GRAMUAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE
Ainsi Ton dit:
Coude-pied,
Ecurer (nettoyer en firarbitsant],
Dernier adieu^
Faire la volte,
Casuel, fortuit,
Il a recouvert la santÂ,
Il ne peut recouvrir la me,
J'en deviens.
Jeu d'eau,
Je vous demande excuse,
Noir comme du geai.
Par faute d*attention.
Pied fourcAii,
Pierre de lierre.
Fortuné (heureux).
Rue ptAsàgère,
Sans dessus dessous,
Tête d'oreiller.
Voix de centaure,
Au lieu de dire :
Cou-de-p\ed,
Curer (nettoyer en vidant).
Denier à Dieu.
Faire la vole.
Fragile (cassant).
Il a recouvré la santé.
Il ne peut recouvrer U Tuo.
J'en viens.
Jet d'eau.
Je vous fais mes excuses.
Noir comme dn jais.
Par faute d'mattentioD.
Pied fourché (fendu).
Pierre de liais.
Riche (opulent).
Rue passante (A'éqQentée).
Sens dessus dessous.
Taie d'oreiller.
Voix de stentor.
Tous semblaient se h&ter d'épuiser à l'envie
Leur coupe de bonheur et leur goutte de vie. (Lamartine.)
Ah I vous broyez vraiment vos couleurs à merveilles;
Mais à votre service on en a de pareilles. (A. de Longpré.)
3® De l'ignorance de l'étymologie :
Ainsi l'on dit
Atré,
Aréolitbe,
Aréonaute,
Cacophonie,
Co/aphane,
Coutumacc,
Corporence,
Esclande,
Espadron,
F/anquette,
Bow/vari,
Pantomine,
Pot/monique,
Rébar6aratif,
5oMpoudrer,
5ccoupe,
Trcmontane,
Au lieu de dire
Aéré.
Aérolithe.
Aéronaute.
Cacophonie.
Colophane.
Contumace.
Corpulence.
Esclandre.
Espadon.
Franquette.
//ot/rvari.
Pantomifwe.
Pw/monique.
Uébar&atif.
5aMpoudrer.
«SoMcoupe.
Tramontane.
4** D'un vice de formation ou de l'emploi d'une forme inusitée*
Ainsi l'on dit :
Apprentisse et apprentive , du masculin inusité apprenti/,
Excluse , du masculin exclus, inusité,
Géane,
PerclMC,
Au lieu de dire : ' Apprentie, féminin de appr^^'
Exclue, féminin de exclu.
Géante, féminin de géan^ PerclMse, féminin de perclMi»
MA non UB LANGAOB. 3SS
^ (^ieveUire gsItadib rare, fne et lit$e ênr la têie, aniumce un Érnnpinment Pn»re. (H. d8 BÉine.)
Châtain n'a pas de forme usitée au féminin.
Ce n'est pas la saison des vestes entr*ouvertes,
Des dialeors qui faisaient aimer les ombres vertes.
Des levers matinaux et des toits mal fermés. ( E. Augier. )
Ce pluriel masculin est inusité.
' '^ffithtitteries de coups de fouet éclatent et déchirent Voir comme une mousfifkrkf kg gileU rouges des postillons poindent, dix chevaux hennissent.
(H. de Balzac)
Dans Tacception de Commencer à paraître, poindre n'est usité Wrinfinitif.
n n*est point de ciment que le temps ne dissoude. ( Scarron.]
iHsmide au lieu de dissolve.
... Un brouillard glac^, rasant ces pics sauvages,
Conmie un fils de Morven me vê tissait d'orage. (Lamartine.)
^ vagues de saphir bbdissaibnt doucement sous le ciel sombre.
(Maxime du Camp.)
Les feuilles que roulaient les secousses du vent
Ondoyaient sous nos pas comme un marais mouvant,
Et les bois morts tombés bruissaient sur la terre
Comme les ossements qu'un fossoyeur déterre. (Lamartine.)
'^OUr vêtait, bruyaient.
Qu'à vos simples récits nos cœurs tressailleront ! (L. Guillard.)
^^essailleront pour tressailliront.
^Kanquerait r action intérieure, défaillerait /a perception. (V. Cousin.) ^/aillerait pour dé faudrait.
De la suppression d'un terme essentiel ;
Ainsi l'on dit : Au lieu de dire :
5^ promène en ce moment, Il se promène en ce moment,
iggtvectiver quelqu'un, Invectiver contre quelqu'un,
^^arobe, mon chàle déteint, Ma robe, mon châle se déteint,
^fonsieur tel, Monsieur un tel.
''"^«ux heures et quart, Deux heures et un quart.
^^s phrases suivantes présentent des barbarismes de ce genre :
EurtJ^^^^^^ P^^^*^ P^^^ l'Amérique le lendemain du jour où Von répandait en ^^« qu'elle était soumise. (Thiers.)
^iir où l'on RÉPANDAIT LE BRUIT qu*ell€ était soumise. n. 15
226 GRAMMàIRB G£HÉftlLB ET HMORIQUE.
Il ii*eût rien avoué, s'il n*«ût apprit enfin
Qu*à nos youx éclairés il déguisait en vain. (fie la Ville*)
Pour il DÉGUISAIT e» vain là vérité.
Toute la Hollande s'aUendail à passer sous le joug, dès que le roi sertMt^^ du Rhin. Le prince d'Orange fit faire à lu hâte des lignes au delà de Ci jtafl'^ après les avoir faUes, il conkdt l'impuissance de les garder, (VolUdni]
Pour il reconnut l'impuissance.
Un écrivain n*a pas cette ardeur pour la lutte... Sa manière d^ entrer e» nieaiion avec les hommes, de répandre au loin wr pensée, de la renére.^^ ^ de cher^er la retraite, V ombre des études solitaires, pour y TusMini uni^
(DeSalvan^r*)
On ne trempe pas ses forces , on les retrempe.
Il m'est venu
Que vous vous composiez un joli revenu. (F. Ponsard.)
Pour il m'est revenu.
. . . Mes éclats joyeux sonnaient dans le silence,
Conmie Técho des pas dans une église immenee. (Le môme.)
Une cloche sonne ., mais des éclats résonnent^ et ne soinin/BA\ plus que ne sonne Técho.
6® De remploi d'un terme inutile;
Ainsi l'on dit : An lieu de dire :
Il aime à se disputer, n aime à disputer.
La fôte de ou à Dieu, La Fête-Dieu.
En agir bien, en agir mal. Agir bien, agir mal.
Un sourd et muet. Un sourd-muet.
7® De remploi d'un terme pour un autre;
Ainsi l'on dit : Au lieu de dire :
La maison à mon père, La maison de mon père.
La campagne à ma tante, La campagne de ma tante.
La clef est après la porte, La clef est à la porte.
Il est après dîner, Il est à dîner.
Les cheveux me dressent sur la tôte, Les cheveux me dressent à la
Il s'est levé à bonne heure. Il s'est levé de bonne heure.
Robe garnie en dentelles, • Robe garnie de dentelles.
En face le château, En face du château.
Un soir, Mahomet rentra dans sa maison sans avoir rencontré un seul homme ou femme, libre ou esclave, qui ne l'eût traité d'imposteur. Cette ma LiTÉ de ses doctrines le fit douter presque de lui-même. (Lamartme.)
La construction et le sens exigeraient à, si incrédulité était i* mot propre.
Ce qu'un parti couronne, un autre le proscrit ;
Ce qu'un journal publie, un autre le dédit. (Viennet.)
Le mot propre est dément.
* D'une alliance vicieuse de termes sans rapport de signification ;
AWr««l: An Heu Ite dire;
inkr, f enter ime peine. Épargner, s'épargner une peine.
hmplir on bat. Atteindre un but.
Fhtr quelqa'on, quelque choM, Refforder fixement.
tatMler des excuses, Foîre des excuses.
'«•( ée même. Aussi, également,
GaiBn ds Juste, Gomme il est \ usto.
Mr #tiiie iiiiniiB sanié, i^fre mal portant, tot^fP^ml.
MuiM, ses embarroi. Faire l'important.
lUeW a prii de... L'idée ^t es< venue de...
hsteesbien du mois. Le quantième dn molk '
Béiriiltr le désordre, Réublir Tordre.
At*!, t{ n'y a qu'à pleuvoir, S'il arrive qu'il pleuve.
Cl trou unités sont observées ; toutes les entrées et les sorties motivées ; enfin IttMforai^ iirictement classique. L'auteur en demande de gbandes exgcses.
(Cbtteaubriand.)
Hérie II prenait beaucoup de tabac; pour 8*£vitbe la peine de fouiller dans kke, il avait fait placer sur chaque cheminée de son appartement une tabatière IfàsaUott hesoi». (A.-V. Amault)
Qaéû» est cette rougeaude aux cheveux de filasse.
Dont le gEos oeil me fixe assez effrontément ? ( E. Augier.)
ies phrases suivantes présentent des alliances de mots qui ne tpas moins vicieuses :
^poitrine était haletante , de grosses gouttes découlaient de ses jouée et jon- Utlesol. (L. Reybaud.)
tes branches d'arbres, des rameaux jk>m;A«n^ le sol; mais des ttes de sueur l'humectent tout au plus.
imoùre précieuse du cœur, céleste reconnaissance, c'est par toi que les amitiés ^Tfétuent, que la pauvreté cesse d'être enviemee , et qu'un noble dévouement ( htûnter le sein d'un mortel dont un bras seeourable a beubvé la misèhe.
(A.-H. Kératry.)
^ soulage la miser e^ on ne la relève pas.
Vois quelle dignité dans son salut princier!
Gomme tous les propos se taisent quand il entre ! (F. Ponsard.)
•es personnes se taisent^ mais non les propos; on dit cependant îguré : Le vent se tait ; mais alors le sujet est personnifié.
•® Enfin de remploi d'un verbe essentiellement intransitif dans Bns traftsitif, et d'un participe invariable comme adjectif :
Nous regardions le fleuve ébattre son nuage. (Lamartine.)
J'aime les nobles parcs aux arbres réguliers, Avec de la charmille et de grands escaliers, Montés et descendus par des gens en parure. (E. Augier.)