OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES
$ 254. Ainsi que nous l’avons déjà dit ($ 106,b}), on fait dériver le nom (substantif et adjectif) d’une racine verbale analogue.
$ 249. Le nom adjectif, quant à la forme, ne se distingue pas du nom substantif. Il n’a pas non plus de formes particulières pour exprimer les degrés du comparatif et du superlatif. La syntaxe indique comment la langue hébraïque y supplée. (Voy. $ 563 et suiv.)
$S 276. Les différents cas du substantif ne s’expriment pas, à une exception près, par des modifications de la forme, comme en grec ou en latin; on y supplée, comme en français ou en anglais, par des prépositions. (Voy. $ 537; 552 et suiv. — Sur les faibles traces d'anciens cas que l’on trouve, voy. $ 310.)
S 274. Le génitif seul s'exprime par un changement de la forme ; mais cette modification ne s’opère pas, comme dans les langues occidentales, sur le substantif régi, mais sur celui dont . il dépend. Ainsi l’on dit 927, parole, et D'H9N, Dieu; mais on dira Don 727, verbum Dei.
En terme de grammaire, le nom régissant, qui a subi cette modification, est dit à l’état construit. (Pour les différentes règles, voy. $ 307 et suiv.)
$ 278. Il n’y a donc en hébreu pas de déclinaisons dans le sens qu’on donne à ce mot dans la grammaire grecque, latine etc. Cependant les noms subissent différents changements de lettres et de voyelles, suivant qu’ils sont au pluriel, ou au duel, ou à l’état construit, avec ou sans suffixes ; l'aperçu que la grammaire doit donner de ces modifications présentera donc une sorte de déclinaison. Nous nous servirons en conséquence de ce terme, après avoir bien fait observer dans quelle acception la grammaire hébraïque le comporte. (Comparez ce que nous avons dit au sujet des conjugaisons, $ 109.)
Nous traitons des déclinaisons $ 327 et suiv.
ARTICLE PREMIER
De la dérivation des noms.
$S 279. Les noms sont pour la plupart des noms verbaux, c'est à dire que leur racine est représentée par un verbe hébreu, dont on les fait dériver.
$ 280. Outre cette catégorie principale on en distingue les noms primitifs, C’est à dire ceux pour lesquels la langue ne présente pas de verbe correspondant. D'ailleurs ils suivent en tout point l’analogie des noms verbaux; et la langue elle-même les considère comme appartenant à une racine verbale, quoique inusitée (comp. $ 106,1). Le mot EN (mère), par ex., subit les mêmes modifications que s’il dérivait d’une racine D'AN : AN (ma mère) comme vx (mon ombre) de PE) qui vient de So, etc.
S 281. Les noms dénominatifs ($ 288) remontent à un autre nom, donc en définitive aussi à une racine verbale, usitée ou non.
Les noms composés ne se rencontrent guère que parmi les noms propres, mais là très fréquemment; par ex. nioyan (père de la paix), DEWT? (l'Eternel juge) ete. — Exemple d'un nom commun composé »9992 (perversité).
$ 282. Il y a des formes du verbe qui représentent des substantifs et des adjectifs déjà tout faits; ce sont les infinitifs et les participes. Maïs ces formes ne sont que des membres isolés de tout un système de dérivation, dont voici les principes.
Pour l'application de ces principes en détail, voyez l’aperçu $ 289.
8 283. La formation du nom verbal peut se borner à la racine (c’est ce qui produit ce que les anciens grammairiens appelaient les formes nues), ou bien elle peut ajouter à la racine une consonne accessoire (formes augmentées). D'autre part les diverses voyelles nécessaires à la prononciation amènent une grande variété de formes.
Les anciens grammairiens énuméraient comme lettres ainsi employées: N, 51,7, ?, 0, 3,n, réunies dans le mot mnémotechnique AYANT; de là l'expression: lettre, nom hèèmantique.
$ 284. À. Le nom peut dériver de la racine simple.