DE U PONCTUATION
la ponctuation est l'art d'établir, au moyen de signes convenus, des divisions régulières, non-seulement entre les phrases, mais encore entre les propositions et leurs principaux éléments.
Les signes de ponctuation sont : la virgule (,) , le point-virgule (;} , kdeux-points (:), le point (.), le point interrogatif {?)y le point ^lQmatif{\)y les points suspensifs (...), l2i parenthèse ( ), le guillmet{n), et le tiret { — ).
Se la virgule.
La virgule sert à séparer les parties semblables d'une mémo lArase, sujets, attributs, compléments, et propositions coordonnées de peu d'étendue, lorsqu'elles ne sont pas unies par une des conhnctions et, ni, ou :
fa PBADDE , le PABJunE, les procès, les ouEnnss, ne font jamais entendre leur NxëofM ce séjour chéri des dieux, (Fénelon.)
Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis. (Racine.)
On se menace, on court, Tair gémit, le ciel brille. (Voltaire.)
''ott^ çrondait» le tonnerre^ les vents, les flots, les antres, les montagnes»
(Barthélémy.)
. ^ liberté consiste à ne dépendre que des lois. Sur ce pied, cJiaqi^ homme est •^c aujourd'hui en Suède, en ÀNGLETEnaE, en Suisse. (Voltaire.)
l^ sottise, la calomnie et la renommée, leur très-humble servante, grossissent ^ (Voltaire.)
-Alj^onse d^ Aragon, souverain de Sicile, envoie quelques cavaliers au milieu de - désordre. (Villemain.)
Celui^ n'est pas raisonnable à qui le hasard fait trouver la raison, mais celui ^i u CONNAIT, QUI LA DISCERNE et qui lu goûte. (La Rochefoucauld.)
Hais on écrit sans la virgule :
V Toute proposition simple qui n'excède pas la portée conununo B la respiration :
U est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé,
(La Rochefoucauld.)
2® Les parties semblables d'un proposition unies par et, ni, (m :
7W estsUence et repos dans les savanes. (Chateaubriand.)
Le figuier, l'olivier, le grenadier et tous les autres arbres couvraient la cam» me. (Fénelon.)
Sr74 GRAMMAinE GÉNÉRiLLE ET HISTORIQUE.
Destiné à régner, il faut que tu sois ou le plus juste oo le plus coupabk à hommes, (Thomas.)
Quand la conjonction et unit deux prépositions coordonnées q sont par le sens opposées l'une à Tautre, on place toujours la virgu avant la conjonction :
La jeunesse change ses goûts par l'ardeur du sang^ et la meillesse contem siens par Vaccoutumance, (Lh Roclicroucauld.)
On doit toujours séparer au moyen de la virgule les complëmei directs ou indirects des compléments circonstanciels :
J*ai vu VEurope transportée À l'extrémité de V Afrique, par les soms à peuple avare, patient et laborieux, qui a vaincu, par le temps et la gmstai DES DIFFICULTÉS quc totit l'Iiéroïsmc des autres peuples n'a jamais pu.surmm (J.-J. Rousseau.)
Si les différents termes unis par et, ni, ou, sont d'une certa étendue, alors on les sépare au moyen de la virgule; il en est même lorsque et^ 7ii, ou, sont répétés :
Le fier Assuérus couronne sa captive,
Et le Persan superbe est aux pieds d'une Juive. (Racine.)
Nous avons reconnu treize espèces, ou du moins treize variétés bien distim dans les animaux qt^ on appelle gabelles; et dans l'incertitude où immm mmm si ce ne sont que des variétés, ou si ce seraient en effet des espèces réeUemOÊk férentes, nous avoîiscru devoir les présenter ensemble. (Bufibn.)
Tout reconnaît ses lois, ou brigue son appui. (Boileau.)
On ne fait ni tout ce qu'on peut, m tout ce qu'on veut.
Ou l'amitié n'est pas une vertu, ou il ne peut y avoir de vraie amitié qu'e» les gens de bien.
Toute proposition dans laquelle ce suivi d'une des formes du ver être représente un ou plusieurs termes précédemment énoncés, d être précédée de la virgule :
Leplus riche des hommes, c'est l'économe ; le plus pauvre, c'est Vavare.
(Chamfort.)
Quand la Fontaine est mauvais, c'est qu'il est négligé; quand la Motte ft c*EST qu'il est recherché, (Chamfort.)
La virgule se place toujours avant un verbe sqparéde'^mi «»i par une proposition incidente déterminative :
Zr'AHI QUE NODS AVONS RETROUVÉ DANS LES JOURS DE l'ABANDON, est It pkttU
chant des bienfaiteurs. (Lacretelle.) le temps, ^ui fortifie les amitiés, affaiblit l'amour, (La Brayène.)
La virgule se place encore, dans les phrases inverses, ^itre le «uj et le complément modiûcatif qui le précède :
MaItre de lui-même, l'noma sage l'est des événements ; content de sof^ ^
DE L\ PONCTUATION. i275
n ne veut être que comme il a toujours été ; se suffisant à lui-même, il n'a P^un faible besoin des autres, et il ne peut leur être à charge; occupé continuellefnent à exercer Us facultés de son âme, iLperfertionne son entendement, etc.
(Buffon.)
La virgule doit toujours se mettre après un sujet dont le verbe est >OQs^«nieBdu :
Le ciel est dans ses yeux, et Venfer, dans son cœur. (Racine.)
Son emploi est de rigueur avant une proposition elliptique eooiifiençant par et, mais :
n occupait leur trône, et craignait leur présence. (Corneille.)
Je fis beaucoup alors, et ferais encor plus. (Le môme.)
Oui, je crains leur hymen, et d'être à l'un des deux. (Le m^me.)
la virgule se place encore avant le second membre de toute comjMffaison :
iltfautmieuxs'eocposer à l'ingratitude, que de manquer aux misérables.
(La Bruyère.)
^yades sottises bien habillées, comme il y a des sots bien vêtus. (Chan/^fort.) A est moins aisé de se guérir de l'ambition, que de s'en préseuver.
On met entre deux virgules toute expression ou toute proposition lu on peut supprimer ou changer de place sans dénaturer le sens de '^ phrase; tels sont les mots employés par apposition et par aposî^phe, les compléments circonstanciels, les propositions interjetées et les propositions incidentes explicatives :
^*wnbitton, comme la colère, conseille toujours mal. (J.-B. Say.)
Agir sans avoir réfléchi, c'est se mettre en voyage sans avoir fait de prépa"
Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi. (Racine.)
Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs. (Boileau.)
., Ma cousine, ma bienfaitrice, mon amie, j'arrive des extrémités de la terre, et ^ ^ rapporte un cœur tout plein de vous. (J.-J. Rousseau.)
L'amour de la justice n'est, en la plupart des hommes, que la crainte de touf- 'H' l'injustice. (La Rochefoucauld.)
Elle s'emploie entre deux propositions de peu d'étendue unies 1^ Time des conjonctions maiSj car :
Il n'y a guère que du vide dans les choses de ce monde, mais il y en a moins ^n$ l'étude qu'ailleurs. (Voltaire.)
Il y a de bons mariages, mais il n'y en a point de délicieux, (La Rochefoucauld.)
lime fit d'abord mille caresses, gab il m'aime, (PascaL)
276 GRAmiÀIRE GÉ!«ÉRàLE et HlSTORTiH^.
Jhi poînt-Tirgule*
Le point-virgule sert à marquer les divisions principales de la phrase; il sépare les propositions semblables, dont le développement a trop d'importance pour que la virgule soit entre elles un signe suffisant de division et de repos :
Un égoïste se garderait bien d'être misanthrope; il s'aime trop pour fuir cex» dont il peut recueillir des avantages.
Il est une suprême dignité qui par elle-même ne donne point de rang; (fest eàlt qui résulte de la qualité d" honnête homme.
Ainsi dans une phrase les membres principaux sont séparés par le point-virgule, et les parties accessoires par la virgule seulement:
C'est par la sagesse, disait un jeune roi, que je deviendrai illustre parmi les notions ; que les vieillards respecteront ma jeunesse ; que mes voisins, quelque reêm' tables qu'ils soient, me craindront; qveje serai aimé dans la paix, et redouté da» la guerre, (Fénelon.)
Mais pour plaider, il vous faudra de l'argent; il vous en faudra pour Vexfif^U il vous en faudra pour le contrôle ; il vous en faudra pour la procuration, pintrfs présentation, conseils, productions et journées de procureur; il vous en fauàrapfi les consultations et plaidoyers des avocats, pour le drot de retirer le saeetpoff les grosses d'écritures ; il vous en faudra pour le rapport des substituts , pour fe» épices de conclusion, pour l'enregistrement du greffier, façon d'appointements, s^' tences et arrêts, contrôles, signatures, et expéditions de leurs clercs, sansparler^ tous les présents qu'il vous faudra faire, (Molière.)
Petit-Jean, remenez votre maître;
Couchez-le dans son lit ; fermez porte, fenùtre ;
Qu*on barricade tout, afin qu'il ait plus chaud. (Racine.)
Jhi deax-poînU.
Le deux-points s'emploie : 1® pour séparer une citation de '* proposition qui Tannonce :
Pythagore a dit : Mon ami est un autre moi-même; et Plaute : Le bien ^^ fait à d'honnêtes geps n* est jamais perdu.
2® Après une proposition qui précède et annonce une maxi^"*^ générale, une sentence :
Voici le code de l'égoïste : Tout pour lui, rien pour les autres.
3" Après les propositions qui ont un sens complet, mais que su^' vent d'autres propositions qui les développent et les expliquent'
Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde:
On a souvent besoin d'un plus petit que soi. (La Fontaine.)
Elle ne manquait pas une seule audience.
Jamais, au grand jamais, elle ne me quitta,
DE Là ponctuation. 277
Et INea tait bien souvent ce qu^elle en rapporta:
Elle eût du buvetier emporté les serviettes
Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes. (Racine.)
4* Après ou avant une proposition que suit ou que précède une énumération :
Li 6ôCt dApend db deux choses : tTun serUimerU délicat dam le cœur, et (Ttin ttmde juetetee dans Vesprit.
Du lait, du pain, des fruits, de Therbe, une onde pure : Citait de nos aïeux la saine nourriture. (La Fontaine.)
IHi pojni.
Le point se met après tout assemblage de mots qui énonce un iGos complet et qui ne se lie intimement, par le rigoureux enchaînement des idées, ni avec ce qui précède ni avec ce qui suit :
Ums XII, un des meilleurs, et par conséquent un des plus grands rois que la fWe ait eus, fut accusé d'avarice, parce qu'il ne foulait pas les peuples pour en* fi^ des favoris sans mérite. Le peuple doit être le favori d'un roi; et les princes ^JHft droit au superflu que lorsque les peuples ont le nécessaire. Les reproches ffm osait lui faire ne prouvaient que sa bonté. On porta l'insolence jusqu'à le i^tKftur le théâtre. J'aime mieux, disait ce prince honnête homme, que mon avarice ^ fasse rire, que si elle les faisait pleurer. (Duclos.)
La phrase qui suit le point doit toujours commencer par une tetre majuscule.
Pour donner plus de clarté à une narration, on emploie le point 4ins bien des cas où le point-virgule et le deux^points seraient des ^>gQes de division suffisants :
^hourg d'Engen est dans cette vallée. Il faut, pour descendre d'Engen, franchir ^ suite de hauteurs boisées, d'un abord asse% difficile. Les Autrichiens occupaient ^luiuteurs avec leur infanterie. Ils avaient leur cavalerie dans la plaine d'Engen. f* fallait que Moreau leur enlevât d'abord ces hauteurs , puis qu'il descendit dans *^pkine pour y culbuter la cavalerie impériale. Il marchait lui-même à la tête ^divisions Delmas et Bastoul, et de la moitié de la division Larges. Il avait ^gé sur sa gauche , par la route dite de Blumenfeld , la division Richepanse. ^^^lltHii, en s'engageant dans une suite de vallons, devait tourner les positions de ^nemt par des accès moins défendus ; et tous ensemble, s'ils réussissaient, devient ensuite descendre en masse sur Engen. (Thiers.)
IHi point înterrogatif.
Le point înterrogatif s' emiAole : 1® après une phrase ou une proposition dont la forme est interrogative :
lyoii vene%rvous ainsi? Que nous dire%rvous de bon? N'y a-t-il rien de nouveau?
(La Bruyère.)
5frc, nous avons ordre de vous emmener. — Ordre de qui? — De l'armée. — Où ^ttlewottt m* emmener? à quel château? — Au château de Hurst. — Nepuis-je ^ aucun de mes serviteurs ? — Seulement les plus nécessaires, (Guizot)