‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 100 sur 140 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

CONNECTIGS-INVARIABLES,

Les conneclifs-invariables (préposition, conjonction) sont des espèces de mots qui servent à caractériser le rapport exprimé par le modificatif entre deux ou plusieurs noms. Dans cette phrase, les T'arquins furent bannis de Rome par le peuple, le modificatif bannis exprime un rapport de séparation entre les T'arquins d’un côté, le peuple et Rome, de l’autre. Ce rapport, dont le sujet est les T'arquins, est caractérisé, 1° relativement à Rome par le connectif de, qui marque séparation et désigne le nom Rome comme lieu de départ, lieu de séparation ; 2° rela-

tivement à le peuple par le connectif par, qui exprime principe, cause, et désigne le peuple comme principe da rapport. D'oùil suit que les connectifs invariables servent de complément aux rapports exprimés par les modifica-

tifs , et que les régimes en sont les termes. La dénomina-.

tion de complémens donnée aux régimes est donc une dénomination fausse ou inexacte.

Le connectif-invariable exprime deux sortes de rapports: le parallélisme et Ja subordination des mots et des phrases, 11 se divise donc naturellemeut en deux espèces : connectif de parallélisme, connectif de subordination.

Les connectifs invariables de parallélisme forment la liaison des mots ou des phrases qui ont la même importance dans le discours. Les uns lient également des mots et des phrases, comme et, ou, ni; les autres ne lient que . des phrases, comme mais, or, car, donc.

Le connectif'invariable de subordination exprime le

développement d’un rapport de subordination entre un nom subordonné dans la phrase et un nom principal déterminé par un modificatif, qui est l’énonciation générale de ce rapport. Il y a des modificatifs qui expriment complètement un rapport entre deux noms sans l’aide d’un connectif invariable, et d’autres qui énoncent seule ment la généralité du rapport ; ceux-ci sont toujours déterminés par uu signe qui marque la particularité, la circonstance du rapport. Ainsi l'objectif est le terme du rapport énoncé complètement dans le modificatifs ainsi le circonstantif est le terme du rapport énoncé incomplètement dans le modificatif, mais complété par le connectif invariable, qui, seul, pourrait être appelé complément si celle dénomination exprimait suffisamment sa nature et ses usages. La dénomination de préposition , que lui donnent les grammairiens, est fausse ou inexacle : préposition, mot placé devant, disent-ils; mais comment ne considérent ils pas que dans le discours les mots sont placés les uns devant les autres, et que le nom de préposilion se pourrait donner également à chacun ? Le nom de conjonction aurait été mienx adapté à Ja nature de la pré-

position : la conjonction est aux phrases ce que la prépo: sition est aux mots; la préposition sabordonne les régimes circonstantifs aux modificatifs, comme la conjonction leur subordonne les phrases. Le nom de connectif (connectere, cum nectere, lier ensemble, subordonner) convient donc parfaitement à cette espèce de mot, et le modificatif ënvariable, qui lui est ajouté pour marquer son indéclinabilité, est bien propre à le distinguer du connectif variable qui marque l'identité de la modification avec le sujet. |

Les connectifs invariables de subordination, selon qu’ils lient des mots ou des phrases, prennent des formes particulières et se divisent en connectifs invariables de mots et conneclifs invariables de phrases.

de principe: de, par

de mot de fin: à, pour déterminant un€ de liou : dans, sur, devant, derrière

© Ê rapport. .. .fde tems : pendant, avant, aprés ‘

Ê | de nombre : avec, sans, outre.

5 de prineipe : de ce que, parce que

B. ldo phrases | de fin: afin que, pour que

8 déterminant un de lieu : partout où, en quelque lieu que

rapport. : . .} de tems : pendant que, avant que, après que de nombre : sans que, sk Ce n'est que, outre que.

Les connectifs invariables se placent ordinairement

* après le modificatif-verbal : quelquefois ils se placent devant et s’annexent àsa forme pour le modifier et composer avec loi un autre modificatif-verbal. Ainsi, Base, aller, joint à ava, de bas en haut, fait avabuve et sigmifié monter; joint à xera, de haut en bas, il forme xarabavw et veut dire descendre. Dans cette composition le régime garde ordinairement sa première forme et veat dire : ibo ad urbem, adibo urbem. Quelquefois il la change : stare ad

flumen , adstare flumini. Les développements de ces effetsappartiennent à la lexicographie; il suffit à la syntaxe de les avoir remarqués. Ajoutons, néanmoins, quelques mots à cet égard.

Les connectifs considérés par rapport à lalexicographie sont séparables quoiqu’ils ne soient pas toujours séparés. Quand ils sont préfixés aux mots, ils perdent leur valeur de connectif et deviennent des submodatifs relatifs. En s’unissant au commencement des mots, ils perdent leur lettre finale ou la changent en une autre de même organeque la première du mot simple ; ou ne subissent aucune mutation. Exemples :

Etcayw (de eiç-ayw) , inducere, introduire; mpocayw (de mpoç-ayw), adducere, amener ; sfayo (de &ë-uyo) , cducere, faire sortir ; avabavw (de ava-6aivo , ascendcre, monter ; xarabaive (de xuta-6aww) descendere, descendre ; tpo6aw (de mpo-Gatvw) , præire , précéder; avribavw de avrt-6aivu), marcher contre, résister; avridduu {de avri-Giôom), donner pour, donner en échange ; aupiôavo (de aut-6arv) , circumire , aller autour: arxyo (de «xo-ayw) , abducere, emmener; Tapeyw (de mapa-eyw), præbere (de præhabere }, avoir auprès; xpouxwv (de mpo-sywv), præcellens ; au6alu (de ev-6aXw), injicere, jeter.dedans; ou\au6ave (de auv-Aau6avw) | comprehendere , comprendre ; «yypapw (de . ev-ypaqu), inscribere , inscrire ; ouëuw (de ouv-Çaw), convivere, vivre avec; ovcottew (de cuv-citew), manger ensemble; suctellw) de ouv-crelw), contracter; ouppew (de ouv-peu) ; confluere , couler ensemble ; xariormu (de xata-iornut), constituer ; vpapraiw (de uro-épraw), soustraire ; xpippew (de ept-pew), circumfluere, coulcr autour.

Les connectifs xpo et rept ne perdent pas leur voyelle finale devant un mot qui commence par une voyelle. Auot perd tantôt t et tantôt le conserve. Souvent il entre dans Ja composition d’un seul verbe deux et même trois conneclifs : efayw, faire sortir (par exemple) une armée de son camp ; Tapsbaye, la faire sortir en face de l'ennemi; avrimapelayew , la faire sortir en face de l'ennemi ct la

mener contre Jui, ou plus brièvement, la faire avancer contre lui, |

Les connectifs en hébren se combinent avec les pronoms : Bou, in eo, etc. Ils se combinent de même avec les noms et avec les formes du mode nominal du verbe, Ainsi, ladaber ou shidaber , loquendi ; médaber, à loquendo , locutu ; bédaber, in loquendo, hadaber, ad loquendum, locutum. Sous cette forme les verbes prennent les inflexions du substantif : /araouth, ad vivendum (venant de raé, vidit),psaume 33 ; lacarith, ad perdendum du verbe careth, perdidit), psaume 33,

Les connectifs en allemand se combinent avec le determinatif., Généralement ils se placent devant le régime ; quelquefois ils se placent après le régime ; ils se préfixent au pronom: meinet halben, pour halben meiner, à cause de moi; unserthalben, pour alben unser, à cause de nous. D’antres fois le connectif se met devant ou après le régime : Wegen der unkosten ou der unkosten wegen, à cause des frais.

Les conectifs en allemand , comme en grec et en latin, s’emploient avec le génitif , le datif, l'ablatif , l'objectif. Quelques-uns s’emploient avec le génitif et le datif; d'autres avec le datif et l'objectif, suivant les circonstances de la phrase.

Certains connectifsallemands sont, comme en français, composés de deux mots : um her, autour de; uber weg, par-dessus, etc. [ls se séparent pour renfer mer au milieu d’eux le régime : sie stunden um den svagen her, ils étaient autour du chariot.

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