GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTGRIQIJB
On peut encore décomposer ainsi ce gallicisme :
Je vous rendrai votre livre tel quel il est ; littéralement, Je vaui retiii livre tel que — il est tel.
Telle, avant qu*on ait vu sa lueur homicide, La foudre au vol rapide Nous atteint de ses traits.
Décomposez :
La foudre au vol rapide est telle (semblable), — quand elle nouêûUeh traits, — avant qu'on ait vu sa lueur homicide.
Dans ce gallicisme de construction, la proposition sur le si laquelle retombe Tadjectif indéfini tel^ n'est qu'une principe parente : elle n'est en réalité qu'une proposition dépendante la conjonction {quand) est sous-entendue.
TEUES ESSERTIELLEHElfT IHPEISOHHELS.
Les verbes essentiellement impersonnels sont ceux qui ne ploient qu'à la troisième personne du singulier ; ils exprimen excepté il faut^ un phénomène de la nature. La décompositic que de ces verbes peut se faire de deux manières : — 1® En c vaut le sujet vague il. Exemple : // tonne. — Il (sujet) est \ tonnant (attribut). — 2® En se sei*vant d'un verbe en rappoi l'expression impersonnelle, auquel on donne pour sujet ui stantif analogue. Exemple : Le tonnerre (sujet) est (verbe) gn (attribut).
Voici tous les verbes essentiellement impersonnels :
n bruine. l\ grésille,
n dégèle. n neige.
n éclaire. Il pleut.
l\ faut. n tonne.
Il gèle. Il vente.
Hgrôle.
Décomposez // faut ainsi : // est nécessaire,
TEBBES ACCIDEHTELLEHElfT UPERSONHELS.
Les verbes accidentellement impersonnels^ — il arrive^ vient ^ il importe^ il paraît,^ il plaît^ il résulte^ il semble^ il suffit y Timpersonnel essentiel il faut^ et les formes imperso il est convenable^ il est important^ il est plaisant^ il est néct il est bon^ il est mal^ etc., etc. , sont suivis tantôt d'un infini cédé de la préposition explétive de^ tantôt d'une proposition donnce. A la première vue, l'infinitif paraît être le complén
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ces verbes impersonnels, et la proposition semble être une subordonnée complétive. Il n'en est cependant rien. Cet infinitif et cette proposition sont les sujets réels de ces formes impersonnelles, dont le pronom indéfmi il [cela) n'est que le sujet apparent.
n arrive de se tromper. — Il (cela), «e tromper, arrive. Se tromper (sujet) est (verbe) arrivant (attribut).
n arrive qu'on se trompe. — Il (cela), qu'on te trompe, arrive. Ceu, qu'on se trompe (sujet), est (verbe) arrivant (attribut).
Parmi les formes accidentellement impersonnelles, il y en a qui ^ sont jamais suivies que d'un infinitif; mais presque toutes, en ^et, sont suivies indifféremment d'un infinitif ou d'une proposition.
Formes impersonnelles que suit seulement un infinitif :
D est beau de servir sa patrie, D est dur de renoncer à cet espoir, Il est facile de mériter celte récompense.
H est glorieux d'oublier une injure,
Formes impersonnelles que suit indifféremment un infinitif ou ^ne proposition :
H est honteux d'être ignorant, que tu sois ignorant.
H est triste de pei'dre un ami,
que vous aye% si peu de mémoire,
H est utile de savoir compter,
* que vous sachte% compter,
^ est pénible de faire des reproches.
* que vous ne me comprenie* pas.
Comme on peut facilement le voir par les exemples qui précè- ?6nt, le verbe impersonnel accompagné d'un infinitif éveille une idée générale, tandis qu'il précise et détermine un fait, s'il est ^vidune proposition.
XI grêle des pierres*
Lorsque les verbes essentiellement impersonnels sont suivis d'un ^in accompagné des articles indéfinis un^ une^ du^ des, ce nom est ^ véritable sujet. Dans il pleut du sang^ — il grêle des pierres^ — ^^ et pierres^ sujets réels de pleut et grêle, sont représentés d'une ^^ère anticipée par le pronom il,
XI est des hommes qui.
. Le gallicisme précédent , qui consiste à exprimer tout d'abord ^ verbe sous la forme impersonnelle, et à le faire suivre immédia-
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tement de son sujet réel, se reproduit avec tout verbe qui pt accidentellement la forme impersonnelle. Il semble qu'alors Teq ayant hâte d'exprimer les idées dominantes du verbe et de l'« l)ut, néglige le sujet réel, et n'y revient qu'après avoir énonec
sujet vague :
Il tombe de l'eau. — Il (cela), de Veau, tombe.
Il venait des renfbrts. — IL (cela), des renforts, venait.
Il est une justice. — Il (cela), une justice, est (existe).
Il est des hommes qui... — Il (cela), des hommes, sont (existant.
Il est midi. — U est deux heures.
n «a CMl beaucoup qui. H «a aal q«L
11 en est beaucoup qui... — Beaucoup (de gens) sont (existent). Il en est qui... — Des (gens) sont (existent).
Dans ces deux gallicismes, le pronom en remplace Tidée d'iu mes, d'individus.
n est à propos de.
Le verbe être^ suivi d'un attribut prépositif^ peut aussi se prcr impersonnellement :
Il est dans Tordre que les enfants obéissent à leurs parents. Il (cela), que les enfants obéissent à leurs parent» (sujet), est (Terfoe) A VA (attribut prépositif) .
Il est à craindre que nous nous égarions.
Il (cela), que nous nous égarions (sujet) est (verbe) A craindre [attrîbiit pf sitif).
La locution il y a s'emploie très-souvent dans les mêmes c ditions que la locution impersonnelle il est. La décomposition la locution il y a se fait en la ramenant à la valeur du verbe éi comme le montrent les exemples suivants :
Il y a de la bassesse à... U est bas de...
Il y a de la grandeur à*.. Il est grand de...
Il y a de la honte à— Il est honteux de...
Il y a de rineonséquence à... Il est inconséquent de...
Il y a à espérer. Il est à espérer (attr. préparitiflt
Il y a à parier. U est à parier (attr. préjKntif)^
Il y a dix maisons. Dix maisons existent.
Il y a de la vie. De la vie existe.
n y a lien de.
n y a lieu de lecommtncer.
Recormnencer (sujet) estiyerbe) nécessaire.
BES GAUJOaiBS. SOI
Il y a loBgtempc i{ae.
{l3r«kM||l8np|i qiM je vous ai vu.
I* TEMPS ecouié depuis que je vous ai vu est long.
Je ne vous ai pas vu depuis longtemps,
n y a oîaq aat.
y y ïtinq ans que je vous connais.
'S foiM CONNAIS dei^tffs cmg ant.
2 y aora dix ans que nous nous connaissons.
^008 nous CONNAITRONS depuis dix ans,
XL n'y a.
jj n'y a personne qui me plaigne.
'^QisoNNE ne me plaint.
^ n'y a personne qui ne mo plaigne.
*OUt LE MONDE ME PLAINT.
2 '''y a rien qui Tamuse.
'^^ ne /'amuse.
ij ïï'y a rien qui ne Tamuso.
*^Hjt l'amuse.
Luf^'y a pas jusqu'aux bourgeois qui ne s'en mûlent. ^^ BOURGEOIS méfiie s'en mêlent.
n fait.
s ^ait ciier vivre ici,
•^VUK toi EST CHER.
^.^^t bon être prudent.
^'•^ prudent est BON.
y- *^rait beau vous y voir.
^««« y VOIR SERAIT BEAU.
y-^^is sortiriez par la pluie qu'il fait î ^tJS SORTIRIEZ par cette pluie !
Il faut.
S^Eaut une réponse.
^K réponse est NÉCESSAIRE.
faut que vous veniez.
, que vous vemei, est nécessaire.
A. l'aide des décompositions qui précèdent, il est facile de se î/^fîre compte de tous les gallicismes que peuvent former les vei4)es ^personnels.
GlUiaaillE GÉNÉRALE TT HI8T0RIQDB.