‹ Grammaire hébraïqueChapitre 2 sur 289 · VI — PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI — PRÉFACE

être épuisée. C’eût bien été le moment de remanier les diverses parties de l'ouvrage, en tenant compte des progrès que la science grammaticale avait faits depuis une génération. Mais les forces de l’auteur ne correspondaient plus aux efforts que réclamait un tel travail; il fallut done se borner à une révision restreinte à des corrections de détail, sans apporter de changement essentiel à l'ouvrage. La nécessité d’une refonte complète en était d'autant plus urgente quand, onze ans plus tard, je me vis appelé à préparer une quatrième édition.

Mais la tâche se compliquait encore d’un autre côté. Mon père, en rédigeant sa grammaire, s’était imposé pour règle de la maintenir dans les bornes d’une grammaire scolaire, qui n’a d'autre but que de familiariser l’élève avec les lois principales de la langue, et il évitait à dessein toutes les explications et digressions qui auraient pu faire entrave à l’unité et à la simplicité de son ouvrage, explications qu'il réservait à l’enseignement du professeur. Il avait ses bonnes raisons pour en agir ainsi, raisons confirmées par le succès qu'a eu son livre pendant près d’un demi-siècle. Cependant ce même espace de temps a amené des progrès très sensibles dans l’état des études hébraïques en pays français, particulièrement dans la Suisse romande, contrée où cette grammaire à vu le jour et pour laquelle elle fut d’abord composée. En conséquence il est devenu nécessaire que ce manuel réponde à des questions qu’il devait auparavant laisser à dessein de côté, qu’il initie l'étudiant plus avancé à l’organisme raisonné de la langue et qu’il lui fasse entrevoir, sommairement du moins, les principes de son développement. On sait combien il est difficile d'entrer dans des raisonnements sommaires sans porter plus de confusion que de clarté dans l'esprit de. l'élève : cependant j'ai cru devoir essayer de répondre à ce désir, formulé de plus d’un côté. Pour cela il a fallu me résoudre à abandonner le système de mon père quant à l’unité du texte et des caractères typographiques, et j'ai dû me décider à établir deux genres de texte, dont l’un, contenant la suite des règles principales, forme les paragraphes proprement dits et doit servir de base au premier cours élémentaire, tandis que l’autre, renvoyé dans les annotations imprimées en petits caractères, est destiné

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