‹ Grammaire générale: ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de lChapitre 14 sur 96 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

picOJIPOSniON PB L^ÉCRITUm DE LÀ PÀR91JI*

L'écriture est Part de décomposer les sons de la parole par des figures tracées qui (es représentent à nos yeux. LMcriture se compose de Talphabet et de Torlhographe, LWpAa^e/ comprend les caractères figurés qui décomposent les articulations et les voix du son. L^orthographe est la manière de combiner ces caractères pour décrire Ie& syllabes des mots'de la langue parlée usuelle.

Nous décomposerons donc Pécriture de la parole^ et dans ses caractères figurés comme élémens des signes de la parole^ et dans les combinaisons qui en sont faites pour décrire les mots du langage oral.

f * Eeritate alphabétique.

Noua n'aTons que cinq ttoyeltes, mais il est bien nerCoire que nous avons plus de cinq vo4x. Nous n*avons que dixhuit consonnes , mais il est bien notoire aussi que nous avens plus de dix4iuit arttcuktions. Cela prouve donc que notre alphabet, malgré sa supéricHrité sur les autres^ est encore inea imparfnit.

En outre^ nous pefiscrne que pour conserver Fanalogfe et bien fixer lee idéeif sur le méeenisme de la parole, nous

devons absolument marquer une aspiration faible devant toutes les voyelles que nous écrivons sans aucune articulation ; car, encore une fois , il ne peut pas plus y avoir de voix sans articulation, que d'articulations sans voix. C'est parce qu'on a méconnu cette vérité que Ton n'a écrit ni les schévas après les consonnes , ni les aspirations faibles de-^ vant les voyelles ; et c'est cette double négligence qui a perpétué l'erreur , laquelle a jeté beaucoup de louche sur ie mécanisme de l'écriture alphabétique. En conséquence^ nous reporterons l'articulation aspirée parmi les articulations variables ; nous figurerons ^aspiration fiiible par un caractère quelconquo, si l'on veut^ par une espèce de demi H, ou tel autre signe analogue.

Ainsi, pour conserver l'analogie des voix avec les irti* culations , nous regardons le scliéva comme une véritable voix, qui mérite d'être écrite autant que tout autre. Nous le distinguons de l'eu faible, non seuleinent par la durée, mais encore par la nuance de la voix. De celte manière, nous trouvons autant de voix différentes que d'articulations ] nous disons plus, nous trouvons une correspondance exacte entre les voix et les articulations ^ en sorte que le même jeu des organes produit .une articulation ou une voix de même nature, sans en conclure cependant , que telle voix soit exactement l'effet de telle articulation^ et qu'elle ne puisse modifier qu'elle ; mais nous observons que telle disposition des organes produit telle artieulatioit ou telle voix , et cela nous suffit pour en former la même classification. Il est vrai que l'articulation est la nftanière dont îe son commence à se produire, et que la voix est la manière dont-il continue à nous afTecler, et qu'en consé* quence l'articulation doit être regardée comme une cause, un commencement, et la voix comme un effet, une suite; mais celte corrélation réciproque n'est pas exclusive , felle note à aucune la propriété réciproque de modifier l'autre 5 du moins est-il certain que la mêifie voyelle associée à des consonnes différentes produit des effets différons, et que la douceur ou la rudesse des syllabes provient de cette association. C'est donc dans la nature des voix et des arti»

culalions et dans leurs combinaisons qu'il faut chercher les principes de la mélodie.

En conséquence de ces léQexions, nous définissons ainsi k voix et Tarticulation : lu articulation est la disposition ou forme que donnent à Pexplosion duson les mouvemeus des organes, en le décomposant ou articulant; h voix est le degré d'explosion que le son à son passage dans la bouche^ reçoit des mouvemens combinés des organes de la parole. Nous avons dit que Farticulation est la forme de Texplosion^ car une émission d'air peut a^oir lieu sans produire de son, si les organes ne se disposent pas d'une certaine manière pour le décomposer ou articuler. Or, nous remarquons deux dispositions différentes dans les ori*anés ; Tune, par laquelle ils interceptent Témissiob d'air pour en faire retentir le son dans le nez, l'autre par laquelle ils aspirent l'air par la bouche. En conséquence, nous distinguons les articulations et les voix en nasales et orales. L'articulation et la voix orales sont ou faibles ou fortes, et nous les divisons en deux sortes. Nous ne pouvons remarquer ces deux degrés dans les nasales. D'où il suit que nous devons distinguer trois formes générales dans la disposition des organesj et diviser d'abord les consonnes et les voyelles en nasales, orales faibles ou douces , et orales fortes ou tenues. Puis, en observant les mouvemens combinés des organes différens qui concourent à la décomposition du son dans les dispositionsdiverses que nous venons de noteri nous découvrons huit mouvemens différens et parconséquent huit articulations différentes, huit voix différentes, que nous trouvons plus ou moins démêlées par les conson* nés et les voyelles qui en sont les signes.

Après cette décomposition , nous recomposons les divisions et nous en formons la classification qui est représentée dans le tableau suivant :

Orgiolqur» Orgat.iiiuei

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