‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 17 sur 140 · ANALOGIE DES TENS DANS LA LANGUE LATTNE · texte numérisé non relu

ANALOGIE DES TENS DANS LA LANGUE LATTNE

La langue latine , dont le génie paraît d'ailleurs si différent de celui des trois langues modernes, nous conduit encore aux mêmes conclusions par ses analogies propres, et fournit de nouvelles preuves de notre système des tems. Chacune des trois espèces y est caractérisée par des analogies particulières qui sont communes à chacun des tems compris dans la même espèce, |

10 Tous les tems que nous nommons simultanés sont simples à l'actif et au passif; ils ont une racine commune qui se modifie dans le passé et dans le futur par une racine immédiate toute différente et qui caractérise leur à propre.

Actif, Passif présent. . . . . Laud- o Laud- or

Simultanés { passé, . , , . , Lauda-b-am Lauda- b- ar futur. Ê . ° . ° Lauda- b- Q Lauda- b- Oo?

Observons que la racine commune et générale des simultanés est lauda par le retranchement de re de linfinilif laudare; si l’a final de la racine ne se retrouve pas au présent , c’est qu’il est contracté, car il est évident par les formes subséquentes que primitivement l’on a dif laudao et ensuite par contraction laudo , comme en grec on dit timaœw ct par contraction rw. Cette racine générale passe aux antérieurs.

A joutons que la finale du radical épronve-quatre métamorphoses selon les différences de verbe à ds qu'elle se change enc,u,i,ce qui a donné lieu à la distinction chimérique des quatre conjugaisons de la langue latine. Ainsi le radiçal peut se terminer par quatre voyelles a, e, 1, u, et jamais par 0, qui est la voyelle réservée pour Ja désinence du simultané-présent, du simultané-futur et de l’antérieur-futur.

Admettant la priorité de la lettre e dans la génération

des vérbes radicaux, comme nous l'avons exposé précédemment, nous dirons qu’en latin la racine primitive des verbes se términe par e, qui se permuteena,u, à, ct nous donnerons pour raison de cette assertion que le plus grand nombre des verbes cst en € au radical comme il se voit au simultané-passé et au sinmultané-futur, et ‘que les autres a, u, i, ne sont que les permutations de l'e, lettre Caractéristique de l'existence.

SINULTANRS

PRÉSENT. PASSE. FUTUR, s : k . o. æ :

CONSTGAO K

Première. Lauda-0 (Laudo, par contraction). Läuda-b-am. Lauda-b-0

Deuxième. Mone o. Mone-b-am. Mone-b-0 Troisiènre. Regu-0 (Régo, paf contraction). Rege-b-am. Rege-b-o Quatrième, Iniso. JIni-b-am, Ini-b-Q

L’x étant une voyelle gutturalé sé change par le g consonne gutlurale et s’élide après le g, le c, le g, lorsque cés consonnes sont suivies d’un a ou d’un o et qu'elles sont d’une intonation forte ; mais si l’intonation gutturale deyient faible et douce, l’e se reproduit dans son droit et montre l'existence ainsi qu’on le voit aux simultanéspassés et futurs. Cette lettre e se retrouve à côté de 8 dans les verbes de la 4e conjugaison qui ne sont pas formés de ire.

« Au reste , dit Beauzée d'aprés Lancelot , il ne faut point êlre surpris de trouver ici regebo pour regaäm, ni expedibo pour expediam3 on en trouve des exemples dans les auteurs anciens et il est vraisemblable que l’ana= logie avait d’abord introduit expediebo comme expedie- Bam. » | |

Remarquons l’analogie selon laquelle se forment ces simultanés par quatre racines communes différentes, par les quatre voyelles a, eu, 1; remarquons en vutre qué

ces variélés n'existent jamais auxantérieurs dont leradical se termine toujours en à, ni aux postérieurs qui ont une autre formation ; ajoutons que ces distinctions, outre qu’ellesne sont pas nécessaires, nesont pasiavariables, puisque beaucoup de verbes sont par l’infinitif de la 3° conjugaison, et par le présent et lc futur de la 4e; rappelons nous que dans la langue grecque les anciennes grammaires avaient fait sortir de pareilles nuances l’appareil effrayant de treize conjugaisons, et que la nouvelle méthode, plus conforme à l’analogie et à la raison, a renversé tout cet échaffaudage qui faisait le désespoir des élèves, pour ne reconnaître enfin qu’une seule conjugaison éprouvant , il estvrai, quelques variations dans les désinences de certains tems seulement. Concluons, d’après la même analogie , que dans les grammaires latines il n'était pas plus raisonnable d'offrir l'appareil de quatre conjugaisons fondées seulement sur quelques variétés de désinences dans cerlains tems (nous ne parlons pas encore des verbes déponens , des verbes neutres et irréguliers qui ne sont que de nouvelles applications de l’unique conjugaison); et qu'établir des distinctions semblables d’après des faits particuliers qui ne sont que de pures modifications de la règle générale, c’est créer gratuitement des difficultés qui ‘n’ont d’autre résultat que de retarder les progrès des études, Mais poursuivons la génération des simultanés.

Nous avons distingué des temsabsolus et des tems relatifs, et nous avons dit que lès tems relatifs étaient des transformations du présent dans d’autres époques que celles de la parole. Or le simultané absolu est exprimé par la forme simple du radical ; la relation des simultanés relatifs est exprimée par adionetoi du à qui fait leur caractère distinctif commun, modifié ensuite par la désinence am qui place cette relation dans le passé, et par la désinence o qui la place dans le futur.

2° Tous les modes dont l’idée caractéristique commune est l'antériorité, sont encore simples à la voix active; ils dérivent de l’antérieur-présent, qui, lui-même, dérive de Ja racine générale du simaltané-présent lauda, à laquelle

ilajoute », consonne labiale voisine du 8, el qui sert decaractéristique distinctive dont la destination est de séparer les antérieurs non-seulement du simultané-présent, mais encore des autres simultanés. De même que les simultanés relatifs ont pris la transfigurative & pour se distinguer du simultané absolu, de même les antérieurs relatifs prennent la figurative er pour marquer leur relation à une époque déterminée,

Des terminaisons particulières, qui modifient le radical commun, sont destinées à désigner l’époque de comparaison : l’antérieur-présent se termine par #, qui est commun à toutes les espèces de verbes ; l’antérienr-passé, comme le simultané-passé , se termine par am, désinence caractéristique de Îa période passée; l'antérieur futur, comme le simullané. futur, se termine par 0, désinence qui caractérise la période future. Les tems correspondans de la voix passive sont tous composés de l’auxiliaire naturel et du participe antéricur.

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