DERNIÈRE SOUS-DIVISION DES TEMS
La dernière sous-division des tems doit se prendre dans
la manière d’envisager l’époque de comparaison ou sous un point de vue général et indéterminé ou sous un point de vue spécial et déterminé.
Sous É premier aspect, les tems des verbes expriment tel ou tel rapport d’existence à une époque quelconque ou déterminée : sous le second aspect les tems des verbes expriment tel ou.tel rapport d’existence à ur.e époque précise et déterminée.
Sous le rapport de simultanéité l’existence est coincidente avec l’époque ; mais sous les deux autres rapports, d’antériorité et de postériorité , l’existence est séparée de
‘l'époque par une distance que l’on peut envisager d’une
manière vague et générale, ou d’une manière spéciale et précise ; ce qui fait distinguer les antérieurs et les postérieurs en deux classes, Dans l’une de ces classes, on
considère la distance d’une manière vague et indéterminée ou plutôt ony considère l’antériorité ou la postériorité sans aucun égard à là distance, et conséquemment avec abstraction de toute distance déterminée; dans la seconde classe, on considère la distance d’une manière précise et déterminée. De ces caractères généraux d’éloignement ou de proximité relativement à l’époque , se tire la distinction des antérieurs et des postérieurs en éloignés ou indéfinis, et en prochains ou immédiats. Les antérieurs ou les postérieurs éloignés sont des formes qui expriment l’antériorité ou la postériorité d’existence avec l’idée accessoire d’une grande distance à l’égard de l’époque de comparaison. Sous cet aspect, nous disons pour l'antériorité, j j'ai lu, qui signifie ël ya longtems que j'ai lu; j'avais luquand vous êtes arrivé, qui signifie, il y avait longtems que | j ’avais lu quand vous étes arrivé, pour la postériorité , je lirai , qui signifie je dois étre longtems avant de lire, je devrai étre longtems sans lire, vous aviez dfné avant que je ne lusse, qui signific il y uvait longtems que vous aviez diné quand Je commença à lire. -
Les antérieurs et les postérieurs expriment encore l’antériorité et la postériorité d’existence avec l’idée accessoire d’une courte distance à l’égard de l’époque de comparaison, Sous ce nouvel aspect se trouvent ces formules, pour l’antériorité, vix legi cm intravit, quand j'eus eu lu il entra , ou aussitôt que j'ai eu lu il est entré; modo legi, je viens de lire, modo legeram, je venais de lire, pour la postériorité, je vais lire, jam jam lecturus sum, j'allais lire, jam jam lecturus eram, je serai sur ‘le point de lire, jam jam lecturus ero. Les antérieurs prochains se forment par venir de ou par eu ajouté au verbe ; les postérienrs prochains ou immédiats se forment par je vais ou par eu ajouté au verbe : ainsi, je viens de Jaire signifie il n’y a qu’un moment que j'ai fait; je vais faire, je ferai dans un moment.
La proximité et l’éloignement d’antériorité ou de postériorilé ne sont point caractérisées en latin et en grec par des syllabes ajoutées an verbe : ces langnes ont re-
cours à des adverbes ou à des périphrases pour en préciser la valeur. L'italien, l'espagnol , l’allemand et langlais emploient les mêmes moyens pour correspondre à la rigoureuse précision du français. 11 n°y a donc que le français qui admette des tems prochains et éloignés. Nage le tableau du verbe en sept langues.
Les antérieurs et les postérieurs prochains sont les mêmes formes de tems que les grammairiens nomment tems surcomposés,; dénomination trop vague comme
prise de la forme matérielle du tems et comme impropre +
à exciter dans l'esprit aucuue notion exacte de la nature de cetle espèce de tems.