LANGUE HÉBRAÏQUE — XXIX
4. Cependant cette unité ne s'étend pas tellement loin qu’il ne se trouve dans la langue des traces d’une transformation successive, de même que quelques indices isolés d’une différence de dialectes.
D'abord on ne saurait nier que le texte actuel est Le produit d’un développement qui remonte à une période antérieure, dans laquelle l’hébreu doit avoir eu une structure sensiblement plus archaïque et plus conforme en particulier à l’ancien arabe. On trouve certains mots dans la Genèse qui paraissent avoir déjà été hors d'usage au temps de la rédaction du texte, puisqu'ils se trouvent immédiatement suivis d’une tournure synonyme explicative (comme 72 PÜn 72; le fils de la possession |— le possesseur futur] de ma maison, Gen. 15,2; Mon n2, prison, 39,20). De même il se rencontre des formes archaïques, qui sont particulières au Pentateuque, comme les mots NY, 92 qui désignent soit le masculin, soit le féminin (lui et elle, jeune homme et jeune Jille), ou bien le pronom démonstratif SN pour ANT (Gen. 19,25; Deut.4,42). La même observation se rapporte aussi à un bon nombre de formes grammaticales, qui ne sont évidemment pas dans leur état primitif, et dont les formes antiques reparaissent, en partie du moins, sous certaines conditions. (Comparez par exemple l’ancienne terminaison féminine en N__, les formes dites segolées etc.)
La science grammaticale est appelée à se rendre compte de cet état primitif de la langue, au moins dans ses traits principaux et caractéristiques. Elle a trois moyens à sa disposition pour s'acquitter de cette tâche, savoir: 1) les archaïsmes et les noms propres d’ancienne date, de même que certaines formes antiques conservées dans le langage poétique; 2) les conclusions auxquelles nous engagent certaines formes du texte actuel, en tant qu’elles portent en elles-mêmes le caractère de transformation, selon les lois que nous voyons présider en général au développement de la langue; 3) la comparaison des autres langues