VE LA PONCTUATION
pides; Tautre Taurait réduit en particules qui auraient fait de la parole une espèce de bégaiement dans la bouche de ceux qui auraient loalu marquer toutes les choses écrites.
Qd a donc combiné, avec raison, les besoins de la respiration avec kssens partiels, et cette combinaison s'est exécutée par des signes gradués, selon les différents degrés de subordination qui conviennent i diacun des sens partiels, dans Tcnsemble d'une proposition ou f nue période.
La virgule marque la moindre de toutes les pauses et la plus in- KDsible; elle est employée plutôt pour ménager la faiblesse de Torpne du lecteur ou celle de Tintelligence de l'auditeur, que pour ■vquer une division réelle dans les sens partiels du discours, laui le lecteur ne doit-il jamais en abuser et prendre à son occan un repos qui nuirait à la vérité et à Tunité de la pensée, dont la paole doit présenter une image fidèle.
Le pùint'Virgule désigne une pause un peu plus marquée. Ce qne sert à diviser les parties principsdes d'une proposition. SiDs doute on ne devrait rompre l'unité de la proposition entière fM le moins possible ; mais on a préféré la netteté de la prononciation orale ou écrite à la représentation trop scrupuleuse de l'unité àiieQs total, laquelle, après tout, se fait assez connaître par lenionble de la phrase, et dont Tidée subsiste toujours tant qu'on ne )i, détruit pas par des repos trop soutenus : c'est pourquoi le repos <ïfigé par le point-virgule ne doit jamais être considérable ; une ^îltettce légère doit le marquer, et sa durée est bornée au temps V*il but pour reprendre haleine.
Le deux'points annonce un repos un peu plus considérable que ^ du point-virgule ; et la môme proportion qui a réglé l'emploi 4> ce dernier signe a décidé encore de l'usage du deux-points. On ^ place dans les cas où la proposition est complète granmiaticale- ^t, mais où elle se montre cependant encore subordonnée à un ^t principal.
Le repos qu'exige le deux-points dans une lecture soutenue ''oit être marqué, et la chute qui l'accompagne plus exprimée que ^^le signe du point-virgule. La raison de cette règle n'a pas be- ^d'étre expliquée ; elle est une conséquence de la nature même de ^ ponctuation dont il s'agit et des circonstances dans lesquelles elle Remployée.
hè point enfin est, comme tous les autres signes, soumis à l'in- '^ïence de la proportion qui en a réglé l'usage. 11 est placé après une ^ode ou une proposition quelconque qui a un sens absolument ^iné. Nous ferons remarquer cependant que le besoin de prendre ^ repos un peu considérables donne souvent lieu d'employer le point ^Près certaines propositions qui ont un sens tout à fait indépendant
la vérité , mais qui consenent néanmoins cpielqae liaiso» avee 11 suite par la convenance de la matière ou par Tanalogie générale dtt pensées, dirigées vei^ un même but. Dans tous ce» cas, le repei qu'entraîne le point doit être d(k;isif : c'est là que le lecteur deitcfaxe lu période par une chute bien caractérisée (1 ) .
Dans un très-grand nombre de manuscrits anciens, le sens, les propositions et les différentes phrases ne sont ni divisés ni distiÀgués par des signes.
Ce fait, qui résulte de la négligence et probablement aussi diF rignorance des copistes, a porté quelques grammairiens à croire qor la ponctuation est d'invention moderne et qu'elle a été introdtntt dans l'écriture depuis la découverte de l'imprimerie seulement:
Cette opinion est réfutée par un très-grand nombre d'observations consignées dans les ouvrages des anciens ; et il n'est pas douteoi que la distinction des sens n'ait été établie dès la plus haute antiquité au moyen de signes : Aristote se plaint, dans sa RKétorifm^ deve qu'on ne pouvait pas ponctuer (itaari^at) les écrits d'Héra^ sans risquer de lui prêter quelque contre-sens; Cîcéron à son: toar nous dit que les anciens ont pensé qu'il devait y avoir dans la pM même des intervalles, des séparations, du nombre, dé la mesnei comme dans les vers, et par ces intervalles^ ajoute-t-il, ils rmyfflr lent pas parier de ce qui est déjà établi pour- la facilité de là rea^ ration et pour soulager l'orateur, ni des signes des copistes^ maisdiA cette manière de prononcer qui donne de l'âme et du sentiment af> discours (2).
Il est donc manifeste que les signes de ponctuation ou de dmàot^ ne sont pas d'invention moderne, et que nous ne pouvons nous attrî' buer d'autre mérite que celui d'en avoir fixé l'emploi d'une manière logique et à peu près régulière.
(1) DuBROCA, ilr/ de lire à haute voix,
(2) Versus enim vetéres illi in hâc soluiâ oratione prope modum, hoc e«(» meros quosdam nobis esse adhibendospulaverunt : interspirationis enim^ nondif^ tigationis nosirœ, neque librariorum notis, sed^ vtrèorum et sêtUeniimrum^iiiit^^ intêrpunctas clausulas in orationibus esse volueruat; idque prineêja Isêet^^ instituisse fertur, (Cic, orat. xljv, 173.)
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