‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 103 sur 181 · CLASSIFICATION DES VERBES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES VERBES

gers à la conjugaison française en er, dans laquelle ils font tache.

Les verbes en ara introduits dans la langue par les savants à partir du quatorzième siècle sont de deux sortes :

1° Ou bien ils ont l'infinitif faible (ère), comme persuadera , excrcëre , absorbëre., reverëre; dans ce cas leur place était à la troisième conjugaison française, où ils auraient fait persuadoir, exerçoir, absorboir, revéroir, comme habëre, debëre font avoir, devoir, etc....

Nous avons, au lieu de cette formation régulière, les verbes bâtards persuader, exercer, absorber, révérer, etc..

2° Ou bien ils ont l'infinitif fort (ère), comme affligera, imprimera, taxera -, ces verbes répondent à notre quatrième conjugaison en re(vèndcre — vendre); c'est dire qu'ils devaient être en français, non point affliger, imprimer, tisser, mais bien afflire (attligëre), empreindre (imprimëre), tistre (téxëre), comme péndëre, vendëre, téndëre, sont devenus pendre, vendre, tendre et non point pender, vender, tender i.

Quant aux verbes en ïre, il n'en existe qu'un seul dans notre conjugaison, c'est tousser (tussire), encore cette forme est-elle moderne, et le vieux français disait

i . Je n'invente point les verbes afflire, empreindre, tistre que je donne comme étant la forme régulière deajfligerè, impnmere, téxere; on les trouve employés dans les textes français du douzième siècle, au lieu de affliger, imprimer, tisser. Le dictionnaire de l'Académie donne encore empreindre et tistre.

correctement tussir. — Mouiller et chatouiller qu'on serait tenté de ranger dans la même catégorie, ne viennent point de mollïre, catulïre, mais du latin vulgaire molliâre, catulliâre.

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