‹ Grammaire générale et historique de la langue françaiseChapitre 17 sur 153 · GRAMMAIRE GÉNÉR.VLE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE GÉNÉR.VLE ET HISTORIQUE

Non, car cette construction ne traduirait pas la pensée qu'on veut exprimer ; mais on dirait :*

Ces vertus étaient aussi pures qu'on /'avait cro jusqu'alors»

Observation. — La même phrase peut quelquefois être différemment entendue, et le même participe peut s'écrire variable et invariable^ quand /' est également traduisible par un nom et par une proposition.

xîinsi Ton écrirait également bien :

// a une campagne comme il L'a soi^AiTi.

Et : // a une campagne comme il L'a souhaitée.

La pensée, dans la première phrase, est celle-ci : comme il a souhaité d'en avoir une.

La pensée, dans la seconde phrase, est : telle qu'il a souhaité elle.

Participe passé des verbes întransiUfs ou neutres.

Le participe passé des verbes intransitifs peut être employé sans auxiliaire, ou accompagné de Tauxiliaire être ou de l auxiliaire avoir.

L Employé sans auxiliaire, c'est un véritable qualificatif qui prend le genre et le nombre du nom ou du pronom qu'il modifie :

Eux venus, le lion sur ses ongles compta,

Et dit : Nous sommes quatre à partager la proie.*

Puis en autant de parts le cerf il dépeça. (La Fontaine.)

IL Conjugué avec l'auxiliaire étre^ c'est encore un qualificatif qui s'accorde avec le terme auquel il se rapporte :

Tous les maux sont venus de la triste Pandore. ( La Fontaine.)

îls disaient qn*ii& étaient enthés dans cette maison les plus innocents des hommes, et qu'iLS en étaient sortis les plus coupables, (Bossuet.)

IIL Conjugué avec l'auxiliaire avoir ^ tout participe d'un verbe intransitif est invariable :

La justice et la modération de nos ennenUs nous ont plus nui que leur valeur,

( Marmontel.)

L'histoire luit ; soudain les temps ont reculé;

L'ombre a fui ; les tombeaux, les débris, ont parlé. ( Legouvé.)

Leurs clans ont triomphé sous le lambeau de soie

Qui, brodé par mes mains, dans nos rangs se déploie. (C. Delavîgne.)

La foi dans tous les cœurs est pour moi disparue, (Baciiie.)

DU PARTiaPE. 25

YaHM^e pacte àtê Terbet îatraiitîUft employés tr«Biitirem«Bt.

Tout participe d'un verbe intransitif employé transitiveînenf ^ s'accorde avec le complément direct qu'il précède.

// aretrowé les enfants qu'i7 avait tant pleures.

Quels dangers n'a pas cocrls l'Autriche pendant la *empéie de vingt ans gt^elle a essuyée? (De Pradt.)

On dit pleurer et courir^ dans le sens absolu et intransitif; mais on dit aussi, dans le sens transitif, pleurer un enfant et courir un danger,

l\ est un très-grand nombre de verbes intransitifs qui, comme pleurer et courir^ empruntent accidentellement la signification active et prennent le complément direct; leur participe suit, dans ce CHS^ la r^Ie du participe passé des verbes transitifs.

Ah ! de vos premiers ans Tlieureuse expérience

Vous faitrelle, seigneur, haïr votre innocence?

Songez-vous au bonheur qui les a signalés ?

Dans quel repos, ô ciel ! les avcz-vous coulés? (Racine.)

Le %èle d'une pieuse sévérité reprochait à la Fontaine une erreur Qu'il a pleubép. lui-même. (Champfort.)

L'évêque de Meaux a créé une langue que lui seul a parlée. (Chateaubriand.)

Elle n'oublie pas tous les dangers Qu'i/ avait courus entre Charybde et Sylla.

(Fénelon.)

11 en est d'autres qui ont le sens intransitif ou transitif, selon leur différence d'acception; tels sont aider ^ applaudir^ commander^ fuir^ insulter^ manquer^ servir^ qui prennent tantôt un complément direct et tantôt un complément indirect, et, selon le sens, sont variables ou invariables.

Ainsi Ton écrira :

Avec accord : ^ans accord :

11 nous a aidés do sa bourse. U vous a aidé à descendre.

C'est-à-dire, a aidé nous. C'est-à-dire, a aidé à votu.

Il nous a insultés publiquement. Il nous a insulté dans notre malheur.

C'est-à-dire, a insulté nous. C'est-à-dire, a insulté à nous.

Votre valet nous a bien servis. Vos notes nous ont bien servi.

C'est-à-dire, a bien seni nous. C'est-à-dire, ont bien servi à nous.

Lss ennemis nous ont fuis. Nos beaux Jours nous ont fui.

C'est-à-dire, ont Aii nous. C'est-à-dire, ont fui loin de nous.

Participe passé des verbes intransitifs précédé du eomptémeat

d'une préposition sous-entendue.

Les pronoms /<?, /a, tes^ que^ lequel^ laquelle^ lesquels^ lesquelles^ précèdent quelquefois le participe passé des verbes transitifs et intransitifs, par ellipse (Tune préposition ; dans ce cas, le participe reste invariable :

Je sais tous les moments qd'i/ a souffert.

C'est-à-dire, pend.vnt lesquels il a souffert.

Cette cantatrice a gagné cinquante mille francs chaque année Qv'elle a joué et CHANTÉ sur notre théâtre.

C'est-à-dire, pendant laquelle elle a joué et cJianté.

Puisse le ciel, qui lit dans mon cœur éperdu.

Ajouter à vos jours tous ceux que j'ai vécu ! (La Chaussée.)

C'est-à-dire, tous ceux pendant lesquels fai vécu.

Il ne vous a pas dit tous les jours QD*t7 a pleuré en secret.

C'est-à-dire, pend.ant lesquels il a pleuré.

Les huit jours Qu'a duré notre inventaire, nous n'avons pas eu un seul instant de repos.

C'est-à-dire, pendant lesquels l'inventaire a duré. '

Toutes les années que vous ave% croupi dans une honteuse insouciance ont été })erdues pour vous. ( Bescher.)

C'est-à-dire, pendant lesquelles vous avez croupi.

Dans tous ces exemples, le que^ placé avant le participe,^est, non pas un complément direct^ mais un complément circonstanciel ^ sous la dépendance d'une préposition sous-entendue.

Les phrases qui suivent présentent de nouvelles applications de ce principe :

V Allemagne a couru les plus grands dangers pendant les années Qu'a oniÉ cette guerre. ( De Pradt.)

Je regrette les nombrtuses années que j'ai vécu sans powoir m'instruire.

(J.-J. Rousseau.)

C'est à la même époque que la Clairon a débuté. (Voltaire.)

passé des verbes pronominauT.

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