ADVERBES D'AFFIRMATION ET DE NÉGATION
Ils sont au nombre de six.
Oui (vieux français oïl). Dans notre ancienne langue hoc (c'est cela), avait donné o, Y h tombant comme dans orge (hordeum), or (hora), avoir (habere), etc.
Au treizième siècle, dire ni o, ni non était l'équivalent de notre locution moderne ne dire ni oui ni non. '*- Le composé hoc-illud (c'est cela même) , donna o-il, la consonne médiane c disparaissant à'ho [c] illud comme elle avait disparu àe jo[c]are (jouer), pli[c]âre (plier), pre[c]are (prier), etc.. — Ce o-'il (hoc illud), avait pour correspondant nen-il (non illud), devenu en français moderne nenni, comm oil est devenu oui1.
Non (latin non) .
Ne (vieux français rien), du latin non. Avant d'aborder l'étude des prépositions, notons ici un certain nombre de locutions adverbiales qui ex-
4. Quelques étymologistes attardés, ont voulu dériver oui (ou mieux oïl) du verbe ouïr (audire), qui fait aujourd'hui ouï au p. passé : mais ils n'ont pas vu que d'un côté le participe passé de ouïr était toujours oït (audiius\ au moyen âge, — et que notre adverbe, d'affirmation était toujours oïl. Le changement de t en l serait un fait sans exemple dans l 'histoire de notre langue : or toute étymologie qui ne rend pas compte des lettres conservées, changées ou disparues est à rejeter — D'ailleurs l'analogie ^a oïl (hoc illud), et nennil (non illud), suifirait seule pour appuyer l'étymologie que noua avons présentée , et que justifient les règles de permutation.