CHAPITRE VU
rmiÀSB ou psBiofiB suacoMPOsÉB.
Dans ce chapitre nous analyserons une ^phrase d'un très-grand degré de composition^ afin de montrer que les principes que nous avions poses précédemment sont applicables à toutes les décompositions jusqu'aux phrases les plus composées qu'on puisse rencontrer dans les écrivains de toutes les nations. Nous abrégerons tes procédés de l'analyse encore plus que dans les chapitres précédens^ pour faire voir d^autres formes de décomposition grammaticale.
ivuanoH fêtèMum.
La période surcomposée que nous «lloiii analyter dans ses élémens constitutifs est une fable de Lafontaine, £e Chêne et le Roseau^ le chef-d'œuvre du genre. Le tableau n*offrira plus que trois colonnes, dont chacune indiquera un des trois grands types de la phrase, le substantif, le connoctif ou rapport et le modificatif ou Tattribut avec ses accessoires.
PmAS£ 00 wÈnto
PORASE A ANALTSBB.
Le chêne un jour dit au roteau :
Voas avea bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;
Le moindre vent qui d'aventure Fait rider la face de l'eau.
Vous oblige à baisser la tête;
Cependant'que mon front au Caucase pareil,
Non content d*arréter les rayons du soleil, Brave l'effort de ia tempête.
Tout vous est aquilon ; tom me semble tépbjr :
Encor si vous naissiei k l'abri du fenilbge Dont je couvre le voisinage.
Vous n'auriez pas tant à souffrir ;
J« vous défendrais de l'orage :
Mais vous naisses le plut souvent Sur les humides bords des royaumes da vcnt«
La nature envers vous me semble bien ininite*
— Votre compassion, lai repondit l'arhnste.
Part d'un bon naturel : mais quittes ce souci ; Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ;
Je plie et ne romps pas. Vous aves jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos :
Mais attendons la fin. «• Comme il disait cet mots,
Du bont de l'horiion accourt avec farie
Le plus terrible des enfanu Que le nord eût porté jusque là dans ses flancs.
L'arbre tient bon ; le roseau plie.
Le vent redouble ses efforts
Et fait si bien qu'il déracitae Celui de qui la Céte au ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.
SA
principale
Le chêne un jour dit an roseau :
Le moindre ^ent vous oblige à baisser la léle
Le moindre vent vous obligea baisser la tête
Mon fronrbrave l'eflbri de la tempête
Vous n'auriex pat fiint k
souffrir Vous naissiez k l'abri du
feuillage
L'arbaste lui répondit :
Le plus terrible des enfans accourt avec furie du bout de l'horizon
L'arbre tient bon ;
Le roseau plie.
Le vent redouble tes efforts
fait si bien
il déracine celui
B£ sumcoMvoséB.
DÉCOIIPOSIIION EN
(oftiinectif i nv ariable)
cependant que
SI
dont
mais
et
mais
comme que
et
que
de qai et doot
accewoire
Vons aves bien sujet d'accuser la naiare, un roitelet pour vous est un pesant fardeau, le moindre vent vous oblige à baisser la léte, tout vous est aquilon, tout me semble zé phyr. Encore vous n'auriea pas tant à souffrir, mais vous nais ses le plus souvent sur. les humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste, mon front brave l'effort de la
tempête.
d'aventure fait rider la face de l'eau.
auCaucase pareil^ non content d'arrêter les rayons du soleil.
vous naissiez à Tabri du fenil*
lace je couvre le voisinage.
votre comparaison part d*nn
bon naturel , quitez ce souci ; les vents me sont moins qtt*3i
vons redoutables; je plie ne romps pas vous avez jusqu'ici contre leurs
coups épouvantables résisté
sans courber le dos :
attendons la fin.
il disait ces mots,
le nord eût porté jusque la dans ses flancs.
SON CARACTÈfiB SPÉCIFIQUE.
déracine celui
la tête au ciel était voisine les pieds touchaient à l'empire des morts.
Cette période se compose de trois phrases générales : la première qui expose l'énumération des avantages que le chêne prétend avoir sur le roseau, est formée de huit phra< ses particulières dont trois sont composées ; la seconde qui balance en quelque sorte lesavantages du roseau avf c le chêne, se développe par sept phrases simples ; la troisième , qui énonce les conséquences des qualités du chêne et du roseau, se décompose en quatre phrases parallèles dont denx sont elles-mêmes composées.
Cette période est un modèle ou exemple de la décomposition de la pensée dans le discours.
La pensée de cette fable est de présenter à l'observation la fragilité des choses humaines sur lesquelles c'est une erreur de fonder un bonheur constant.
Elle se décompose en trois parties, qui sont Vobjet des trois facultés de Tenteudement, l'attention, la comparaison et le raisonnement , et qui se développent chacune en plu" sieurs phrases simples ou composées, qui expriment autant de pensées particulières conformes à la fin morale de la pensée générale. ^^