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CHAPITRE VIII

DECOMfOSITIOIC DE L^ECRITVBB DU SOU, OU PBOPODIB.

Nous avons démontré que la notation du chant dans le discours est un accessoire de la notation de la parole. Or récriture du chant dans le discours se nomme prosodie^ et récriture de la parole conserve le nom d^ écriture proprement dite.

La prosodie, mot dont l etymologieest'irpoi;, ad^ co^y], cantus^ c*est-à-dire chant adapté au discours, a deux objets : le ton et la durée des sons. Elle les figure paf ïaccent et la quantité.

L^ accent prosodique marque les diverses inflexions d'élévation ou d'abaissement que prend le ton de la voix en exprimant chaque syllabe de mot relativement à celles qui précèdent ou qui suivent. Tel est laccent des Grecs^ des Romains ; tel est aussi, avec quelque modification, celui des Italiens, des ELspagnols, des Anglais, des Allemands, des Français.

Le ton ne peut pas être représenté dans Técriture de la parole avec la même précision que. dans l'écriture du chant, parce que ses nuances y sont beaucoup plus fînes^ et souvent inappréciables. Au reste, cela n'est pas utile.

Dans la prononciation nous remarquons trois sortes de tons; les tons graves ou. sensiblement plus élevés qu'à l'ordinaire y les tons aigus un peu plus élevés que les graves, et qui marquent l'élan subit de la voix, et ceux qui

ne sont ni Fun ni l'autre, c esl-à-dire qui sont k Tunisson du ton ordinaire du discours. A ces trois degrés du ton on peut en ajouter un quatrième pour marquer l'abaissement de la voix au-dessous du ton ordinaire à la fin des phrases et des périodes ; nous les nommerons le ton Bas ou repos de la voix. Mais il est plus du ressort de la rhétorique que de la grammaire-, il suffit de l'avoir indiqué. Les deux degrés extrêmes ne sont ici, comme dans le chant, fixés que d'une manière relative au ton fondamental de Torgane ; car dans la voix la plus glapissante comme dans la plus basse il y a des tons élevés ou aij^us, des tons moins élevés ou graves, et des tons plus graves, également sensibles dans les trois cas.

L'accent prosodique, qui marque les tons élevés de la voix , se nomme proprement accent tonique. Yoici les règles les plus générales sur sa position :

l"" Il doit toujours modifier le ton de l'une des trois dernières syllabes de chaque mot, sans pouvoir jamais reculer plus loin que sur la troisième, bien entendu que nous commençons à compter par la derplère qui finit le mot, et qui dans ce cas devient première^

2° Il ne peut affecter les monosyllabes pris séparément^ excepté ceux qui sont longs de leur nature, et qui, en conséquence, prennent le circonflexe, comme dans les mots : tôt, patx, 6 5

3<> Dans une suite de monosyllabes brefs et réunis par le sens, celui qui précède le final, porte l'accent tonique : Dieu seul fait tout en moi ;

4"* Tout dissyllabe a Taccent sur la seconde: ardeur \ 5^ Tout trisyllabe, qualrisyllabe, etc., qui a la seconde

brève, a l'accent tonique sur la troisième : nation, confor^

mitéy admirablement ]

G*" Tout trisyllabe, qualrisyllabe, etc., dont la seconde

est longue, a l'accent sur cette seconde : attenter^ infi-

niment^

T Si aux disyllabes, trisyllabes et autres polysyllabes, on joint .quelques monosyllabes par manière d'enclytique,

racoeot se porte alors 6ur la preniire, et la vois i^almiêie et ae repose sur Tenoly tique : admirablemmi bienf

8® L'accent n'est jamais que pour préparer et annoncer ]e repos» et quoiqu'il soit virtuellement dans tout mot qui en est susceptible 9 o est à* dire, qui se prononce en plusieurs temps 9 il n'est réel et effectif que quand le repos vient après ce mot; ainsi nous accentuons Ritma^ mmdnus, romanérum, prononcés séparément ; imperium romanum^ romanum imperium, prononcés de suite.

Toutes les langues ont l'accent tonique. Parmi les langues anciennes 9 la grecque en . a fait un moyen particulier de mélodie V et l'a marqué d'une manière plus sensible. Les grammairiens grecs ont distingué trois d(*grés de ton : l'aigu, le grave et le. mixte, qu'ils ont notés par les caractères d'accens imprimés dont les Français se servent pour faire signifier à une autre lettre différens degrés de durée ou de voix.

Uaccent aigu est le véritable signe de Tacoent tonique. Il peut affecter soit des brèves, xœX^ç ; soit des longues , iroi[&i{v. Il peut, en outre , porter sur la seconde , ^fx^pa ; sur la troisième , âudpcoiroç. Mais pour qu'il soir sur la troisième, il faut absolument que la dernière soit brève, icoXifAoç, âXi^ôitGt. SI la dernière était longue, il ne pourrait reculer plus loin que sur la seconde : àvOpwitou^ ^(Aipa« La raison en est que toute dernière longue est comptée poUr deux brèves, et que si Ton écrivait dfvOpoDivou, ^^epa^ ce serait mettre après l'accent la valeur de trois syllabes^ ce qui ne peut être.

Le graife n'est point un accent particulier *, il se met à la place de l'aigu^ quand la syllabe accentuée est, comme en 'Ko\\k'fyi et xaXc^Cj la dernière du mot, et que ce mot est joint par la prononciation à ceux qui te suivent : o xaXoç iroi{iLY)v. KaXoç reçoit le grave^ parce qu'il est au mltiett de la phrase. S'il était à la fin, et que Tioifii^v fût au milieu, xaX^ç garderait l'aigu et teot|Jiy)v prendrait le grave : 6 Ttoif^V ^

xceXoc.

Ce changement de Taigu en grave avertit, non de baisser la voix sur la syllabe qui en est marquée, mais de don-

aer une ëlëvaUon moindre que si elle f^ardait Faiga. Tel esl le seul usage du signe appelé accent grave^ et on ne le trouvera jamais que sur la dernière syllabe d'un mot.

Le circonflexe élève et abaisse la voix ëur la même syllabe. Il ne peut donc affecter que des sons qui aient deux tems, c'est**à-*dire des diphthongues ou des voyelles ioh^ gués par nature.

Le circonflexe peut aller sur la dernière et la seconde, mais jamais sur la troisième. En effet^ la longue qui le reçoit est produite ou censée produite par l'union de deux brèves; ^pStjLev vient de ôpaofxcv, ffwjxa est réputé venir de (Too{Aa , icpSyfAa de itpiaYf*» ; en sorte que totite voyelle ou diphthongue marquée du circonflexe^ équivaut à deux voyelles séparées, dont la première aurait l'aigu» Si donc Ton écrivait ôpcofjisOa, Qrc;)fji£Ttt, ce serait la même chose que 6p^[jL80a, tfoofxeta ; et Taigu aurait^ contre la règle, trois syllabes après lui. On écrira donc 6pS[ji66a, erfoiAeta, Tcpi^pLott».

Par la même raison, il ne peut y avoir de circonflexe sur la seconde, quand la dernière est longue. Ainsi Ton écrira Hç^y la chasse, et non 6^pa , qui équivaudrait à

Oiepaa.

Mais si la dernière est brève et la seconde longue, cette longue, en supposant d'ailleurs qu'elle doive être accentuée, aura toujours le circonflexe : pioTpor ^Xoç, SouXoç, acofAa, (aSXXov. G^est donc surtout à la dernière syllabe qu'il faut faire attention pour déterminer la forme et la place de l'accent.

Les Hébreux avaient aussi leur accent tonique, aigu, grave et circonflexe. Sa notation dans l'écriture était trèsvariée^ et rendait leur langue très-mélodieuse et musicale* Leurs grammairiens, pour l'écrire dans le discours, se sont servis de différents traits placés de diverses manières audessus des consonnes $ il est fort peu utile pour l'étude de la langue écrite, d'en connaître les figures, et de savoir qu'ils l'ont appelé milra sur la première syllabe^ ei millel sur la seconde.

Les Latins reconnaissaient les mêmes degrés de ton que

les Grecs, eX les règles de leur aecent tonique sont à peu près les mêmes. Leurs grammairiens n'ont point noté ces degrés dans le discours.

Parmi les modernes, les Italiens dont la langue est la plus propre au chant, dislii)guent trois degrés de ton ; le ton ordinaire, qui ne se marque par aucun signe particulier, le ton grave qui se désigne par Tacccnt grave, et le ton aigu qui s'exprime par Taccent aigu. Ils font de ces deux acccns à peu près le même usage que les Grecs* Nous ne présenterons que les différences principales.

En gênerai, les grammairiens italiens n écrivent Taccent tonique que dans les livres élémentaires; car la fréquentation de la société peut en apprendre l'usage mieux que les maîtres. D'ailleurs, il se confondrait avec Yaccent grammatical qui est destiné à marquer les altérations sur* venues à un mot et qui se marque sur les syllabes intermédiaires par notre accent aigu, et sur les finales par notre accent grave. Ainsi naiio^ gia, sont surmontés de Taccentaigu, parce quils sont pour natiVo, natal ;gr/Ma, il allait. Sefvitity rè, ont laccent grave, parce qu'ils se disent pour sermfudej servitude ; rege^ roi.

Observons : l"" Que les syllabes marquées de Faigu ou du grave, portent la même élévation de voix que les syllabes accentuées de même en grec^ et que les graves ont une élévation moindre que les aigus au-dessus du ton ordinaire ; 2^ que ces accens grammaticaux s'emploient seulement pour indiquer la suppression d^une voyelle ou d'une syllabe, soit au milieu, soit à la fin des mots, hors ceux que l'on a accentués soit par imitation, soit pour marquer le ton de la syllabe^ soit par abus*, i^ que l'accent circonflexe des Grecs est destiné à marquer ces altérations, et de plus, Télévalion et l'abaissement successif du ton; mais que l'aigu et le grave des Italiens expriment, outre l'élision et la contraction des lettres, le ton aigu et le ton grave, et que Taccent est généralement sous-entendu quand il n'y a pas de contraction, ce qui évite l'équivoque de deux accens de forme .similaire.

Concluons, contre la doctrine de M. Biagioli (Gram-

maire italienne^ pages 392 et suivantes), cfiic raccenl grave ne peut remplacer l'aigu, ni l'aigu se substituer au grave , et qu'au contraire le circonflexe des Grecs rendu simple dans son intonation, serait plus propre à faire le service des deux aecens italiens, ce qui permettrait de marquer l'accent tonique sur les syllabes où il est sous-entendu, et faciliterait singulièrement aux étrangers la prononciai"tion d'une langue si propre à l'harmonie.

Remarquons enfin fque c'est de la succession variée et régulière des tons, que naît le rhylhme harmonieux du vers italien, et que c'est de sa position dans un mot que dépend le choix de la rime.

Les Espagnols ont deuxaccens; l'aigu, lecirconflexe. Us se servent du premier sur les voyelles des syllabes longues, par exception. Il faut savoir qu'il n'y a qu'une syllabe longue dans tous les mots de la langue espagnole, c'est-à-dîre qu'il n y a, comme en'^italien, qu'une voyelle qui porte l'accent tonique dans un mot : c'est la dernière dans les mots terminés par une consonne, et la seconde dans les mots terminés par une voyelle. Ainsi, dans les mots espanols^ francesy amigo, hermanoj les syllabes longues sont lïol, ces^ mi et ma, en observant que la syllabe longue au singulier des noms, l'est au pluriel. Cela étant une règle générale, on ne met point d'accent sur ces syllabes longues de leur nature, pour ainsi dire ; mais comme dans la langue espagnole, il y a un très grand nombre de mots dont la syllabe longue s'écarte de celle règle générale^ c'est pour marquer ces mêmes syllabes longues par exception, que les Espagnols se servent de l'accent. C'est ainsi qu'on écrira repiibîica^ ôrderiy métodoy util, etc., parce que les syllabes sur lesquelles est posé l'accent, ne sont longues que par exception de la règle générale. Ce sont ces exceptions très-fréquentes , qui contribuent à rendre la langue espagnole sonore et harmonieuse.

Les Espagnols emploient l'accent circonflexe sur hs voyelles précédées du a:, lorsque cette lettre perdant le son gullural du g et du 7 , qu'elle a de sa propre nature.

reçoit le soa du x français ; comme dans les mois exainetro^ sexâf exitôy exorcisme^ etc.

Cet accent devient quelquefois si important que lui seul change la signification d'un mot; car pràximo signifie prochairiy c'est-à-dire semblable, au lieu que proximo veut dire près ou voisin- La même chose arrive quelquefois en italien par l'accent grave posé sur la voyelle finale d'un mot, et en français par Tun de ses trois accens grammati* eaux ou imprimés.

Les Anglais ont aussi leur accent tonique dont il serait long de développer les règles; il faut savoir que cet accent détermine la mesure du pied de leurs vers et qu'il en forme la mélodie. Prenons un exemple de Pope :

Âchilles wràth, to Gréece the direful spring Of woes unnumber'd, héav'nly goddess, sing»

Il est évident que sa position rend la syllabe sensible-* ment plus longue ou moins brève que les autres qui entrent dans la composition de la même mesure.

Les Allemands ont à peu prés, comme les Anglais, leur accent tonique, lequel détermine, outre l'intonation de la voix y la durée relative de la syllabe et le mètre ou rhythme de^ vers. Exemple :

Scotos ist ein guter arzt; wér sich sehat hinauf zu ziéhn, Und der plagen diéser wélt los za seyn der rufet ihn.

(Kamler.)

Les Français ont leur accent tonique comme les Italiens,' mais il est moins varié et moins sensible dans la prononciation. En effet, dans tous les mots à terminaison masculine, sans exception^ la voix appuie sur la dernière syllabe ; dans tous les mots à terminaison féminine, c'est* à-dirc qui finissent par un e muet, elle appuie sur la syllabe qui précède l'e muet. H est aisé de sentir, dans les vers suivans, une élévation de voix très-prononcée sur les syllabes imprimées en caractères italiques :

«. 43 ^ Et k béras s'évanou-tV»

L'arbre tient b&n; le roseau pUe; L9 vent redouble ses ef/br(i.

(UfomtaouO

Le dieu poursuivant sa carrt^e, Teriai'l des torrf n« de lumière Sur ses obsctcr « blasphémat^tir j.

(LB PraHG W POMnOlf AH.)

Les règles de l'aeeent tonique français sont au fond à peu près les mêmes que celles de l'accent grec et latin ; la seule différence que la poésie française peut aroir avec la grecque vient de ses muets^ tant à larfin des mots qu'ailleurs.

La quantité prosodique est la mesure de la durée du son dans chaque syllabe de mot. La quantité est ou naturelle ou artificielle ; la quantité naturelle est ou brève ou longue. La quantité naturelle est la mesure de la durée du son dans chaque syllabe de mot prononcée conformément aux lois du mécanisme du discours et à celles de la parole. La quantité artificielle est la mesure de la durée du son dans chaque syllabe de mot| déterminée par l'usage que le mécanisme du discours nécessite de celte syllabe dans le rapport sous lequel ellecst employée* La quantité brève est la durée d'une syllabe qui se prononce avec vitesse et rapi» dite. Cest le tems ou la durée élémentaire^ La quantité longue est la durée d'une syllabe qui se prononce avec lenteur. C'est le tems composé de deux tcms simples. La quantité douteuse est la durée qui devient brève ou longue arbitrairement, selon Tusage qu'en exige la nature du pied et du vers où elle est employée. La quantité douteuse est brève dans la prose ; la poésie la fait brève ou longue^ selon le besoin du vers où elle se trouve.

Tout son émis est en soi également susceptible d'être plus long ou plus bref. Cependant ceux qui mettent f organe dans une situation difficile è changer, ont par cela

même plus de disposition à "se prolonger. Tels sont, en général, les sons que nous appelons graves et ceux qui sont précédés ou suivis d'une articulation pénible. Il n^y a point de langues où il n'y ait des syllabes longues et brèves^ et même des longues plus longues et des brèves plus brèves que d'autres, et encore^ outre cela, de ces schémas ou e muets que l'on n'a pas toujours assez remarqués entre les articulations qui paraissent'se suivre, parce qu'ils sont plus brefs que les plus brèves des syllabes plus sonores. Mais souvent ces différences de durée sont si faibles qu'elles sont presque insensibles et tout à fait impossibles à noter. Ce sont elles qui constituent la mesure et la cadence du disœurs. Plus elles sont marquées, plus la langue est mesurée et cadencée.

La durée des sons, comme leur ton, ne doit être appréciée dans le discours et notée dans l'écriture que d'une manière comparative. Dans la prononciation la plus rapide comme dans la plus lente il y a également des longues et des brèves.

Or, le schéva est une vraie voix qui se trouve nécessairement après toute articulation qui n'est suivie d'aucune autre voix, comme l'aspiration faible est une vraie articulation placée inévitablement avant toute voix qui n'est précédée d'aucune autre articulation*, en un mot, le schéva est un véritable e muet, seulement plus bref que les voyelles reconnues les plus brèves. D'où il suit que ce schéva est tout à fait propre à être pris pour unité de durée^ et que pour compter les tems dans le discours, il suffit d'y remarquer des voix qui durent autant que deux^ trois, quatre ou cinq schévas.

D'après ces données, nous poserons les règles générales suivantes :

Toute syllabe aiguë ou élevée dans la prononciation est plus longue ou sensiblement moins brève que toutes celles qui la suivent dans le même mot.

Toute grave, c'est à-dire, toute syllabe qui s*abaisse dans la prononciation, est plus brève ou sensiblement moins

longue que celle qui porle Yaccenl Si\g\i : entendement^ miséricorde.

Ou y pour généraliser encore davantage ces règles, dans tout mot de plusieurs syllabes, celle qui porte Taccent to« nique, est sensiblement la plus longue ou la moins brève qu'il y ait dans ce mot. Or, cette plus longue ou cette moins brève est toujours ou la troisième quand les deux syllabes suivantes sont très-brèves, c'est-à-dire qu elles ne y«ilent ensemble qu'un tems : concevoir^ passion^ insensiblement ; ou la seconde quand le mot est de deux syllabes ou bien que la dernière est plus brève que celte seconde : fieûri^ insensible^ tourmenté, vous rCy -pensez pas^ ou enfin la première, quand elle est assez longue pour porter successivement relèvement et l'abaissement de la voix : tantôt^ ils s* entr aimaient, entendue, violence.

Les polysyllabes masculins ont donc après l'accent , ou une syllabe brève, ou deux très-brèves, c'est-à-dire environ la valeur d'un tems composé de deux schévas ; les polysyllabes féminins ont après l'accent, ou le reste d'une demilongue, ou une très-brève, avec \e muet, c'est-à-dire un peu moins que la valeur d'un tems, selon l'abbé d'Olivet (Prosodie française) , et deux tems élémentaires, selon de Tracy (Grammaire générale) y qui prend le schéva pour unité de la mesure des tems.

La prosodie note la durée des sons par des caraclèrcs tracés que le discours néglige d'écrire. Ces caractères sont, pour la durée de la brève **, pour la longue —, pour la douteuse ^»

L'orthographe française se sert d'accens imprimés pour distinguer les différences de durée ou de voix de différens sons figurés par le même caractère alphabétique. L'accent imprimé marque le degré de brièveté ou de longueur qui distingue une voyelle d'une autre ayant la même figure, ou qui résulte de la suppression d'une consonne suivante qui augmente la quantité du son.

L'accent aigu donne un son fermé à l'emuet : honnêteté. L'accent grave lui donne un son ouvert : procès, il tète, il achète. L'accent circonflexe indique la suppression

d'une con9opne et rend longue h voyella antérieure à celte consonne : tempête^ flûte^ gîte, aimât^ qui a'éerivaifiDt autrefois tcmpesle,Jlasie^ gi^te^ aimasu

Il est évident que rac(^ent imprimé eu modifiant k voii^ modifie la durée ^ /a , au, sans acceat^ sont breCi ; là » oii^ avec accent, sont longs» Mais ce sont d^s mots différena» On le voit plus clairement dans cette phrase ; il a demeuré à Parisy où les deux a sont de même quantité. Il est donc certain que Taccent imprimé doit être plutôt considéré comme signe d'orthographe. Nous n en parlons m que pour le rapprocher de IVceal prosodique oi en jn^ntrer la différence*

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