GRAMMAIRE GKNÉRALE ET HISTORIQUE
ÀPBRGEYÀNCE. Marquo, trace :
Nous en avons vu de notre temps quelques restes et appercevancbs.
(E. Pasqnier.)
Akroy, arroi, n. 7n, Airangement, manière, équipage, magnifia ccnce :
Tes logis tapiss(îs en magnifique arroy
D'esclat aveuglcrout (1) ceux-là mômes du roy. (Régnier.)*
Ce seigneur fit son entrée en magnifique Annoi. (Richelet.)
AuMAiLLE, n. m. Bêtes à cornes, animaux propres au labourage*
Pensericz-vous qu'on pût venir à chef,
D*assez priser, ni vendre cette anmaille? (La Fontaine.)
Bandon, n. m. Liberté, licence, volonté, fantaisie; d'où «W*" don:
Pour pénitence espdcial,
Requérez à celi pardon,
Qui par vous a eu tant de mal.
Et si donrez en pur don
Cucr et cor tout à son bandon, (Confession de la Belle filltJ^
Grand eandon fait grand larron, (Nicot.)
BissÊTRE, n. m. Malheur, infortune, accident fatal; anc. bl^" sexte^ dérivé de bissextus^ à cause de Tinfluence fatale de Tann^^ bissextile :
Hé ! ne voilà-t-il pas ton enragé de maître !
Il va nous faire encor quelque nouveau bissêlre. (Molière.)
Blandices, 71. m. Caresses, flatteries; du latin hlandities,, forint de blandiriy flatter :
Hélas ! mon cœur a tant ouy
D'eux les paroles.
Leur decevans blandices molles. (Alain Chartior.)
Platon veut que ce soit l'office de la fortitude (2), combattre à l'encontre de la douleur et à rencontre des immodérées et charmeresses blandices de la volupté,
(Montaigne.)
BoQuiLLON et BOQUERON, n. m. Bûcheron, du latin hoscus^ bois :
Et boquillons de prendre leur outil,
Et de crier pour se le faire rendre. (La Fontaine.)
Boqitillon signifie proprement un apprenti bûcheron ; c'est une sorte de diminutif.
(1) Éclipseront.
(2) Fortitudo, latin ; courage.
DES ARCBAÏSMES. 153
BouTiB, n. f. Effort, impulsion ; mouvement rapide :
Le comte marcha tout d*une boutée, $an$ donner ïialeine à marchiers et gens de pted. (Ph. de Commines.)
H eognoissoit ir^a^ien mon naturel, et me prioit de n'eMre avecque luy que pat BOVTiis (1); mais le plus souvent que je pourvois. (Montaigne.)
BaATKRiB, n. f. Dépense en habits; parure :
Ctt homme a dépensé tout son bien en bravcribs inutiles. (Furetière.) Vite, qu'on les dépouille sur-le-champ, — Adieu votre bbavbbib ! (Molière.)
Gabbào, n, m. Repas donné hors de chez soi; dîner en partie do campagne :
Us femmes coquettes ruinent leurs galants à force de leur faire faire des cadeaux .
(Furetière.)
^simlejeu, les visites, les assemblées, les cadeaux et les promenades.
(Molière.)
^^hifait consentir enfin au cadeau que vous lui voule% donner. (Le mOme.)
Chape-cddte, n, f. Mécompte ; chose fâcheuse ; avantage résultant ^ ïin malheur survenu à un autre :
Un villageois avait à l'écart son logis :
Messer loup attendait chape-chute à la porte ;
U avait vu sortir gibier de toute sorte. (La Fontaine.)
Cabboosse, n. f. Débauche.
--- Faire carrousse. Faire bombance :
Aux champs, à ce gay renouveau,
Je vous semonds par ce rondeau
De faire avecque nous carrousse, (Ch. Vion d*Alibray.)
Elle ignoroit l'effet d'une liqueur si douce.
Insensiblement fit carrousse. ( La Fontaine.)
Cadtelb, cautelle, n. f. En mauvaise part, ruse, finesse ; en bonne W, conduite prudente ; précaution sage :
'^ désirait que toutes les coustumes fussent mises en français, en un beau livre f^ éviter la cautelb et la pillerie des avocats, qui est si grande en ce royaume ^^ nulle autre n'est semblable, (Ph. de Commines.)
Chacbbau, n. m. Bouillon qu'on donnait aux époux le matin du lendemain des noces ; et par extension bouillon chaud:
La-dessus son épouse en habit d'Alecton ,
Masquée, et.de sa voix contrefaisant le ton,
Vient au prétendu mort, approche de sa bière.
Loi présente un chaudeau propre pour Lucifer. ( La Fontaine.)
(1) Par courts instants; en passant.
Chère, n. /*. Bon accueil :
Il fait à chascun chère et feste. (Alain Chartier.)
. . . Comme enfants trouvés à qui mcsme la mère
Pour ne se descouvrir fait plus nuiuvaise chère, (Régnier.)
Aujourd'hui, faire bonne chère ^ c'est se nourrir délicatement.
Chétiveté, n. f. État de ce qui est chétif, misérable; chose dié* tive, de peu de valeur :
Elles les avaient tirés de la justice et. du gibet, de la pauvreté, de la cmtn^tâ'
(Brantôme.)
Plus tu seras chétif, plus ta chétiveté
Gaigne de mal talent sur ta méchanceté. (J. Baîf.)
CheVance, n, f. Bien, fortune, héritage :
Le pauvre homme en pensant ne trouve pas manière d'avoir chevance, et (otfi< fois il la lui faust avoir, (A. de la S aie.)
Pour Dieu, vous pri, grand roi de France,
Que me doneiz quelque chevance. ( Rutebœuf.)
Il avait dans la terre une somme enfouie.
Son cœur avec, n'ayant autre déduit
Que d'y ruminer jour et nuit.
Et rendre sa chevance à lui-môme sacrée. (La Fontaine.)
Chicheté, n, f. Avarice, parcimonie :
// se contente de l'espargne et chicheté de sa table; tout est en desbauche en i vers réduits de sa maison, (Montaigne.)
Cette couleur noirastre et salle, c'est proprement la taincture d'avarice et d CHICHETÉ. (Amyot.)
Clairté, puis CLARTÉ, H, f. Flambcau :
Que lui sert la clairté, sinon pour l'accuser
Et la rendre confuse (Desportes.)
Monsieur le commissaire.
Votre présence en robe est ici nécessaire :
Suivez-moi, s'il vous plaît, avec votre clarté. (Molière.)
Clergie, n, f. Science, doctrine :
Un poignet de bonne vie, mieux vault qu^un muyd de clergie. (Nicot.) V. Clerc,
Contumélie, n, f. Affront outrage; du latin contumelia^ formé d contemnere^ mépriser :
Ils ne pouvoient souffrir les injures et contumélies qu'on leur faisait. (Amyol
CoDLPE, n. f. Faute ; du latin culpa :
Leur pénitence malade est en coclpe autant à peu près que leur péché.
DES ARCHAÏSBIES. 155
Il est encore usité en style religieux, dans le sens de souillure ; c'est proprement la tache qui prive le pcchpur de la grâce de Dieu ;
Parla confession la coulpb est remise, et non la peine. Le grand amour de ^, la charité parfaite, emporte la codlpb et la peine, (Académie.)
Gou&AGs, n. m. Cœur ; disposition morale :
Rvoitsa femme qui, à son avis, est bonne et preude femme, et loue Dieu en son , CNiAGB, dont il luy donna ung siriche joyau. (A. de la Sale.)
'\ ^oui n'avons que faire de durcir nos courages par ces lames de fer; c'est assa \ V^Miespaules le soient. (Montaigne.)
Un môme jour t*a vu, par une fausse adresse,
Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse,
Sans que de tant de droits en un Jour violés.
Sans que de deux amants au tyran immolés.
Il te reste aucun fruit que la honte et la rage.
Qu'un remords inutile allume en ton courage, (Corneille.)
la lâche personne ! — O le faible courage ! ( Molière.)
Cuyon, n, m. Dessin imparfait, simple esquisse :
Je les pehis dans le meurtre à Tenvi triomphants ;
Rome entière noyée au sang de ses enfants :
Les uns assassinés dans les places publiques,
Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques...
Sans pouvoir exprimer par tant d'horribles traits,
Qu'un crayon imparfait de leur sanglante paix. (Corneille.)
^^n'eM ici qu'un simple crayon, un petit impromptu, dont le roi a voulu faire ^^ivertiisement, (Molière.)
CcNCTATioN, n. f. Délai, remise, temporisation; du latin cunc-
ktio :
j^Ofnme un Fabius Maximus, par sa ccnctation et son temporisement, il fil '•w no» feux en vapeurs et fumées. (Brantôme.)
CïiHE, n. f. Du latin cura^ soin, sollicitude :
'^ ^t tout pr esche qui n'a cdre de bien faire, (Nicot.)
'^ ^^au parler qui n'a core de bien faire, (Académie.)
Lorsque le roi par haut désir et cure
Délibéra d'aller vaincre ennemis
Et retirer de leur prison obscure
Ceux de son ost à grands tourments soumis, etc. (Marot.)
B est encore en usage dans le style familier :
L*&ne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,
Se plaint en son patois. Le meunier n'en a cure, (La Fontaine.)
Dam, n, m. Perte, dommage; dépens :
^n autre est monté en sa place, bien plus vigilant , bien plus laborieux , bien P^^ guerrier, et qui saura bien te serrer de plus près, comme tu es à ton dam cx- P^rimenté. (P. Pithou.)
h5Ô GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE.
Voyez que c'est du monde, et des choses humaines! Toujours à nouveaux maux naissent nouvolles peines; Et ne m*ont les destins, à mon dam trop constants, Jamais après la pluie envoyé le beau temps. ( Régaler.)
. . ^ Quelle apparence
Qu'il en mévienno (1), en effet, moi présent?
C'est marché sûr ; il est fol à son dam. (La Fontaine.)
Dêceyarcb, n, f. Tromperie, déception, surprise :
Partout il y a décevance. (G. Marot.)
Déduit, n. m . Passe-lcmps, amusement :
Pour son principal déduit, elle a toujours choisi les forests pour chasser csê lestes sauvages, (E. Pasquicr.) -
Là, tous les jours, étaient nouveaux déduits, ( La Fontaine.)
Mener joyeux déduits. (Académie.)
Demeurant, n. 7W. Ce qui reste :
Mainte veuve pourtant fait sa déchevelée,
Qui n'abandonne pas le soin du demeurant.
Et du bien qu'elle aura fait le compte en pleurant. ( La Fontaine*)
Domestiques, n, m\ pL Parents; amis intimes, qui sont dan^ familiarité de la maison; du latin domesticus^ formé de domus^ ïO^ son, famille :
Ayant apperceu un de ces domestiques conduit entre les captifs, il se mô* battre sa teste et mener un deuil extrême. (Montaigne.)
Efficace, n, f. Efficacité :
On n'ignore pas qu'une louange en grec est d'une merveilleuse efficace à tête d'un livre. ( Molière.)
// est trop heureux d'être fou, pour éprouver Teffigage et la douceur des remèû que vous avez judicieusement ordonnés, (Le même.)
EscoFFiON, n. m. Cornette, bonnet dé femme :
D'abord leurs escoffions ont volé par la place. ( Molière.)
EsTECPet ÉTEUF, n. m. Balle pour jouer à la paume; destup étoupe :
// avoit desjà bandé sa part de deux douzaines (2'estedfs, et jouoit à l'acquit,
[Booav. Desperriers.)
Quoyque la variété et discordance continuelle des événemens les rejette de coi en coing, et d'Orient en Occident, ils ne laissent pas de suyvre pourtant lettr i teof. (MontaigAe.)
(1) Qu'il arrive malheur.
Ce mot se trouve dans /?ii^-S/a5 ;
Mais bah ! vous voulez ôtre un gaillard pofpnlaire,
Adoré des bourgeois et des marchands i'esieuft. (V. Hugo.)
teTouR, n. m. Combat, choc, mêlée :
Us auront esté bien frottés dans quelque estour de guerre. (Montaigne.)
Itvray vaincre de pour son roolle rtsTOua, non pas le salut; et Consiste l'honneur de la vertu à combattre, non à battre* (Le môme.)
Etat, n. m. Mise, façon de se vêtir :
^ dame fait semblant qu'il ne luy en éhault, et maudit premièrement tous ceux f^ amenèrent de si grants états. (A. de la Sale.)
^ pouvejb'vous donc prendre de quoi entretenir I'état que vous porte%.
(Molière.)
fiiucE, ». f. Ruse, finesse, fourberie, trahison :
Tes mandemens, las ! comme pécheresse Ay transgressez par fallace et promesse De ce monde qui les fols cuers attire.
(Complainte de la comtesse de Charolois. )
D'une simple innocence elle adoucit sa face,
Elle lui met au sein la ruse et la fallace. ( Régnier.)
f^YAKCEct FIANCE, 71. f. Confiancç, assurance; foi :
. . . Offrez juste sacrifice, De cucur contrict bien humblement...
Mettant au Seigneur Dieu propice Vos fijances entièrement. (Marot.)
^i lors le bon homme tire à part sa cousine et l'y dit : Ma commère, si n'estoit '•'ïANcEde vous, elle nyroit point. [k> de la Sale.)
Je prendray bons exequteurs
A qui j'ai parfaicte fiance. (Dialogue du Mondain.)
^''lUOLE, n. f. Filleule; on a dit anciennement Filleul et filial, «>mié du latin filiolus :
ï\ n*a pas aperçu Jeannette ma fillole.
Laquelle a tout ouï, parole pour parole. (Molière.)
Ce féminin est encore très-usité dans les campagnes, et l'on dit *U masculin fillouy de Tancienne forme filloul.
Flotte, n, f. Troupe armée; foule de peuple; afBuence :
^n passant par le village, il trouva une flotte de gens à pied qui fuyoient. Il les ^"««M, et si (1) n'avoitpas cent chevaux en tout. (Ph. de Commines.)
^l voyait une file ou flotte de gens qui s* enfuyaient. (Le même.) (1) Et cependant, et pourtant.
FoRCBNERiB, n. /*. FureuF, folie furieuse; formé de forcené^ dernier est encore usité :
Non, non, pour châtier cette forcenerie,
La plus cruelle guerre a trop pou de furie. (Du Ryer.)
Galant, n. m. Nœud de rubans :
' Voilà
Ton beau galant do neige avec ta nonpareille :
Il n*aura plus l'honneur d*êtré sur mon oreille. (Molière.)
Gacdisserie, n. f. Folâtrerie; formé de ^at^tr, gatidissant:
Renseigne extérieure (c'est le titre) sans plus avant enquérir, est commtmAP' rtceue à dérision et gaudisserie. (Rabelais.)