‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 13 sur 140 · RÉGIMES · texte numérisé non relu

RÉGIMES

Le subjectif (nominatif) et l'objectif facensatif) du nom-verbal , ont des désinences communes; ils sont moins déelinés en latin qu'en grec : voyez le tableau du verbe grec. Îls forment des phrases dépendantes, et ont, comme : les autres phrases, un sujet qui se met à l'accusatif, car leur destination étant de présenter une idée sous la forme de phrase, ils ne portent point le caractère absolu de la phrase-pensée. Scire tuum nihil est, nisi te scire hoc - sclat alter. (Pers., sat. Ï) ; te subjectif de scire, est à l’accusatif, parce que la phrase scire est une idée sous la forme de phrase. Mihi semper-placuit non rege solàm, se0 reguo liberari rempublicam (Cic.); homines esse amicot Dei quanta est dignitas (D. Greg. magn.); Cupio me esse clementum (Cic.) Les subjectifs de toutes ces phrases« idées sont à l’accusatif, parce que ces phrases sont considérées comme des noms. Beauzée prétend qne ces phrases n’ont pas de subjectifs, en conséquence il dit que te, rempublicam, homines, sont des régimes de prépositérrs sons-entendues, Cette manière d'analyser n'est point celle des langues ; ici la grammaire est à côté de la pensée. C’est donc mal à propos que Beauzée critique l’observa. tion de Lancelot , qui, dans sa grammaire générale Îf, XVIL, ditque l'infinitifdans scire malum esse fugiendum, est comme un mode con jonctifqui a le pouyoir de joindre la proposition qu’il constitue à uge agtre proppsition principales « car, dit-il, scie vaut seu] gne prapesition; et si vous ajoutiez malum este fugiendum, ce serait deux propositions séparées ; mais mettant esse au lieu de est, vous faites que la dernière proposition n'est plus que partie de la première; et de là est venu qu’en français noys rendons presque toujours linfinitif par l'indicatif du verbe et la particule que : je sais que le mal est à fuir, etalors ee que ne signifie que cette union d’une proposition avec ane autre, laquelle union est en latin enfermée dans l'infinitif, et en français aussi, quoique plus rarement, eomme quand on dit : il eroit savoir toules choses. »

Le rapport de l'action de la phrase objective avec le

verbe principal marque ou simultanéité ou postériorité d'existence; et soit que la phrase principale soit présente, passée ou future. ce rapport peut être toujours Île même : « Cupio me esse clementem, cupiebam me esse clementem ; scio, sciebam , sciam te profecturum esse ; credo, credebam, credam illutm profeclum esse. Si les rudimentaires avaient cherché dans l'analyse de ce ra pport qu'ils nomment vaguement que retranché , les principes des règles multipliées et chargées d’exceptions qu’ils en ont

données, ils auraient épargné aux élèves bien des peines 9 pars P pour l'étude d’un rapport de phrase qui devient si net ct

si clair dans la méthode latine de Gueroult.

L’infinitif présente donc l'existence sous trois rapports, selon les trois temps généraux et indéterminés de simultanéilé , d’antériorilé et de postériorité; amare en est le simultané, amavisse l’antérieur , amaturum esse le postérieur. Remarquons que amarier: est l’ancien antérieur de linfinitif, auquel on a substitué depuis amavisse ; on y reconnait la désinence caractéristique des antérieurs en ero, et il se trouve souvent dans les poëtes : c'est à tort que les commentateurs le confondent avec le simultané de l’infinitif (le présent) et qu’ils ne voient dans er qu’une syllabe paragogique.

Quapropter, quoniam, quæ pauld diximus ante, ‘ In commutatum veniunt, constare necesse est 1 Ex aliis ea, quæ nequeant convertier unquam. (Lucrèce.)

On en trouve des exemples dans Virgile. Ici remarquons le supin commutatum précédé d’une préposition, et concluôns qu’il est un véritable cas de l'infinitif et que . Beauzée l’a mal à propos confondu avec les participes.

Remarquons encore avec Beauzée que amassere, selon Je témoignage et les preuves de Vossius, Analog. ii, xvur, est l’ancien futur de l’infinitif, auquel on a depuis substitué les phrases amaturum esse , amaturum fuisse, jugées plus analogues aux futurs des modes personnels.

KRemarquons enfin que Jore est l’ancien infinitif pré-

= di

sent , auquel on à depuis substitué esse. U exprime un rapport de simultanéité comme esse. Eu effet , essem, subjonctif-simultané , dérive de esse; de même forem, subjonctif-simultané, dérive de fore. Cette analogie est donc une preuve qui fait reconnaître la simultanéité de fore. L'usage de la langue latine est d'employer esse dans la période présente , et fore duns la période future; esse sert à former le postérieur-présent de l’intinitif honoratum esse, ty ; fore sert à former le postérieur-futur de l'infinitif, honoratum fore, tisew. Les exemples font foi de cet usage. C’est donc une erreur des rudimentaires de confondre fore avec futurum esse comme synonymes.

Le grec est la seule des huit langues comparées qui ait à l'infinitif un système de temps aussi complet que les autres modes. Ses temps du participe sont aussi développés que ceux de Pinfinitif : voyez le tableau du verbe grec. Mais en revanche, il n’a point de gérondifs ni de sapins; il y supplée par l’usage de l'infinitit précédé de préposition et de l’article : comme 7ù vo queïv diriov ,| amandi causa : rù Mav queiv où à qÜeïv aëriov, vale amare non amandi causa; ev v@ uheiv rôv Üéov, in amare ou in amando deum ; xaT4 rù poû xpivav, secundum meî judicare. L'usage de l’article se trouve presque toujours devant l'infinitif, qui s'emploie encore aux cas correspondants à ceux de l’infinitif latin , comme «d dfuyecôar Tw Oew dpeoxes , orare Deo placet.

Le latin est la seule des huit langues comparées qui ait au mode nominal un système de déclinaisons semblable à celui du nom. Le grec et les langues modernes n’ont ni les gérondifs ni les supins ; elles y suppléent par l’emploi des prépositions. Le français n’a du gérondif qu’une seule forme : en aimant, amando.

Des observations qui précèdent il suit que l’infinitif, le gérondif, le supin , forment un seul et même mode du verbe , appelé mode nominal ou nom verbal, C’est aussi l'opinion du comte de Tracy : voyez sa grammaire philosophique à l’article des modes.

FES MODE MODIFICATIF.

Lemode modificatifda connectit-d'identité estan mode impersonnel qui énonce sous la forme d'un modicatif l'existence intellectuelle d'un sujet avec relation à un attribut. |

« Le participe (modificatif- verbal), quoiqu'adjectif, est aussi verbe, puisqu'il ena la signification fondamentale, qui consiste à désigner par l’idée précise de l'existence intellectuelle avec relation à un attribut; et il reçoit les diverses inflexions temporelles qui en sont les suites né. cessaires : en grec, en latin, en allemand, etc., il est soumis à différentes terminaisons relatives aux nombres, aux cas et aux genres comme les adjectifs, pour, ainsi qu'eux, s'accorder en genre , en cas et en nombre, avec le nom auquel il est appliqué.

« On peut donc dire avec vérité que le participe est un adjectif-verbe, puisqu'il réunit dans sa nature propre la nature indestructible de l'adjectif et celle du verbe; et de là vient qu’on lui a donné le nom de participe. C’est une sorte de mot dont l’essence comprend également et nécessairement les deux natures, en sorte que l’une n’y est pas plus éminemment que l’autre, »

De cette observation de Beauzéo il suit que le mode. modificatif ou modificatif-verbal est composé d’un modifcatif et du connectif-d'identité simple ; il participe de la nature des deux. Or le mode nominal renferme également un modificatif et un connectif-d’identité simple; le mode personnel ou attributif comprend de même un modificatif et un connectif-d'identité ; par conséquent, l’un et l’autre participe, comme le mode-modificatif, de la nature du modificatif et du connectif d'identité; donc la dénomination de participe leur convient également ; donc cette dénomination est impropre au modificatif-verbal.

Les irois modes du connectif variable présentent l'existence du sujet chacun sous la forme d’un élément de la proposition et le partagent, en quelquesorte, en troisélé-

ments diatinéts par le caracière distinctif dont ils le revêtent dans la phrase ; c’est ce caractèrc distinctif qui-doit être le fondement des dénominations différentes données apx formes du connectif variable. Il est évident qne ce n’est point d'après une semblable analyse que les grammairiens ont assigné des noms aux différents éléments du discours; car on ne trouve dans presque toutes leurs grammaires que l’idée d’une circonstance particulière prise pour base de leurs définitions. Beauzée, qui avait rectifié tant de fausses définitions et refait tant de fausses analyses, avait tracé le plan ét les moyeus d’une bonne définition, p. 308 et 804 du t. 2 de sa grammaire. Mais on ne trouve pas dans les grammaires postérieures à la sienne l'imitation de ses principes; lui-même n°y a pas toujours été fidèle dans les applications : voyez la comparaison de son système des temps verbaux avec le nôtre.

« Les modificatifs de qualité (adjectif) ainsi que les noms expriment une idée uniquement comme faisant partie d’une autre ; mais c'est abstraction faite de l'idée d'existence : ils ne renferment pas cette notion d'existence. Courageux représente bien courage comme appartenant ou plutôt comme devant appartenir à un sujet, mais non pas comme existante affectivement ; et en cela il est un attribut incomplet. Car pour signifier complétement qu’une idée est renfermée dans une autre, il faut auparavant signifier qu'elle est, qu'elle existe. Or c’est là une propriété dont , per une abstraction singulière ; {ous nos adjectifs se trouvent dépouillés et qu’il faut qu'ils recouvrent pour redevenir des attributs complets. |

« Etant, existant est le substantif adjectif qui renferme l’idée d'existence, non que ce sait plus qu'aux autres sa signification spécifique, mais parce que c’est sa signafication propre, et que par conséquent il ne peut en être séparé sans être anéanti. Aussi est-ce par son moyen qu'on la rend aux autres; et il n°y a d’adjectifs qui la renferment, qui par conséquent expriment complétement une idée existant dans une autre, qui par-suile soient des attributs que ceux dans lesquels l'adjectif étant est implicr.

du

tement compris. Ces adjectifs sont ce que nous appelons des verbes, |

« Les verbes sont simplement des adjectifs renfermant en eux-mêmes l'adjectif éfant , des adjectifs dont on n°a point séparé par un excès d’abstraction l'idée d'existence. Leur forme essentielle , fondamentale, est ce que nous appelons leur participe ; ce qui ne veut pas dire, au reste, que ce soit leur forme primilive , au contraire; car c’est toujours du composé que l’on arrive au simple : mais il n’en est pas moins vrai que le verbe nommé aimer est dans la réalité l’adjectif aimant. En un mot, les adjectifs proprement dits sont des verbes mutilés; et les verbes sont des adjectifs entiers. » (Destutt de Tracy.)

Par ces observations il est évident que le participe est l’idée essentielle du verbe , qu'il signifie la combinaison du connectif d'identité avec un modificatif, et qu’il convient également aux trois modes généraux du verbe, puisqu'il exprime l’idée fondamentale de leur nature. Donc la dénomination de participe est fausse. Il est facile de prouver par de semblables arguments la fausseté des dénominations techniques employées par les grammatistes et les rudimentaires. |

Le mode-modificatif du connectif d'identité ou le modificatif verbal énonce l'existence sous les trois rapports généraux du temps indéterminé , comme simultané, antérieur , postérieur au temps du verbe de la phrase principale, qui est l’époque secondaire de comparaison.

simullané. Precans, priant.

Modificatif-verbal { antérieur. Precatus, ayant prié.

postérieur. precaturus, devant prier.

Le système des temps du modificatif verbal en grec est plus développé que’celui du latin, qui laisse indéfinis tous ses temps. Les langues modernes à l’imitation du latin ne distinguent que les trois temps généraux dans les modatifs verbaux. Le grec en varie la forme selon les trois voix du verbe ; le latin avec les langues modernes n’ayant que

us

deux voix délcrminées ne leur donne que deux varialions, actif etpassif. |

L'usage des voix dans ces langues n’est point uniforme: chacune à sa manière d’en faire l’application. Dans le Jatin, dans lallemand , comme dans le grec, les modatifsverbaux sont soumis à la déclinaison desnoms, et varient de genre, de nombre et de cas. Dans les langnes modernes qui n’ont point de cas , ils varient seulement de genre et de nombre. Dans l’anglais, qui ne distingue ni cas, ni genre, ni nombre, ou plutôt qui n’a qu'un seul renre, un seul nombre pour les noms, L n’éprouvent aucune variation,

Dans le français, les ue sont, comme le nom, susceptibles de genre et de nombre. Le système de leur déclinaison porte sur des principes dont l’analyse est mal développée daus les grammaires ; nous allons tâcher de la présenter sous un point de vue plus simple et plus méthodique.

Dans l’origine de la langue française les modificatifsaclionnels ou verbaux étaient déclinables à toutes les circonstances, comme on le voit par celte phrase : « Pour ce que j’appelleray de leurs oreilles escoutantes mal, à elles-mêmes, quand elles escouteront bien. » (Précellence du langage français, p. 11, édition 1579.)

Mais l’usage ayant distingué les modes d'action les a caractérisés dans les modificatifs verbaux par la variabilité ou l’invariabilité de leurs formes.

Le modatif-actionnel simultané (participe présent) exprime ou la faculté d’action ou l’action même. Quand il exprime la faculté ou possibilité d’action, il se décline : une femme aimante, est une femme qui peut aimer, qui veut aimer, qui est disposée à LS de une personne obligeanle n'oblige pas toujours.

Mais il ne se décline pas, s'il est suivi de son régime : les courlisans préférant leur avantage particulier au bien général , ne donnent que des conseils intéressés (Duclos). |

Quand le modificatif d'action exprime l'action même

d’un sujet, 1 ne se décline pas: Calypso voyant deux étrangers aborder en son île, reconnut le fils d'Ulysse.

ÏÎl est évident que la variabilité du modificatif: verbal est déclinée on indéclinée selon les différens caractères ou modes d’action.

Considéré par rapport au mode d'action, le modificatifverbal antérieur { patticipe passé) imité, imitatus, est ou actif ou passif, selon que soù sujet est ou le principe ou l'objet de l'action qu’il renferme. Quand il est actif, il signifie été imitant, et répond à imilatus, modificatif antérieur dés verbes déponens et neutres-passifs Jatins, lequel se trouve rarement dans le sens passif ; il reste neutre, indécliné, non varié : nous avons émité les vertus que vous avez Jouées.

Quand :il est passif, l signifie été imité et répond au

àssif amdtus du latin, qui ne se trouve point sous cette ne comme z#itatu$, dans le sens actif, pour l’expression duquel on prend le tour de phrase faussement nomthé ablatif absolu ; dans celte acception, le modificatif français est décliné :

Et poarquoi vos soupirs Serafent-ils repouësés ? Aurait-il oublié vos setvices passés ?

Le todificatif- verbal, quofque actif par sa construction analgtique, se décline encore lorsqu'il est précédé de l'objet de son action, qtti en est fictivement le sujet

passif : les vertus que vous avez louéés, nous les avons :

tmrtées. [ correspond à ce toer latin : litteras ques habeo scriplas , les lettres que j’ai écrites. Les Latins nv

leniployaient que quatid 1e participe était passif: car si le participe était actif, il ne s’accorderait pas avec son régime placé devant lui : virtutes quas imitatus sum.

Les Allemands laissent indécliné le modificatif-actif antérieur : ich habe den herrn gelobét, quand même sôn objet serait placé devant lui : der kerr welchen ich gelobet habe, le seigneur que j'ai loué. Mais ils varient les

modifeutifs simulténés, ainsi que le grec : /ebender,

phuv ; liebehde, phobou ; liebendes, gd ; de même que les modifiatifs antérieurs passifs : geloBter, laudatus; ge : lobte, laudata ; gelobtes, laudatum.

Les lialiens varient, comme les Français, le modificatif antérieur, si son régime objectif est placé devant lui, ou,

‘conime les yjatins, ils ne le varient pas du tout. Ils se ser-

vent assez indifféremmetit de l’un où de l’autre, car ils disent également sans actord : {a lina aveva perduto t râggi; ou avec accord : la luna aveva perduti i raggi, là lune avait perdu ses rayons. La lettera c’ho scritto, sans codcordance, où avec concordance, la lettera c’hà scritta, la lettre que j'ai écrite. | Néanmoins , il ést à remarquer que les grammaäiriens italiens ne sont point d'accord à cet égard : Veneroni prétend que Île cardinal Bentivoglio et plusieurs auteurs modernes ne font point de distinction entre les participes déclinables et les indéclinables ; Biagioli établit le éontraire, comme on le verra dans nôtre chapitre des modi: ficatifs, où ce sujet est développé dans tous ses détails. Le modificatif autérieur français est donc ou actif ou passif. Quand il est actif, il est accompagné du verbe avoir et ne se décline pas, à moins que son objet ne soit placé devant lui; quand il est passif, il se décline toujours et sé lié à son sujet par le verbe étre. Si le sujet est répété comme objet ou circonstance de son action, le modificatifverbal sé décline si cet objet n’est point après lui : éxemples de ces différentes formes du modificatif. ” La chanson que j'ai entendu charter, n’a pasété com. posée parla personne que j’ai entendue chantet, mais paf celle qui Pa refusé. | | Cette dame s’est proposée pour modèle À ses enfans; elle s’est proposé de montrer la géographie à ses enfans. C’est pour n'avoir pas distingué ces deux modes d’action que Beanzée a reconnu faussement un supin dans le français et dans les langues modernes. Il est clair que la forme amaturn, appelée supin par les rudimentaires, n'est point de là nature du modificatif-verbal antérieur: Ce qui est supin dans le latin, est un cas de linfinitif qui éxprie

postériorité d'existence : sctatum oracula Phæbimittimus (Virg.) Ce qu'il appelle supin dans le français est un mo dificatif antérieur actif : zous avons imité les vertus que vous avez louees. Le modificatif latin, qui correspond à imité, est émitatus pour l'actif et amatus pour le passif. Beauzée lui-même convient qu’ils sont des participes passés, et qu’ils expriment antériorité de tems. Le supin du Jatin est donc l’opposé du supin français pour le rapport de l'existence, pour l’espèce du tems; le supin du latin est ua véritable nom-verbal au régime-circonstantif;, comme on le voit évidemment dans Lücibée. qui l’emploie avec une prépesition, 7 commutatum veniunt; le supin du français est un vérilable modificatif verbal antérieur qui ne correspond jamais au copine latin que nous traduisons par pour changer. Donc, il n° y a point de supin en français.

Les premiers grammairiens donnèrent aux mots des noms fondés sur l’observation de quelques circonstances particulières qui les avaient Je plus frappés. Ceux qui ensuite observérent les usages d’une autre langue, adoptèrent les dénominations des premiers, sans s’embarrasser si les formes des mots de cette langue étaient semblables à celle des mots de la première; ils forcèrent les faits à se plier à leur système, et non leur système à se subordonneraux faits, et il arriva queleurs dénominations furent souvent inexactes et variérent continuellement selon les caractères que chaque grammairien y remarquait. C'est ainsi qu’en faisant de la grammaire latine la base de la grammaire française , on a trouvé des supins dans la langue française , tandis qu'il aurait été plus convenable de prendre pour modèle la neue grecque avec laquelle le français a plus d’analogie qu'avec le latin. Cependant ni l’un ni l’autre moyen n'aurait pu servir de régulateur constant et sûr. Il fallait remonter à l’origine des idées, et de la composition des idées déduire la composition des signes. C’est pour n'avoir pas suivi ces principes que chaque langue a eu son système différent de mots et de syntaxe, et que chaque grammaire particulière n’a jamais été l’exacte déduction de la grammaire générale. C’est

aussi ce qui a fait dire à M. de Tracy que « la langue de la grammaire varie continuellement, parce qu’elle n’a jamais été faite sur les principes solides. » De cette dissidence de systèmes il est résulté que dans nos études, à chaque nouvelle laugne que nous voulons apprendre, nous avons à étudier entre les signes de cette langue Ja . grammaire de ces signesdont la nomenclature et les règles ne se trouvent point conformes à celles de la langne que nous connaissons déjà (et nous ne parlons ici que des principes géaéraux) : inconvénient très-grave qui multiplie les difficultés, retarde les progrès de uos connaissances, rend les études fatiguantes et rebutantes à la jeunesse , et qui ne disparaîtra que lorsque les principes généraux de la grammaire étant fixés d’une manière invariable, seront pris pour base et règle de toule grammaire particulitre. Mais revenons aux modificatils verbaux.

Le modificatif verbal postérieur ne présente à l’observation aucun accident remarquable : il est invariable en français, et formé du verbe devoir avet l’infinitif; il est déclinable en latin comme les autres modificatifs verbaux; en grec sa composition matérielle est semblable à celle du françaisavec la différence de la déclinaison propre àchaquelangue. Nous n’enferons pasl’objet d’une plus ample analyse,

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