XI. Solécîfmef de fubordinatlon
climat de VEspagne, en général, est très-sec^ et le pays coupé par des chaile montagnes qui rendent l'arrosage difficile. Cette double disposition de osphère et du sol a de tout temps rendu les récoltes incertaines^ et ogcasionsouvent des famines et des épidémies. (A. Delaborde.)
rendu et occasionnent, qui ont pour sujet commun cette double
2âO GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE.
disposition^ devaient être employés tous deux au même nombre, le singulier.
A V époque ou Morus a vécu... deux souffles également puissants remuamt ^^ société jusque dans se^ profondeurs, et la poussaient en deux sens coiUrrim'- V esprit de liberté, de réflexion, d'examen, d*où est sobtib et qui fait vivibus^ ciÉTÉ MODERNE ; Vesprit dc résistance , d'autorité, de soumission, qui, après ooif produit l'unité religieuse et la hiérarchie sociale du moyen âge, était SÊViScar pable de les protéger contre les entreprises des réformateurs. (Franck.)
Cette construction, dans laquelle un même terme {la société f^ derne) figure comme sujet de est sortie et comme complément direct de fait vivre., est tout à fait vicieuse.
Alors, je me couchais, et, sans plus rien penser,
Riais aux souvenirs qui me venaient bercer. (A. Dumas.)
On pense à quelque chose^ ou Von ne pense à rien; le verbe es essentiellement intransitif et veut un complément indirect.
. . . Cette solitude où nul n'ose paraître,
Ne s'ouvre qu'aux brouillons qu'a pardonnes mon maître.
(L. GuiUaid.)
On pardonne une faute et on pardonne a quelqu'un une fauté ce verbe exige un complément direct de cbose, et un complémei indirect de personne.
// s'efforçait à sourire, tandis que ses dents claquaient de colère. (F. SouBé
S'efforcer veut de avant Tinfinitif qui le suit.
Passe, noble Caîus, tu trouveras mon maître.
Quant à vous, attendez qu'il lui plaise paraître. (A. Dumas.)
Aujourd'hui, en prose comme en vers, on doit dire : // mepliUi il lui plaît DE faire ^ de paraître.
L'homme marche à travers d'une nuit importune. (À. Soumet.)
On dit à travers une nuit.
Jérusalem, j'ai vu ton destructeur sauvage,
Du temple incendié présider le pillage. (C. Lafont.)
On dit présider une assemblée ou à une assemblée; mais, au figur présider veut toujours un complément indirect : Présider au pu LAGE; l'exactitude exigeait cïtn^er.
Lorsqu'il se vit dans l'impossibilité absolue de continuer son train de vie, U mit pour la première fois à réfléchir sérieusement À sa position. (G. Sand.)
On réfléchit sur, on ne re fléchit pas à.
R est iniitfmmble de jeter un rapide coup d'ail iur la poêltion des proteetants en Frcmett ê^ffti» la promulgation de Védit de Nantes josqobs et kmis sa bévo- CATiouptr Louis XIV. (E. Sue.)
La correction veut jusqu'à sa révocation. . . et après cette époque,
JKm entrâmes dans une cabane où nous trouvâmes trois ou quatre femmes, i^iiT il y EN avait une qui donnait à teter à un petit enfant. ( Regnard.)
Supprimez dont^ et la phrase sera correcte.
n n'y a çu'bn Angleterre où Von rencontre des édifices religieux qui, dépouillés ^fpuis trois cents ans d'une partie de leur destination première, ne subsistent qu'à ^e i^ol^ets d'art et de curiosité. ( L. Vitet )
0» ne rencontre qu^ES Angleterre.
Ce n'est pas de vous hoht je veux parler, c'est du père de Clitandre, qui est un ^f un imbécile. (Regnard.)
Cfbel P^ voris et dont^ établissant une même relation, forment un soterne; il fallait écrire : Ce n'est pas de vous çgCEje veux., etc.
^^xnitn a4'il poussé l'ingratitude au point de faire crever les yeux et de réjJ^ï^B mendier son pain le héros dont les victoires ont illustré son règne, et qui 1^^ surnommé de son temps l'honneur du nom romain ? (Jouy.)
Faire crever les yeux veut héros pour complément indirect, et ^^duire à mendier le veut en complément direct ; ce terme exprimé ^^^6 seule fois produit donc un solécisme.
^^cherchaient à sauver les livres de compte que plusieurs hommes avaient ^*ïÉ«< étaient même parvenus à leur arracher des mains. (A. Dumas.)
Essayer^ suivi d'un infinitif, veut la préposition de, et être par- ^^us la préposition à; le complément commun donné à ces deux ^^^bes produit donc un solécisme.
^i nous fait voir la France perdue, détruite sous l'usurpation carlovingienne, l ^c'À ce qde l'œuvre de Clovis est reprise par une race héroïque, celle de Robert ^*^ort et d'Hugues le Grand. (De Salvandy.)
. ^vsqu'àce que veut le verbe au subjonctif; l'expression propre ^Hjmquau moment où.
I ^umille reçoit de ses concitoyens le titre de général et le refuse, jusqu'à ce que ^ ^ faibles débris du sénat assiégés dans le Capitole, qui est encore toute Rome à ses ^***, n'aient validé celte élection. (Kératry.)
Ij'emploi de la négation est aussi contraire au sens qu*à la con- ^^ï^ction.
Pressez l'heure fuyante où Dieu me laisse vivre ;
Lisez avant qu*un doigt ne déchire le livre. (Lamartine*]
Sais-tu pa^ que demain on doit vous égorger?
Qu'on veut aussi vous voir dans votre sang nager?
(Soumet et Bolmontct.)
Il N*a POINT recueilli d'autre fruit de ses soins que le chagrin de les vo^^ ** tiles et quelquefois durement récompensés par un ingrat qui s'en offensaiL
(Prévost.)
Je ne cesserai pas de me venger, avant
Que Je n'aie immolé le dernier poursuivant. (Poosard.)
Un barbarisme est une expression ou une locution étrangère notre langue.
Ce nom était donné par les Grecs à tous les mots nouveaux i troduits dans leur langue par suite de leur commerce avec les p^ pies étrangers, qu'ils désignaient sous le nom de Barbares,
Il y a deux sortes de barbarismes : V ceux qui résultent ^ remploi de termes non usités ; 2** ceux qui résultent d'une déf vation fausse ou d'une construction vicieuse.
C'est surtout dans les provinces et parmi les gens du peuple flj les barbarismes de la première espèce sont en usage ; chaque peti localité a les siens. Nous n'avons aucune raison ici d'en dresse^ liste ; mais en voici quelques-uns qui se trouvent dans les é^ vains :
Lorsqu'elle aura quitté quelques provinciales,
Aux personnes de cour fâcheuses animales, ( Molière.)
Animale^ employé comme nom féminin, n'est pas français.
Tout bleus, tout nuancés d'éclatantes couleurs,
Tout trempés de rosée et tout fragranis d'odeurs,
Que d'une nuit d'orage on voit parfois éclore,
Qu'on savoure un instant, qu'on respire une aurore. ( Lamar^u^^
Fragrant est un mot emprunté du latin.
• . . . Tiens, je vais en six phrases
Te peindre ces devoirs qu'ici tu nous emphases, (De Boissy.)
Emphaser^ pour parler d'une chose avec emphase, n'est français.
Quel firmament la nuit constellait dans leur sein. (Lamartine.)
Consteller^ dans le sens de briller, n'est pas usité. Les barbarismes ont le plus ordinairement pour cause l'ignor^^ du terme propre ; de là vient que
Quelques-uns disent : Au lieu de dire :
Embrouillamini, Brouillamini,
n hrouillasse, Il bruine.
/)ccesser. Cesser,
i)écomraander, Con /remander.
Confusionner, Couvrir de confusion.
dtooot
■««fer.
^taatioii, ^Pfimanéable,
Au lieu de dire :
/)égrafer.
Dissuader.
Divination.
Elever, élevé.
Emoudre un couteau.
Enjamber.
Répréhensible, Transvaser.
'^ barbarismes de la seconde espèce sont plus nombreux. Ils
«Heot:
1* De rîgnorance de la forme et de l'orthographe du mot ; ainsi,
iMqM^-iuit disent :
Aogoi«e«,
Appnruûony
CHabuis,
Comparition,
Go/tdor,
Cretnanef
Ctt/fer,
ï)Krte,
Disparution,
Fraction,
£/exir,
£nver;tire,
Xévier,
FUagramme,
Franc/itpane,
(vicier,
(7«rofle,
/fonchets,
Lincewt/,
Linteaux [serviette à),
Mairerie,
Uégard (par),
Pale/iermier,
Pluréale,
Refrtffade,
Rêvante,
Semouti/e,
Trader, il trûye, ^rayage,
Vasistas,
Au lieu de dire :
Angoisses.
Angora.
Apparition.
Cam6ot<ts.
Comparution.
Corridor.
Crassane (poire de).
Cuiller.
Dar/re.
Disparition.
Eftr&ctiou,
Eiixir.
Envergure.
Evier,
Filigrane.
Frangipane.
Césier.
Cirofle.
Jonchets.
lÀnceul.
Liteaux (serviette à).
Mairie.
Mégarde (par).
Palefrenier.
Pleurésie.
Rebuffade.
Revanche.
Semoule.
Trier, il trie^ triage.
Vasistas.
5® De rîgnorance du sens et de Texpression :
Ainsi l'on dit: Au lieu de dire :
A &rasse-corps, A bras-le-corps.
A eroche-piedf
A rent;ie.
A menreil/es,
BaiUer aux corneilles,
Cet homme est farce.
Cet homme ici.
Cicatrisé (fermé))
Conséquent,
A c/oche-pied.
A i'envi.
A merveil/e.
Bayer aux corneilles.
Cet homme est farceur.
Cet homme-ci.
Cicatrice (sillonné).
Considérable, important.