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GRAMMAIRE GÉNÉRAHS ET HISTORIQUE

On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre ;

D'un tonnerre éloigné le bruit s'est fait entendre,

Les flots en ont frémi, l'air en est ébranlé,

Et le long du vallon le feuillage a tremblé. (Saint-Lambert.)

il y a six propositions principales coordonnées.

!'• On voit à l'horizon, de deux points opposés. Les nuages monter dans les airs embrasés; 2* On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre ; Z* 6'un tonnerre éloigné le bruit s'est fait entendre, 4* Les flots en ont frémi, 5* l'air en est ébranlé,

6* Et le long du vallon le feuillage a tremblé.

Les principales coordonnées se lient entre elles à Taide des conjonctions et^ ou^ m, mais y or^ donc^ car^ cependant, c'est pourquoi, etc.

IL Des propositions incidentes.

Les propositions incidentes figurent le plus souvent comme incises dans une autre proposition dont elles modifient un des termes ou dont elles complètent le sens général.

Il y a trois Sortes d'incidentes : 1" les incidentes déterminatives; 2® les incidentes explicatives; 3® les incidentes circonstancielles,

I. Une proposition incidente est déterminative, si elle restreint et détermine d'une manière nécessaire le terme qu'elle modifie :

Le culte d'une religion qui n'admet point les châtiments d'une autre vie, ne doit pas être toléré dans un Etat bien policé.

Enlevez l'incidente, et voyez ce qui reste : une proposition qu'aucun homme n'oserait écrire : Le culte d'une religion.,, ne doit pas être toléré dans un Etat bien policé.

Il faut toujours louer devant un envieux ceux qui le font pâlir. (Montesquieu.) L'expérience du monde ne se compose pas du nombre des choses qu'on a vues,

mais du nombre des choses SVR lesquelles on a réfléchi ; combien d' hommes , après

de longs voyages^ n'en sont pas plus avancés ! ( Say.) Celui dont les malheurs attirent l'attention est à demi consolé. (Duelos.)

IL Unepropoposition incidente est explicative, quand elle se joint surabondamment à l'un des termes de la proposition principale, et qu'elle peut être omise ou supprimée sans qu'il en résulte d'obscurité :

La langue du détracteur est un feu dévorant qui flétrit tout ce quHl touche; qui »B laisse partout ob il a passé que ruine et désolation; qui vtmTRE Jusque dans Us entrailles de la terre, et va s'attacher aux choses les plus cachées ; Qii change en de viles cendres ce qui avait paru si brillant et précieux ; qui, dans le même

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temps qu*il parait éteint, agit avec plus de violence et de danger que jamais, et oui KOiROT enfin ce qu*il ne peut consumer, (Massillon.)

Le jeu est un gouffre Qoi n*a ni fond ni rivage : dès qu'on est embarqué sur cette mer orageuse, et qu'on a perdu la terre de vue, il est rare qu'on la revoie. Le vent QUI EMPORTE la barque est toujours un furieux ouragan qui nous dérobe la connaissance de nous-mêmes. Cest une bataille où le champ est toujours couvert de morts et de mourants, (Thomas.)

La réputation est le plus magnifique tombeau que l'on puisse avoir.

(J.-J. Rousseau.)

Dioctétien, vous trouvera che% les chrétiens des sujets respectueux qui tocs SERONT SOUMIS SANS BASSESSE. (Chateaubriand.)

Cette incidente, qui vous seront soumis sans bassesse^ pourrait être retranchée sans que Iç sens de la principale en fût altéré.

Toute proposition incidente déterminative ou explicative commence par un pronom relatif.

III. Une proposition incidente est circonstancielle^ quand elle modifie, non pas seulement un des termes de la proposition, mais bien la proposition tout entière dont elle précise le sens en exprimant une circonstance particulière :

Quand la bonne foi règne, la parole suffit; quand elle n'a pas lieu, le serment est inutile. (Raynal.)

Si LA VIE ET LA MORT DE SocRATE SONT d'un SAGE, la vic ct la mort de Jésus sont (fun Dieu. (J.-J. Rousseau.)

Une haute naissance meurt et s'éteint eh nous dès que nous héritons du nom sans hériter des vertus qui l'ont rendu illustre. (Massil*

C'est lorsque nous sommes éloignés de notre patrie ^instinct qui nous y attache. (Chateaubriand.)

La proposition incidente circonstancielle et tensive.

1" Elle est comparative j lorsqu'elle est unie conjonction comme., ou par une des locutions vent à établir la comparaison, telles que : com de mêm£ que 5t, plus que, moins qué^ autant que^ aussi. . . que^ aussi bien qtte^ ainsi que ^ plutôt que ^ plus tôt que^ pas si... que^ le plus que^ le moins que :

Les vertus se perdent dans l'intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer.

Nous vivons gomme si nous étions éternels.

Les Vénitiens achetaient plus les peuples Qu'ils ne les soumettaient.

Philippe II édifia moins QU*tl ne détruisit.

Vous joue% AunNT QUE votre frère travaille.

L'ellipse est très-fréquente dans les incidentes comparatives :

La paresse est plus dangereuse que la vanité. Clodius était aussi brave que César.

Rétablissez les mots ellipses, et vous aurez :

La paresse est plus dangereuse que la vanité (n'est dangereuse}.

Clodius était aussi brave que César (éMtit brave). 2** Elle est Bxtmsive* lorsçïu'ellë esît unie à la précédente par les locutions conjonctives si... que^ tant.:, que^ si bien... que^ si peu... que^ d'autant plm que ^d'autant moins que ^ trop... pcmr que ^ assez... pofurque^ tel... que^ telle... que^ tels... que^ telles... que^ tellement que^ de telle manière que^ de telle sorte que^ de telle façon que^ plus. . . plus^ moins... moins^ elle ajoute à la principale une idée de conséquence, résultant de la force d'extension communiquée au premier attribut par lés adverbes tant y si^ assez^ trop^ ou parTadjectif déterminatif i^e/.

Le bourgmestre fut si offensé, çfffil ne me parla plus.

La Prusse éprouva tant de désastres, Qnfelle demanda la paix.

Je souffrais tellement, QUE>e refusai d'aller plus loin.

La force de la vertu est telue^K^uë nous Vaimons même dans nos ennemis.

La proposition circonstancielle prend le nom Ae proposition participe^ lorsque son verbe est au mode participe."

Aucune conjonction n'unit la propositi(Mi "participe à celle qu'elle modifie :

L'ennemi étant défait, nous hivernerons.

L'ennemi (sujet) étant (verbe) défait (attribut).

Conune dans les*pi*opositîons où le verbe est à un mode personnel, le verbe de la proposition participe est souveiît combiné avec l'attribut :

DiEù aidant, vous réussirez ( pour Dieu étant aidant] .

Souvent aussi le verbe au participe disparaît entièrement, et il ne reste plus que le sujet et l'attribut :

Garthage détruite, Rome respira.

NÉRON EMPEREUR, tous les crimès souillèrent la pourpre des Césars.

Pour Carthage étant détruite^ — Néron étant empereur.

Ce dernier cas est rare , et Ton ne rencontre guère cette ellipse qtf avec un adverbe ou avec une locution adverbiale modifiant le verbe sous-entendu :

Néron une fois empereur, tous les crimes, etc.

Lorsque dans une phrase il se trouve plusieurs incidentes sous la même dépendance, elles sont dites incidentes coordonnées :

La VI aie liberté est celle qdi vedt qu*on obéisse aux lois, qui lie tous les inté* rets privés à l'intérêt commun, et qui fait regarder la patrie comme une mère bienfaisante, (Bossuet.)

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m. Des propositions subordonnées.

I. Les propositions 5w6or6?onnees sont celles qui sont sous la dépendance immédiate d'une autre proposition :

Je crois que Dieu est souverainement bon.

Elles sont toujours jointes à une autre proposition au moyen de la conjonction qtie^ ou d'une des locutions conjonctives à ce que^ afin quCy pour que^ de ce que^ etc.

II. La proposition subordonnée est dite complétive parce qu'elle sert le plus souvent de complément à l'attribut de la proposition dont elle dépend ; ainsi, dans l'exemple qui précède, la proposition subordonnée Dieu est souverainement bon sert de complément à croyant^ attribut de la proposition principale.

L'analyse, en effet, donne :

Je suis CROYANT — {cela^ c'est-à-dire :) Dieu est souverainement bon,

III. Les pYoposiiions subordonnées dépendent souvent d'une proposition sous-entendue, comme dans ces vers :

Qu*on appelle mon fils, qu'il vienne se défendre, Qu'il vie\

'• vienne me parler, — je suis prêt à l'entendre. (Racine.)

OÙ les trois propositions qu'on appelle^ et qiCil vienne répété deux fois, sont sous la dépendance deje veux sous-entendu.

IV. La proposition subordonnée peut quelquefois aussi être le sujet réel de la proposition qui la régit, comme dans cette phrase :

L'opinion commune est qu'EomnE fut aveugle. (Bumouf.)

qui peut être traduite par ces deux propositions :

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