‹ Grammaire générale: ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de lChapitre 4 sur 96 · LA NATURE DE CET OUVRAGE · texte numérisé non relu

LA NATURE DE CET OUVRAGE

La Grammaire générale que nou5 présentons aux amis éclairés du progrès des lumières ^ se compose de deux grandes divisions. L'objet de la première est de traiter de lart de parler , regardé comme méthode d'analyser la pensée par le toucher, le geste et le son 5 de rechercher les divers moyens de rendre permanents les signes fugitifs du langage d'action; d'exposer la méthode d'écrire les sons dans le discours ^ et de considérer le discours dans l'esprit et dans la phrase. Cette première division renferme deux parties^ dont Tune est la connaissance des idées, comme unique moyen de nous découvrir la véritable organisation du discours, qui en est la manifestation ; lautre est l'analyse des signes des idées. Cette seconde partie expose : |o la théorie des mots déduite de celle des idées y le système de régime et de déclinaison auquel ils sont soumis dans la phrase; 2* la théorie Jes phrases déduite de celle des mots^ la classification de leurs espèces d'après le rapport de parallélisme et de subordination qu'elles forment dans le tissa du discours, de manière à présenter un rudiment général pour traduire d'une langue dans une autre , sans le secours des méthodes vulgaires , gf ecque , latine et autres 9 qui ne doivent être consultées que comme un recueil d'observations sur les usages particuliers des langues ; enfin le traité de la ponctuation considérée comme le dernier moyen d'analyser la pensée dans le discours par les signes de distinction qui marquent les TOM. I. . ' 1

différenU degrés de principalité et de subordination^ des mots dans la phrase et d«» phrases dans Tensemble de la période.

La seconde division a pour objei les signes permanens des langues, les môyé'nà' â^éfi ^àblir fùnité dans le discours; elle recompose, en quelque sorte, le discours que la première division décompose ; cVst le complément de Tanalyse fram^naticale. Cette seconde dirvision a deux parties, dont Tune comprend la syntaxe^ ou les moyens de subordonner les mots dans la phrase et les phrases dans la période ; l'autre comprend la construction générale et particulière du discours , et les différentes formes dont il se fevêt, pour exprimer la pensée avec clarté, élégance et convenance : ce qui renferme fa diction, l'élocution et le style, avec les figures propres à chacun de ces caractères d'expression de la pensée.

Notre nouvelle grammaire générale commence donc par Tidéologie ou science des idées 5 elle continue par Tanalyse des mots^ et par leur syntaxe ^ elle fidit par la rhétorique élémentaire. Ainsi , elle embrasse toute& les notions et les faits grammaticaux qui se rapportent à la scieAce de fexpression de la pensée par fe discours ; ainsi, elle présenté une méthode, non seulement d'apprendre > inais encore d^énseigner les langues.

D'après cet exposé, on se convaincra facilement que le système grammatical a dû être refait sur de nouvelles divisions, qu'if procède par une méthode philosophique simple, claire et régulière, et «ju^il ramène tous les systèmes de grammaire à une même analyse applicable à toutes Les tangues que nous mettrons en parallèle.

En effet, pénétré de Timportance d Msujétir à un même système toutes le§ grammaires particulières, pour faciliter lés progrès des études, et convaincu que la divergence des méthodes vient uniquement de ce que les grammairiens oiit parlé des signes avant d'en avoir analysé les causes^ nous avons remonté à Porigine des idées ^ nous les avons suivies dans teur génération • dahs leurs développement, et aptes avoir aîhsi observé la manière dont la pensée se

décompose dans les laagues, nous en avons déduit la théorie du discotiri^ ^u€r tfoiTs avèftê éh^ff^ f értâéç par les usages comparés de plusieurs langues différentes.

Cette méthode est toute â^tïÉ lés Idées» qui sont ses principes ; dans l'analyse grammaticale, qui est son moyen; et dans le discoure, ^ui esf son ofejet. Ses procédés sont toujours les mêmes \ à chaque nouvelle opération, elle suit les mêmes règles y elle conduit toujours Tesprit de connaissance en connaissance, par une seule et même route;' et pendant qVelle découvre la nature et les usages des signes dii langage, elle découvre les principes et les règles de la pensée', ou plutôt etle réduit ces deux arts à un seul^ qui est Tari de parler.

En reconstruisant Tédifice grammatical sur de nouvelles ba'ses plus conformes au caractère des idées dont le discours est l'expression, afin de les appliquer à toutes les langues^ nous avons décomposé les mots et les. phrases dans toutes leurs formes,, dans toutes leurs espèces ; cette décomposition, (Jtri n'atafit pa^ encore reçu* ùu développement complet et méthodique, nous a forcé de recourir souvent à des dénominations nouvelles ; en en même tems, nous avons cru devoir en substituer d'autres aux anciennes, toutes les fois que celles-ci nous ont paru fausses' ou imparfaites; enfin» nous avons composé un rudiment général pour traduire la pensée d'une langue d^n» une autre, sans le secours des méthodes vulgaires.

PREMIÉRH DIVISION

DE l'art DB parler.

DËconposmon du discours.

L*objet de cette première division est de traiter de l^art de parler comme méthode d'analyser la pensée par le toucher, le geste et le cri; de rechercher les divers moyens de rendre permanens les signes fugitrfs du lan* gage d'action; d'ejcposer la manière d'écrire les sons dans le discours, et de considérer le discours dans Tesprit et dans la phrase.

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