‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 16 sur 181 · Voj. page · texte numérisé non relu

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voyons que saint Muramolin fut élu évêque de Noyon, « parce qu'il était familier non-seulement avec l'allemand, mais aussi avec la langue romane *. » On lit dans la Vie de saint Adalhard, abbé de Gorbie (750), qu'il prêchait en langue vulgaire « avec une abondance pleine de douceur, » et son biographe exprime plus nettement encore cette distinction du latin langue savante, et du roman ou langue du peuple, lorsqu'il ajoute : « Saint Adalhard parlait-il en langue vulgaire, « c'est-à-dire en langue romane, on eût dit qu'il ne « savait que celle-là ; s'il parlait en langue allemande, « il brillait encore plus; enfin, quand il employait la « langue latine, il s'exprimait avec plus d'élégance en- « core que dans les autres 2. »

Ainsi du vivant de Gharlemagne, ce passage nous le prouve, le peuple ne comprenait plus le latin, et dès cette époque l'Eglise adressait au peuple des homélies et des instructions en français. Par un hasard heureux et une bonne fortune pour l'histoire de notre langue, nous avons conservé sinon un fragment de traduction de la Bible, du moins un glossaire explicatif des mots les plus difficiles. Ce fragment, connu sous le nom de Gloses de Reichenau 3, et qui remonte à 768 environ (l'année même où Charlemagne monta sur le trône),

4. a Quia praevalebat non tantum in teutonica, sed etuni in romana lingua. •»

2. a Qui si vulgari, id est romana lingua, loquerelur, omnium alia- « rum putaretur inscius; si vero teutonica, enilebat perfeclius ; si « latina, in nulla omnino absolutius. » (Àcta Sancborumy\, 416.)

3. 11 a été découvert en J863, par M. Hollzmann, daus un manuscrit de la bibliothèque de Reichenau,

est très-précieux pour l'historien de la langue ; les mots sont disposés sur deux colonnes ; à gauche le texte latin de la Bible, à droite traduction en français :

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