage ; on a dit aussi attrempanee^ retenue :
Une fille ne perd rien pour attendre, vivant avec un chaste honneur et une at- TKBHvtE modeste. (E. Pasquier.)
Cas. Cassé, rauque :
As-tu pris garde? Il parlait d'un ton cas*
Gomme je crois que parle la famille
De Lucifer (La Fontaine.)
Caultb. Fin, rusé, perlSde, chicaneur; d'oùcaM^^eiM?(l), habile à surprendre par quelque finesse :
Mes ennemis. . *
Se sont remys à leurs premiers abboys
Pour me remettre en ma peine première,
Si ta doulceur et bonté singulière
Ne rompt le coup de leur oaulte entreprise. ( E. Dolet.)
C'est un marcliand qui à bon marché preste ; Mais au payer c'est une caulte beste. ( Marot.)
// est CAULT larron qui dérobe à un larron. (Nicot, Anciens proverbes.)
Délivre. Libre, exempt d'entraves; de délivrer :
Ma raison a bien son cours plus délivre en la prospérité... Je veois bien plus clair en temps serein. (Montaigne.)
Déconfit, itb. Mis en déroute, taillé en pièces ; de déconfire :
Ce sage chevalier vint dire à sonmaistre monseigneur de Cliarolois, que s*il vou- Joit gagner celte bataille, il estoit temps qu'il marchast.,. et si plus tôt l*eusi fait, desjà ses ennemis fussent déconfits. (Ph. de Commines.)
Ehbesognë, ée. Appliqué activement à :
Contre le tronc sonne mainte cognée.
D'un bras nerveux à l'œuvre emoesognée. (Ronsard.)
ËNDEMENÉ, ÉE. Qui cst daus unc grande inquiétude ; vivement agité par une passion :
... Le bon Dieu voulut que pour mes vieux péchés,
Je sceusse le despit dont l'âme est forcenée,
Lorsque, trop curieuse ou trop endemenée\
Rôdant de tous costez, et tournant haut et bas,
Elle nous fait trouver ce qu'on ne cherche pas. (Régnier.)
Ensuivant. Suivant, formé du verbe ensuivre :
Doncques le dimanche ensuivàht nous nous rendismes tous, à une heure de rele^ vie, au logis de M, Pasquier. (À. Loysel.)
(1) Aratus n'estoit pas tant assuré ny hardy pour donner une bataille rangée, et pour faire la guerre à découvert, comme cautelbox et rmé pour surprendre quelque ville d^emblée. (Âmyot.)
DES ÂRCHAÏSBIES. 171
Ce mot était considéré comme verbe, et il était invariable :
L année ensuivant, titant derechef edu capitaine général, il entreprit de regaigner la forteresse et chasteau de Corinthe, (Amyot.)
Langàrt, làngàrd, àrdb. Bavard, babillard, indiscret :
Notre voisine est langarde et méchante. ( La Fontaine.)
L'autre fut un langard^ révélant les secrets
Du ciel et de son maître aux hommes indiscrets. (Régnier.)
Maleuré, Se. Malheureux, infortuné; dema^ et heur :
Je croy que je suy la plus maleurée femme qui fust oncques. (A. de la Sale.)
Mué, fis. Changé de place; du participe de mner :
Piene souvent mdéb n'atteire point mousse. (Nicot.)
Nice. Simple, ignorante ; contraction de novice :
Tant ne fut nice (encor que niée fût)
Madame Alix que le jeu ne lui plût. ( La Fontaine.)
On disait aussi nicette^ niche,
NoMPAREiL, EiLLE. Saus pareil, sans égal :
» J'ai souhaité un fils avec des ardeurs nompareilles. (Molière.)
Colette entra dans des peurs nompareilles. (La Fontaine.)
Boileau a employé cette expression, déjà surannée de son temps, pour s'en moquer :
Si je voulais vanter un objet nompareil.
Je mettrais à l'instant : Plus beau que le soleil.
Occis, isE. Tué, passé par les armes; du latin occisus :
H leur récita comment la cité \de Jérusalem avoit été prise par les infidèles^ et iii chrétiens chassés et partis, d'iceulx occis, ce qui esmeut à pitié le roi.
(J. Bouchet.)
Cléon ayant, été occis» les citoyens éhireni pour leurs gouverneurs TiîaécUdas ft Clinias, les deux plus notables personnages et de plus grande authorité qui fussent dans la ville, (Amyot.)
Ord, ordb. Sale; d'où ordure; il s'employait au propre et au
figuré :
Leprouftt de Vaugmentation du revenu publicque (1) servit de prétexte au sénat à cette ORDE conclusion. (Amyot.)
(1) Anciennement on écrivait publique aux deux genres t Tous les manans et habitans de Sicyone ensemble lui décimèrent honneurs po- ■UGoeis t^ls comme il lui appartenoit, (Amyot)
Ouvré, ée. Travaillé; participe passé de ouvrer :
Recevez en don boursette
Ouvrée de mainte couleur :
Volontiers, en don de fillette On ne regarde la valeur. (MaroU)
Preu, preud. Pmdent ; sage, courageux, généreux :
Saiil s'aperçut que precd fut David et vaillant. (Livre des Rois.)
De preud se sont formés preudome^ preud'homme^ homme sagi^ et prudent; eipreudomie^ preud'homie^ sagesse, probité, prudence. On dit encore prud'hotnme et prud homie '
Quàtmande et QUÉMANDE. Mendiante; dérivé de gwamaneZer, encore usité ; formé de mendicare^ latin ; mendier :
Laissons le luth, la lyre et ces outils divers,
Dont Apollon nous flatte ; ingrate frénésie,
Puisque pauvre et qua\^mande on voit la poésie. (Régnier.)
QuiNAUD, AUDE. Sot, camus; attrapé.
Il s'employait surtout dans cette locution : Faire quinaud^ se moquer, tromper :
.... Maître Denys, sçavant en la sculture,
Fist-il avecq* son art quinaude la nature. (Régnier.)
Recreu, eue. Las, épuisé de fatigue; du latin recrudescere :
Jamais François ne furent veus recreds de bien faire. (Nicot.)
Dirons-nous que ceux-là qui servent soient couards et recreus?
(E.delaRoëtie.)
RosoYANT, ANTE. Qui dégouttc de rosée :
De la douce liqueur rosoyante du ciel,
L'une en fait le venin, et l'autre en fait le miel. ( Régnier.)
Sade. Jolie, gentille, mignonne ; on employait aussi le diminutif sadinette :
.... Je les compare à ces femmes jolies, Qui par les affiquets se rendent embellies. Qui, gentes en habits et sades en façons, ' Parmy leur point coupé tendent leurs hameçons. ( Régnier.)
Saoul, soul, oule. Rassasié; pleinement repu. Il s'emploie aussi substantivement ; alors il est toujours déterminé par l'article ou un adjectif possessif :
N'ayant plus de maîtresse, et n'ayant plus un sou, ' Nous philosopherons maintenant tout le soûl, (Regnard.)
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OESTRE. Qui est à gauche; du latin sinistra :
A la main senestre estait le seigneur de Ravestain et messire Jacques de Sainct- Paul et plusieurs autres. (Ph. de Commines.)
Trbstous. Tous sans exception d'aucun; de très et tous; c'est une sorte d'augmentatif encore en usage dans les campagnes :
Je prie le Dieu des dieulx qu*il vous doint entière joye de trbstous vos désirs.
(A. de la Sale.)
ZF. Adyeetîft et participes encore ntitéf.
Angoisseux, euse. Qui éprouve de Tangoisse, qui cause de Tan- {îoisse :
Vaccident est bien plus grief est plus angoisseux quand il advient tout au rebours de l'espérance. (Amyot.)
Apparenté, ée (bien, mal). Qui tient à une famille considérée, riche, ou malheureuse, pauvre :
Le roy s'en ayda pour ce qu'il estoil grand seigneur tant en la comté qu'en la fUidié de Bourgogne^ et aussi bien apparenté et aimé. (Ph. de Commines.)
Tout ce que je crains, c'est que le chevalier ne se dégoûte en me voyant si mal APPARENTÉ. (Dancourt.)
Ce prince était ricJie, bien apparenté, allié à beaucoup de grandes familles.
(Mérimée.)
Besson, onne. Jumeau, jumelle; formé de bis et homo. Il s'employait figurément pour double :
Cependant que les tourterelles,
Les pigeons et les colombelles
Font l'amour en ce mois si beau.
Et que leurs bouchettes bessonnes
A tour et reprises mignonnes,
Frayent près le coulant d'une eau. (R. Belleau.)
Dans quelques provinces on dit encore substantivement des bessons pour des jumeaux.
Brate. Bienséant, qui a bon air :
On ne parle plus ici que du jour de la majorité du roi, pour lequel toute la cour Kfait BRAVE. (Guy Patin.)
Est-ce que tu es jalouse de quelques<tnes de tes compagnes que tu voies plus BRAVE que toi? (Molière.)
Ta forte passion est d*ôtre brave et leste. (Le môme.)
CouART, COUARD. Pcurcux :
Mieux vaut couart que trop hardy, (Nicot, Anciens proverbes.)
174 GRAMMÀIllE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE.
CoY, QWOY. Tranquille, ferme ; dix latin quiefus ^ en basse latinité cœtus :
Entre autres choses leur congratuloient qu'ils avaient rendu les mers coyes ei tranquilles, (E. Pasquier.)
Dévoyé, ée. Qui est hors de la bonne voie ; dont Tesprit est dérangé :
Devons-nous aujourd'hui, pour une erreur nouvelle Que ces clercs dévoye% forment en leur cervelle, Laisser légèrement la vieille opinion (1), Et, suivant leur avis, croire à leur passion ? ( Régnier.)
Dextre. Droite, du latin dextra :
Dieu voulut que le costé où se trouva le comte (qui estait à main dextre devers château) vainquist sans trouver nulle défense. (Ph. de Commines.)
Ebaubi, ie. Stupéfait, épouvanté :
Je suis tout ébaubie et je tombe des nues ! (Molière.)
11 ne faut pas confondre ce terme avec ébahi^ frappé d'étcmnement, d'admiration :
Je restai tout ébahi. (Académie.)
Empêché, ée. Embarrassé :
Que me sert de m'asseoir le premier à la table,
Si la faim d'en avoir me rend insatiable.
Et si le faix léger d'une double évesché
Me rendant moins content, me rend plus empesché ? ( Régnier. ]
En VIEILLI, IE. Vieilli :
Je trouvai un peu le roy, nostre maistre, envieilly, et commençait à se dispo^ ser à la maladie. (Ph. de Commines.)
Fallot, otte. Plaisant, grotesque; trait fallot:
Là, par quelque chanson fallotte.
Nous célébrerons la vertu
Qu'on tire de ce bois tortu. ( Saint- Amant.)
Sans ce trait fallot.
Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot. (Molière.)
... Je rassemble ici, sans autres commentaires,
Ces vers de tous les tons, amoureux ou falots y
Dans les joints de mon œuvre à l'aventure éclôs. (E. Augier.)
Féru, ue. Frappé ; de férir^ figurément Touché, et par extension. Amoureux :
Étant jade cette rencontre féru de l'amour de Chloé, il se passionnait de jour en jour plus vivement pour elle. (Amyot.)
(1) Renoncer légèrement aux anciennes croyances.
Sans l'avoir jamais vue^ il en fut grandement férb, et fit en faveur d'elle plusieurs vers. (E. Pasquier.)
Peut-être en avez-vous déjà féru quelqu'une. (Molière.)
Galant, ante. Élégant, distingué ?
// me montra toute l'affaire, exécutée d'une manière, à la vérité, beaucoup plus GAUNTB et plus spirituelle que je ne puis faire, (Molière.)
Cents. Gentille :
Que dit-elle de moi cette gente assassine? (Molière.)
Notre malade avait la face blême.
Tout justement comme un saint de carême.
Bonne d'ailleurs et gente à cela près. (La Fontaine.)
Gourd, ourbe. Engourdi par le froid; il se dit le plus ordinairement en parlant des mains :
Les mains, je les ai si goubdes que je ne puis pas escrire seulement pour moi.
(Montaigne.) Les moines n'ont pas les mains gourdes à acquérir les biens des familles, par donations et testaments, (Guy Patin.)
n témoigna qu'il n'avait les bras gourds, (La Fontaine.)
Incommodé, ée. Peu favorisé des biens de la fortune :
Vous êtes la grande protectrice du mérite incomiiodé; et tout ce qu'il y a de vertueux indigents au monde va débarquer chen vous. (Molière. )
Revenons donc aux personnes incommodées, pour le soulagement desquelles nos pères,., assurent qu'il est permis de dérober, (Pascal.)
Lai. Laïque:
Héldise véquit avec telle austérité, que les évesques la tenoientpour leur fille, les ahbéspour leur sœur, ei les hommes lais pour leur mère, (E. Pasquier.)
Le clerc est inséré sous la qualité de maître, et le lai sous celle de monsieur ou messire. (Le même.)
Libertin, ine. Libre :
C'est être libertin que d'avoir de bons yeux. ( Molière. )
Mais outre qu'à jouer en route il est enclin,
Je le soupçonne encor d'être un peu libertin ;
Je ne remarque pas qu'il hante les églises. (Le môme.)
Marri, k. Fâché, attristé :
Suys grandement marbt et desplaisant (1) de ce que vous m'écripve% quefaietes double se je veulx estre des vostres, (Lettres du comte d'Armagnac à Louis XL) . . . Vous seriez marris que cet esprit jaloux Mêlât son amertume à des plaisirs si doux. (Corneille.)
(1) Contrarié, attristé.
Pantois, oisb. Haletant, qui respire avec peine :
Son estomach pantoit sous la chaleur frissonne. (.Régnier.)
Une sueur ne cesse de couler
Du front moiteux, une pantoise haleine
Bat leurs poumons (Ronsard.)
Pécdnieux, eusb. Riche, en parlant des personnes :
On devrait proscrire de tels personnages si heureux, si pécunieux, «Time ville bien policée, (La Bruyère.)
PrrBux, BUSE. Pitoyable, qui inspire la pitié :
Tout le monde frémit; et ces grands mouvements
€k)uvent en leurs fureurs de piteux changements. ( Régnier.)
Il ne s'emploie plus aujourd'hui que dans le style familier :
La reine et le sénat
Ont approuvé mon trop piteux état. (Voltaire.)
Plaisant, antb. Agréable, aimable :
Plus d'une entremêla sur ce plaisant gazon
Ses pieds lascifs au bruit d'un allègre chanson. ( Augier.)
Plantureux, euse. Abondant :
De toutes les nations du Nord ou Ponant, cette-ci fust peut-estre seule, laquelle faisant sa demeure en territoire plantdreux, s'achemina d'un cœur gai à nouveaux pourchas et conquestes. (E. Pasquier.)
Que les saignées soient fréquentes et plantureuses. (.Molière.)
M. F. Génin dit, dans son Lexique de la langue de Molière : M On devrait écrire plentureuses par un « , la racine de ce mot » étant, non pas^/anfe, mais plenté^ syncopé de plenitatem :
» Vous aurez du foin assez,
» Et de Tavoine à plenté. (Prose de l'âne.)
» Et non à planter^ comme je l'ai vu imprimé. Les ânes mangent de » l'avoine, mais ils n'en plantent point; au rebours des hommes. »
Prescrit, ite. Fixé, déterminé d'avance, et non pas ordonné:
Pensez-vous qu*à choisir de deux choses presontes.
Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites? (Molière.)
C'est le sens du latin prœscrtptusy écrit d'avance.
DES ARCHALSMES. 177