PÉRIODE FUTURE
Dubitabo an veniat. Je douterai qu’il vienne.
Dubitabo an venerit. Je douterai qu’il soit venu: Dubitabo an venturus sit. Je douterai qu’il doive venir.
Dubitabo an venturus fuerit. Je douterai qu’il ait dû venir.
Ces exemples montrent que les tems subordonnès de la période fulurce s’emploicnt pour les tems de la période présente, quand ceux-ci sont relatifs; d’où il suit qu'ils sont indéfinis. Mais il y a quelque différence dans l’usage de ces tems en français et en latin ; nous l’avons fait voir pour le français, en voici les usages pour le Jatin :
L'identité objet de l'acte de esprit affirmatif et négatif s'exprime en latin par le mode-nominal (infinitif). Voyez les exemples que nous venons d’en donner.
L'objet de l'acte de l'esprit dubitatif (d’après Îles exemples que nous venons de rapporter) se traduit par le mode-subordonné (subjonctif) avec la conjonction an, ou utrüm, on quin, ou d’autres semblables ;
1° Avec an si le doute porte sur une seule action : dubilo an veniat.
2° Avec utrüm si le doute porte sur deux actions dont l'existence de l’une nie celle de l'autre : dubito utrüm vi-
gilem an dormiam. |
3° Avec quin si le doute est négatif : non dubito quin veniat.
L'objet de la volonté qui s’énonce par le commaïdement , par le désir, par la crainte, la défense, l’indifférence, se traduit par le mode subordonné;
1° Avec ut quand la volonté est affirmative : “volo ut venias, cupio ut venias.
20 Avec ne, quand la volonté est négative : Prohibeo ne veuias , {imeo ne venias.
30 Avec quin ou quominüs ; quand la volonté est non négative : non prohibeo quin venias, an impedies quin veniam ?
D'où-il suit, 1° que si la phrase principale exprime l'acte de l'esprit qui affirme , qui raconte, qui n’a pas de doute ni = ee , la phrase objective se met au mode nominal ; 2° que si la phrase principale exprime Pacte de l'esprit dubitaif, incertain, hypothétique ; ou la volonté affirmative, tee non négative, la phrase objective se met au mode subordonné.
Ces deux règles sont le précis exact et vrai de vingt
pages du rudiment de Lhomond; elles expriment d’une mauière simple, et dans un ordre méthodique les observations multipliées et obscurcies d’exceptions des rudimentaires. Il est constant que, pour peu qu’un élève soit initié dans l’analyse des phrases de sa langue, il entendra facilement ces deux règles du positif et du rationnel, et les appliquera avec certitude et sans peine. Il est certain que tontes les questions des rudimens hérissées d’une multitude de règles et d’exceptions, se réduisent ainsi par l'analyse à un petit nombre de principes applicables à toutes les locutions de la langue. Si le rudiment latin - était fait dans vet esprit d'analyse , la connaissance de la langue latine deviendrait aussi simple et aussi rapide qu'avec le rudiment elle se montre difficile et lente.
La langue grecque , dont la syntaxe a plus d’analogie avec le français qu'avec. le latin, ne connaît pas ces distiactions que fait le latin dans les phrases que nous venons d'analyser. Elle emploie comme le français le mode nomiuel ou le mode attributif quand la liaison des deux phrases présente une idée positive : nous en avons rapporté des exemples plus haut. Elle emploie le mode subordonné (subjonctif), quand Îa liaison des phrases présente une volonté, et le mode suppositif (oplatif}, quand cette liaison présente une supposition ; une hypothèse :
TlutpoxAo6 sxeteucev AyrAsa Oobvar env mavomAiav œutu 1væ Tous Tous muy vewvemwentat (Pseudo-Plnt).
Patrocle ptia Achille de lui prêter son armure afin de. (voulant) chasser les Troyens loin des vaisseaux.
Où pv yap puhomri Y” exsudavev, ef riç Torre. (Jliade, ch.3).
Les Troyens ne une point caché parmi eux s'ils
l'eassent aperçu.
Tov d &ç ouv evonsev apnpihog fLevsaoc Qote Arov eyupn. (Iliade, ch. 3).
Aussitôt que Ménélas reconnat Paris, il se réjouit comme uu lion à la vue de sa proie,
—æ 99 — USAGES DES TEMS SUPPOSITIFS.
Les tems absolus du suppositif se remplacent souvent par ceux du positif, et par les relatifs futurs du suppositif même. « Je serais, dit M. de Tracy, signifie je serai ; Si une telle condition est remplie ou quand une telle supposition se réalisera. C’est donc un futur à l'égard du moment de l'acte de Îa parole. » Je serai peut se trans-
porter dans la période actuelle : St vous chantiez à présent, je lirais.