‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 12 sur 140 · DATE · texte numérisé non relu

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son sujet vivere est du nombre singulier, 3° et que turpe n’est au genre neutre que parce que son sujet est du neutre. En suivant ce raisonnement on dira peut-être que sit n’est à la 3° personne que parce que le sujet est’ de la 3° personne, et l’on en eonclura que le nom-verbal est susceptible de variation de personne. Nous répondrons que comme le nom-substantif n’est pas susceptible de personne, le nom-verbal en est privé par la mème raison; que le nom-substantif, ainsi qué le nom-verbal, ne peut marquer ti la seconde ni là première personne; et que s'ils paraissent être at-delà de la troisième personne par leur relation avec le connectif-väriahle ; c’est plutôt unie absence qu’une propriété de personne; tat la variation de personne caractérise le pronom; le génré caractérise le nom-substantif, les différens rapports de l'identité dans la phtase caractérisent les régimes du nom-verbal , qui sont également propres aux noms et pronoms. |

Quand le connectif-variable est dans l’étatde modificatif, il doit, comine les autres modificatifs, marquer les nombres et les cas, et il doit avoir tous les genres, afin de s’accorder avec les noms dans les langues où les modificatifs se déclinent. |

D'où il suit que le connectif-d'identité-idée doit se décliner par des variations de désinénees comme les mots dont il remplit les fonctions dans le discours, et se diviser en deux élémens distincts formant deux modes séparés comme lesespèces du mode impérsonnel.

1% MODE NOMIAAL,

Le mode-nominal, que Beauzée appelle n0m.verbe, est un moe impersonnel.qui exprime l'identité abstraite de l’existence intellectuelle avec relation à un modificatif, en là préseütant sous l’idée d’un nom.

« L'’infinitif(nom-verbal) est un véritable nom, puisqu'il ne peut être appliqué à aucun sujet, et qu’il est universellement employé dans l’oraison aux mêmes fins que le how, et'en laliu avee fes mêmes cas. » (Beauzée.)

Beauzée a très-bien prouvé que les formes de l’infinitif expritnent les cas directs du nom, c'est à dire, le nominatif, l’accusatif, et que les gérondifs en marquent les cas iudirects, le génitif, l’ablatif, Le datif; il a confirmé ses observations par une foule d'exemples : cimvivere ipsum turpe sit nobis (Cic.), vivere subjectif(nominatif) ; occur. sare capro capeto (Virg.), occursare objectif (accusatif); sed ratio recté scribendi tonjuncta cum loquendo est (Quintill.), scribendi génitif, loquendo ablatif; memorin excolendo augetur (Quintil.), ablätif, emporetica inutilis scribendo(Plin.), datifs epiditumquærendo operam dabo (Plaut.);cèm oculis ad cefiendum nori egeremus (Cic.), accusalif précédé d’une prépotition; ef inter agenduroccursare capro caveto (Virg.) ; namque ante domandum ingentes tollent nnimos (Virg.)

« Ce n'est, dit ce judicieux grammairieni, qu'en considérant les gérondifs comme des noms qne l’on peut rendre raison du péhitif Qui ést soutent le régime da génitif en di; comme dañs éé$ phfasés : afiquot fuit principium generandi animalium{Vart.), fuit exemplorum legehdi potestas {Cic.): vestrladhortandi causé (Tit; Liv.). On dit generandi, dnimalium, comme on aurait pu dire generationis animalium; exemplorum legendi comme lectionis exemplornm; vestri adhortandi, comme ndhortatonnis vestri. »

Beanzée dit que les bérondifs, quoique semblables aux partitipes par leuts désinences, dérivent directement'et immédiatement de l’idfinitif dont ils forment la déclinai+ son, comrhe les autres cas du nom dérivent du nominatif par des transformations successives. On pourrait ajouter que, si kK génitif est le cas générateur des autres cas du nom , savôir : l’ablatif, le datif, de même Île gérondif en di est le cas génératent des gérondifs en do et en dum, La ressemblañice de désinence n’est donc pas he raisort pour faire placer un mot dans aïüe telle classe, sila nature des rappoîts de ce imot ést différente de ceux qui caractévisent tes mots de cétte elasse, Cette ressemblance de dé: sinence esl peut-être ke motif qaia engagé Beauxée à ranger les supins dans la classe des participes ; mais la diffés

rence des rapports est, au contraire , le motif qui nous empèche de partager son opinion sur la nature des supins qu’il confond avec les participes.

Or, lPanalogie et les usages du langage nous démontrent que l’opinion de cet habile grammairien est une méprise foudée , peut-être, sur ce que les gérondifs Jui ont paru correspondre exactement à tous les casdu régime indirect du nom, et qu'il ne devait pas y en avoir d’autres dans la Jangue latine. Nous avons plusieurs raisons pour ne point partager son sentiment.

D'abord, les supins, comme les gérondifs, dérivent de l'infinitif, puisqu'ils sont souvent, comme les gérondifs, remplacés par linfinilif. Nous nous servironsdes exemples cités par Beauzée.

« On lit dans Plaute : dum datur mihi loccasio tempusque abire ; et dans Térence, summa eludendi occasio est mihi nunuc senes; dans Cicéron , tempus cst nobis de illà vità agete ; et dans Lucrèce, timentes ne quod ob admissum fœde dictumve superbè, pœnarum grave sit solvendi tempus adactum ; dans Lucrèce , ad sedarc sitim fluvii fontesque vocabant; et dans Velleius Paterculus, cives romanos ad censendum ex provinciisin Îtaliam revocarunt. »

« I] est plus rare de trouver l’infinitif pour le second gérondif; mais on le trouve cependant , et le voici dans Virgile : et cantare pares et respondere parati ; ce qui, de l’aveu de tous les commentateurs, signifie, el in cantando pares et ad respondendum parati. »

« Concluons donc enfin que les gérvondifs ne sont effcetivement que différens cas de linfinitif, et qu'ils ont, comme linfinitif, Ja nature du verbe et celle du nom. »

On lit de même dans Virgile : non nos ferro libycos populare penates venimus, nous ne sommes pas venus ravager avec le fer les demeures des Lybiens. Populare est évidemment pour populatum.

On ne trouve jamais à la place d’uu participe un infinitif qui en suive la même construction , comme dans Îes exemples précédens ; c’est que le re est une autre

natnre de mot , et que le supin est de la nature de Pinfinilif.

En effet, le supin en um exprime un rapport d'objet commele gévondif en dum : suspensi Eurypilum scitalum oracula Phœbi mittimus (Virg.); servitum matribus ibo (Virg.); curtcis perditum (Ter.); cùm oculis ad cernendum non geremus ic.) ; namque ante domandum ingen-

tes tollent animos (Virg.) Ces exemples font voir que la nature du supin en um est d'exprimer l’objet d’une action sans changement de licu, rapport qui correspond plus exactement au datif du nom.

Le supin en u marque un rapport de principe déterminant un modificatif comme le gérondif en do; l’un et l’autre correspondent à l’ablatif dont ils sont les espèces : miserabile visu (Virg.); memoria excolendo augetur (Quintil.) Ainsi, le supin en u détermine un modificatifqualificatif, et le gérondif en do un modificatif d'action. Le supiu cn u se trouve quelquefois au modificatif d’action obsonatu redeo (Plaut.); primus cubitu surgat, postremus cubitum est (Cat. rust.)}. Cet usage particulier n’empêche pas qu’il ne conserve son caractère propre de déterminer un qualificatif. (adjectif) , comme l’infinitif ne se change pas en gérondif, quoiqu'il en fasse quelquefois les fonctions.

De là il suit que la déclinaison du nom-verbal caractérise plus de sous-espèces de rapports que le nom-substantif par ses désinences propres. En voici le système dans la Jangue latine.

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