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DES LANGUES SÉMITIQUES EN GÉNÉRAL

(Voy. RENAN, Histoire générale des langues sémitiques; 4e éd., Paris, 1864.)

1. La langue hébraïque est dans une étroite affinité avec plusieurs autres langues et dialectes qui forment avec elle un groupe commun ou une famille de langues. Le territoire où ces langues étaient ou sont encore parlées s'étend du Tigre à la Mer Méditerranée, et des montagnes de l’Arménie jusqu’au sud de l'Arabie, c’est à dire sur la Syrie, la Mésopotamie avec l’Assyrie et la Babylonie, l’Arabie, la Palestine avec la Phénicie, enfin l'Afrique septentrionale. On les désignait jadis sous le nom de langues orientales, dénomination qui, déjà en usage du temps des Pères de l'Eglise, et employée notamment par St-Jérôme, est trop élastique et trop vague de nos jours, où nous connaissons beaucoup de langues qui se parlent en Orient sans appartenir à cette famille. Aussi a-t-on pris l'habitude depuis environ un siècle de leur donner le nom de langues sémaitiques, parce que la plupart des peuples qui les parlaient sont désignés dans la Genèse (10, 21 et suiv.) comme descendants de Sem. Toutefois il faut remarquer que les Cananéens et les Phéniciens ne sont pas de ce nombre, leur généalogie étant rattachée à Ham (Gen. 10, 6. 15 etc.), tandis que leur langue était en intime affinité avec l’hébreu.

XVI — INTRODUCTION — Re:

2, Voici les points essentiels par lesquels les langues sémitiques dans leur ensemble diffèrent de nos langues occidentales au point de vue grammatical: à) Ce sont les consonnes qui constituent la partie essentielle des mots, tandis que les voyelles sont susceptibles de modifications très variées, tant pour la dérivation que pour la flexion. b) Les consonnes renferment une grande variété de sons gutturaux, difficiles à reproduire pour nos organes. c) La racine est composée généralement de trois consonnes. d) Le verbe n’a que deux formes de temps, qui d’ailleurs ne correspondent pas exactement aux nôtres. e) Il n’y a, pour le verbe comme pour le nom, que les deux genres du masculin et du féminin. f) Ni le verbe ni le nom ne se prêtent à la composition avec d’autres mots. g) Le nom n’a pas en général ce qu’on appelle les cas obliques. Le rapport du gémitif s'exprime d’une manière toute spéciale. h) Le pronom personnel, quand il exprime le régime direct et quand il sert de pronom possessif, s’abrége en un suffixe, lequel s'attache au verbe et au nom. ?) La syntaxe est d’une grande simplicité et se contente ordinairement de coordonner une phrase à l’autre.

Pour ce qui regarde la signification des racines, au point de vue lexicographique, les langues sémitiques ne diffèrent pas moins essentiellement des langues dites indo-germaniques, quoiqu’il y ait un certain nombre de mots, surtout des onomatopées, qui paraissent remonter à une source commune, sans compter les expressions empruntées directement d’un peuple par l’autre.

L'écriture enfin de la plupart des langues sémitiques a de même des particularités caractéristiques. Elle n’exprime originairement que les consonnes, tandis que les signes des voyelles n’y ont été ajoutés que plus tard, en forme de points et de petits traits. Les lettres s’écrivent, à l’exception de l’éthiopien (voy. n° 5), de droite à gauche. — L’alphabet des différents genres d’écritures sémitiques tire son origine d’un alphabet sémitique primitif, Sur lequel voy. II, 6. (Les anciens caractères phéniciens en ont Conservé une image très exacte. C’est d’eux que dérive

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