II. Ou est Hussi pronom^ adverbe ou conjonction
1" Où^ pronom relatif ou adverbe ^ prend toujours Taccent grave :
Cest un mal oij mes amis ne peuvent porter remède. (Montesquieu.)
Ali ! destins ennemis, où me réduisez-vous ? (Racine.)
Sans sortir de la cour, n'a-t-il pas encore vingt caractères de gens où il n*a f^* touché. (Molière.)
Ils passèrent deux ou trois jours dans le faubourg des Chartreux où tout le peup^^ alla les voir. (La Rochefoucauld.)
2** Ou est conjonction, lorsqu'on peut le traduire par ou bien, €^ alors il s'écrit sans accent :
Ou lassés, ou soumis.
Ma funeste amitié pèse à tous mes amis. (Racine.)
XocuUons conjonctives.
'On donne ce nom à tout assemblage de mots qui , cojnme les conjonctions, marque un rapport entre deux propositions ; tels sont au reste ^ au surplus^ ou bien^ avant que^ pour que^ ou toute autre expression terminée par la conjonction que.
DE LA COlflONCnON. 99
pRiRCiFiu» lacimoiis cMJoicTnis.
A condition que. Au surplus. En cas que. Sans que.
Afin que. Avant que. Encore que. Si ce n*est que.
Ainsi que. Bien entendu que. Jusqu'à ce que. Sinon que.
A moins que. Bien que. Non pins que. Si peu que.
Après que. De façon que. Ou bien. Soit que.
Attendu que. De manière que. Parce que. Sit6t que.
An contraire. De même que. Par conséquent. Supp^é que.
An lien que. Depuis que. Pendant que. Tandis que.
Jkn moins. Dès que. Pour que. Vu que.
An reste. D*où vient que. Pourvu que.
Aîttsi bien que. Du moins. Quand bien même.
Aussitôt que. Du reste. Quand même.
SabdiTisioa des eoaijonetîons et des loevtîons eot^oneti^es.
Considérées relativement à leur expression, les conjonctions et tes h)Cutions conjonctives se divisent en copulatives^ alternatives^ adversatives^ causatives^ explicatives^ hypothétiques ou condition^ melleSj eonclusives^ et transitives,
I. Lus conjonctions copulatives sont celles qui servent simplement à unir deux termes ou deux propositions, et qui n'ajoutent au sens aucune idée particulière ; telles sont et^ ni :
L'ambition et Vavarice des hommes sont les seules sources de leurs malheurs,
(Fénelon.)
L'audace et le mépris sont d*infidèles guides. (Racine.)
Faites votre devoir et laissez faire aux dieux. ( Corneille.)
La mollesse m la volupté ne peuvent contenter nos cœurs. (Lebrun.)
II. Les conjonctions alternatives ou disjonctives sont celles qui servent à établir Talternative ou la distinction entre les termes rapprochés ou les idées mises en rapport, coipme ow, ou bien^ sinon., ^oit^ soit que^ tantôt :
Le bonheur on la témérité ont pu faire des héros; mais la vertu toute seule peut former des grands hommes, (Massillon.)
L'instinct ou Vesprit des animaux varie ; mais le sentiment est pareil dans toutes kê races, (Chateaubriand.)
N*en doutez point, seigneur, soit raison ou caprice,
Rome ne Tattcnd point pour son impératrice. ( Racine.)
III. Les conjonctions adversatives sont celles qui servent à exprimer l'opposition ou la différence qui existe entre ce qui suit et ce qui précède; telles sont mais.^ cependant ^ néanmoins ^ pourtant ., toutefois^ bien que^ loin que^ etc. :
On disait fu'ti ne viendrait pas» cependant le voici, (Académie.)
100 grabihàire généràlb et historique.
Ce sommeil fut profond, mais je ne sais s'il fut de longue durée, (Buffon.) Là tout est beau, parce que tout est vraL ( J.-B. Rousseau.)
IV. Les conjonctions causatives sont celles qui indiquent, amxmcent la cause, le motif, la raison de ce qui a été fait ou a eu lieu; telles sontai/^i, car,^ comme ^ afin que ^ parce qtie ^ à cause que, pour que, de peur que^ etc. :
Tenti-voui prêt à répondre, car je veux vous interroger. (De Saqr.)
Le présent qui s'enfuit est déjà bien loin, puisQo't/ s'anéantit dan$ le imweni que nous parlons. ( Fénelon.)
Pour Qv'une religion attache, il faut qu'elle ait une morale pure.
(Montesquieu.)
V. Lés conjonctions explicatives sont celles qui annoncent que la proposition qui suit est l'explication ou une sorte de développement de celle qui précède, comme savoir j à savoir, c'est^-dire,
. comme, ainsi que, de même que, de façon que:
L'histoire, ainsi que la physique, n'a commencé à se débrouiller que vers kt fn du sei%ième siècle . ( Voltaire. )
Du pied des montagnes jaillissent des sources d'une eau pure comiB le cristaL
(Barthélémy.) La bienfaisarke^ ainsi que les autres vertus, ne vieillit jamais, (DeSégur.)
Les seules défaites qui ont fait la gloire des plus grands capitaines de la république, c'est À SAVOIR de Sylla, de Lucullus et de Pompée. (Racine.)
VI . Les conjonctions hypotJwtiques ou conditionnelles sont celles qui lient deux termes ou deux propositions en exprimant une supposition ou une condition; telles sont si, soit, au cas que, en cas que, à moins que, à condition que, bien entendu que, pourvt^ que, etc. :
Si mourir pour soil prince est un illustre sort.
Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort? (Corneille.)
VU Les conjonctions conclusives sont celles qui marquent que la proposition qui les suit est la déduction, la conséquence logique do la proposition qui précède; telles sont donc, partant, par conséquent, attendu que, puisque, vu que, etc. :
Je le crois criminel puisque tous Taccusez. ( Racine.)
JepensCy donc Dieu existe, car ce qui pense en moi, je ne le dois point a moimême. (La Bruyère.^
J*eus un maître autrefois que Je regrette fort,
Et que je ne sers plus, attendu qu'il est mort (Destouches.)
Il croit ses vœux reçus puisqu'ils sont écoutés. ( Corneille. )
VIII. Les conjonctions transitives sont celles qui marquent la transition, le passage d'une idée à une autre ; ce sont : or, au reste^ in reste :
Je no sais si le style
Pourra vous en paraître assez net et facile,
Et si du choix des mots vous vous contenterez.
— Nous allons voir, Monsieur. — Au rate, vous saurez
Que Je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire. (Mc^ère.)
IX ^ Les conjonctions périodiques sont celles qui en unissant deux propositions expriment un rapport de temps qui existe entre elles , comme qtuirul^ lorsque^ alors que^ avant que^ aussitôt que^ pendant que^ tandis que^ tant que^ etc. :
Lorsque le déshonneur souille l'obéissance.
Les rois peuvent douter de leur toute-puissance. (Corneille.)
On trouvait les sénateurs romains occupés du labourage et des autres soins de la vie rustique quand on allait les quérir pour commander les armées, (Bossuet.)
Tous les maux sont pareils alors qu'ils sont extrCmes. (Corneille.)
Tant que l'on hait beaucoup on aime encore un peu.
(M"* Deshoulières.)
Et.
1. La conjonction et sert à unir r Deux propositions affirmatives :
Les rois éT Assyrie apprirent le chemin de la terre sainte et en résolurent lu conquête. (Bossuet.)
Les rivières sont des chemins qui marchent et qui portent où Von veut aller.
(Pascal.)
Les lois tyranniques sèment la haine et recueillent la révolte. (De Ségur.)
Tout ce que j'aperçois me charme et m*intéresse, ( La Harpe.)
2® Deux propositions dont Tune est affirmative et l'autre négative, ^11 réciproquement :
La félicité est dans le goût et non pas dans les choses. (La Rochefoucauld.) Il se donne beaucoup de mal, et ne réussit à rien.
Faisons toujours ce que le ciel prescrit, Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit. (Molière.)
Je NE SORS JAMAIS dc che% moi et je m* en trouve bien : on a tous ses moments a ^^i, et la vie est si courte. (Voltaire.)^
La conjonction et devait être exprimée avant le second verbe dans ^^tte phrase :
IhzsT plein de lui-même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l'idée de sa ii^undeur, de ses alliances, de sa dignité. (La ^riyëre.)