DICTION
La diction est la forme constitutive des parties de l’ensemble de l’oraison. Par rapport aux parties de l’oraison, Ja diction est la détermination du sens primitif qu’on ya attaché, des sons élémentaires qui composent les syllabes, de l’accent prosodique et de la quantité de ces syllabes et des caractères exigés par l’orthographe pour représenter tontes ces choses. Par rapport à l’ensemble de l’oraison, la diction est la détermination des accidens dont les mots sont susceptibles relativement aux vues de l’oraison.
L’euphonie est non pas sans doute le premier principe dominant qui détermine les combinaisons des sons par rapport aux mots primitifs ainsi que les formes qui donnent naissance aux mots dérivés ou qui caractérisent les accidens grammaticaux des uns et des autres. C’est donc à la diction que se rapporte l’euphonie et tont ce qui contribue à l’harmonie du discours. C’est la diction qui fait que les langues sont plus ou moins douces, plus on moins rudes, plus ou moins chantantes, etc.
Les caractères essentiels de la diction sont la perspicuité, l'harmonie et la convenance. |
Îa PERS PICUITÉd
La perspicuité de la diction se compose de la netteté et de la concision ; elle écarte les tours amphibologiques, les expressions louches, les phrases équivoques.
La netteté résulte du choix des mots et de leur arrangement ; elle se forme de la pureté ou de la correction.
La pureté ou propriété des mots est une qualité de la diction relative aux usages de la langue dans laquelle on écrit. La diction est pure quand il n’y a ni barbarisme dans les mots ni solécisme dans les tours , quand tout y
est dit comme il doit l'être par ceux qui parlent bien, quand elle cst correcte sans pédanterie.
La pureté consiste dans la signification entière du mot et comprend avec l'idée principale la collection de toutes les idées accessoires que l’usage y a attachées.
La signification est l’idée totale dont un mot est le signe primitif par la décision unanime de l’usage.
L’acception est un aspect particulier sous lequel la signification primitive est envisagée dans une phrase,
Le sens est une’autre signification différente de la primilive qui est entée pour ainsi dire sur cette première qui lui est ou analogue ou accessoire et qui est moins indiquée par Île mot même que par sa combinaison avec les autres qui constituent la phrase. C'est pourquoi on dit également le sens d’un mot, le sens d’une phrase, au lieu qu’on ne dit pas de même la signification ou l’acception d’une phrase.
L'archaïsme, mot grec dont la racine est apyuos, ancien, “dérivé d’apyn, commencement, auquel on ajoute la terminaison touoç, qui signifie imitaiion , l’archaïsme , disonsnous, est l’imitation de la manière de parler des anciens, soit que l’on en révivifie quelques termes qui ne sont plus usités, soit que l’on fasse usage de quelques tours qui leur étaient familiers et qu’on a depuis abandonnés. Mazxumè pour maximè, omnfs (contracté de omneis) pour omnes sont des archaïsmes dans la langue latine. Salluste paraît avoir affecté l’archaïsme dans ses histoires. Une locution imitée du grec dans notre langue est un archaïsme. Par rapport aux locutions qui ont vieilli dans notre langue, nous disons : c’est du gaulois. Rousseau, en imitant Marot, poète contemporain de François I", a donné naissance à ce que nous appelons aujourd’hui le style marotique. L'archaïsme peut être un défaut ou une beauté selon les circonstances, Fléchiera faitun archaïsme vicieux en disant, is véquirent pour ils vécurent ; Bossuct en disant , tanly a.
L'emploi de termes , de tours nouveaux, introduits dans le langage d’après l’analogie, se nomme néologisme,
du grec veoçs, nouveau, et hoyo, parole. L'usage du néologisme ne doit avoir lieu que par un principe réel ou très-apparent de nécessité et avec toute la retenue et la discrétion possibles. Rien ne serait plus dangereux que de passer les bornes; la locution est sur les frontières, vour ainsi dire, du vice, et ce vice même ne change pas de nom; il n’y a que l'abus qui en fait la différence, L'abus est caractérisé surtout par la création inutile de mots nouveaux, par le tour affecté des phrases , par Ja jonction téméraire des mots, par la bizarrerie des figures.
Lès vices que signale la pureté du style par rapport à la signification, sont le non-sens, le double-sens, le sens louche, la phrase louche , l’ambiguité.
Le non-sens est dans une phrase qui étant correcte présente un sens différent de celui de la pensée.
Le contre-sens est dans une phrase qui rend une autre pensée que celle qu’on a dans l'esprit ou que l’auteur
u’on interprète, y avait. Ce vice naît toujours d’un, défaut de logique quand on écrit de son propre fonds, ou de l'ignorance soit de la matière, soit de la langue quand on écrit d’après un autre.
Le double-sens a deux significations naturelles et convenables : par l’une il se présente naturellement pour être compris de tout le monde; et par l’autre il fait une fine allusion pour n'être entendu que de certaines per. sonnes.
Le sens-louche vient de l’indétermination des idées trop générales. Il naît de l'incertitude de la relation grammaticale de quelqu'un des mots qui composent Ja phrase. |
La phrase louche est celle qui paraît d’abord susceptible de deux sens, quaiqu’elle n’ait et ne puisse en avoir qu'un.
L’ambiguité (mot tiré du latin ambiguitas, obscurité, doute , incertitude), est une incertitude sur le vrai sens d’une expression : ce qui peut venir ou de ce que l’expression trop générale présente nécessairement un sens
indéterminé et par là incertain, ou de ce que la phrase embarrasse l'esprit par un tour amphibologique qui la rend équivoque ou lonche. C’est donc un vice de diction opposé à la perspicuité, qui est le mérite essentiel de tout discours. L’ambiguité a un sens général susceptible de diverses interprétations; ce qui fait qu’on a peine à démêler la pensée de l’auteur, et qu'il est même quelquefois impossible de la pénétrer au juste.
-: Les vices de la diction par. rapport à l'usage sont le purisme, le barbarisme, une dietion basse, vulgaire, grossière , sèche.
Le purisme est l’affectation excessive de parler eu d'écrire avec pureté,
Le barbarisme altère la diction en introduisant des mots inusités ou en leur donnant un sens insolite où en les associant d’une manière choquante et extraordinaire. Ce mot vient de ce que les Grecs et les Romains appelaient les autres peuples D rbaress c'est-à-dire étrangers, et le mot Bap6apos signifie étranger qui parle mal. Ce terme d'abord apliqué dans ce sens, le fut plus tard, aux peuples dont les mœurs étaient cruelles et sauvages.
La correction de la diction ou propriété de la construction est la conformité de l'expression aux règles du laugage. Elle a pour objet l’arrangement des mots dans la phrase; elle bannit de l’oraison, l'incorrection, les rapports vicieux, le solécisme , l’équivoque, le sens équivoque, la phrase équivoque, a ae
La diction correote réunie à la pureté constitue Je mérite principal du discours; c’est la qualité fondamentale de l'expression ; les autres la modifient et en forment l'ornement et le caractère propre au genre de la pensée. Toutefois, un écrivain intelligent ne pousse pas toujours ses scrupules jusqu’à sacrifier la vivacité du style, l’énergie de l’expression, le feu de Ja passion aux procédés minutieux et froids qu’exige Ja correction: mais ce sacrifice, il ne Île fait jamais sans un besoin urgent , sans être sûr d’avoir plus à gagner qu’à perdre ; et même alors il s’écarte le moins qu'il est possible de la rigueur des
règles et leur rend encore cet hommage en les transgressant. C’est ainsi que Racine met dans la bouche d’Hermione ce beau vers si noblement et si heurcusement jncorrect ;
Je t’aimais inconstant; qu'aurais-je fait, fidèle ? | | (Andromaque, acte 1v.)
La correction exigeait : Je ’aimais, quoique tu fusses inconstant; qu’aurais-je fait, si tu avais été fidèle ?
L’incorrection est le défaut de conformité aux règles de la gramiaire de la langue dans laquelle on écrit. C’est un terme générique qui comprend sous soi le rapport vicieux, le solécisme, l’équivoque, l’amphibologie.
Gengis, dans lOrphelin de la Chine, v. 4, dit à Adamé :
Mon ame à la vengeance est trop accoutumée, Et je vous punirais de vous avoir aimée,
L’infinitif doit ici se rapporter à la personne punie, parce qu’il doit énoncer son crime: il eût fallu dire, par - exemple, et je me punirais de vous avoir aimée, ou bien, et je vous punirais de m'avoir inspiré de l’amour.
Un rapport est vicieux quand un mot se rapporte à un autre auquel il ne devrait point se rapporter.
Le Solécisme viole les lois de ja syntaxe en transgressant les règles de la déclinaison ou de la concordance ou du régime. Ce mot grec est formé de cokoxot, habilans de la ville Soles , et de touoç, imitation. Ces habitans étaient des peuples de l’Attique qui, étant allés s'établir dans la ville de Soles, en Cilicie, perdirent la pureté de la langue grecque dans leur commerce avec les anciens habitans de cette cité de l’Asie-Mineure.
L'équivoque a deux sens : l’un naturel, qui paraît être celui qu’on veut faire entendre et qui est effectivement entendu de ceux qui écoutent; l’autre détourné, qui n’est entendu que de la personne qui parle et qu’on ne soupgonrie pas même pouvoir être celui qu’elle a intention de
faire entendre, Ce mot vient du latin œquivocum, terme qui présente plusieurs significations; æquivocare, parler d’une façon pour être entendu de l’autre. Ce terme avait, en quelque sorte, été jadis frappé de la peine du talion, puisque, non content d'offrir un double sens, il était des deux genres, masculin et féminin, ainsi que le rappelle ce passage de la XII satire de Boileau : |
Du langage français bizarre hermaphrodite,
De quel genre te faire, équivoque maudite,
Ou maudit ? car saus peine aux rimeurs hasardeux L'usage encor, je crois, laisse le choix des deux.
Le sens équivôque vient de la construction mal arrangée, de l’indétermination essentielle à certains mots Jorsqu’ils sont employés de manière que l'application n’en est pas fixée avec assez de précision.
La phrase équivoque est celle qui est susceptible de deux sens, comme par exemple celle-ci : quel ennemi a tué mon frère P |
Le sens amphibologique renferme ces deux défauts de netteté, louche et équivoque, mais sans en indiquer la cause. L’amphibologie (mottiré du grec éupt6chos, ambigu, dérivé de au, des deux côtés; de Balw, je jette; et de doyos, parole, discours) est dans une phrase qui peut également servir à énoncer plusieurs sens différens , et que rien de ce qui la constitue ne détermine à l’un plutôt qu’à l’autre.
Lorsqu'une phrase est énoncée de façon qu’elle est susceptible de deux interprétations différentes, on dit qu’il y a amphibologie, c’est-à-dire qu’elle est équivoque, ambiguë.
L’amphibologie vient de la tournure de la phrase, c'est-à-dire de l’arrangement des mots plutôt que de ce que les termes sont équivoques.
On donne ordinairement pour exemple d’amphibologie la réponse que fit l’oracle à Pyrrhus lorsque ce prince alla le consulter sur l'événement de la guerre qu'il voulait faire aux Romains :
Aio, te, Æacida, Romanos vincere pose,
L'idiotisme (du grec têtomioudc , façon de parler adaptée au génie propre d’une langue; de {àts, propre, particu- Jier) est une façon de parler éloignée des usages ordinaires ou des lois générales du langage, adaptée au génie propre d’une langue particulière, ainsi que le rappelle, comme nous venons de le voir, l’étymologie de ce terme, lequel, pour le dire en passant, n’a rien de commun avec le même mot idiotisme, venant aussi d’un mot grec iälurng, et qui signifie idiot, stupide, imbécille, dépourvu d'idées. On distingue en philologie ou grammaire générale, l'idiotisme régulier et l’idiotisme irrégulier.
L'idiotisme régulier est celui où les règles immuables de la parole sont suivies, et où il n'y a de violé que les institutions arbitraires et usuelles. Exemple: Veminem ‘reperire est id qui velit, on ne trouve personne qui le veuille.
L’idiotisme irrégulier est celui où les règles de la parole sont violées. Exemples : Je viens de lire, je vais lire, je devais lire.
Lorsqu'un trope (du grec porcs, tour, dérivé sperw, je tourne) ou une figure de syntaxe est tellement dans le génie d’une langue qu’il ne peut être rendu littéralement dans une autre, ou qui y étant rendu littéralement, y exprime an tout autre sens, c’est un idiotisme irrégulier, parce que le sens propre des mots y est abandonné; ce qui est contraire à la première institution des mots. Mactare, sacrifier, signifie littéralement magis auctare.
La éatachrèse (du grec xaréypnow, abus), figure qui consiste dans l’abus de la signification propre d’un mot, peut se rapporter à l’idiotisme irrégulier
L'idiotisme considéré dans les différens langages, se
. distingue en hellénisme, latinisme, gallicisme, etc. Il est surabondant de dire ici que l’hellénisme (£mvoud, de : My, grec) est un tour, une expression, une fagon de parler propre à la langue grecque; comme le latinisme est
un tour propreà la langue latine, et le gallicisme un tour particulier à la langue française. |
La concision est cette forme de Ja diction ‘qui rejette les mots superflus, qui évite les circonlocutions inutiles et ne fait usage que des termes les plus propres et les plus énergiques. Elle renferme la briéveté, la diction succincte, serrée, laconique. L'écrivain concis économise les mots autant qu'il lui est possible; il choisit les plus expressifs et supprime soigneusement tous les mots qui n’ajoutent rien au sens. Îl ne renonce point aux ornements; mais ceux qu’il emploie, sont plus propres à donner de la force que des graces à son discours. Il ne présente jamais deux fois la même idée, il tâche de la placer sous le jour le plus frappant. Dans l’arrangement compact et serré de ses sentences, il préfère l'énergie et la force à la cadence et à l’harmonie. Les modèles de la diction concise sont Tacite, Montesquieu dans son Æsprit des lois, Aristose, Thucydide, Salluste, Les caractères de la concision, ainsi que nous venons de le dire, sont la force et l’énergie. La concision convient dans tous les discours qui s’adressent aux passions ou qui ont pour but de les émouvoir. La concision couvrent à l'imagination et au sentiment. On trouve les plus parfaits modéles du style zerveux dans les harangues de Démosthènes.
L'idée commune attachée à la diction concise et à la diction laconique est celle de briéveté. Voici les nuances qui distinguent ces deux mots.
Laconique, mot tiré de Aëxuv, Laconien ou Lacédémonien, peuple qui affectait beaucoup de précision dans le langage, se dit des choses et des personnes; concis ne se dit guère que des choses et principalement des ouvrages de Ja diction, au lieu que laconique se dit principalement de la conversation ou de ce qui y a rapport. On dit: un homme très-laconique, une lettre laconique; un ouvrage concis, nne diction concise. Laconique suppose -nécessairement peu de paroles; concis ne suppose que les paroles nécessaires : un ouvrage peut être long et concis lorsqu’il embrasse un long sujet; une réponse, une lettre
ne peuvent être à la fois Jongue et laconiques. Laconique suppose une sorte d'affectation et une espèce de défaut ; concis emporte pour l'ordinaire une idée de perfection : voilà un compliment bien laconique; voilà uu discours bien concis et bien énergique. Le laconisme est un langage bref, animé et sententieux; mais ce mot désigne proprement, comme nous l’avons dit tont à l’heure, l'expression énergique des anciens Lacédémoniens qui avaient une maniére de s’énoncer succincte, serrée, animée et touchante, Citons-en un exemple, et laissons pour cela parler le jeune Anacharsis :
« Les Ephores, craignant que la garnison de Décélie ne se laissât surprendre ou n’interrompiît ses exercices accoutumés, ne lui écrivirent que ces mots : « Ne vous promenez point. » Lors de la guerre du Péloponèse, leur flotte ayant été battue, un officier leur écrivit : « La bataille est perdue. » Peu de temps après ils reçurent de Lysandre, général de leur armée, une lettre conçue en ces termes : « Athènes est prise. »
Cependant l'extrême concision produit la dureté. Les Messéniens devaient immoler une vierge en sacrifice aux dieux irrités. On élevait des doutes sur la pureté de la jeune fille que le sort désignait. Aristodème offre la sienne. Pour détourner le coup, son amant dit qu’elle est enceinte. Le père, outré de cette imputation, et voulant constater l'innocence de sa fille, dit à celle-ci : « Meurs! » et il lui ouvre publiquement les entrailles : parole et action aussi dures que barbares.
La brachyologie (Bexxus, brevis; Aoyos, verbum) est un vice de diction opposé à la perspicacité et qui consiste dans une briévelé excessive où les sous-entendus ne sont pas aisés à suppléer : c’est un peu la manière de Perse, comme le rappellent ces deux vers de Boileau :
Perse, en ses vers obscurs, mais serrés et pressans, Affecte de montrer moins de mots que de sens.
La diffusion se trouve quelquefois réunie à la concision
lorsqu'un écrivain fait reparuitre, sous plusieurs formes différentes, des phrases courtes qui n’expriment chacune que fort peu de chose. Alors la diffusion modifiant l’abondance par l'énergie de l’expression, n'est point ce vice de diction opposé à la concision ; elle devient une application de la concision aux dissertations, aux raisonnemens, aux instructions, et convient aux ouvrages de jugement.
L’abondance est une affluence de mots et de tours heureux pour exprimer les nuances des idées, des sentimens et des images.
L'écrivain diffus explique complétement sa pensée : il la représente sous différens jours et prête tous les secours possibles à l'intelligence de son lecteur. Il néglige souvent de l’expliquer dès la première fois très-clairement parce qu’il se propose d’y revenir, et il supplée par l’abondance à la force qui lui manque. Les écrivains de cette trempe sont des amateurs de la magnificence et de l’amplification. Leurs périodes ayant presque toutes une certaine longueur, il est aisé d'y placer des ornemens, et ces auteurs n’en sont point économes. Les modèles en ce genre sont Cicéron, Hérodote, Tite-Live.
Mais lorsque la diffusion est un amas confus de paroles vides de sens, elle n’est plus que du verbiage et du datisme. La diction verbeuse consiste à dire peu de choses en beaucoup de paroles. Le datisme (du grec ôariuos) est une expression vulgarisée par la manie que Datis, roi de Perse, avait contractée de se piquer de bien parler le grec, en employant tous les synonymes, comme par exemple, je suis satisfait, content, charmé, enchanté de vous voir ; c’est une manière de. parler ennuyeuse, une répétition fatigante de mets synonymes, pour exprimer une même chose.
L’extrême diffusion rend la diction /dche, trafnante, lourde. La diction est lâche, traînante, lourde, quand les mêmes idées sont représentées avec des accroissements trop peu sensibles, quand on dit tout ce qui peut être entendu sans être dit, en ua mot quand on paraît se défier de la pénétration, de l'intelligence du lecteur.
La diction faible et la diction nerveuse sont générale ment considérées comme les mêmes que la diction diffuse et la diction concise, et elles ont en effet beaucoup de ressemblance. On remarque toujours un peu de faiblesse
chez les écrivains diffus, et les écrivains nerveux inclinent
d'ordinaire pour l'expression concise. Cette règle n’est pas toutefois générale ; quelques écrivains sont également remarquables par la force et par l’abondance de leur Style, et parmi enx l’on peut citer Tite-Live. La diction nerveuse convient particulièrement à l’histoire et à toutes Jes dissertations philosophiques ou morales.