‹ Grammaire générale et historique de la langue françaiseChapitre 46 sur 153 · S6 GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

S6 GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE

Nous nous PLAIGNONS QUELQUEFOIS LÉGÈREMENT de HOS OmiS fOUf jUStifUr p«

avance notre légèreté. (La Rochefoucauld.)

Souvent on entend mal ce qu*on croit bien entendre. ( Molière.)

Mais les adjectifs employés adverbialement se placent presqui toujours après le verbe :

// y aparler bien, parler aisément, parler juste, parler à propos. (La Bruyère.

Les bonnes mœurs, la probité Donnent à peu de frais cette félicité

Qu'un monde imposteur nous présente Et nous fait payer cher sans la donner jamais. ( Florian.)

II. Les adverbes de quantité et de temps doivent toujours a placer après le verbe quand ils sont monosyllabiques :

Je veux qu'on vous escorte ; je m'iNTÉREssE trop à votre personne, ( Molière.)

Le fat ne va pas où on l'attend; il arrive tard où il n'est pas attendu.

(Dôsmahis.)

Mais ces adverbes, quand ils sont polysyllabiques, ont toujours, cx)mme adverbes de manière , une plus grande valeur d'expression lorsqu'ils précèdent le verbe :

Le riche est né pour beaucoup dépenser.

Le pauvre est fait pour beaucoup amasser, (Voltaire.)

Rarement un valet dit du bien de son maître. (Collin d*Harleyille.)

m. Les adverbes de temps et de lieu se placent indifféremment avant ou après le verbe :

Quelquefois je me fais des illusions pour accroître mes jouissances, tÏJW SEMBLE ALORS quc la terre porte son attention jusqu'à la délicatesse, et queltt fruits sont annoncés par les fleurs. (Fénelon.)

Je Vérité partout, partout il me poursuit, ( Racine.)

Jamais l'innocence et le mystère n*HABiTÈRENT longtemps ensemble.

(J.-J. Rousseau.)

IV. Mais ici et là se placent très-souvent en tête de la proposition :

Ici gît... point de nom !... Demandez à la terre

Ce nom ( Lamartine.)

Là dort d'un doux sommeil, quoique sans mausolée.

Dans le sein de sa mère, un fils de la vallée. ( Le même.)

V. Oii se place toujours à la tête de la proposition quand il a po^^ corrélatif là sous-entendu :

Où la guêpe a passé le moucheron demeure. (La Fontaine.) Où Tusage prévaut nulle raison n'est bonne. (Quinanlt.)

VI. On place toujours après le verbe les adverbes de manière qui le modifient lorsqu'ils sont eux-mêmes modiliës par un autre adverbe :

// se conduit assez habilement. — // agit plus prcdemuent que son frère*

Le génie consiste, en tout genre, à concevoir plus vivement et plus parfatte» MENT son objet. (Vauven argues.)

VII. Les adverbes auxquels se joint un complément se mettent aussi après le verbe :

Je PE?isB à vous, ma chère fille, pRÉFénABLEMEXT À toutes choses.

(M"«deSévigné.)

Polyeucte parle comme il doit parler, conformément aux préjugés. (Voltaire.)

VIII. On peut cependant placer élégamment avant le verbe Tad- \erhe qui a un complément d'une certaine étendue ou plusieui*s compléments coordonnés :

Indépendamment des grâces de son âge et de sa gaieté vive et caressante, elle A dans le caractère un fonds de douceur et d'égalité. (J.-J. Rousseau.)

IX. L'adverbe qui modifie un adjectif ou un autre adverbe le précède toujours :

Les premières sensations des enfants sont purement a//cc/jï'es. (J.-J. Rousseau.)

Lorsque je parle des figures employées par la nature, je n'entends pas qu'elles soient nécessairement ni même exactement semblables aux figures géométriques gui existent dans notre imagination. (Bufifon.)

Rien n'est si triste que l'aspect d'une campagne nue el pelée (J.-J. Rousseau.)

X. Les adverbes comô^'m, comme .^ comment^ oii^ pourquoi^ quand ^ employés dans les propositions interrogatives ou exclamatives, se placent toujours avant le verbe :

Combien Art-elle été maîtresse de son cœur! (Bossuet.)

Comme on voit tous ses vœux l'un l'autre se détruire l (Racine.)

Comment pouRRAi-je arrêter ce torrent de larmes? (Bossuet.)

Où menez-vous ces enfants et ces femmes ? ( Racine.)

Pourquoi ne RÉFORMÉRioNS-nows pas notre iwxe? (Fléchier.)

Mais vous, quelles fureurs vous rendent sa victime? Pourquoi vous imposer la peine de son crime? (Racine.)

Quand viendra l'accomplissement de vos promesses? (Académie.)

XI. L'adverbe modifiant un verbe employé à un temps composé, se place le plus ordinairement entre l'auxiliaire et le participe :

On n'AVAiT point encore vu commettre une lâcheté avec tant diaudace.

' (Voltaire.)

// A st'ccBssivEUBNT cfiANTÉ If S lotiGivjes dc8 mitiintres qui ne iont iuecéii.

S'il y a des hommes dont le ridicule h'kit jamais pahu, c'est qu'on ne Ta jamais «iiBRCHÉ. ( La Rochefoucauld.)

Mais l'adverbe se place après le participe quand on veut lui donner toute sa valeur d'expression :

Il a EU NATURELLEMENT cc quc tant d^autrcs veulent avoir et ne se donnent pa.

(La Bruyère.)

XII Enfin, lorsque plusieurs mots, formant une expression adve^ biale, modifient un verbe, ils se placent avant ou après le verbe, mais ils donnent plus d'énergie à l'expression lorsqu'ils suivent :

. . . Pour peu qu'un seul jour on ait administré.

On connaît ses cousins au quinzième dcgi'é. (G. Delavigne.)

// ne vient plus me voir que de loin en loin. (Âcad(5mic.)

Des expressions négatives.

I II n'y a proprement que deux adverbes de négation, non et ne; les autres expressions négatives, pas^ points etc., sont des termes accessoires qui, le plus souvent, ne servent que de compléments aux deux autres.

II. Ne employé seul est l'expression négative la plus faible :

Je ne puis commander au trouble qui m'agite. (Corneille.)

Il est peu de beautés que le temps ne détruise. (Lanoue.)

Qui de nous, en posant une urne cinéraire,

iV'a trouvé quelque ami pleurant sur un cercueil ? (V. Hugo.)

III Ne pas est l'expression négative moyenne ; elle a plus de force que ne^ et elle est moins énergique que ne point :

Quelqu'un fait bien; veut-il faire mieux? que je ne sache pas qu'il fait &i«», ok que je ne le soupçonne pas du moins de me l'avoir appris. (La Bruyère.)

La sagesse n'est pas toujours inaltérable. (La Chaussée.)

Non, tu n'es pas un aigle, ont crié les serpents,

Quand son vol faible encor trompait sa jeune audace. (C. Delavigne.)

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